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dimanche 22 janvier 2017

Olivier Giroud, l'incompris

Le scénario est désormais connu, mais il est tellement agréable de se laisser surprendre par la tournure des évènements. Qu'il est jouissif de profiter du retour au premier plan de cet attaquant jugé "maladroit, fragile et inconstant", que l'on aime critiquer à la moindre occasion manquée, pour mieux savourer sa capacité à répondre aux détracteurs en sortant son équipe d'une situation inconfortable.
Vous l'aurez compris, il est ici question d'Olivier Giroud. Souvent décrié, toujours pardonné, le Gunner n'a jamais fait l'unanimité. Mais il est toujours là, et n'a jamais semblé aussi fort.

Un profil atypique.

Loin des qualités techniques d'Antoine Griezmann, de la palette de Karim Benzema ou encore de la vitesse d'Alexandre Lacazette, Olivier Giroud souffre des comparaisons (plus ou moins objectives) avec ses compatriotes. Jugé, à tort, moins spectaculaire, il est bombardé à la moindre contre-performance.
Il est pourtant très précieux dans ce rôle ingrat de pivot, libérant des espaces pour ses partenaires d'attaque, et n'ayant de cesse d'aller au duel pour faire plier la défense adverse.
Car Giroud est un travailleur de l'ombre, un véritable aimant à ballons aériens, qui profite amplement à ses partenaires d'attaque, attentifs à ses remises. Très souvent dos au but, il excelle dans cette position exigeante, et s'est affirmé comme la référence actuelle dans ce style si particulier. Et les arabesques de ses coéquipiers, en club (Sanchez, Ozil, Walcott) comme en sélection (Griezmann, Payet, Pogba), le font souvent passer pour un joueur très maladroit, mais il suffit de prêter attention à ses remises pour constater le contraire.
En effet, il n'est pas rare de le voir dévier un ballon du talon, de la poitrine ou de l'extérieur du pied. Il suffit de se rappeler de cette combinaison fantastique à une touche de balle réalisée avec Jack Wilshere il y a quelques années, conclue par un but de l'Anglais, ou de cette subtile talonnade pour Antoine Griezmann, face à l'Islande lors de l'Euro.
Mais, parfois, la magie opère également de manière spectaculaire devant le but. Son coup du scorpion, rapidement devenu viral, n'est qu'une formidable piqûre de rappel de ce dont il est capable, preuve en est de ses ciseaux acrobatiques inscrits face à Crystal Palace et au Bayern de Munich l'an passé.



Une belle régularité dans l'efficacité.

Généreux dans les efforts, il fait également preuve d'une régularité redoutable dans son club. En effet, chez les Gunners, son bilan toutes compétitions confondues est le suivant :
- 17 buts et 12 passes décisives en 2012/2013 (47 matches joués),
- 22 buts et 12 passes décisives en 2013/2014 (51 matches joués),
- 19 buts et 4 passes décisives en 2014/2015 (36 matches joués),
- 24 buts et 6 passes décisives en 2015/2016 (53 matches joués),
- 10 buts et 5 passes décisives cette saison (21 matches joués).
Directement impliqué sur 131 buts en 208 rencontres (dont 135 titularisations), il est donc l'un des attaquants les plus réguliers du continent.
Il a également appris à être plus décisif dans les moments importants, signant un triplé capital sur la pelouse de l'Olympiakos l'an dernier en Ligue des Champions, ainsi qu'un autre coup du chapeau contre Aston Villa pour la dernière journée de championnat, offrant la deuxième place du classement aux Gunners.
Et que dire de ses récentes performances ? Auteur de 3 buts de dernière minute en l'espace d'un mois, il a signé son retour dans l'équipe avec brio, à tel point qu'il s'est vu confier le brassard pour un match de FA Cup.


Un comportement exemplaire en sélection.

Maintenu sur le banc durant les 6 mois de disette de Karim Benzema en 2013, il n'a pas bronché, travaillant de plus en plus dur pour gagner sa place, sans jamais critiquer Didier Deschamps, ni même laisser paraître de signes de colère ou de "rébellion" comme l'attaquant du Real a pu le faire.
Il a récemment su saisir sa chance à la suite des problèmes judiciaires de son principal concurrent, et s'y est imposé de par sa complémentarité avec Antoine Griezmann, et ses statistiques flatteuses : 21 buts et 8 passes décisives en 59 sélections.
Car ce total de réalisations le place parmi les plus grands, faisant de lui le douzième meilleur buteur de l'histoire des Bleus, avec le cinquième ratio des joueurs à plus de 50 sélections (derrière Platini, Papin, Henry et Trézéguet).
Lors de l'Euro 2016, il a parfaitement répondu aux violentes critiques du public français, inscrivant le premier but du tournoi, avant de livrer trois prestations de grande classe contre l'Irlande (une passe décisive), l'Islande (une passe décisive et deux buts) puis l'Allemagne.
Il est aujourd'hui l'avant-centre titulaire en sélection, même si l'opinion publique réclame désormais Lacazette et Gameiro pour le remplacer. Nous sommes donc bornés au point de répéter, inlassablement, les mêmes erreurs. Peu importe, Giroud fera ce qu'il sait faire de mieux, répondre sur le terrain, et nous nous mordrons une nouvelle fois les doigts pour avoir douté de lui.

jeudi 31 juillet 2014

Où en sont les Bleus ?

Après un Mondial accompli, les 23 membres de l'équipe de France ont pris quelques semaines de vacances bien méritées, ce qui n'a pas empêché leur situation en club d'évoluer. Petit tour d'horizon des mouvements des Tricolores en ce premier mois de mercato.

Du côté des gardiens, Hugo Lloris a prolongé à Tottenham jusqu'en 2019. Considéré comme une valeur sûre à son poste, capitaine de la sélection à 29 reprises, il a vécu deux saisons compliquées en Angleterre, car souvent lâché par sa défense. Il devra donc s'attendre à vivre de nouvelles désillusions, avant, peut-être dès l'année prochaine, de signer dans un club d'envergure.
Stéphane Ruffier, annoncé à Monaco en début de mercato, semble parti pour rester. Il est indiscutablement titulaire dans le Forez, mais l'ASM, fragilisé à ce poste, pourrait revenir à la charge en cas de refus des autres joueurs pistés.
Mickaël Landreau, quant à lui, a mis fin à sa carrière après l'élimination de la France en Coupe du Monde. Le recordman de rencontres de Ligue 1 va basculer de l'autre côté de l'écran, pour se reconvertir au poste de consultant.

Du côté des défenseurs, Raphaël Varane, assuré d'une place de titulaire au Real Madrid, va sans aucun doute rester, et s'affirmer de manière définitive comme l'un des meilleurs à son poste.
Mamadou Sakho, après une saison en demi-teinte à Liverpool, la faute à une blessure, semble parti pour devenir, suite à une Coupe du Monde satisfaisante, l'un des piliers de la défense des Reds.
Mathieu Debuchy, l'une des véritables révélations des dernières sorties de la sélection, a quitté Newcastle, club du milieu de tableau de Premier League, pour rejoindre Arsenal, club du haut de tableau, où il retrouvera Olivier Giroud et Laurent Koscielny.

Mathieu Debuchy sous ses nouvelles couleurs
Ce dernier, qui tourne à une moyenne de 30 matches par saison depuis son arrivée chez les Gunners, il y a quatre ans de cela, est un titulaire indiscutable en défense centrale. Un départ est donc exclu pour le moment.
Eliaquim Mangala, très proche de Manchester City, où il pourrait retrouver Bacary Sagna, n'y est pas encore de manière officielle, et un retournement de situation est toujours possible. Monaco est d'ailleurs sur ses traces depuis le début du marché des transferts.
Patrice Evra, indéboulonnable à Manchester United durant huit saisons, a quitté les Red Devils pour s'engager avec la Juventus de Turin, où il retrouvera Paul Pogba.

Après huit saisons pleines avec Manchester United, Evra rejoint Pogba à Turin
Lucas Digne, son remplaçant en équipe de France, reste au PSG, et ce malgré une saison passée dans l'ombre de Maxwell. Son talent devrait lui permettre de jouer plus souvent, voire de passer titulaire, d'ici un an ou deux.
Bacary Sagna, après sept saisons pleines à Arsenal, s'est engagé avec Manchester City, où il devra faire face à la concurrence de l'inusable Pablo Zabaleta, finaliste du Mondial avec l'Argentine, et du puissant Micah Richards, grand espoir anglais.

Le discret Bacary Sagna s'est engagé avec Manchester City, où il pourrait être rejoint par Mangala
Du côté des milieux, Yohan Cabaye, arrivé au PSG l'hiver dernier, y reste, dans l'espoir de devenir titulaire, ce qui, au vu de ses performances estivales, ne serait pas usurpé.
Blaise Matuidi poursuit également sa carrière avec le club de la capitale, bien que sa capacité exceptionnelle à enchaîner les matches de haut niveau n'ait laissé aucun club indifférent.
Paul Pogba, qui aurait pu les rejoindre si l'offre avait été suffisante, est toujours courtisé par de nombreux clubs, mais la Juventus Turin compte bien garder sa perle rare, qui possède toutes les capacités nécessaires pour devenir l'un des meilleurs.
Moussa Sissoko, bien qu'ayant réalisé de très bonnes entrées au Mondial, n'a reçu aucune offre, et devrait donc rester à Newcastle.
Morgan Schneiderlin était prêt à suivre l'exemple de Lambert, Lovren, Chambers, Lallana et Shaw, et ce en quittant Southampton. En effet, bien que sa clause soit de l'ordre de 35 millions, Tottenham semblait prêt à mettre la main à la poche. Mais le président des Saints a déclaré que Schneiderlin ne partirait pas cet été, montrant ainsi sa volonté de conserver quelques joueurs cadres, ce qui a eu le don d'énerver le Tricolore, qui aurait demandé à quitter le club.
Rio Mavuba, titulaire indiscutable du LOSC, dont il est le capitaine, semble vouloir y finir sa carrière, malgré quelques vagues approches de clubs étrangers.
Mathieu Valbuena, assurément l'un des meilleurs français au Mondial, est sur le marché. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on ne se l'arrache pas. Après avoir refusé une première offre du Dinamo Moscou, il semble être revenu sur sa décision. Son choix n'est pas encore officiel, West Ham et les Queen's Park Rangers l'ayant également approché.

Antoine Griezmann, après cinq saisons professionnelles à la Real Sociedad, son club formateur, s'est engagé avec le champion d'Espagne, l'Atlético Madrid. Une opportunité exceptionnelle pour lui de s'affirmer un peu plus comme un très grand joueur, après une saison pleine.

Antoine Griezmann espère passer un cap chez les Colchoneros
Karim Benzema, après un Mondial en demi-teinte, ne semble pas voir sa situation au Real Madrid fragilisée par les rumeurs envoyant Falcao chez les Merengue. Il a d'ailleurs prolongé son contrat jusqu'en 2019, à la demande de Florentino Pérez.
Olivier Giroud, de la même manière, n'est pas mis en danger par l'arrivée d'Alexis Sanchez, ni par le retour de prêt de Campbell, qui serait sa doublure, ou serait une nouvelle fois prêté.
Loïc Rémy, qui devait s'engager avec Liverpool, a vu son rêve brisé lors de la visite médicale. Deux hypothèses se rencontrent après ce retournement de situation : soit un problème cardiaque aurait été décelé, comme ce fut le cas lors de son arrivée à Marseille, contraignant le club de la Mersey à le renvoyer chez lui, soit le retour de prêt de Fabio Borini, qui aurait annoncé son envie de rester chez les Reds, ce qui aurait bloqué son transfert. Rémy évoluera donc probablement chez les Queen's Park Rangers la saison prochaine.
Rémy Cabella, à l'instar d'Antoine Griezmann, quitte son club formateur, Montpellier, et rejoint Moussa Sissoko à Newcastle, où il aura l'occasion de se frotter aux meilleurs, dans ce championnat exaltant qu'est la Premier League.

Rémy Cabella tout sourire sous ses nouvelles couleurs

lundi 9 juin 2014

Des Bleus au firmament prêts à tutoyer les étoiles

Pour son dernier match de préparation avant la Coupe du Monde, l'équipe de France n'a pas fait de détails face à la Jamaïque, l'emportant sur un score sans appel de 8-0. Une attaque retrouvée, un milieu densifié et une défense solidifiée on été les clés de cette victoire. Voici les notes décernées aux Bleus.

Hugo Lloris : 7/10.
Très peu sollicité, il a su marquer son territoire par quelques bonnes sorties sur coups de pied arrêtés, puis sur le seul tir jamaïcain, signé Dawkins, qu'il a bien capté. Un match propre, et un calme qu'il conviendra de conserver lors du Mondial.

Mathieu Debuchy : 7/10.
Souvent critiqué pour son apport défensif trop faible par rapport à son apport offensif, il s'est cette fois montré sous son meilleur jour dans sa propre surface, rassurant une défense française nerveuse en début de match. Il est cependant, une fois n'est pas coutume, resté discret sur le plan offensif.

Remplacé à la mi-temps par Bacary Sagna, qui ne fut jamais inquiété sur son côté droit, et qui a montré de belles choses en attaque.

Patrice Evra : 6,5/10.
Fébrile en début de partie, le Mancunien a déçu. Ses absences ont failli coûter cher, mais ses coéquipiers ont sauvé les meubles. Il s'est repris en seconde période pour s'élever au niveau auquel on l'attendait : intraitable en défense, et déroutant en attaque. Il a d'ailleurs délivré une passe décisive à Matuidi, sur le sixième but.

Raphaël Varane : 6,5/10.
Discret plus qu'à son habitude, il n'en a pas moins dominé les débats. Peu inquiété, il a su s'en sortir grâce à un calme toujours olympien, faisant pourtant preuve, à certains moments, de facilité.

Mamadou Sakho : 6,5/10.
Encore un match irréprochable pour le héros de France-Ukraine. En mettant toujours autant d'intensité dans les duels, en se précipitant sur chaque ballon tel un mort de faim, il s'est imposé comme un des leaders de cette équipe.

Yohan Cabaye : 7/10.
Auteur d'un superbe but qui a lancé la partie, le Parisien a également maîtrisé ses adversaires au milieu du terrain, se retrouvant parfois en position de meneur de jeu. Il a, une fois de plus, compensé son impact physique moyen par une justesse technique de tous les instants.

Remplacé à l'heure de jeu par un Mavuba discret, mais jamais menacé.

Moussa Sissoko : 6,5/10.
Dans un rôle assez offensif, le Magpie s'est distingué par un jeu juste et efficace. Il a su contenir les rares offensives adverses, tout en distribuant pour ses attaquants. Il a délivré une passe décisive à Griezmann sur le huitième but.

Blaise Matuidi : 9/10.
Un match exceptionnel. Le Parisien était dans un très grand soir. Après avoir inscrit le deuxième but sur une frappe à ras de terre parfaite, il a marqué le sixième sur une belle reprise de volée couchée. Il a également servi Benzema sur le cinquième but. Son activité fut incessante, et ce à tous les étages. Défensivement, il a assuré ; offensivement, il a impressionné.

Remplacé à l'entame du dernier quart d'heure par un Pogba sûr de lui, et qui, comme le souhaitait Didier Deschamps, a éliminé le "superflu inutile" de son jeu.

Mathieu Valbuena : 7,5/10.
Comme toujours, "Petit Vélo" a tenu son rang en sélection. Permutant incessamment avec Benzema, il a donné le tournis à la défense, tout en jouant juste. En effet, il a délivré deux nouvelles passes décisives, pour Benzema sur le troisième but, et pour Griezmann sur le septième but.

Remplacé à dix minutes du terme par Rémy, qui s'est logiquement vu refuser un but pour hors-jeu, ce qui montre quand même une belle envie de sa part.

Karim Benzema : 9/10.
Aligné sur l'aile gauche, le Madrilène a bluffé partenaires, adversaires et spectateurs. Il a marqué le troisième but sur une superbe frappe enroulée, avant de s'offrir le doublé, sur le cinquième but, d'un tir explosif sous la barre. Dix minutes plus tard, il a failli en ajouter un troisième, décochant une frappe monstrueuse qui échoua sur le poteau. Il a complété cette performance individuelle sans bavures par deux passes décisives : la première fut pour Matuidi, sur le deuxième but, et la seconde pour Giroud, sur le quatrième but.
Benzema et le public réconciliés, le symbole d'une union retrouvée
Remplacé par Schneiderlin à cinq minutes de la fin du match. L'Alsacien n'a pas eu le temps de s'exprimer, mais a montré un enthousiasme encourageant pour la suite.

Olivier Giroud : 8/10.
Dans un rôle de pivot lui allant toujours à merveille, le Gunner s'est signalé, comme toujours, par une présence athlétique impressionnante. Il a servi Cabaye sur le premier but, d'une remise la tête parfaite, bien que difficile, avant d'y aller de sa réalisation, pour le quatrième but, d'un joli plat du pied sous la barre.

Remplacé à vingt minutes de la fin du temps réglementaire par Griezmann, qui a trouvé le moyen d'inscrire deux buts durant ce court laps de temps, les deux derniers du match. Le premier est venu d'une belle action collective, conclue d'une frappe à ras de terre bien  placée, tout comme le second, qu'il inscrivit d'une jolie madjer, au premier poteau.