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mercredi 6 septembre 2017

Un premier tour qui promet d’être grandiose

La Ligue des Champions reprend ses droits dans une semaine et ce n'est pas pour nous déplaire. Le tirage au sort n'a déçu personne, et les chocs seront nombreux dès la phase de groupes. Même si quelques gros clubs doivent se contenter de la Ligue Europa (Lyon et Arsenal) voire même regarder la Coupe d'Europe de chez eux (Valence et Leverkusen), cette édition 2017-2018 promet d’être inoubliable.
Poule par poule, voici le scénario le plus probable de cet alléchant premier tour.


Groupe A.
1 : Manchester United. 
2 : Benfica Lisbonne.
3 : CSKA Moscou.
4 : FC Bâle.

Pour sa deuxième saison chez les Red Devils, José Mourinho fait des étincelles. En Premier League, le bilan est de trois victoires en autant de rencontres, dans le sillage des 4 buts de Romelu Lukaku. Devant la défense, qui fait preuve d’une solidité remarquable, Paul Pogba et Nemanja Matić brillent par leur complémentarité.
Parcours dans la compétition l’an passé : Manchester United n'était pas en C1

Derrière, le Benfica devrait devancer Bâle et le CSKA Moscou. Jonas est une véritable menace en attaque, avec déjà 6 buts inscrits en seulement 5 rencontres. Son compatriote Luisão, dont c’est la 15ème saison au club, est toujours un pilier indispensable en défense centrale. 
Parcours dans la compétition l’an passé : Défaite en huitièmes face au Borussia Dortmund

Groupe B.
1 : Bayern Munich.
2 : Paris Saint-Germain.
3 : Celtic Glasgow.
4 : Anderlecht. 

Désormais dirigés par Carlo Ancelotti, arrivé cet été, les Munichois sont à la fois solides et frustrants. Les résultats sont toujours là mais pas la manière. L'effectif est pourtant très complet, avec un titulaire et un remplaçant de niveau semblable à chaque poste, et c'est probablement ce qui fera la différence pour permettre à Lewandowski et ses partenaires d’accrocher la première place de la poule.
Parcours dans la compétition l’an passé : Défaite en quarts face au Real Madrid

Quant au PSG, qui vient de s'offrir Neymar, il n'est pas illogique d'envisager une deuxième place dans ce groupe malgré l'investissement colossal consenti lors du mercato. Car si l'attaque est à la hauteur, le milieu de terrain et certains défenseurs vont devoir cravacher pour se mettre au niveau. Marco Verratti, par exemple, est trop discret depuis la reprise. Dans le même temps, Layvin Kurzawa et Dani Alves montrent d'inquiétantes lacunes défensives.
Parcours dans la compétition l’an passé : Défaite en huitièmes face au FC Barcelone

Groupe C. 
1 : Chelsea.
2 : Atlético Madrid.
3 : AS Roma.
4 : Qarabağ.

Grâce à ses recrues, Chelsea devrait accrocher la première place de ce groupe. Morata et Rüdiger ont les qualités pour se fondre à merveille dans le système d'Antonio Conte, alors que Zappacosta et Drinkwater peuvent envisager de bousculer la hiérarchie. Les Blues viennent de battre Everton et Tottenham coup sur coup en Premier League, la preuve qu’il faudra compter sur eux cette saison.
Parcours dans la compétition l’an passé : Chelsea n'était pas en C1

Pour la deuxième place, l'Atlético est favori devant la Roma. Aucun joueur n'est parti, et ce pour permettre au club de faire face à son interdiction de recrutement. Une belle preuve de loyauté de la part d'un effectif modelé par le brillant Diego Simeone. Les cadres comme Griezmann, Godín et Koke auront pour objectif de remporter l’épreuve après de nombreuses tentatives infructueuses.
Parcours dans la compétition l’an passé : Défaite en demies face au Real Madrid

Groupe D. 
1 : Juventus Turin.
2 : FC Barcelone.
3 : Sporting Portugal.
4 : Olympiakos Le Pirée.

Entre le Barça et la Juve, deux colosses en reconstruction, les Turinois partent avec un léger avantage. Mehdi Benatia et Douglas Costa sont arrivés pour compenser les départs de Leonardo Bonucci et Kingsley Coman, tandis que Blaise Matuidi et Federico Bernardeschi permettent à la Vieille Dame de renforcer un effectif déjà très dense.
Parcours dans la compétition l’an passé : Défaite en finale face au Real Madrid 

Malmené sur le marché des transferts, le FC Barcelone a perdu Neymar sans réussir à signer Coutinho et Verratti. Les joueurs d'Ernesto Valverde sont malgré tout en tête de la Liga, de quoi redonner un semblant de sourire aux supporters qui s’inquiètent après la gestion calamiteuse de ce mercato. En attaque, Messi et Suárez vont devoir intégrer Ousmane Dembélé au mieux pour espérer un retour au sommet de l’Europe.
Parcours dans la compétition l’an passé : Défaite en quarts face à la Juventus Turin

Groupe E.
1 : Liverpool.
2 : Séville FC.
3 : Spartak Moscou.
4 : NK Maribor.

Déchaînés depuis que Jürgen Klopp est sur le banc, les Reds veulent faire un gros coup en Ligue des Champions. Leur début de saison est très encourageant (quatre victoires en cinq rencontres) mais les résultats ne doivent surtout pas éclipser les lacunes défensives. Ragnar Klavan, Joël Matip et Dejan Lovren manquent de repères alors qu’ils sont particulièrement exposés par le style de jeu très offensif de leur formation.
Parcours dans la compétition l’an passé : Liverpool n'était pas en C1

Confronté au départ de son entraîneur Jorge Sampaoli un an seulement après sa nomination, le club a su réagir de la meilleure des manières. Le mercato a été parfaitement géré (Simon Kjær, Guido Pizarro et Luis Muriel sont arrivés) pour entourer Pablo Sarabia, le chef d’orchestre de cette équipe. Les Andalous sont pour l’instant invaincus cette saison et comptent bien tenir tête à Liverpool.
Parcours dans la compétition l’an passé : Défaite en huitièmes face à Leicester

Groupe F.
1 : Manchester City.
2 : Naples.
3 : Shakhtar Donetsk.
4 : Feyenoord Rotterdam.

Pep Guardiola voulait des renforts, il a été servi. Les dirigeants ont montré que City restait un candidat redoutable pour le titre de champion d'Europe en s’offrant Ederson, Kyle Walker et Bernardo Silva. Les recrues sont chères mais correspondent au projet, qui fonctionne à merveille en Premier League. Désormais, le club doit réussir à exporter sa réussite nationale sur la scène continentale.
Parcours dans la compétition l’an passé : Défaite en huitièmes face à Monaco

Pour Naples, rien ne vaut la stabilité. Le club n'a que très peu recruté mais a su garder ses meilleurs éléments pour ne pas bouleverser le formidable équilibre de l'équipe. Dries Mertens et Lorenzo Insigne forment toujours un duo spectaculaire en attaque, tandis que Raúl Albiol et Kalidou Koulibaly font la loi en défense. Au milieu, Marek Hamšík s’est imposé il y a bien longtemps comme le métronome de cette formation.
Parcours dans la compétition l’an passé : Défaite en huitièmes face au Real Madrid

Groupe G.
1 : Monaco.
2 : FC Porto.
3 : RB Leipzig.
4 : Beşiktaş Istanbul.

S’il est compliqué de désigner un favori dans cette poule très ouverte, Monaco a les armes pour accrocher la première place. Benjamin Mendy, Tiémoué Bakayoko et Valère Germain sont partis, mais le club du Rocher s’appuie toujours sur un Falcao monumental (déjà 7 buts). D’autant que Jardim peut compter sur les renforts de qualité que sont Diego Benaglio, Youri Tielemans et Stevan Jovetić.
Parcours dans la compétition l’an passé : Défaite en demies face à la Juventus Turin 

Derrière, les Dragons tiennent la corde pour la deuxième place. L’effectif a de la gueule (Iker Casillas, Alex Telles, Yacine Brahimi) et les dirigeants ont su conserver Danilo Pereira. Courtisé par le Paris Saint-Germain, ce milieu défensif est le véritable socle de l'équipe, ainsi qu’un titulaire indiscutable avec sa sélection du Portugal.
Parcours dans la compétition l’an passé : Défaite en huitièmes face à la Juventus Turin

Groupe H.
1 : Real Madrid.
2 : Borussia Dortmund.
3 : Tottenham FC.
4 : APOEL Nicosie.

Dans cette poule délirante, c'est logiquement le double tenant du titre qui est favori. Le recrutement discret mais parfaitement ciblé (Théo Hernández et Dani Ceballos) du champion d'Espagne lui a permis de renforcer un banc de touche déjà bourré de talent. La gestion impeccable de l’effectif par Zinédine Zidane doit permettre aux Madrilènes d’envisager un troisième sacre consécutif, loin d’être impossible pour la bande à Ronaldo.
Parcours dans la compétition l’an passé : Victoire en finale face à la Juventus Turin

Derrière, le Borussia Dortmund part avec une longueur d'avance sur Tottenham. Marco Reus est encore blessé tandis que Matthias Ginter est parti, mais rien ne peut arrêter Aubameyang, déjà buteur à 6 reprises. Le reste de l’effectif est un mélange prometteur entre jeunes pépites (Dahoud, Pulisic) et joueurs d'expérience (Toprak, Schürrle) qui vient d'aligner trois victoires consécutives.
Parcours dans la compétition l’an passé : Défaite en quarts face à Monaco


vendredi 21 avril 2017

La Juventus, une pointure qui risque fort de mettre un terme au parcours de l'AS Monaco

S'il y avait une équipe à éviter lors du tirage au sort, c'était bien celle de Massimiliano Allegri. La Vieille Dame est dans la force de l'âge, un mélange parfait entre jeune pépites, cadres en pleine bourre et vétérans d'exception. Depuis le mois d'août, la Juve domine de la tête et des épaules son championnat (26 victoires en 32 journées, 8 points d'avance au classement), et s'amuse en Ligue des Champions (7 victoires et 3 nuls, seule équipe invaincue).
Aujourd'hui, les partenaires de l'éternel Gianluigi Buffon sont d'une incroyable solidité à tous les étages, et leur trouver un point faible relève presque de l'impossible.

Une défense en béton armé.

L'autre BBC d'Europe se trouve du côté de Turin, avec le trio Buffon - Bonucci - Chiellini. Le premier porte les couleurs de la Juve depuis 2001, le second depuis 2010, et le dernier depuis 2005. Cela fait donc 7 ans qu'ils forment la meilleure défense d'Europe, et ce peu importe le système de jeu ou le reste de la composition d'équipe. Leur bilan est éloquent : 5 titres en Série A, 3 en Supercoupe d'Italie, une Coupe d'Italie. La Ligue des Champions leur tendait les bras en 2015, après avoir éliminé Dortmund, Monaco et le Real Madrid, mais l'absence de Chiellini lors de la finale et l'infernal trio du Barça ont eu raison d'eux.


Cette saison, ils sont entourés par Daniel Alves et Alex Sandro, deux latéraux très complets qui font la loi dans leur couloir. Après 8 ans passés comme titulaire indiscutable au Barça, Dani Alves est un monstre sacré à son poste, et ses 33 ans ne l'empêchent pas d'être intraitable défensivement. Côté gauche, Sandro est un autre joli coup réussi par la Juve. Arrivé de Porto en 2015, il a progressivement poussé Evra vers la sortie, s'imposant comme l'arrière gauche titulaire des Bianconeri.
Sur le banc, les noms font également rêver beaucoup de cadors en Europe : Andrea Barzagli, Daniele Rugani et Mehdi Benatia pour faire souffler la charnière centrale, Stephan Lichtsteiner derrière Dani Alves, et Kwadwo Asamoah en soutien de Sandro.
La preuve que les Turinois ont aussi une profondeur de banc phénoménale.

Un milieu extraordinairement complémentaire.

Dans le 4-2-3-1 d'Allegri, la paire Pjanic-Khedira fait office de pilier du système : si l'un ou l'autre passe(nt) à côté, tout s'écroule. Mais ces deux joueurs sont hors-normes, et répondent présent match après match.
Le Bosnien, arrivé de la Roma, est le nouveau chef d'orchestre de la Juve. Sa vision du jeu et son toucher de balle en font un artiste qui abreuve ses attaquants de passes chirurgicales. Son rendement offensif est d'ailleurs à la hauteur des attentes (8 buts, 11 passes décisives).
L'Allemand, de son côté, se rappelle au bon souvenir du Real Madrid, qui n'a pas particulièrement insisté pour prolonger son contrat, avant de le laisser partir libre à Turin. Débarrassé de ses pépins physiques, il s'impose de nouveau comme ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être : l'un des meilleurs milieux défensifs de la planète. Son abattage est colossal, son volume de jeu sidérant, surtout pour un joueur aussi costaud physiquement (1,90 m pour 85 kg), et il fait désormais preuve d'un potentiel offensif insoupçonné : 5 buts et 2 passes décisives.


Quand Allegri doit faire tourner, il peut, là aussi, compter sur des joueurs très fiables, tels que Claudio Marchisio, Mario Lémina, Kwadwo Asamoah (encore lui), Stefano Sturaro ou Tomas Rincon.

Un quatuor offensif impossible à contenir.

En attaque, Allegri a choisi de laisser la pointe au seul Gonzalo Higuain, sans reléguer Mandzukic, précieux dans les duels, et Dybala, véritable magicien du ballon, sur le banc. Il a donc adapté son système à ce trio, dans le but de pouvoir aligner tout le monde. Et ce pari est une franche réussite, alors que peu d'observateurs étaient convaincus par la position d'ailier gauche du Croate.
Quant à Dybala, il joue comme un faux meneur de jeu, et se balade librement entre les lignes adverses. Higuain lui sert de point de fixation, tandis que Cuadrado vient compléter ce carré d'as en mettant le feu sur son couloir droit.


C'est peu dire que leur association fait des ravages : ils totalisent 55 buts et 27 passes décisives, sur les 92 inscrits par la Juve cette saison.
Même si les remplaçants sont moins nombreux devant, avec les seuls Marko Pjaca, Kwadwo Asamoah (décidément) et Moise Kean, le banc reste qualitatif, et le coach peut toujours adapter son système de jeu tant ses joueurs sont complets.

mercredi 5 avril 2017

Edinson Cavani, le buteur en manque de gratitude

Trois saisons durant, Cavani s'est retrouvé bloqué au poste d'ailier gauche, pour ne pas faire de l'ombre au grand Zlatan Ibrahimovic. Dans ce rôle ingrat pour un attaquant de pointe, il n'a pas ou peu protesté, travaillant simplement et sobrement pour son équipe, en affichant déjà des statistiques remarquables (81 buts et 15 passes décisives en 148 matches).
Mais le départ du Suédois, l'été dernier, lui permet enfin de s'exprimer à son vrai poste. Malgré un ratio monstrueux et son statut de meilleur buteur d'Europe, il ne fait toujours pas l'unanimité. Retour sur cette saison mouvementée pour le "Matador".

Le jour et la nuit en début de saison.

Pour ses premières titularisations en pointe, l'Uruguayen, très attendu, déçoit par sa maladresse. D'abord en Ligue 1, à l'occasion de la venue de Metz (3-0), au cours duquel Cavani multiplie les ratés, sans pouvoir trouver le chemin des filets. Deux matches et un but plus tard, les Parisiens ont rendez-vous avec Arsenal en Ligue des Champions.
Cavani marque sur son premier ballon, après moins d'une minute, mais les 89 qui suivront seront un véritable calvaire. Toujours aussi précieux pour gêner la relance adverse, il perd en lucidité dans la finition, et manque une petite dizaine d'occasions franches (1-1). Les supporters le lâchent, la presse le stigmatise, et les dirigeants sont obligés de lui renouveler publiquement leur soutien.
Il répondra sur le terrain, trois jours plus tard, lors d'un déplacement à Caen (0-6). Il signe un quadruplé phénoménal en une mi-temps, puis demande le changement, signe du devoir accompli. Ses détracteurs mettent alors en avant la différence de niveau entre les Gunners et le Stade Malherbe, pour minimiser sa performance.


Deux mois plus tard, à l'approche de décembre, il compte 11 buts en autant de rencontres de Ligue 1, alors que Paris se déplace à Lyon. Imperturbable, il sera sans pitié pour les partenaires de son rival, Alexandre Lacazette, en signant un doublé (1-2). Quinze jours après, le PSG reçoit Nice, leader surprise du Championnat. Tandis que sa défense lâche, Cavani sauve les meubles en s'offrant un nouveau doublé (2-2), privant les Aiglons d'une précieuse victoire sur un concurrent direct.
Il termine la première moitié de saison avec un formidable bilan de 24 buts en 23 matches, toutes compétitions confondues.


Une régularité pas toujours saluée par le grand public.

Aujourd'hui, Cavani est à 40 buts en 40 matches joués, ce qui en fait le meilleur buteur d'Europe. Il a été le seul à surnager lors de la défaite à Barcelone (6-1), tout en sortant ses partenaires de plusieurs pièges en Ligue 1 (2-0 à Nantes, 1-1 contre Monaco, 1-0 contre Nancy).
Sa capacité à répéter les efforts, en défense comme en attaque, ainsi que ses buts spectaculaires, font de lui un attaquant redouté par tous, et désormais reconnu à sa juste valeur par certains spécialistes.
Décisif lors des grands matches, il a fait douter le Barça (2 buts en 2 rencontres) et tenu tête à Monaco (4 buts en 3 rencontres).


Exceptionnel en première intention, il est très dur pour les gardiens d'anticiper ses gestes de génie, au même titre que d'anticiper ses appels, parmi les meilleurs d'Europe, pour les défenseurs.
En revanche, ses lacunes lors des percussions balle au pied sont encore souvent pointées du doigt, mais un joueur qui marque un but toutes les 80 minutes devrait bénéficier d'un soutien plus conséquent, car il est loin d'être l'unique responsable des (rares) mauvais résultats de son équipe.

lundi 12 janvier 2015

Coupe d'Europe : privilège ou fardeau ?

Cette saison, cinq formations françaises sont (ou étaient) engagées dans une phase de poules sur la scène continentale, soit un quart du plateau de Ligue 1. Au-delà des difficultés variables de leur groupe, il faut déterminer l'impact de ce calendrier dantesque sur les performances de ces équipes, dont les ambitions sont bien différentes.

Ligue des Champions.

Le Paris Saint-Germain, figure de proue d'un championnat en pleine évolution, est aujourd'hui, malgré un budget plus qui serait amplement qualifiable de pharaonique, confronté à des problèmes d'effectif, le sien ne semblant pas être de taille à lutter pour la victoire sur les deux tableaux. Pourtant, jusqu'au mois de décembre, les semaines chargées n'étaient pas un problème pour le club de la capitale, qui affichait un bilan de trois victoires pour deux nuls lors des rencontres qui suivaient une opposition continentale. Mais après la défaite au Camp Nou ( 3-1 ), sa première de la saison, et ce toutes compétitions confondues, l'équipe de Laurent Blanc a perdu confiance, s'inclinant également à Guingamp ( 1-0 ).
Si l'on ajoute à ces deux défaites consécutives les envies d'ailleurs d'Ezequiel Lavezzi, d'Edinson Cavani, d'Adrien Rabiot et de Clément Chantôme, la situation du club d'Al-Khelaïfi est bel et bien préoccupante, d'autant que le PSG n'est ni premier, ni deuxième, ni même troisième, mais accroché à une quatrième place à laquelle personne ne s'attendait. Même les joueurs soulignent le "laxisme" de leur entraîneur, et la charnière Silva-Luiz ne tient pas encore toutes ses promesses ( neuf buts encaissés en huit rencontres ). Il faut donc trouver un équilibre au plus vite du côté du Parc des Princes, si l'on veut garnir la vitrine d'au mois un trophée supplémentaire. Le talent est là, preuve en est de la qualification pour les huitièmes de finales de la Ligue des Champions, d'un siège confortable au sein du "Big Four" de Ligue 1, et de deux rencontres bouclées sans forcer en Coupe de la Ligue ( 1-3 à Ajaccio) et en Coupe de France ( 0-3 à Montpellier ). Il reste maintenant à cibler les priorités.

David Luiz, le "pilier" du PSG

De son côté, l'AS Monaco est dans une situation paradoxale. En Ligue 1, le club de la Principauté est rarement maître de son sujet, mais pointe à une cinquième place, arrachée juste avant la trêve grâce à une série de quatre victoires consécutives. En Ligue des Champions, en revanche, le bilan est positif, et ce malgré une animation offensive assez triste ( quatre buts marqués en six rencontres, aucun par un attaquant ), l'équipe s'appuyant sur un bloc défensif en béton armé ( un but encaissé, meilleure défense de la compétition ), et cette stratégie lui a même permis de souffler la première place du groupe au Bayer Leverkusen ! 
La formation de Leonardo Jardim, qui doit maintenant composer avec un groupe diminué au vu des ambitions affichées, a donc tiré son épingle du jeu lors de cette première moitié d'exercice, mais devra lutter pour une nouvelle qualification en Coupe d'Europe. Si Layvin Kurzawa, courtisé par Manchester City, revient de blessure plus fort qu'auparavant, et si Lacina Traoré parvient enfin à prendre le dessus sur les défenses adverses, l'ASM pourra rêver d'une deuxième moitié de saison garnie de succès. Toutefois, à l'instar du PSG, il faudra définir les objectifs avec précision, étant donné que le club est encore en course en Coupe de la Ligue, après sa qualification à Lyon, et en Coupe de France, suite à la victoire obtenue à Nîmes ( 0-2 ).

Layvin Kurzawa, la flèche de l'ASM

Ligue Europa.

Le LOSC, surprenant troisième de l'exercice précédent, est aujourd'hui en pleine crise sportive. Doublement battu par Porto lors du troisième tour préliminaire de Ligue des Champions ( 0-1 au Grand Stade, puis 2-0 à l'extérieur ), après avoir éliminé le Grasshopper Zurich ( 0-2 à l'extérieur, puis 1-1 au Grand Stade ), le club nordiste est tombé dans un groupe de Ligue Europa très relevé, en compagnie de Wolfsburg, d'Everton, et du FK Krasnodar. Au final, quatre partages des points, et deux défaites. Lille n'avait vraiment pas sa place en Europe. En Ligue 1, la situation est également déplorable, avec une onzième place précaire, à cinq points de la zone rouge, et un bilan d'une victoire, un nul et quatre défaites suite aux rencontres de phase de poule continentale.
Ce qu'il manque aux Dogues, c'est un attaquant, un vrai, et leur erreur aura peut-être été de vendre Salomon Kalou, dont le rendement leur était, quoi que l'on puisse en dire, bénéfique. Aujourd'hui, le LOSC possède la pire attaque du championnat, ayant marqué moins de buts que le seul Alexandre Lacazette ! Nolan Roux est transparent, Michael Frey est maladroit, Ryan Mendes est fragile, Ronny Rodelin est lent, et Divock Origi est fainéant. Un bien triste bilan. Mais il suffirait que René Girard trouve un véritable leader offensif, capable de gagner des rencontres à lui tout seul, et Lille pourrait enfin redresser la tête en Ligue 1, et rêver d'un joli parcours en Coupe de la Ligue, suite à la qualification obtenue à Bordeaux.

Divock Origi, l'espoir du LOSC

L'ASSE, après avoir franchi avec succès le troisième tour préliminaire de Ligue Europa, face à Karabükspor, est tombé dans un groupe qui semblait à sa portée, mais n'a pu en sortir, terminant même à la dernière place, après cinq partages des points et une défaite. Aucune victoire, une véritable désillusion pour le club, qui a fait preuve de courage, mais a manqué de réalisme pour triompher de l'Inter Milan, de Dnipropetrovsk, ou encore de Qarabag. En revanche, ces rencontres auront été plutôt bénéfiques sur les oppositions nationales qui suivaient, dont le bilan est de trois victoires, deux nuls et une défaite. D'ailleurs, en Ligue 1, les Stéphanois n'en finissent plus de surprendre. Après deux premiers mois mitigés, marqués par un naufrage sur le terrain du Paris Saint-Germain ( 5-0 ), les Verts se sont repris, et profitent maintenant sur une série d'invincibilité qui s'étend sur onze rencontres de championnat ( sept victoires pour quatre nuls ).
Mais s'ils en sont là aujourd'hui, c'est en particulier grâce à leur défense, et à la force de caractère de Stéphane Ruffier. Moqué après sa boulette au Parc des Princes, l'international tricolore vient d'enchaîner 713 minutes sans prendre de buts en Ligue 1, et multiplie les parades phénoménales, permettant à son équipe de rester dans le coup. Il faut aussi souligner le talent de la charnière stéphanoise, qui se base sur trois joueurs, capables d'évoluer ensemble, ou à tour de rôle, à savoir Florentin Pogba, Loïc Perrin, Moussa Bayal Sall, qui permettent à l'ASSE d'être la meilleure défense du championnat, avec treize buts encaissés en vingt rencontres. Cependant, étant encore en course sur trois tableaux, après la qualification aux dépens de Nancy en Coupe de France, et la victoire à Lorient en Coupe de la Ligue ( 0-1 ), l'équipe entraînée par Christophe Galtier devra jouer des coudes pour conserver sa place sur le podium.

Stéphane Ruffier, le mur de l'ASSE

Enfin, il nous faut parler de la surprise, qui se présente sous la forme d'un club qui devrait jouer le maintien, et qui devrait souffrir en Coupe d'Europe, où il n'a pas sa place. C'est ce que beaucoup pensaient de l'En Avant de Guingamp, raillé malgré sa victoire lors de l'édition 2014 de la Coupe de France, et envoyé en Ligue 2 par ces mêmes critiques. Et pourtant, aujourd'hui, le club entraîné par Jocelyn Gourvennec est en seizièmes de finale de Ligue Europa, après être sorti d'un groupe homogène, aux dépens du Dinamo Minsk et du PAOK Thessalonique, derrière la Fiorentina. Pour ce qui est du championnat, bien que les rencontres suivant ces affrontements continentaux aient rarement été bénéfiques aux Armoricains ( une victoire pour cinq défaites, dont un cuisant 2-7 face à Nice ), ils se sont repris, et, restant, sur une série d'invincibilité de cinq rencontres, dont quatre victoires, ils s'accrochent maintenant à une belle treizième place.
Porté par un duo d'attaque de feu, composé de Claudio Beauvue, un joueur monstrueusement adroit de la tête, en dépit de son mètre 75, et de Christophe Mandanne, un renard des surfaces au sens du but aiguisé, Guingamp se prend à rêver. Bien qu'étant l'une des seules équipes à persévérer dans l'utilisation du 4-4-2 classique, l'EAG ne change pas sa marque de fabrique, et aurait bien tort de le faire. D'autant que la deuxième partie de cet exercice sera très chargée, car le club est encore en course en Coupe de la Ligue, après sa victoire à Arles-Avignon ( 1-3 ), et son succès sur le terrain de Dinan-Léhon ( 0-2 ). Une chose est sûre : on n'aura pas le temps de s'ennuyer en Bretagne.

"Air Beauvue", le sauveur de l'EAG 

mardi 5 août 2014

Le LOSC sans forcer

En cette soirée estivale, le LOSC affrontait, dans son flamboyant stade Pierre-Mauroy, une équipe du Grasshopper Zurich qui n'avait quasiment aucun espoir de qualification après la déconvenue du match aller, qu'ils avaient perdu sur le score sans appel de 2 à 0, à domicile qui plus est. Mais les Suisses ont chèrement vendu leur peau, et ont causé quelques problèmes à des Dogues encore en rodage. Retour sur un match accroché entre deux équipes au profil semblable.

Dès l'entame du match les Dogues se sont montrés volontaires en attaque, à l'image de cette tête lobée de Corchia, au bout de dix minutes, bien captée par Vlasic, et confiants en défense, en témoigne cette dangereuse remise de la poitrine de Kjaer pour Enyeama. Et cette assurance fut rapidement récompensée par un but, l'oeuvre de Balmont, qui décalé par Mendes, décocha une frappe de 20 mètres qui finit sa course en lucarne, et ce après vingt minutes de jeu.
Ensuite, bien que toujours armé de bonnes intentions, le LOSC se mit à reculer, et la première occasion suisse intervint à la demi-heure de jeu, lorsqu'Abrashi, averti cinq minutes plus tôt pour une faute inutile sur le buteur nordiste, sollicita Enyeama d'une frappe à ras de terre, depuis l'entrée de la surface. Et ce même Abrashi vit sa ténacité récompensée par un but, copie conforme de celui de Balmont, dont il intercepta la passe pour se mettre en position de tir, puis loger le cuir sous la barre lilloise, et ce dix minutes avant le retour aux vestiaires. Cinq minutes plus tard, le Zambien du Grasshopper, Sinkala, fut sanctionné d'un jaune suite à un pied haut sur Balmont, encore lui, et, dans le temps additionnel de cette première période animée, Basa, le capitaine des Dogues, l'imita, et reçut un jaune pour une charge aérienne sur un adversaire.

Après le quart d'heure de repos habituel, Lille a tenté de reprendre l'avantage, mais a bien failli, au contraire, encaisser un deuxième but, et n'a dû son salut qu'à son incroyable gardien, auteur d'une superbe manchette sur une tête de Dabbur, cinq minutes après le coup d'envoi de la seconde période, consécutive à un coup franc concédé par Rodelin, qui écopa d'un carton jaune pour une intervention maladroite aux abords de sa surface puis à son poteau gauche, sur une frappe de Kahraba, cinq minutes plus tard.
Vingt minutes avant la fin de la rencontre, alors que le LOSC semblait gérer l'avantage acquis au match aller, la route vers les barrages s'ouvrit de manière définitive avec l'expulsion de Pavlovic, coupable d'un pied haut dangereux sur Corchia. Les Dogues se contentèrent alors de faire tourner le ballon, afin de sécuriser la qualification. Cependant, la partie s'intensifia, Lang étant averti à cinq minutes du terme pour une intervention illicite sur Kalou, avant que Souaré ne soit également sanctionné pour une faute grossière sur l'intenable Abrashi.

Ryan Mendes, c'est un but et deux passes décisives sur les trois réalisations lilloises du tour préliminaire
L'homme du match : Idrissa Gueye.
Discret, le Sénégalais a rayonné au milieu de terrain, excellant dans la distribution, et assurant à merveille le relais entre la charnière centrale et la pointe de l'attaque, et compensant sa faible dimension physique par un engagement et une olonté inébranlables.

Le bémol : Le public.
24 800 Lillois, 200 Zurichois. Et pourtant, ce sont bel et bien les supporters suisses qui ont mis l'ambiance à Pierre-Mauroy ce mardi 5 août, les Nordistes ne donnant de la voix qu'en de rares occasions. Le douzième homme est toujours attendu côté lillois.

dimanche 25 mai 2014

Une finale épique, un dénouement dramatique, des acteurs héroïques

Au terme d'un match d'une intensité rare, marqué par un engagement de tous les instants, le Real Madrid s'est imposé aux dépens de l'Atlético, son voisin, sur un score de 4-1 après prolongations ne reflétant pas la physionomie de la rencontre. Voici les notes décernées aux acteurs de cette finale.

Atlético Madrid.


Thibaut Courtois : 6,5/10.
Peu sollicité, il a fait ce qu'il fallait durant le temps réglementaire, n'étant battu que sur une tête imparable de Ramos. En prolongation, il a sombré, à l'image de son équipe, repoussant tout d'abord une frappe de Di María sur Gareth Bale, tout heureux de pouvoir s'illustrer, puis se rendant coupable d'une faute de main sur un tir de Marcelo.

Juanfran : 7/10.
Impeccable durant 90 minutes, il a fini le match sur une jambe après avoir été touché à la cheville droite lors d'un choc avec Morata. Son apport offensif fut conséquent, et ses interventions défensives précieuses. Il a d'ailleurs été passeur décisif sur le but de Godín. Cependant, il est fautif sur le but de Bale, ayant perdu son duel avec Di María à l'entrée de la surface.

Filipe Luis : 6/10.
Plus effacé qu'à son habitude, le latéral brésilien s'est surtout distingué par son bon rendement défensif, ses montées ayant été rares, et peu efficaces. 
Remplacé à dix minutes de la fin du temps réglementaire par le Belge Toby Alderweireld, qui a réalisé un match correct, apportant vainement de la fraîcheur à son équipe.

Diego Godín : 6,5/10.
Auteur de l'ouverture du score dix minutes avant la pause, l'Uruguayen a dominé ses adversaires dans la plupart des duels aériens, mais s'est rendu coupable d'une erreur de marquage sur le but de Ramos, qui a changé le cours du match.

Miranda : 7,5/10.
Véritable patron de la défense de l'Atlético au cours de cette rencontre, le Brésilien a tenu la baraque durant les 120 minutes de jeu. Son impact dans les duels et son excellente lecture du jeu ont permis à sa formation de retarder l'échéance durant le temps réglementaire, puis de limiter les dégâts en prolongation.

Koke : 6,5/10.
Après avoir dominé son sujet en première période, le milieu espagnol s'est peu à peu éteint, n'éclairant le jeu de son équipe que par intermittence. Il s'est malgré tout distingué dans les duels, mettant à mal les joueurs du Real tout au long de la rencontre.

Raúl Garcia : 6/10.
Peu en vue, le milieu offensif espagnol fut inconstant, et parfois maladroit. Il aura quand même distillé quelques bons ballons, mais en vain.
Son remplacement par José Sosa à vingt-cinq minutes de la fin du temps réglementaire coïncida néanmoins avec le début d'un attaque-défense indécis. Ce dernier apporta sa pierre à l'édifice à la récupération, mais ne put correctement exploiter les rares bons ballons dont il disposa.

Gabi : 7/10.
Impérial à la récupération, infranchissable devant sa défense, le capitaine de l'Atlético s'est montré sous son meilleur jour. Sa performance est toutefois entachée par quelques mauvais gestes inutiles, et une faute sur Ronaldo dans la surface, qui permit au Ballon d'Or d'y aller de son but.

Tiago : 7/10.
Tout comme son capitaine, Tiago a mis à mal les milieux adverses, étouffant Luka Modrić et Sami Khedira. Ses relances ont été impeccables, et ses interventions chirurgicales. Il a malheureusement disparu de la circulation à l'entame de la prolongation.

Diego Costa : Non noté.
Incertain, il est sorti dès la dixième minute, sans avoir touché un seul ballon.
Remplacé par Adrián (7/10), qui fut un véritable poison pour les milieux défensifs adverses, et qui livra un superbe duel face à Carvajal.

David Villa : 5,5/10.
Transparent, l'ancien joueur du Barça n'aura jamais réussi à peser sur la défense du Real. Il ne put faire fructifier les ballons qu'il reçut, et son duel avec Ramos, attendu, tourna largement à l'avantage du défenseur.

Real Madrid.


Iker Casillas : 6/10.
Coupable sur le but de l'Atlético, le légendaire gardien du Real ne s'est pas laissé abattre, et a fait le boulot par la suite. Mais cette erreur d'appréciation a terni une performance déjà moyenne, car il n'a été que peu sollicité.

Carvajal : 7/10.
Auteur d'un excellent match, il a été secoué par Adrián, et s'en est souvent sorti de belle manière. Son apport offensif fut correct, mais ne peut ternir une partition exemplaire du latéral, qui a certainement marqué des points auprès du sélectionneur, Vicente Del Bosque.

Coentrão : 5,5/10.
Si Juanfran s'est amusé sur son aile droite, c'est bien parce que Coentrão s'est montré sous un mauvais jour. Maladroit, peu inspiré, le latéral a déçu défensivement, sans rien apporter offensivement.
Remplacé par Marcelo à l'heure de jeu. Ce dernier a été le véritable détonateur de cette finale, l'élément déclencheur de la révolte du Real. Auteur d'un but, il a également écœuré les attaquants de l'Atlético par ses excellents replis défensifs.

Sergio Ramos : 8/10.
Trois buts en deux matches. Tel est le bilan actuel du défenseur central en Ligue des Champions. Après avoir maintenu son équipe à flot en première période, il a arraché la prolongation d'une tête magnifique. Dansles airs, il a survolé les débats. Une performance remarquable.

Raphaël Varane : 7,5/10.
Du haut de ses 21 ans, le Français a livré une partition sans accrocs. Serein, concentré, il n'a jamais été pris en défaut par un joueur adverse. Un calme impressionnant, et une maîtrise technique digne des meilleurs à son poste.

Sami Khedira : 5,5/10.
Le milieu allemand, censé combler l'absence d'Alonso, n'a fait que l'aggraver. Revenu de blessure il y a peu, Khedira a montré qu'il n'était pas revenu à son meilleur niveau. Il n'a récupéré que peu de ballons, et en a perdu bien plus. Il a également perdu son duel aérien avec Juanfran sur l'ouverture du score de ce dernier.
Remplacé par Isco à l'heure de jeu. Le jeune meneur de jeu a moins pesé sur le jeu que prévu, mais a, par moments, montré de très belles choses.

Luka Modrić : 6,5/10.
Le Croate, étouffé par Tiago et Gabi, n'a jamais vraiment été en mesure de peser sur le jeu. Il s'est alors contenté de distribuer, de dynamiser quelque peu la rencontre, un rôle qu'il a bien rempli, même si la réussite n'était pas toujours au rendez-vous.

Di María : 7/10.
L'Argentin, depuis le début de la saison, démontre qu'il est une pièce essentielle du Real Madrid. Directement impliqué sur le but de Bale, il a, par des courses multiples et variées, perturbé le dispositif adverse. En revanche, son apport défensif est resté limité.

Gareth Bale : 6,5/10.
Bien qu'il ait marqué, le Gallois a déçu, manquant trois occasions énormes, aussi bien par excès d'individualisme que par précipitation. Sa vitesse a cependant été une arme redoutée, à juste titre, par les Colchoneros.

Cristiano Ronaldo : 6,5/10.
Chez lui, à Lisbonne, le Portugais a longtemps été sevré de ballons, car bien muselé par Juanfran. Cependant, en prolongation, il s'est montré décisif, délivrant une passe décisive pour Marcelo, avant de provoquer un penalty qu'il transforma lui-même.

Karim Benzema : 6,5/10.
Incertain, le Français a pourtant débuté le match. Bien qu'assez statique, il a su adopter un rôle de pivot qui a permis à la Maison Blanche de se créer quelques occasions intéressantes. Il a redistribué les balles sans s'affoler, et avec précision, ce qui a contribué à éviter une certaine précipitation en attaque.
Remplacé par Morata à dix minutes de la fin du temps réglementaire. Le jeune attaquant espagnol n'a eu que peu de ballons à se mettre sous la dent, et n'a généralement pas véritablement su en profiter.


Le Real vient de prendre les commandes de la finale, pour ne plus les lâcher

vendredi 23 mai 2014

Lille ne l'a pas volée

Au terme d'une saison globalement maîtrisée, Lille a pourtant dû s'employer, à l'occasion de la dernière journée, pour décrocher la troisième place, synonyme de barrages de Ligue des Champions. Retour sur l'exercice 2013-2014 du LOSC.

Privé d'Europe, la faute à une saison 2012-2013 ratée, le LOSC a eu tout le temps de se concentrer sur le championnat, et ce dans le but de participer à une compétition continentale lors du prochain exercice. Et, après un mois d'août mitigé (deux victoires, un nul, une défaite), les Nordistes se sont repris, jusqu'à occuper la deuxième place du classement tout au long du mois de novembre, avant de tomber à la troisième place, pour ne plus la quitter.

Se basant sur une défense d'une imperméabilité exceptionnelle (26 buts encaissés en 38 matches), ce qui a valu au gardien nigérian du LOSC, Vincent Enyeama, de signer la deuxième meilleure série d'invincibilité de l'histoire du championnat (1062 minutes), et un milieu infranchissable, Lille a su privilégier la victoire au spectacle, sous l'influence de René Girard, pour retrouver l'Europe.

En s'appuyant principalement sur sa charnière centrale, composée de deux gros clients, le Danois Simon Kjaer (1,90 mètre, 82 kg) et le Monténégrin Marko Basa (1,89 mètre, 86 kg), ainsi que sur deux latéraux vifs, le Français Franck Béria (1,77 mètre, 76 kg) et le Sénégalais Pape Souaré (1,78 mètre, 69 kg), le LOSC s'est constitué une défense à toute épreuve.

Et, avec des sentinelles telles que Rio Mavuba, Florent Blamont et Idrissa Gueye, le but des Dogues était bien protégé. Cependant, ces trois joueurs ont aussi servi de "rampes de lancement" des contre-attaques (se retrouvant même parfois à la conclusion), un rôle qu'ils ont rempli à merveille, totalisant 2 buts et 7 passes décisives.

En revanche, en attaque, les Nordistes n'ont pas toujours été très inspirés, mais, emmenés par Salomon Kalou (16 buts, 5 passes décisives) et Nolan Roux (9 buts, 5 passes décisives), ils ont su faire la différence quand il le fallait.

Lille termine la saison avec la neuvième meilleure attaque (46 buts), ce qui n'est pas un total resplendissant pour un club qui a décroché le podium, mais, d'un autre côté, avec la deuxième meilleure défense de Ligue 1 (26 buts), soit la quatrième des quatre grand championnats européens à 20 clubs (les championnats de France, d'Italie, d'Espagne et d'Angleterre) !

Le LOSC a donc fait honneur à son nouveau écrin, le stade Pierre-Mauroy, en arrachant, au prix d'une saison quasiment maîtrisée, et grâce à l'arrivée de René Girard, une troisième place qui pourrait faire un grand bien aux finances du club, déjà en bon état, en cas de qualification pour les phases de poules de la Ligue des Champions. Néanmoins, Salomon Kalou étant sur le départ, le club devra recruter intelligemment afin de le remplacer, et ce dans le but de continuer à jouer les premiers rôles au niveau national.

René Girard, l'homme qui a donné un nouveau souffle au LOSC