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samedi 28 janvier 2017

Nadal - Federer, une finale "vintage" aussi savoureuse qu'improbable

Rafael Nadal et Roger Federer vont donc s'affronter en finale de l'Open d'Australie. 2017. Il faut se pincer pour y croire, les deux meilleurs joueurs du siècle n'ayant jamais été aussi loin des sommets. Pourtant, le grand public a toujours cette fâcheuse tendance à les enterrer trop vite, l'un pour ses blessures et l'autre pour son âge.
Ils ont d'ailleurs chuté de manière spectaculaire au classement ATP durant leur période d'inactivité, l'Espagnol se retrouvant au bord du Top 10, tandis que le Suisse était proche de sortir du Top 20, ce qui est, vous vous en doutez, leur pire classement depuis une décennie.
Mais il n'était pas envisageable, pour ces monstres sacrés du tennis, d'agoniser lentement pour finir leur carrière dans les profondeurs du classement, loin des actuels chefs de file que sont Andy Murray et Novak Djokovic. Les voici donc de retour en haut de l'affiche, et il est interdit de bouder son plaisir à la vue de cette finale, dont voici les principaux ingrédients.

Un parcours semé d'obstacles.

Dans la première moitié du tableau, Roger Federer, 35 ans et tête de série n°17, peut compter sur deux premier tours favorables pour se mettre dans le rythme, avant de se coltiner les gros morceaux du circuit.
L'Autrichien Jürgen Melzer, de quelques mois son aîné, flotte aujourd'hui aux alentours du Top 300. Federer, sûr de son jeu mais en léger manque de rythme, lui cède une manche avant de reprendre le dessus (7-5/3-6/6-2/6-2).
Roger s'attaque ensuite à l'Américain Noah Rubin, un jeune de 20 ans qui tarde encore à s'imposer dans le Top 200. Une formalité sur le papier, mois sur le terrain, avec trois manches plutôt accrochées (7-5/6-3/7-6).
Vient alors le Tchèque Tomas Berdych, solidement ancré dans le Top 10 depuis une paire d'années, mais incapable de performer en Grand Chelem. Il sera balayé sans douceur par un Federer impitoyable (6-2/6-4/6-4).


Le Japonais Kei Nishikori, membre du Top 5 et révélation de ces dernières années, sera donc le premier obstacle de taille du Suisse, qui finit par s'en défaire en cinq sets (6-7/6-4/6-1/4-6/6-3).
Le plus dur devait être à venir pour le Bâlois, mais Andy Murray n'avait pu rallier les quarts de finale, sorti par Mischa Zverev, ancien espoir longtemps plombé par les blessures. Adepte du service-volée, l'Allemand ne bénéficie plus de l'effet de surprise, et tombe sur un Roger très appliqué (6-1/7-5/6-2).
Le duel tant attendu par la Suisse aura donc lieu, Stanislas Wawrinka ayant franchi son quart de tableau sans encombres. Malheureusement pour lui, un mauvais début de rencontre et une alerte au genou lui coûteront le match, remporté par un Federer très solide dans les moments importants (7-5/6-3/1-6/4-6/6-3).

De son côté, Rafael Nadal, 30 ans et tête de série n°9, peut s'attendre à moins de gros bras, mais à des premiers tours incertains face à des joueurs capables du meilleur comme du pire.
Pour son entrée en lice, il affronte l'Allemand Florian Mayer, ancien Top 20 aujourd'hui aux portes du Top 50. L'Espagnol ne tremble pas, et plie le match en trois sets (6-3/6-4/6-4).
Au deuxième tour se présente le talentueux Marcos Baghdatis. Le Chypriote, finaliste à l'Open d'Australie en 2006, est aujourd'hui n°35 au classement ATP. Son jeu léché en fait l'un des artistes du circuit, à défaut d'être l'un des meilleurs joueurs. Rafa évite piège avec sérieux et concentration (6-3/6-1/6-3).
Il doit ensuite se mesurer à l'un des joueurs les plus prometteurs du circuit, l'Allemand Alexander Zverev (petit frère de Mischa), âgé de 19 ans. Bousculé par le jeune prodige, il s'en sort dans la dernière manche, après avoir été mené durant la majeure partie de la rencontre (4-6/6-3/6-7/6-3/6-2).
Sa deuxième semaine débute par une opposition avec Gaël Monfils, le showman du tableau. Le Français, toujours aussi inconstant, ne fait illusion qu'en fin de match, sans pouvoir renverser l'Espagnol (6-3/6-3/4-6/6-4).


En quarts de finale, Rafa tombe sur Milos Raonic, tête de série n°3 et co-favori du tournoi (avec Wawrinka) après les éliminations de Djokovic et Murray. Le Canadien, vainqueur de Nadal à Brisbane deux semaines plus tôt, se fait surprendre par l'agressivité du Majorquin, imprenable sur cette rencontre (6-4/7-6/6-4).
La dernière marche avant les retrouvailles avec Roger sera la plus dure à gravir pour Nadal. Face à Dimitrov, revenu à son meilleur niveau après des années difficiles, l'Espagnol mène longtemps, avant de se faire peur. Dimitrov ne peut conclure deux balles de break à 4-3 en sa faveur dans la dernière manche, Nadal revient de nulle part pour lui prendre son service, puis s'imposer de manière miraculeuse (6-3/5-7/7-6/6-7/6-4).

Une rivalité unique.

Rafael Nadal et Roger Federer, ce sont avant tout deux joueurs que tout oppose, ou presque. L'Espagnol, de manière caricaturale, est le bourrin, le défenseur, le gaucher au revers à deux mains qui hurle à chaque frappe, et qui privilégie le courage à l'élégance. Le Suisse, de son côté, fait figure d'artiste, avec son jeu travaillé, son revers à une main et ses qualités d'attaquant.
Roger, depuis toujours, est le chouchou du grand public, de par son grand sourire et ses manières de gendre idéal. Rafa, lui, a longtemps été pris à partie pour son style de jeune adulte insouciant, cheveux longs et débardeur.
Bizarrement, son ultra-domination à Roland-Garros, au lieu de le couronner comme le meilleur joueur de l'histoire sur terre battue, l'a plutôt fait passer pour un joueur qui ne gagnait des titres que sur cette surface. Il a l'occasion de tordre le cou à cette réputation ce dimanche, car une victoire lui permettrait de devenir le premier joueur de l'ère Open à remporter chaque tournoi du Grand Chelem à deux reprises ou plus.

Il y a pourtant une raison à cette différence d'appréciation du public. En 2003, Roger Federer, âgé de 22 ans, remporte Wimbledon. Le monde du tennis découvre alors un jeune homme à la fois modeste, poli, élégant et spectaculaire. Il arrive comme chef de file d'une génération qui comporte également Lleyton Hewitt, qui tient plus du petit teigneux que de l'orfèvre, mais aussi Andy Roddick, au service aussi destructeur que son style était agressif.
Pour succéder au duo Sampras-Agassi, le seul joueur en mesure de conquérir le public était donc l'esthète, Roger Federer. Tout se passe bien pour le Suisse, qui enchaîne alors avec 7 titres en Grand Chelem, de Wimbledon 2003 à l'Open d'Australie 2006. Il se présente alors plein de certitudes à Roland-Garros, le seul tournoi majeur qui lui résiste encore. En finale, il tombe pourtant de très haut face à un gamin de 20 ans, déjà vainqueur l'année précédente pour sa première participation : Rafael Nadal.


L'Espagnol bat le Suisse, qui prend sa revanche lors de la finale de Wimbledon. En 2007, le scénario est identique, Rafa s'impose en France, Roger en Angleterre. Mais 2008 marquera un tournant dans la carrière des deux joueurs, et permettra de véritablement lancer cette rivalité.
En effet, Nadal s'impose de nouveau à Paris, mais il y met cette fois la manière : Federer est piétiné, maltraité, humilié (6-1/6-3/6-0). Le Suisse compte bien remettre les pendules à l'heure de l'autre côté de la Manche, mais au terme d'une finale absolument époustouflante, Rafa s'impose en cinq manches, et fait tomber le maître des lieux.
Pour couronner le tout, Nadal écarte une nouvelle fois Roger en finale de l'Open d'Australie, six mois plus tard. Le Suisse craque, finit en pleurs, mais son rival fait tout pour le consoler. Le public se prend alors d'affection pour ce joueur d'une modestie incomparable, qui s'excuse presque d'avoir battu ce joueur qu'il respecte de manière inconditionnelle.
Rafael Nadal gagne alors l'amour d'une partie du public, et force le respect de ceux qui resteront "pro-Federer".


Ce qui confère autant de charme aux rencontres opposant Nadal à Federer, c'est cette histoire commune absolument fantastique, cette opposition de styles spectaculaire, et, surtout, cette admiration mutuelle entre deux joueurs hors du commun, qui ne cessent de s'envoyer des fleurs, tout en se livrant de superbes batailles sur le court.
Leurs affrontements se faisant de plus en plus rares, à nous de profiter de cette occasion pour savourer cette chance de les voir évoluer sous nos yeux, à un tel niveau.

dimanche 22 janvier 2017

Olivier Giroud, l'incompris

Le scénario est désormais connu, mais il est tellement agréable de se laisser surprendre par la tournure des évènements. Qu'il est jouissif de profiter du retour au premier plan de cet attaquant jugé "maladroit, fragile et inconstant", que l'on aime critiquer à la moindre occasion manquée, pour mieux savourer sa capacité à répondre aux détracteurs en sortant son équipe d'une situation inconfortable.
Vous l'aurez compris, il est ici question d'Olivier Giroud. Souvent décrié, toujours pardonné, le Gunner n'a jamais fait l'unanimité. Mais il est toujours là, et n'a jamais semblé aussi fort.

Un profil atypique.

Loin des qualités techniques d'Antoine Griezmann, de la palette de Karim Benzema ou encore de la vitesse d'Alexandre Lacazette, Olivier Giroud souffre des comparaisons (plus ou moins objectives) avec ses compatriotes. Jugé, à tort, moins spectaculaire, il est bombardé à la moindre contre-performance.
Il est pourtant très précieux dans ce rôle ingrat de pivot, libérant des espaces pour ses partenaires d'attaque, et n'ayant de cesse d'aller au duel pour faire plier la défense adverse.
Car Giroud est un travailleur de l'ombre, un véritable aimant à ballons aériens, qui profite amplement à ses partenaires d'attaque, attentifs à ses remises. Très souvent dos au but, il excelle dans cette position exigeante, et s'est affirmé comme la référence actuelle dans ce style si particulier. Et les arabesques de ses coéquipiers, en club (Sanchez, Ozil, Walcott) comme en sélection (Griezmann, Payet, Pogba), le font souvent passer pour un joueur très maladroit, mais il suffit de prêter attention à ses remises pour constater le contraire.
En effet, il n'est pas rare de le voir dévier un ballon du talon, de la poitrine ou de l'extérieur du pied. Il suffit de se rappeler de cette combinaison fantastique à une touche de balle réalisée avec Jack Wilshere il y a quelques années, conclue par un but de l'Anglais, ou de cette subtile talonnade pour Antoine Griezmann, face à l'Islande lors de l'Euro.
Mais, parfois, la magie opère également de manière spectaculaire devant le but. Son coup du scorpion, rapidement devenu viral, n'est qu'une formidable piqûre de rappel de ce dont il est capable, preuve en est de ses ciseaux acrobatiques inscrits face à Crystal Palace et au Bayern de Munich l'an passé.



Une belle régularité dans l'efficacité.

Généreux dans les efforts, il fait également preuve d'une régularité redoutable dans son club. En effet, chez les Gunners, son bilan toutes compétitions confondues est le suivant :
- 17 buts et 12 passes décisives en 2012/2013 (47 matches joués),
- 22 buts et 12 passes décisives en 2013/2014 (51 matches joués),
- 19 buts et 4 passes décisives en 2014/2015 (36 matches joués),
- 24 buts et 6 passes décisives en 2015/2016 (53 matches joués),
- 10 buts et 5 passes décisives cette saison (21 matches joués).
Directement impliqué sur 131 buts en 208 rencontres (dont 135 titularisations), il est donc l'un des attaquants les plus réguliers du continent.
Il a également appris à être plus décisif dans les moments importants, signant un triplé capital sur la pelouse de l'Olympiakos l'an dernier en Ligue des Champions, ainsi qu'un autre coup du chapeau contre Aston Villa pour la dernière journée de championnat, offrant la deuxième place du classement aux Gunners.
Et que dire de ses récentes performances ? Auteur de 3 buts de dernière minute en l'espace d'un mois, il a signé son retour dans l'équipe avec brio, à tel point qu'il s'est vu confier le brassard pour un match de FA Cup.


Un comportement exemplaire en sélection.

Maintenu sur le banc durant les 6 mois de disette de Karim Benzema en 2013, il n'a pas bronché, travaillant de plus en plus dur pour gagner sa place, sans jamais critiquer Didier Deschamps, ni même laisser paraître de signes de colère ou de "rébellion" comme l'attaquant du Real a pu le faire.
Il a récemment su saisir sa chance à la suite des problèmes judiciaires de son principal concurrent, et s'y est imposé de par sa complémentarité avec Antoine Griezmann, et ses statistiques flatteuses : 21 buts et 8 passes décisives en 59 sélections.
Car ce total de réalisations le place parmi les plus grands, faisant de lui le douzième meilleur buteur de l'histoire des Bleus, avec le cinquième ratio des joueurs à plus de 50 sélections (derrière Platini, Papin, Henry et Trézéguet).
Lors de l'Euro 2016, il a parfaitement répondu aux violentes critiques du public français, inscrivant le premier but du tournoi, avant de livrer trois prestations de grande classe contre l'Irlande (une passe décisive), l'Islande (une passe décisive et deux buts) puis l'Allemagne.
Il est aujourd'hui l'avant-centre titulaire en sélection, même si l'opinion publique réclame désormais Lacazette et Gameiro pour le remplacer. Nous sommes donc bornés au point de répéter, inlassablement, les mêmes erreurs. Peu importe, Giroud fera ce qu'il sait faire de mieux, répondre sur le terrain, et nous nous mordrons une nouvelle fois les doigts pour avoir douté de lui.

dimanche 8 janvier 2017

Nanterre en déplacement à Gravelines-Dunkerque, récit d'une soirée dans le "Chaudron" du basket français

Ce samedi, le BCM de Gravelines-Dunkerque affrontait la JSF de Nanterre à l'occasion d'un match en retard, comptant pour la 14ème journée de Pro A. Hors du Top 8 avant la rencontre, les locaux se sont idéalement replacés en disposant de la JSF, 91-81, au terme d'une rencontre plaisante disputée dans une ambiance de feu. Récit d'un match pas comme les autres.

La première mi-temps.

Après avoir creusé un premier écart au bout de 5 minutes de jeu (13-5), le BCM, sous l'impulsion de l'Anglais Myles Hesson (20 points durant les 20 premières minutes), n'a pas voulu en rester là, fournissant les efforts nécessaires pour finir le premier quart-temps en tête (22-21), malgré un bon retour des visiteurs, guidés par l'Allemand Schaffartzik, déchaîne derrière la raquette (15 points à la pause, à 5/7 de loin).
Lors du deuxième quart-temps, les deux colosses que sont le Nordiste Richard Solomon (2,10 m pour 105 kg) et le Francilien Mathias Lessort (2,05 m pour 110 kg) se sont échangés quelques amabilités, faisant ainsi monter l'ambiance sur le parquet aussi bien qu'en tribunes. Juste avant la mi-temps, les locaux ont remis un coup d'accélérateur, avec un Justin Cobbs très altruiste à la mène (11 passes décisives), pour virer en tête après 10 minutes assez disputées (42-37).

La seconde mi-temps.

Le BCM a gardé l'avantage au score durant l'intégralité du troisième quart-temps, s'appuyant sur sa recrue, le Jamaïcain Henry. Alors qu'il évolue habituellement au poste de meneur, son coach est en train d'utiliser ses excellentes capacités physiques pour l'installer à l'arrière, tout en l'utilisant comme une arme aussi efficace qu'inattendue dans la raquette (8 rebonds, meilleur total du mach). Du côté de Nanterre, Schaffartzik et Morency ont montré d'inquiétants signes de nervosité, s'en prenant verbalement aux arbitres.
Lors du dernier quart-temps, Chris Warren, le meneur de la JSF, a tenté de secouer le cocotier (15 points), mais son homologue du BCM, Justin Cobbs, a pris ses responsabilités en rentrant la grande majorité de ses points du soir (12 unités), accompagné de l'inépuisable Kyle Gibson, auteur de 23 points (dont un panier de loin au buzzer) et toujours meilleur marqueur du championnat (avec une moyenne de 19 points par match). Les deux Américains ont ainsi donné un avantage définitif au BCM, pour obtenir une victoire précieuse dans la course aux playoffs (91-81).

Le dunk rageur de Solomon, sous les yeux dépités de Lessort et Morency
Ce qu'il faut retenir.

. La très belle performance livrée par deux équipes joueuses, pour l'une des rencontres les plus prolifiques de la saison (172 points marqués, contre une moyenne d'environ 150 sur l'ensemble des matches de Pro A). Contres, dunks, accrochages et tirs buzzer, les joueurs ont mis tous les ingrédients nécessaires à une belle soirée de basket.

. L'ambiance démentielle mise par les 3 000 spectateurs, aussi bien ceux du BCM que ceux de la JSF. Accompagnés de tambours, de trompettes et de leurs cordes vocales, ils ont tous fait vibrer l'enceinte, se montrant digne de l'affiche proposée.

lundi 5 décembre 2016

Top 14, J13 : Halfpenny intenable, Pau sort la tête de l'eau face à Clermont

Suite à la traditionnelle tournée de novembre, les internationaux étaient de retour dans leur club, et les spectateurs ont pu en profiter. Ce week-end a été particulièrement prolifique (396 points marqués, soit 56 points par match), et il ne pouvait en être autrement au vu des superbes affiches au programme.
En difficulté au classement (mais déjà vainqueurs du Racing et du Stade Français à domicile), les Palois affrontaient Clermont, leader incontestable et incontesté du Top 14, mais privé pour cette rencontre de Fofana, Lamerat, Nakaitaici et Spedding, laissés au repos après leur tournée) ; La Rochelle, toujours solidement accrochée au podium, se coltinait le Racing, pas encore installé dans les places qualificatives pour les phases finales ; et Bordeaux-Bègles, en pleine confiance après 3 victoires de suite, se rendait à Toulon, sur courant alternatif depuis le début de la saison.

Meilleur joueur.

Quand Leigh Halfpenny est dans un bon jour, c'est un véritable régal pour les amateurs de rugby. La brillante victoire de Toulon (37-10) est en grande partie de son fait, tant il a survolé ce match en inscrivant 17 points (un essai, trois transformations et deux pénalités). Impeccable dans son jeu d'occupation, solide face aux poteaux, il a fait étalage de sa facilité technique et de sa palette en y allant même de son essai en fin de rencontre.
Le Gallois manque clairement de régularité depuis la reprise. Mais la seconde moitié du championnat sera l'occasion de montrer qu'il reste un joueur de classe mondiale, et qu'il peut, dans un bon jour, faire plier n'importe qui. Ceci résume globalement le début de saison du RCT : un effectif étincelant, mais un manque flagrant d'automatismes et des polémiques encombrantes en coulisses, qui nuisent aux performances du club. Mais quand tout sera stabilisé, le retour à la réalité risque d'être compliqué pour ses concurrents.

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Halfpenny, un mélange idéal de puissance et de technique
Meilleure équipe.

Certes, les Toulousains étaient à domicile, face à un adversaire moins bien classé (Brive). Mais les voir végéter en milieu de tableau, en développant un jeu aussi fade et une efficacité offensive catastrophique (avant-dernière attaque du championnat) était un crève-cœur. Alors il est vrai que la réussite au pied frôle encore le ridicule (2 sur 6 ce dimanche), mais voir un jeu pareil est de plus en plus rare du côté d'Ernest-Wallon, il faut donc en profiter.
Le Stade a donc surclassé les Brivistes (30-12), en inscrivant la bagatelle de 5 essais, dont un doublé de Gaël Fickou. Le jeu léché qui a fait la légende de Toulouse est encore loin, mais des performances pareilles montrent que les Rouge et Noir sont sur la bonne voie.

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Gaël Fickou, la jeunesse au pouvoir du côté de Toulouse
Meilleur match.

En parlant de jeu léché, Pau et Clermont étaient particulièrement inspirés ce samedi. La Section a pris le meilleur sur l'ASM (40-35), au terme d'une rencontre éblouissante, durant laquelle Clermont a sûrement regretté l'absence de ses internationaux sur les phases défensives, mais n'a pas eu à se plaindre des combinaisons offensives de leurs remplaçants (triplé pour Strettle).
En première période, Votu, Slade et Smith sont allés dans l'en-but pour Pau, avec à chaque fois une transformation de Taylor. Clermont est cependant resté au contact (21-17), David Strettle signant deux essais transformés par Camille Lopez, qui ajoutait une pénalité.
Au retour des vestiaires, le match repartait sur les mêmes bases, avec du jeu dans tous les sens, des duels impressionnants et de la vitesse d'exécution à en faire (presque) pâlir les All Blacks.
Tom Taylor passait trois pénalités, sans pouvoir transformer les essais de Bianchin et de Vatubua, tandis que, du côté des visiteurs, Strettle y allait de son troisième essai (transformé par Lopez), imité par Timani (pas transformé par Lopez, qui passait malgré tout une pénalité pour se faire pardonner). En toute fin de rencontre, Parra arrachait le bonus défensif grâce à une pénalité sur le gong, mais l'ASM devait valeureusement s'incliner face à des Palois survoltés.

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Ne pas se fier à l'image : Pau et Clermont n'ont pas joué à l'arrêt ce week-end
Résultats.

Grenoble 37 - 51 Montpellier
La Rochelle 23 - 23 Racing
Pau 40 - 35 Clermont
Stade Français 51 - 5 Bayonne
Lyon 19 - 23 Castres
Toulouse 30 - 12 Brive
Toulon 37 - 10 Bordeaux-Bègles



lundi 21 novembre 2016

Top 14, J12 : Palis porte Castres, Bordeaux-Bègles se promène

De nouveau privés de leurs internationaux, les clubs du Top 14 abordaient cet avant-dernier doublon de l'année avec l'envie de réaliser un coup au classement. Car les affiches de ce week-end, en plus d'être tout à fait attirantes, étaient loin d'être sans enjeu.
Le RC Toulon (toujours privé d'Ollivon et de Guirado) se rendait à Castres pour espérer conserver sa place sur le podium, alors que leurs adversaires avaient pour objectif de retrouver les places qualificatives.
Le Stade Français affrontait Montpellier pour s'éloigner de la zone rouge, tandis que les visiteurs voulaient monter sur le podium.
Et, pour finir, La Rochelle (deuxième) rendait visite à Bordeaux-Bègles (cinquième).

Meilleur joueur.

Sa brillante victoire face à Toulon (34 - 17), Castres la doit en grande partie à Geoffrey Palis, étincelant durant 80 minutes (19 points, en marquant un essai, quatre transformations et deux pénalités). L'arrière au gabarit imposant (1,90 m, 90 kg) est doté d'une excellente vision du jeu et d'une belle qualité de finition, au pied comme à la main (il a été formé au poste d'ailier).
Il a fait preuve de toutes ses qualités ce samedi, en marquant plus de points à lui seul que l'armada du RCT (Goromaru, Mermoz, Mitchell, Nonu et Bastareaud, entre autres). L'une de ses relances est à l'origine du premier essai, et il s'est retrouvé à la conclusion du troisième, histoire de faire couler Toulon par tous les moyens possibles. Son 6 sur 7 au pied montre qu'il est une option plus que crédible pour buter, n'en déplaise à Kockott et Urdapilleta.

Geoffrey Palis, le prototype de l'arrière moderne
Meilleure équipe.

Jusqu'à samedi, La Rochelle était la seule équipe à avoir marqué des points à chaque journée (victoires, nuls, bonus offensifs et défensifs). Mais c'était avant de se rendre à Chaban-Delmas, pour y défier une équipe de l'UBB certes privée d'éléments majeurs (Serin, Goujon et Poirot), mais toujours aussi joueuse, dans le sillage d'Ashley-Cooper, de Lionel Beauxis et de Julien Rey.
Les partenaires du vétéran Jean-Baptiste Poux (37 ans, 42 sélections), qui s'est d'ailleurs offert un essai, ont été impressionnants de calme et de sérénité face à la deuxième meilleure attaque du championnat. Intraitables en défense, ils ont dû attendre l'heure de jeu pour tuer les visiteurs (6-0 à la pause, 12-0 à 20 minutes de la fin, 26-0 au terme de la rencontre).
Une véritable démonstration de patience, de rigueur défensive (première fois de la saison qu'une équipe ne marque aucun point), et de maturité de la part des Girondins, qui s'emparent ainsi de la place de dauphin de Clermont au classement.

Samedi, La Rochelle n'a rien pu faire face à un UBB lancé à pleine vitesse
Meilleur match.

Comme à Clermont il y a quelques semaines, Grenoble était loin d'avoir la faveur des pronostics pour son déplacement sur la pelouse du Racing. Mais, comme à Clermont il y a quelques semaines, les Isérois ont encore su profiter des absences de marque dans les rangs adverses (Machenaud, Chat et Le Roux) pour livrer une remarquable performance, et passer tout près d'un gros coup.
Au terme d'un match épique (7 essais, 53 points marqués), le Racing l'a emporté de justesse (29-24), laissant de nouveau Grenoble avec ses regrets.
En première période, les cadres du "Métro" ont montré la voie (essais de Nyanga et Szarzewski, transformés par Hart), mais Wisniewski, décidément inépuisable, ne s'est pas démonté, transformant l'essai d'Alexandre avant de passer une pénalité. 14-10 à la pause, rien n'était joué.
Au retour des vestiaires, un essai de Bouchet (transformé par Wisniewski, s'il y avait besoin de le préciser) donnait l'avantage au FCG, qui n'allait pas le garder longtemps. En l'espace de 15 minutes, Dambielle transformait des essais de Van der Merwe et de Chavancy, et la réduction du score de Farrell (+ une conversion de Bosch) n'y changerait rien.
Une précieuse victoire pour les Franciliens (29-24), qui reviennent ainsi aux portes du Top 6, et une nouvelle défaite cruelle pour les visiteurs, qui restent derniers du championnat.

Toujours au top à 33 ans, Szarzewski a dû montrer la voie au Racing face à une superbe équipe de Grenoble
Résultats.

Castres 34 -17 Toulon
Bordeaux-Bègles 26 - 0 La Rochelle 
Brive 38 - 25 Pau
Clermont 16 - 13 Lyon
Racing 29 - 24 Grenoble
Stade Français 21 - 17 Montpellier
Bayonne 16 - 13 Toulouse

lundi 14 novembre 2016

Top 14, J11 : Héroïque, Bayonne fait tomber Clermont, pendant que Holmes guide La Rochelle

Nouveau doublon ce week-end, mais les clubs ont su produire un spectacle aussi qualitatif que d'habitude. Il faut dire que les affiches de cette journée étaient aussi alléchantes que les matches internationaux.
En effet, le trio Néo-Zélandais de Pau (Slade, Smith et Taylor) affrontait le grand Racing ; Bordeaux-Bègles et son jeu offensif léché se rendaient chez des Grenoblois éblouissants à Clermont la semaine passée ; les Auvergnats, justement, allaient défier Bayonne dans l'ambiance incendiaire de Jean-Dauger ; et le Stade Français, épargné par les convocations en sélection (Bonneval, Plisson, Danty, Lakafia et Burban ignorés par Guy Novès), était en déplacement à Toulon.

Meilleur joueur.

Pour conserver son invincibilité à domicile, La Rochelle a pu compter sur un grand Holmes ce dimanche après-midi. L'Australien, chirurgical au pied (20 points en passant une transformation et 6 pénalités), n'a pas tremblé au moment de départager les deux équipes, alors que le score était de 19-19 à cinq minutes de la fin. Ce demi d'ouverture de poche (1,75 mètre, 85 kg), doté d'une vision du jeu rare, a véritablement guidé son équipe, balle en main ou balle au pied.
Pourtant privés d'Atonio et Gourdon, deux avants très précieux dans le jeu, les Rochelais ont su garder leur calme pour suivre l'exemple de leur étincelant n°10, qui gagne clairement à être connu en France et dans son pays.

Zack Holmes, le dépositaire du jeu de La Rochelle
Meilleure équipe.

Certes, Clermont venait sans ses (très) nombreux internationaux (Fofana, Lamerat, Vahaamahina, Spedding, Ric et Nakaitaci). Le résultat aurait probablement été différent s'ils avaient été là, mais peu importe. Peu importe car Bayonne a mérité cette superbe victoire, en faisant preuve d'un courage et d'une solidarité monstres. Réduits à 14 au bout de 35 minutes de jeu, les Basques, qui ne partaient pas favoris avant la rencontre, se voyaient ainsi promettre l'enfer en deuxième période.
C'était sans compter sur un collectif écoeurant pour leurs adversaires, mené par l'intenable paire de centres Le Bourhis-Lovobalavu, eux-mêmes accompagnés par l'excellent Romain Martial. Avec une défense de fer et un calme froid en attaque, l'Aviron n'avait plus qu'à récolter les points par le pied d'Emmanuel Saubusse, qui n'a pas failli (17 points en passant une transformation et 5 pénalités).
S'ils parviennent à maintenir ce niveau physique et psychologique, le maintien leur tend les bras.

Intraitable, Bayonne a renversé l'ASM
Meilleur match.

Entre Grenoble, bon dernier du championnat, et Bordeaux-Bègles, prétendant assumé aux phases finales, cette rencontre semblait déséquilibrée. Pourtant, sur leur pelouse, les Isérois ont causé bien des problèmes à cette formation joueuse, qui s'en est sorti de peu.
La première mi-temps tournait à l'avantage des visiteurs, qui avaient répondu à un essai d'Aplon et une pénalité de Wisniewski par un essai de Lesgourgues, transformé par le prometteur Hickey, également auteur de deux pénalités avant la pause. 13 à 8 donc pour l'UBB, qui allait avoir un mal fou à tuer ce match.
En seconde période, Farrell et Saseras plongeaient dans l'en-but pour le FCG, et Wisniewski se chargeait de la transformation. Une recette efficace, mais c'était sans compter sur la vitesse de Ducuing (un essai), conjuguée au sang-froid de Beauxis (une pénalité puis le drop de la victoire). Une défaite frustrante (22-24) pour des Grenoblois séduisants, mais terriblement friables mentalement (quatrième défaite de moins de 4 points cette saison). Leur place en Top 14 est de plus en plus étroite, et il faudrait désormais une succession de miracles pour qu'ils puissent y rester.

Stoppés dans leur élan par Bordeaux-Bègles, les Grenoblois continuent de couler malgré une belle résistance
Résultats.

Pau 27 - 16 Racing
Castres 32 - 13 Brive
Montpellier 25 - 20 Lyon
Bayonne 22 - 14 Clermont
Grenoble 22 - 24 Bordeaux-Bègles
La Rochelle 25 - 19 Toulouse
Toulon 31 - 12 Stade Français

lundi 7 novembre 2016

Top 14, J10 : Un très bon Hickey met Bordeaux-Bègles sur orbite, Lyon ne tremble pas face à Toulon

Dixième journée de ce Top 14, et premier doublon ! Les joueurs appelés avec le XV de France je jouaient pas, et le spectacle en a pris un coup ce week-end, même si les affiches étaient assez alléchantes sur le papier.
En effet, Toulouse (privé pour l'occasion de Médard, Maestri, Fickou, Baille, Huget, Bézy et Doussain) affrontait Castres, qui comptait profiter de l'occasion pour décrocher une première victoire à l'extérieur cette saison ; Bordeaux-Bègles (sans Goujon, Serin et Poirot) jouait contre un Stade Français déplumé de ses leaders (Camara, Flanquart, Plisson et Slimani) ; et Grenoble, bon dernier du championnat, se rendait à Clermont en espérant profiter des absences de marque chez les Auvergnats (Fofana, Chouly et Spedding).
Dans le choc de cette journée, Montpellier rendait visite à un Racing affaibli par ce doublon (convocations de Chat, Machenaud et Lauret) ; enfin, le dimanche, Toulon s'en allait défier Lyon sur sa pelouse, avec un effectif étincelant (Nonu, Habana, Gorgodze, Bastareaud, Goromaru et Manoa) mais démuni de certaines pièces maîtresses (Ollivon, Mermoz, Guirado et Trinh-Duc).

Meilleur joueur.

Valeur montante mais encore ignorée de ce Top 14, le Néo-Zélandais Simon Hickey a fait parler la poudre face au Stade Français (17 points en passant quatre transformations, un drop et deux pénalités), permettant à son équipe de s'imposer assez largement (37-19). Habituel remplaçant, il va gagner du temps de jeu suite à la blessure de Madigan, et, pour sa première, il a d'ores et déjà montré que l'on pouvait compter sur lui.
Très bon pour dicter le jeu, il a su faire ce qu'il fallait sans prendre de risques inutiles, se montrant à l'aise aux côtés du duo Lesgourgues-Buttin. Il doit maintenant confirmer lors des prochains      rendez-vous, mais cette première titularisation de la saison est une franche réussite.

Au pied ou à la main, Simon Hickey a été impérial face au Stade Français
Meilleure équipe.

Ce dimanche après-midi était marqué par les retrouvailles de Delon Armitage, Frédéric Michalak, Virgile Bruni, Alexandre Ménini et Rudi Wulf avec leur ancien club de Toulon. Et cette belle troupe n'a pas fait dans les sentiments, faisant preuve d'énormément d'envie et d'agressivité sur chaque prise de balle comme sur chaque contact, pour imposer un énorme défi physique aux Toulonnais.
Une première mi-temps d'anthologie leur permettra de prendre un avantage conséquent (22-6), grâce à 5 pénalités (4 de Michalak et une d'Armitage), accompagnées d'un essai d'Ivaldi transformé par Michalak, en réponse aux deux pénalités de Pierre Bernard.
Au retour des vestiaires, un essai de Nalaga permet au LOU de creuser un peu plus l'écart, avant qu'u carton jaune reçu par Michalak ne permette au RCT de réduire le score en fin de match par un essai transformé de Tillous-Borde (27-13).
Mais il est évident que la place de cette équipe de Lyon est dans l'élite, et ce genre de performance donne du crédit à ce groupe mêlant individualités talentueuses et collectif soudé.

Delon Armitage n'a pas fait de cadeau à son ancienne équipe de Toulon
Meilleur match.

Entre Clermont, leader invaincu à domicile, et Grenoble, lanterne rouge comptant 6 défaites en autant de déplacements, l'affiche semblait totalement déséquilibrée. Mais c'était sans compter sur la hargne des Isérois, qui ont à tout prix voulu profiter de l'absences des internationaux de l'ASM pour jouer le coup à fond.
Libérés de toute pression, et alors qu'on leur prédisait une défaite cuisante, les partenaires d'un Rory Grice de nouveau stratosphérique ont attaqué cette rencontre pied au plancher.
Les visiteurs ont rapidement répondu à l'essai transformé de Parra (précédé d'un drop de Lopez) par un essai de l'inusable Gio Aplon, transformé par Wisniewski, mais, juste avant la pause, Giorgadze a redonné 8 points d'avance aux Clermontois.
En seconde période, Wisniewski a passé deux pénalités, puis transformé l'essai de Dardet. Menés   18-20 malgré la pénalité de Lopez, les Jaunards ont pu compter sur un Fernandez décisif pour repasser devant grâce à une autre pénalité, avant de tenir bon dans les 10 dernières minutes.
Le FCG peut donc nourrir quelques regrets, car la victoire n'était pas loin, mais doit surtout se satisfaire d'avoir pu inquiéter la meilleur équipe d'Europe du moment sur sa pelouse, et se servir de cette rencontre pour les échéances à venir.

Quelle intensité dans ce Clermont-Grenoble !
Résultats.

Bordeaux-Bègles 37-19 Stade Français
Brive 26-9 Bayonne
Clermont 21-20 Grenoble
Toulouse 16-15 Castres
Racing 21-9 Montpellier
La Rochelle 27-6 Pau
Lyon 27-13 Toulon