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dimanche 12 février 2017

Le XV de la Rose peut-il faire de l'ombre à la Nouvelle-Zélande ?

Depuis l'arrivée de l'Australien Eddie Jones à la tête de l'équipe d'Angleterre, tout va pour le mieux de l'autre côté de la Manche. Le drame national du Mondial 2015, joué à domicile, est désormais une source de motivation sans égale pour le nouveau rouleau-compresseur du rugby mondial. Il se trouve que l'Angleterre vient d'enchaîner 16 victoires de suite, dont 15 sous la direction de Jones, admirable meneur d'hommes et génie tactique reconnu.
Il est temps de comprendre les raisons de cette réussite, et d'expliquer pourquoi le XV de la Rose est en mesure de battre le record des All-Blacks, qui est de 18 victoires de suite.

Un tableau de chasse royal.

Nous ne parlerons pas de la première des 16 victoires, obtenue au Mondial 2015 dans une rencontre sans enjeu face à l'Uruguay (60-3), et ce avant que Stuart Lancaster ne soit écarté de son poste de sélectionneur.

Entre le Mondial 2015 et le Tournoi des Six Nations 2016, Eddie Jones ne disposait que de 4 mois pour entamer la reconstruction de cette équipe humiliée par la presse nationale, et en quête de nouveaux repères. Les observateurs sont plutôt sceptiques, mais Jones va profiter d'un calendrier plutôt favorable pour faire taire les critiques avec brio.
L'Angleterre s'impose d'abord à l'arraché en Ecosse (15-9), puis accélère en Italie (40-9), avant d'affronter, à Twickenham, les deux autres gros morceaux du Tournoi, l'Irlande et le Pays de Galles. Le XV du Trèfle se heurte à l'impitoyable défense de la Rose (21-10), tandis que les Gallois se réveillent trop tard (25-21). Après ce très beau parcours, Jones mène donc ses troupes aux portes du Grand Chelem, à condition de s'imposer au Stade de France. Incapables d'inscrire le moindre essai, les Bleus s'en remettent au pied de Machenaud (7 pénalités), mais craquent en défense, et laissent l'Angleterre s'envoler vers la première place (31-21).


Mais cette domination continentale ne suffit pas au grand public, et les Anglais ont encore tout à prouver lors de leur tournée d'été, prévue spécialement pour une revanche du Mondial, avec une rencontre face aux Gallois, et une tournée en Australie.
Le XV du Poireau est de nouveau battu, sans trembler (27-13), mais le plus dur est encore à venir avec ce voyage en Océanie.
L'Australie, vice-championne du monde en titre, ne compte pas se faire humilier sur ses terres. Mais les Anglais, emportés par une rage de vaincre destructrice, vont piétiner les Wallabies par trois fois. Un festival offensif pour débuter (39-28), une performance défensive hors du commun pour doubler la mise (23-7), puis une nouvelle démonstration en attaque pour conclure (44-40).


Eddie Jones n'a pas fait dans les sentiments face à ses compatriotes, et c'est toute l'Angleterre qui s'en frotte les mains, en attendant avec impatience les amicaux d'automne.
Cette fois, pas question pour le XV de la Rose de quitter Twickenham, au moment de jouer l'Afrique du Sud, les Fidji, l'Argentine, puis une nouvelle fois l'Australie.
Les Springboks ne sont qu'une mise en bouche pour l'Angleterre, écœurante de facilité (37-21). Les Fidji ne font guère illusion (58-15), tandis que l'Argentine résiste pendant 50 minutes avant de lâcher prise (27-14). Vient alors l'Australie, qui, après une première période de haute volée, ne tiendra pas la distance face à des Anglais déchaînés (37-21).


Le Tournoi des Six Nations, édition 2017, est clairement à la portée des Anglais. Pourtant, bon nombre d'observateurs s'obstinent à voir l'Irlande comme le candidat le plus sérieux à la première place, le XV du Trèfle ayant fait forte impression en mettant fin à la série des All-Blacks en novembre.
Mais les premiers rendez-vous de la compétition vont permettre à l'équipe de Jones de redevenir le favori logique du Tournoi. L'Irlande chute d'entrée en Ecosse, alors que l'Angleterre, secouée par la France, s'en sort une nouvelle fois, en donnant une impression d'invincibilité renforcée par sa capacité à tenir dans les moments difficiles. Mais le déplacement périlleux qui suit, au Pays de Galles, constitue le vrai test de ce début d'année. Le XV du Poireau ne compte pas céder à domicile, mais, au terme d'une rencontre époustouflante de rythme et d'intensité, ce sont encore les joueurs d'Eddie Jones qui l'emportent, avec un finish de folie (21-16).

Une capacité d'adaptation phénoménale.

La force principale de cette sélection consiste à modifier son jeu en fonction de l'adversaire sans jamais renier ses propres principes. Ainsi, l'Angleterre, dominatrice ou dominée, donne toujours l'impression d'avoir le contrôle de la rencontre, ce qui n'est pas loin d'être le cas. Elle n'a jamais compté plus de 10 points de retard (ce qui n'est arrivé qu'une fois), et elle ne laisse jamais l'avantage bien longtemps à son adversaire.
Le XV de la Rose trouve aussi toujours le moyen de creuser l'écart sur une mi-temps, tantôt la première (16-0 contre les Gallois en mars 2016, 34-10 contre les Fidji en novembre 2016), tantôt la deuxième (29-0 contre l'Italie en février 2016, 17-0 contre le Pays de Galles en mai 2016, 13-0 contre l'Australie en juin 2016).


Pour débuter le Tournoi 2016 et son mandat de sélectionneur, avec un déplacement périlleux en Ecosse, Eddie Jones privilégie la défense, un choix logique au vu du potentiel offensif de leurs adversaires (Hogg, Laidlaw, Seymour), mais décrié par les spécialistes. Le XV de la Rose résistera aux attaques du Chardon pour l'emporter sur le fil (15-9).


Lors de la tournée en Australie, la deuxième rencontre s'annonce particulièrement physique. Les Wallabies sont vexés par leur première défaite, et comptent bien faire souffrir les Anglais. Une fois de plus, Jones mise tout sur la défense, afin de tenir tête à Hooper, Pocock et leurs partenaires. Le résultat est sans appel, l'Australie ne passe que 7 points devant son public, alors que le XV de la Rose en met 23.
Une semaine plus tard, le sélectionneur sait parfaitement que ses compatriotes vont chercher à se racheter offensivement, et décide de rentrer dans leur jeu plutôt que de répéter la même stratégie. Le but est alors d'inscrire plus de points que des Australiens déchaînés, ce que l'Angleterre, particulièrement inspirée en attaque, fera (44-40).

En ce début d'année 2017, Eddie Jones se découvre un nouvel atout : son banc. Les victoires sur la France et le Pays de Galles, au terme de rencontres particulièrement accrochées, sont en partie l'œuvre des remplaçants. Ben Te'o, entré en jeu par deux fois, en est le parfait représentant, avec un essai décisif contre les Bleus, puis 15 minutes de très grande qualité face aux Gallois, durant lesquelles l'Angleterre a définitivement repris les commandes de la rencontre.

Des individualités décisives.

Mike Brown (31 ans) est une référence au poste d'arrière. Très à l'aise sous les longs ballons, relanceur hors du commun, il se distingue par sa combativité exceptionnelle. Ses appuis ravageurs sont une véritable torture pour les défenses adverses, qui ont un mal fou à le contenir.
Longtemps dans l'ombre de Jonny Wilkinson, Owen Farrell (25 ans) s'affirme désormais pleinement comme un joueur de classe mondiale, qui éclabousse de son talent les rencontres de sa sélection. Il tourne à une très belle moyenne de 15 points par match depuis l'arrivée d'Eddie Jones, et parvient également à remplir les obligations de son nouveau poste de centre (3 essais).


Révélation du Tournoi 2015, Jonathan Joseph (25 ans) est le partenaire d'Owen Farrell au centre. Véritable chasseur d'essais, il en compte 8 sous l'ère Eddie Jones, dont un triplé en Italie, et des doublés contre les Fidji et l'Australie. Joueur aussi vif que puissant, il est désormais indiscutable en sélection.
Maro Itoje (22 ans), deuxième ligne au physique bestial (1 mètre 95, 115 kg) est l'une des nombreuses pépites de cette sélection. Intraitable en défense, intenable en attaque, il est le moteur du pack de la Rose.


Dylan Hartley (30 ans), talonneur au caractère imprévisible, est le capitaine choisi par Eddie Jones. Capable du meilleur comme du pire, son mauvais comportement lui a souvent coûté très cher. Mais Jones a pour le moment réussi à le responsabiliser avec le capitanat, pour en faire un guerrier dans le respect des règles, et un admirable meneur d'hommes sur le terrain.

mercredi 25 mars 2015

Tournoi des Six Nations 2015, Chapitre 5

Après plusieurs semaines de compétition, l'édition 2015 de cet "Euro" de rugby touchait à sa fin ce week-end, avec, en perspective, des rencontres qui serviraient à enfin connaître le classement final. Pour commencer, l'Italie affrontait le Pays de Galles, qui avait encore la possibilité de remporter le titre. Ensuite, l'Irlande, elle aussi en course pour la première place, se rendait chez le XV du Chardon. Et, en clôture, la France s'en allait défier l'Angleterre à Twickenham. Voici le compte-rendu de ces trois affiches.

La Meilleure Rencontre.

Quoi de mieux qu'un "Crunch" pour en terminer avec l'édition 2015 ? D'autant plus que celui-là est rentré dans la légende, de par la qualité de jeu proposée, et l'orgie qu'il a été. Douze essais, 90 points, et un suspense terrible quant à l'issue de la rencontre, qui déterminerait celle de la compétition. Jusqu'à la fin, les Anglais y auront cru, en grande partie grâce à la maladresse de leurs adversaires au pied ( 12 points de perdus ). Au final, la Rose n'a pu remporter le titre, la faute à une différence de points inférieure à celle de l'Irlande.

En première période, la rencontre est partie sur des bases incroyables, avec un essai de Ben Youngs d'entrée de jeu. Il en ajoutera un autre à cinq minutes de la pause. George Ford les transformera, ainsi que celui d'Anthony Watson, et passera aussi deux pénalités. En réponse à l'agressivité de la Rose, le XV de France ira deux fois dans l'en-but, par Sébastien Tillous-Borde, puis par Noa Nakaitaci. Jules Plisson se chargera de transformer le deuxième, y ajoutant une pénalité.

Au retour des vestiaires, le combat reprit de plus belle, avec, côté anglais, un doublé de Jack Nowell, transformé par George Ford, qui validera également son propre essai, puis celui de Billy Vunipola. Les Français, eux, inscriront trois autres essais, par Maxime Mermoz à la conclusion d'un superbe mouvement collectif, par Vincent Debaty après une course fantastique de plus de 80 mètres, et, pour finir, par Benjamin Kayser, concrétisant un maul d'une puissance à nulle autre pareille. Seul le premier sera transformé par Jules Plisson, qui laissera par la suite Rory Kockott passer une pénalité.

Après cela, 55 à 35 en faveur de la Rose, et une joie immense d'avoir eu le privilège d'assister à un tel spectacle.

Ben Youngs, un doublé et de nombreuses promesses
La Rouste à Ne Pas Manquer.

Dans cette catégorie, la conquête du titre par l'Irlande, avec la manière, sur le terrain du Chardon qui plus est, ne pouvait être évitée. Face à une équipe qui n'avait plus rien à perdre, et qui souhaitait simplement se faire pardonner de ses piètres prestations, la tâche semblait ardue.

En première période, les locaux ont su faire illusion, répondant non sans mal au défi physique du Trèfle. De leur côté, un essai de Finn Russell, transformé par Greg Laidlaw, qui inscrira également une pénalité. En revanche, les Irlandais seront moins mesurés, avec des essais de Paul O'Connell et de Sean O'Brien, transformés par un Jonathan Sexton en feu, qui s'offrira six autres unités, profitant de la précipitation adverse dans les rucks.

Au retour des vestiaires, l'Irlande a mis le pied sur l'accélérateur, et fait preuve de réalisme, contrairement au Chardon, qui, bien que livrant une résistance admirable, n'a su marquer aucun point en seconde période. Le Trèfle, quant à lui, a poursuivi sa marche vers le trophée, grâce à deux nouvelles pénalités de Jonathan Sexton, qui validera un essai de Jared Payne, ainsi qu'à celui du doublé pour Sean O'Brien, qui sera lui transformé par Ian Madigan.

Sean O'Brien, deux essais, et un rôle majeur dans la conquête du titre
La Purge à Manquer.

Bien que le terme de "purge" semble un peu fort pour une rencontre aussi fructueuse, il est bon de souligner que cette débauche offensive n'est véritablement allée que dans un sens. En effet, l'Italie, bien que vaillante en première période, n'a pas tenu la cadence, livrant quarante dernières minutes à oublier.

Pourtant, tout laissait penser que l'affrontement serait plus équilibré que prévu, les Gallois ne prenant l'avantage qu'au moment de rentrer aux vestiaires. Pour les Italiens, une pénalité de Kelly Haimona, et une autre de Luciano Orquera, qui s'occupera également de donner plus d'ampleur à l'essai de Giovabattista Venditti. Pour leurs adversaires, un essai de Jamie Roberts, deux pénalités de Leigh Halfpenny, et une de Dan Biggar.

En revanche, après la pause, la rencontre tournera à l'humiliation, la faute aux Italiens, qui prendront deux cartons jaunes, et évolueront en infériorité numérique durant vingt minutes. Le début du festival. Sept essais en trente minutes : un de Liam Williams ( transformé par Dan Biggar ), trois de George North ( transformés par Dan Biggar ), un de Rhys Webb, un de Sam Warburton ( transformé par Dan Biggar ), et, pour finir, un de Scott Williams ( transformé par Dan Biggar ). En réponse à cette déferlante, un malheureux essai de Leonardo Sarto, transformé par Luciano Orquera.

Une rencontre à sens unique, et un sentiment de gâchis après les deux cartons jaunes envers les Italiens, trop inexpérimentés pour pouvoir livrer un véritable combat durant plus d'une heure.


George North, auteur d'un formidable triplé

mercredi 18 mars 2015

Tournoi des Six Nations 2015, Chapitre 4

Pour cette avant-dernière journée de compétition, le programme était alléchant, et semblait nous offrir une occasion de se faire une idée bien plus précise sur le classement final. En ouverture, le choc du week-end, avec un bouillant Pays de Galles - Irlande à Cardiff. Le soir même, une autre affiche, avec la Calcutta Cup, entre la Rose et le Chardon. Enfin, pour en terminer avec ces deux jours d'ovale, une rencontre indécise entre l'Italie et le XV de France.

La Rencontre à Ne Pas Manquer.

Représentant incontestablement le choc de cette journée, le duel entre le Poireau et le Trèfle a tenu toutes ses promesses, et finalement tourné à l'avantage des Gallois. S'imposant 23 à 16, ils ont enlevé une rencontre d'une intensité et d'une densité physique exceptionnelles, en témoignent les bilans de leur trois meilleurs plaqueurs ( 31 pour Luke Charteris, 23 pour Sam Warburton, et 20 pour Scott Baldwin ) ! En première période, les deux équipes avaient déjà donné un aperçu du combat d'anthologie qui allait suivre. Une lutte symbolisée par deux des meilleurs marqueurs du tournoi, Leigh Halfpenny pour les Gallois, et Jonathan Sexton pour les Irlandais. Au bout de quarante minutes, quatre pénalités à trois en faveur du premier, auxquelles il faut ajouter un drop de son coéquipier Dan Biggar. Résultat, 15 à 9 à la pause.

Au retour des vestiaires, la bataille reprenait de plus belle, les Diables Rouges s'en allant les premiers dans l'en-but adverse, par Scott Williams, ce à quoi l'Irlande répondit par un essai de pénalité, transformé par le solide Jonathan Sexton. Et, au beau milieu d'un combat qui faisait rage, le Trèfle se devant de marquer un nouvel essai pour passer devant au tableau d'affichage, c'est bel et bien Leigh Halfpenny qui profitait de leur précipitation pour passer une nouvelle pénalité, et figer le score en faveur de son pays.

Leigh Halfpenny, le cauchemar des équipes du Vieux Continent
La Rouste à Ne Pas Manquer.

Pour la première fois, le XV de France sort de la catégorie "purge", et passe dans celle de la "rouste". Et c'est amplement mérité, tant les Tricolores ont évolué au-dessus des Italiens dimanche. Reste à déterminer de manière objective si ce sont eux qui ont fait déjouer leurs adversaires, ou si l'Italie s'est faite hara-kiri. En tout cas, pas grand-chose à se mettre sous la dent en première période, les Bleus ne passant que trois pénalités, deux par Camille Lopez, puis une par Scott Spedding.

En revanche, après la pause, le début du massacre. Les différentes entrées en jeu ont permis aux Français de concrétiser leurs occasions. Par exemple, Jules Plisson, enfin au niveau en sélection. Impérial au pied, il a passé deux pénalités, et transformé les deux essais des Bleus, inscrits par Yoann Maestri, puis par Mathieu Bastareaud, sur le gong. Au final, un cinglant 0 à 29 en faveur des joueurs de Saint-André.

Une équipe revigorée, transformée, métamorphosée, les mots manquent pour décrire le changement de comportement des Tricolores sur le terrain. Pourvu que ça dure.

Scott Spedding, le détonateur du XV de France
La Purge à Manquer.

La rencontre entre la Rose et le Chardon semblait destinée à finir dans la catégorie de la "rouste", tant les Anglais faisaient forte impression depuis le début de la compétition. Pourtant, en dépit de leur victoire, ils ont offert un spectacle bien loin des attentes, tout comme leurs adversaires. En effet, les deux équipes ont fait preuve d'une maladresse incroyable, gâchant cartouche sur cartouche, multipliant les fautes de main et les plaquages ratées. Au final, c'est bien l'Angleterre qui a su l'emporter, 25 à 13.

En première période, un essai de Jonathan Joseph au bout de cinq minutes, et la Rose semblait partie pour donner une belle correction au Chardon. George Ford transformait, avant de passer une pénalité. Mais les visiteurs profitaient de la multitude d'occasions ratées par les locaux pour faire mal en contre, avec un essai de Mark Bennett, transformé par Greg Laidlaw, qui s'offrait ensuite deux pénalités, pour permettre à sa formation de rentrer aux vestiaires avec trois points d'avance.

En seconde période, sans pour autant cesser de gâcher, les Anglais passaient la vitesse supérieure, et s'en allaient deux autres fois dans l'en-but écossais, par l'intermédiaire de George Ford, puis de Jack Nowell. Le premier ttransformait son propre essai, avant de passer sa deuxième pénalité de la rencontre, achevant ainsi ses adversaires, qui ne marquèrent donc aucun point durant les quarante dernières minutes.

George Ford, l'un des plus grands espoirs du rugby anglais

mercredi 4 mars 2015

Tournoi des Six Nations 2015, Chapitre 3

Pour cette troisième journée, qui marquait le passage à la deuxième moitié de la compétition, force est d'avouer que le spectacle n'était pas vraiment à la hauteur des attentes. Et pourtant, les affiches étaient plus qu'intéressantes, avec un duel au sommet entre l'Irlande et l'Angleterre, une opposition de seconds couteaux entre la France et le Pays de Galles, ainsi qu'une rencontre des cancres, le XV du Chardon affrontant l'Italie.

La Rencontre à Ne Pas Manquer.

Alors que l'Italie, pulvérisée lors des deux premières journées, venait tête basse à Murrayfield, le XV du Chardon n'a pas su renverser cette équipe, qui manquait pourtant de confiance et de fluidité. Au final, un score inattendu de 19 à 22 en faveur des Transalpins. En première période, les débats étaient extrêmement équilibrés, les locaux rentrant aux vestiaires avec un simple point d'avance. D'un côté, trois pénalités de Greg Laidlaw, qui avait aussi transformé l'essai en solitaire de Mark Bennett. De l'autre, deux essais, signés Joshua Furno et Giovanbattista Venditti, seul le second étant transformé par Kelly Haimona, qui y ajoutera une pénalité.

Après la pause, la rencontre perdra en offensive, mais pas en intensité, et verra l'Italie inscrire un troisième essai, de pénalité celui-là, et ce dans les derniers instants. Tommaso Allan le transformera, ruinant ainsi de manière définitive les efforts de ses adversaires, et en particulier ceux de Greg Laidlaw, omniprésent, comme le prouve les trois autres points ajoutés à l'heure de jeu.

Un dénouement cruel pour les locaux, qui devront redoubler de vaillance pour éviter la tristement célèbre Cuillère de Bois.

Le solide Joshua Furno a remis l'Italie dans le droit chemin
La Rouste à Ne Pas Manquer.

Dans ce qui constituait incontestablement le choc de ce week-end de rugby continental, l'Angleterre n'a pas fait le poids sur le terrain d'une Irlande efficace et solidaire. Le score final est de 19 à 9, et ce qui le rend si particulier, c'est que voir une équipe marquer plus du double des points de son adversaire, et ce à un tel niveau, est assez rare. En première période, le spectacle n'était pas de mise, mais les locaux ont vite montré que le fil de la rencontre ne pouvait leur échapper. S'en remettant à trois pénalités de Jonathan Sexton, en réponse à un drop de George Ford, le Trèfle a rapidement pris le dessus sur la Rose.

Au retour des vestiaires, la rencontre s'est quelque peu emballée, avec un essai de Robbie Henshaw, venant conclure un beau mouvement collectif de son équipe, et offrant à Jonathan Sexton l'occasion de donner seize points d'avance à l'Irlande, ce qu'il ne manquera pas de faire. La Rose tentera de revenir, par l'intermédiaire de son ouvreur George Ford, qui inscrira six nouveaux points, ce qui se révèlera plus qu'insuffisant.

Au terme de cette rencontre dominée par des locaux organisés et physiquement préparés, l'Irlande s'est imposée comme la meilleure nation du Vieux Continent, et reste en course pour un Grand Chelem.

Robbie Henshaw, le successeur de Brian O'Driscoll
La Purge à Manquer.

Si l'opposition entre la France et le Pays de Galles ne s'est pas montrée avare en points, il ne faut pas se fier au score, car elle a surtout tenu de la purge. Bien que le Poireau se soit imposé 13 à 20, cela n'a pas empêché la France de remplir cette catégorie pour la troisième fois de suite. Durant les quarante premières minutes, quasiment rien à se mettre sous la dent, hormis une pénalité de Camille Lopez en faveur des Bleus, contre deux pour Leigh Halfpenny en faveur des Diables Rouges.

Après la pause, un sursaut au niveau du score, mais dans le jeu, le progrès n'a pas sauté aux yeux, les attaques profitant plus des errements défensifs adverses. C'est ainsi que les Gallois ont permis à Dan Biggar de plonger dans l'en-but à l'heure de jeu, un essai transformé par Leigh Halfpenny, qui ajoutera neuf autres unités, punissant les Tricolores de leur indiscipline. Camille Lopez ne sera pas en reste, inscrivant de même une pénalité supplémentaire, et transformant l'essai de Brice Dulin, pourtant auteur d'une prestation globalement maladroite.

Le Pays de Galles s'est donc relancé dans une compétition pas encore figée au niveau du classement, alors que la France s'enfonce progressivement dans les profondeurs du tableau. Une réaction d'orgueil est donc attendue en vue des deux prochaines rencontres.

Leigh Halfpenny, encore à l'origine de la victoire des Diables Rouges

mercredi 18 février 2015

Tournoi des Six nations 2015, Chapitre 2

Pour la deuxième journée de cette nouvelle édition du Six Nations, qui a permis de donner un nouvel aperçu du niveau de chacun, les affiches étaient plutôt alléchantes, et semblaient présager de rencontres plutôt disputées. Avec un total de quatorze essais, soit plus du double de lors de la semaine dernière. Le XV du Chardon affrontait des Gallois revanchards, l'Irlande se frottait à un XV de France désireux d'élever son niveau de jeu, et l'Angleterre se préparait à confirmer une probante victoire par un nouveau succès, cette fois face à l'Italie.

La Rencontre à Ne Pas Manquer.

Le XV du Chardon, qui n'avait pas démérité au Stade de France, comptait se reprendre par une victoire face à celui du Poireau. Peine perdue, les Gallois ayant pris le dessus de quelques point, 23 à 26. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé, en pratiquant un jeu ouvert et offensif. En première période, Stuart Hogg, bien servi sur l'aile, inscrit le premier essai de la rencontre, et ce au bout de dix minutes. Greg Laidlaw s'occupera ensuite de transformer, avant de passer une autre pénalité. En réponse à cette fougue, le Poireau passera à la vitesse supérieure, en partie par l'intermédiaire de Leigh Halfpenny, qui inscrira onze points, profitant par trois fois de l'indiscipline adverse, avant de transformer l'essai de Rhys Webb. Au moment de revenir aux vestiaires, les Diables Rouges seront donc devant au score.

Après la reprise, la rencontre continuera sur les mêmes bases, les deux pays n'hésitant pas à envoyer du jeu, quitte s'exposer à des contres fulgurants. Pourtant, ce sont bien des pénalités qui remettront le Chardon et le Poireau dans la partie, avec, d'un côté, Greg Laidlaw, six points, et de l'autre, Leigh Halfpenny, qui inscrira trois unités, avant de transformer l'essai de Jonathan Davies, à un quart d'heure du terme. C'est à partir de cet instant que les locaux jetteront véritablement toutes leurs forces dans la bataille, pulvérisant les Gallois sur chaque contact, jusqu'à atteindre l'en-but en toute fin de partie, par l'intermédiaire de Jon Welsh, qui verra son essai transformé par Finn Russell. Ceci aura été insuffisant pour permettre au Chardon de renverser le Poireau, malgré une résistance admirable et un combat dantesque.

Que ferait le Pays de Galles sans Leigh Halfpenny ?
La Rouste à Ne Pas Manquer.

Malgré un début de rencontre dynamique et agressif, confirmé par un essai de l'inusable Sergio Parisse au bout de cinq minutes de jeu, l'Italie s'est effondrée par la suite, tout en opposant une résistance très offensive, qui lui a d'ailleurs coûté la rencontre. En réponse à cet essai, les Anglais sont arrivés deux fois dans l'en-but adverse avant la pause, une fois par Jonathan Joseph, puis la seconde par Billy Vunipola. George Ford transformera le deuxième, en ya joutant une pénalité. Les débats sont donc encore plutôt équilibrés à cet instant, mais c'est au retour des vestiaires que tout basculera.

Les quarante minutes qui suivront seront une orgie de rugby, avec pas moins de six essais. George Ford passera deux nouvelles pénalités, avant que le XV de la Rose n'inscrive quatre essais, dont un par Jonathan Joseph, qui s'offrira par la même occasion le double, un autre par Ben Youngs, puis Daniel Cipriani atteindra lui aussi l'en-but, avant que Nick Easter n'ajoute lui aussi cinq points. Ces quatre bijoux, dont trois auront été transformés (deux par George Ford, et un par Daniel Cipriani) se seront succédés, en un quart d'heure seulement, certainement le pire du XV d'Italie. Cependant, les joueurs de Jacques Brunel auront sauvé l'honneur, ajoutant deux essais en deuxième mi-temps, les deux par Luca Morisi, dont le dernier sera transformé par Tommaso Allan.

Au final, 47 à 17 pour l'Angleterre, et presque trois quarts d'heure d'anthologie, avec deux équipes joueuses et offensives, poussées par un public déchaîné.

En inscrivant deux essais face à l'Italie, Jonathan Joseph est entré parmi les grands
La Purge à Manquer.

Décidément, c'est déjà une mauvaise habitude des Bleus que de figurer dans cette catégorie. Après une victoire tout sauf rassurante face au XV du Chardon, les Tricolores souhaitaient faire taire leurs détracteurs chez le tenant du titre. Malgré la défaite, c'est presque chose faite, tant l'Irlande a souffert pour se défaire des visiteurs. Sans que la rencontre ne soit emballante, loin de là, elle a été riche en plaquages monstrueux et autres moyens de pression physique. En première période, duel de buteurs, entre Jonathan Sexton, de retour de blessure, et Camille Lopez, nouvelle plaque tournante du XV de France. Au moment de rentrer aux vestiaires, 12 à 6 pour le Trèfle, mais l'issue est toujours incertaine.

En seconde période, l'agressivité se fera de plus en plus présente, chaque équipe écopant d'un carton jaune. Jonathan Sexton, qui sera élu meilleur joueur de la rencontre, passera une autre pénalité, à l'instar de son coéquipier Ian Madigan. Du côté des Bleus, rien à se mettre sous la dent, hormis un essai de Romain Taofifenua, au terme d'une superbe action de jeu, qui se révèlera insuffisant pour arracher ne serait-ce qu'un nul. Résultat final, 18 à 11 pour l'Irlande.

Une rencontre hachée, indigne de deux équipes d'un tel statut, mais qui a ravi les amateurs de cathédrales, caramels, et autres fourberies dont ce sport a le secret.

Pour son retour, Jonathan Sexton a porté le XV du Trèfle

mardi 10 février 2015

Tournoi des Six Nations 2015, Chapitre 1

Afin de bien débuter cette nouvelle édition du Championnat d'Europe, l'Angleterre se rendait à Cardiff, pour y affronter le Pays de Galles. Une mise en bouche savoureuse, entre les deux pays les plus titrés de la compétition, avec 36 trophées pour le XV de la Rose, et 37 pour celui du Poireau. Le lendemain, l'Italie, cuillère de bois l'an passé, rencontrait l'Irlande, championne en titre, et la France, vêtue d'un maillot rouge pour la troisième fois seulement de son existence, entrait en lice contre un XV du Chardon pressé de se mesurer à des pointures. Voici un compte-rendu de cette première journée.

La Rencontre à Ne Pas Manquer.

Un show exceptionnel avant le coup d'envoi, une ambiance de folie durant la partie, et des acteurs au sommet : tout était réuni pour un grand rendez-vous, et ç'a na pas manqué. D'entrée de jeu, les Gallois s'en vont inscrire un essai, par l'intermédiaire de Rhys Webb, bien servi par Toby Faletau. Leigh Halfpenny enquille cinq points au pied, et voilà le Poireau devant la Rose, de dix points, et ce au bout de dix minutes. Mais au quart d'heure de jeu, une belle inspiration de Mike Brown profitera à son ailier, Anthony Watson. Les Anglais ont relevé le défi, et, même s'ils ne transforment pas, répondent présent. Jusqu'à la pause, on assiste alors à un combat de buteurs : à ma gauche, Halfpenny, une nouvelle pénalité, et Dan Biggar, un drop à la sirène ; à ma droite, George Ford, trois unités qui permettent à l'Angleterre de rentrer aux vestiaires avec un retard réduit à huit points.

Cinq minutes après la reprise, et au terme de plusieurs temps de jeu, les Anglais traverseront une seconde fois la défense du Poireau, cette fois par l'intermédiaire de Jonathan Joseph, mis sur orbite. C'est George Ford qui transformera l'essai, permettant à la Rose de revenir à une longueur de son adversaire du soir. Ensuite, l'Angleterre misera tout sur une défense étouffante d'agressivité, obtenant deux pénalités supplémentaires que le jeune buteur passera également, portant le score à 16-21, en faveur de son équipe.

L'équipe de Stuart Lancaster a donc frappé un très gros coup en s'imposant à Cardiff, prenant les commandes du championnat en attendant les deux rencontres suivantes, et surprenant bon nombre d'observateurs par sa capacité à faire sans ses meilleurs éléments.

George Ford, ou le futur successeur d'Owen Farrell

La Rouste à Ne Pas Manquer.

L'Italie, qui, l'an passé, a retrouvé son rang de cancre du Vieux Continent, affrontait l'Irlande, tenante du titre, et troisième nation mondiale. Au final, une nouvelle performance à oublier pour les Transalpins, vaincu 3 à 26. Pourtant, tout n'était pas à jeter au moment de rentrer aux vestaires, à la pause. Une défense bien en place, et un impact physique conséquent, ce qui n'avait pas suffi à empêcher les Irlandais de mener de six points, grâce à trois pénalités du surprenant Ian Keatley, auquel Kelly Haimona avait répondu en passant lui aussi un coup de pied.

En seconde période, une nouvelle pénalité du talentueux Ian Keatley, puis le tournant de la partie : Leonardo Ghiraldini écope d'un carton jaune, et le Trèfle ne laisse pas passer l'occasion de faire basculer la rencontre, inscrivant deux essais. Le premier est inscrit par Conor Murray, puis transformé par Ian Keatley, encore lui, avant que Tommy O'Donnell n'y aille de sa réalisation, bonifiée par Ian Madigan.

Une victoire moralement bénéfique pour l'Irlande, à l'extérieur qui plus est, qui sera à confirmer face à de véritables concurrents.

Ian Keatley, un pièce importante du dispositif du Trèfle en l'absence de Sexton

La Purge à Manquer.

Après un mois de novembre plutôt positif, le XV de France affrontait celui du Chardon, qui restait sur plusieurs performances abouties. Au final, une rencontre d'un ennui mortel, et une courte victoire des Tricolores, sur le score de 15 à 8. En première période, une attaque inexistante, une défense intermittente, mais un Camille Lopez au rendez-vous, avec trois pénalités. De son côté, le Chardon fait preuve de courage et d'imagination, inscrivant un essai, par l'intermédiaire de Dougie Fife, qui ne sera pas transformé. On ajoute à cela trois points au pied de Greg Laidlaw, et les Bleus rentrent au vestiaire avec une simple unité d'avance.

Après la pause, les Bleus retrouvent confiance, et dictent le rythme du jeu. Toutefois, pénalisés par une maladresse plus qu'inquiétante, ils ne parviendront jamais dans l'en-but adverse. Camille Lopez endossera donc à nouveau le costume de sauveur, ajoutant six points, une maigre récompense pour des Coqs conquérants mais trop hâtifs dans le dernier geste.

C'est donc une victoire importante pour les Bleus, qui devront cependant retrouver un semblant de réalisme pour aller inquiéter l'Irlande à Dublin.

Camille Lopez, l'un des nouveaux patrons du XV de France