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dimanche 10 juillet 2016

Le Portugal à 90 minutes d'un sacre aussi mérité qu'attendu

Critiqué par beaucoup pour son parcours dans cet Euro (3 nuls en phase de poules, une qualification après prolongations en huitièmes de finale et une qualification aux tirs aux buts en quarts de finale), le Portugal reste malgré tout un épouvantail, l'une de ces équipes qui, même dans un mauvais jour, font peur.
Et son accession à la finale ne doit rien au "hasard" ou à la "chance", car les joueurs de Fernando Santos sont invaincus, possèdent la quatrième attaque de la compétition (8 buts marqués) et la meilleure défense de la phase à élimination directe (un seul but encaissé).
Voici donc les 7 raisons qui pourraient nous rallier à la cause de la Seleçao.

1. Parce que le palmarès du Portugal est encore vierge.

Un véritable déshonneur pour ce pays de football, qui a connu tant de générations dorées et de légendes de ce sport (Eusebio, Figo et maintenant Ronaldo). La Seleçao "devait" ouvrir son compteur à l'Euro 2004, sur ses terres, mais s'est faite surprendre par la Grèce en finale (0-1).


Légende vivante du football, Cristiano Ronaldo espère mener sa sélection vers le premier titre de son histoire
2. Parce que le Portugal est l'équipe la plus régulière de ce siècle à l'Euro.

La Seleçao est en effet la seule sélection à être sortie des phases de poules lors de chacune des 5 dernières éditions (quarts en 2008, dernier carré en 2000 et 2012, finale en 2004 et 2016). Ils n'ont peut - être pas encore soulevé le trophée, mais ils se donnent les moyens de le faire, et s'en rapprochent d'année en année.

3. Parce que les voir en finale est quand même une sacrée surprise.

Présenté comme simple outsider, moins bien armé que les fois précédentes, le Portugal, sur le papier, n'avait pas sa place en finale. Mais Ronaldo et ses partenaires, au contraire de la Belgique, ont su profiter d'un tableau ouvert pour y accéder, preuve qu'ils ont les armes pour atteindre leur objectif.

4. Parce que cette équipe est aussi disciplinée que solidaire.

Preuve que les "petites" équipes ne sont pas les seules à pouvoir se baser sur une discipline tactique de fer, le Portugal met à profit un surprenant 4-4-2, à plat ou en losange, pour prendre le meilleur sur son adversaire.

5. Parce que cette équipe est capable de s'adapter comme aucune autre.

Sans même changer de système de jeu, le Portugal peut alterner défense de fer (comme contre la Croatie) et attaque de feu (comme contre la Hongrie). Tout ceci sans attaquant de pointe de métier, Nani et Ronaldo étant des ailiers de formation obligés de se fondre dans ce moule dévastateur.

6. Parce que cette édition permet de découvrir la brillante relève du Portugal.

La force de Fernando Santos, c'est de s'être entouré de jeunes joueurs encore méconnus du grand public, mais terriblement talentueux, qui profitent de cette mise en lumière pour jouer le football de leur vie. Renato Sanches (18 ans) est la révélation du tournoi, et la nouvelle recrue du Bayern de Munich ; André Gomes (22 ans) est suivi de très près par Chelsea et Manchester United ; Raphaël Guerreiro (22 ans) est la nouvelle recrue du Borussia Dortmund). Vous n'avez pas fini d'entendre parler de ces joueurs.

Renato Sanches est sans aucun doute la révélation du tournoi
7. Parce que cette édition permet la consécration tardive d'une génération dorée du Portugal.

Depuis l'Euro 2008, une colonne vertébrale quasiment inamovible mène le Portugal. Qu'ils soient titulaires indiscutables, occasionnels ou supersubs, ils ont été de toutes les campagnes de la Seleçao, et ils sont encore là aujourd'hui.
En attaque, trois joueurs incontournables : le fantasque Ricardo Quaresma (32 ans, 56 sélections, 8 buts), le fantastique Nani (29 ans, 102 sélections, 21 buts), et l'incroyable Cristiano Ronaldo (31 ans, 132 sélections, 61 buts), qui pèsent 7 buts et 4 passes décisives dans ce tournoi (chaque but du Portugal a été marqué par et/ou après une passe de l'un de ces trois joueurs).
Au milieu, c'est la consécration pour le discret mais tellement précieux Joao Moutinho, chef d'orchestre brillant par sa vision du jeu, mais qui doit se contenter d'un rôle de remplaçant pour laisser la place aux jeunes.
Enfin, en défense, le trio formé par Bruno Alves (34 ans, 86 sélections, 10 buts), Ricardo Carvalho (38 ans, 89 sélections, 6 buts) et Pepe (33 ans, 74 sélections, 3 buts) tient la baraque depuis des années, mais c'est bien le dernier nommé qui épate, et qui, n'en déplaise à Ronaldo, est pour l'instant le meilleur joueur de la Seleçao dans cet Euro.

Pepe, le meilleur joueur du Portugal dans cet Euro

jeudi 14 janvier 2016

Qui est véritablement le meilleur footballeur de tous les temps ?

Le cinquième Ballon d'Or obtenu ce lundi par Lionel Messi vient à nouveau relancer un débat qui semble sans fin car sans réponse : qui est le plus grand footballeur de tous les temps ? Pour parvenir à répondre à cette question, il faudrait pouvoir comparer les époques, et ainsi prendre en compte une quantité colossale de circonstances, telles que les styles de jeu privilégiés à telle ou telle période, ou encore la qualité des défenses d'il y a 30 ans et celle des défenses d'aujourd'hui. Il est clair que jamais un seul et unique individu ne sera désigné comme celui qui aura dominé le football comme personne avant lui, ni personne après lui, car, des conditions d'entraînement à la qualité des pelouses, en passant par la taille des crampons, les paramètres impliqués sont tout simplement trop divers et trop nombreux. Pourtant, il ne coûte rien de chercher à trouver la réponse à cette question, qui est une véritable bénédiction pour les fans de ce sport.

Le Top 10.

Pour commencer, établir une première sélection permettra de réduire les possibilités. Les joueurs ayant été retenus sont les suivants, classés par ordre alphabétique :

- Franz Beckenbauer, le premier libéro de classe mondiale, qui aura fait naître ce poste aux yeux de tous, et aura maintenu le cap durant 19 ans au plus haut niveau (1964 - 1983), pour un total de 840 rencontres disputées, et de 109 buts marqués, bilan d'une carrière partagée entre 13 ans au Bayern Munich, 4 ans au New York Cosmos, 2 ans à Hambourg, et 12 ans en équipe nationale d'Allemagne de l'Ouest (RFA),

- Johan Cruyff, attaquant de pointe révolutionnaire, à l'image de l'audacieux 4 - 3 - 3 prôné par son mentor, Rinus Michels, qu'il aura connu en club puis en sélection, pour un total en carrière de 428 buts en 754 rencontres, glorieux bilan de 20 ans de haut niveau (11 ans à l'Ajax Amsterdam, 5 ans au FC Barcelone, 4 ans équitablement divisés entre les Los Angeles Aztecs, les Washington Diplomats, Levante et le Feyenoord Rotterdam, ainsi que 11 ans en équipe nationale des Pays - Bas),

- Diego Maradona, fantasque meneur de jeu de la deuxième moitié du siècle dernier, aussi adoré que détesté, aussi talentueux que pathétique, ayant fait le bonheur de ses supporters durant 21 ans au plus haut niveau (5 ans à l'Argentinos Juniors, 3 ans à Boca Juniors, 2 ans au FC Barcelone, 8 ans à Naples, 1 an au FC Séville, et 2 ans aux Newell's Old Boys, le tout ponctué par 17 ans en équipe nationale d'Argentine), marqués (dans les deux sens du terme) par 345 buts en 680 rencontres jouées,

- Lionel Messi, inimitable dynamiteur de défenses au gabarit de poche, animateur en chef de son aile droite, et maître à marquer de l'équipe la plus dominante de ce siècle, le FC Barcelone, club dont il défend toujours les couleurs après 11 ans et demi de carrière, auxquels il convient d'ajouter 10 ans et demi de sélection nationale avec l'Argentine, pour un total provisoire de 479 buts en 608 rencontres disputées, récompensé d'un palmarès long comme le bras,

- Pelé, attaquant de pointe d'une équipe du Brésil résolument tournée vers l'offensive, renard des surfaces de la Seleçao, finisseur des Auriverde, qu'il aura représentés durant 14 ans, en parallèle d'une carrière en club riche de 21 ans (18 ans à Santos, et 3 ans au New York Cosmos), pour 767 buts en 832 rencontres,

- Michel Platini, étincelant meneur de jeu du siècle dernier, aura été l'un des premiers joueurs à dominer individuellement de la sorte sur le Vieux Continent, marquant ainsi un véritable tournant dans le football, une juste récompense pour 15 ans de professionnalisme éclatant (7 ans à Nancy, 3 ans à Saint - Étienne, 7 ans à la Juventus Turin, ainsi que 11 ans en équipe de France), pour un joli bilan de 354 buts en 655 rencontres,

- Ronaldinho, brillant meneur de jeu d'un Brésil tantôt dominateur, tantôt décevant, icône du pays du football, statut qu'il aura porté avec brio durant 18 ans de carrière (3 ans au Grêmio Porto Alegre, 2 ans à Paris, 5 ans au FC Barcelone, 3 ans au Milan AC, 1 an à Flamengo, 2 ans à l'Atlético Mineiro, 1 an au Quérétaro, et 1 an à Fluminense), dont 16 ans en sélection,

- Ronaldo, attaquant de pointe rondelet d'une Seleçao triomphante, puis finisseur grassouillet d'un Brésil morose, n'en restera pas moins l'un de ces joueurs qui auront bouleversé les exigences de leur poste, de par leurs capacités, et l'utilisation qu'ils en faisaient, ainsi qu'il transforma ce rôle de buteur durant ses 18 ans de carrière (1 an au Cruzeiro, 2 ans au PSV Eindhoven, 1 an au FC Barcelone, 5 ans à l'Inter Milan, 5 ans au Real Madrid, 1 an au Milan AC, 3 ans aux Corinthians, pour 17 ans de sélection), avec un total exorbitant de 428 buts en 629 rencontres,

- Cristiano Ronaldo, l'enfant terrible de l'île de Madère, le perforateur attitré de son aile gauche, buteur invétéré, et ce au bout de 13 ans et demi d'une carrière déjà formidable, car débutée au Sporting Portugal, pendant 1 an, révélée à Manchester United durant 6 ans, poursuivie au Real de Madrid, depuis maintenant 6 ans et demi, et glorifiée par 12 ans et demi de sélection avec le Portugal, pour un total éblouissant mais temporaire de 516 buts en 769 rencontres,

- Zinédine Zidane, meneur de jeu au profil unique, au crâne aussi étincelant que son talent, reste l'un des joueurs les plus admirés de tous les temps, en raison d'une carrière fantastique, comprenant 18 ans de fulgurances exceptionnelles (4 ans à Cannes, 4 ans à Bordeaux, 5 ans à la Juventus Turin, 5 ans au Real Madrid, et 12 ans de sélection en parallèle), forte de 156 buts en 800 rencontres.

Les statistiques le plus flatteuses sont bel et bien celles de Pelé, même si Beckenbauer, qui était un libéro, et le défenseur le plus prolifique de tous les temps, ne peut décemment pas faire le poids face à cette armada de joueurs offensifs. Toutefois, il convient d'attendre la fin de la carrière de Messi et Ronaldo afin de pouvoir les comparer de manière équitable avec leurs concurrents.

Le Palmarès.

Ensuite, il s'agira de départager ces légendes vivantes, en grande partie grâce à leur palmarès, aussi bien collectif qu'individuel. Les titres majeurs que sont la Coupe du Monde, l'Euro ou la Copa América, la Ligue des Champions ou la Copa Libertadores, et le Ballon d'Or (celui - ci n'ayant été ouvert qu'aux Européens durant les carrières de Maradona et Pelé, leur place dans le "Onze du Siècle" précédent fait bien entendu office de compensation), feront office de juges de paix :

- Franz Beckenbauer : Coupe du Monde 1974, Euro 1972, Ligues des Champions 1974, 1975, et 1976, Ballons d'Or 1972 et 1976,

- Johan Cruyff : Ligues des Champions 1971, 1972 et 1973, Ballons d'Or 1971, 1973 et 1974,

- Diego Maradona : Coupe du Monde 1986,

- Lionel Messi : Ligues des Champions 2006, 2009, 2011 et 2015, Ballons d'Or 2009, 2010, 2011, 2012, 2015,

- Pelé : Coupes du Monde 1958, 1962 et 1970, Copas Libertadores 1961 et 1962,

- Michel Platini : Euro 1984, Ligue des Champions 1985, Ballons d'Or 1983, 1984 et 1985,

- Ronaldinho : Coupe du Monde 2002, Copa América 1999, Ligue des Champions 2005, Copa Libertadores 2013, Ballon d'Or 2005,

- Ronaldo : Coupes du Monde 1994 et 2002, Copas América 1997 et 1999, Ballons d'Or 1997 et 2002,

- Cristiano Ronaldo : Ligues des Champions 2008 et 2014, Ballons d'Or 2008, 2013 et 2014

- Zinédine Zidane : Coupe du Monde 1998, Euro 2000, Ligue des Champions 2002, Ballon d'Or 1998.

Les palmarès les plus complets sont donc ceux de Beckenbauer, de Ronaldinho et de Zidane, mais le plus rempli est celui de Lionel Messi. Les trois Coupes du Monde de Pelé constituent également un record absolu qu'il ne faudrait pas mettre de côté. Là encore, la "Pulga" et Cristiano Ronaldo sont à peine en fin de carrière, ce qu'il convient de rappeler à nouveau, pour ne pas les juger trop vite.

Le Résultat.

Après cette étude, il est temps de présenter le classement final, qui tiendra compte des palmarès collectif et individuel, des statistiques, et de l'empreinte laissée au football, élément qui n'est malheureusement pas mesurable :

1 : Pelé. 
Récemment couronné "Ballon d'Or Honorifique" par la FIFA, le roi Pelé a marqué le football comme personne ne l'avait fait, et comme personne ne risque de le faire dans les siècles à venir. Trois fois vainqueur de la Coupe du Monde, le tout en 4 éditions, il a prouvé qu'il était éternel, se permettant de soulever le trophée dès 17 ans, ainsi qu'en fin de cycle, à 30 ans. Une empreinte indélébile, renforcée par une fidélité sans pareille à son club de Santos, et un total officieux de plus de 1000 buts en carrière, si l'on compte les rencontres amicales. Inimitable.


2 : Zinédine Zidane.
Peu disposé aux frasques "maradonesques", Zizou était une personne discrète, un coéquipier modèle, mais, surtout, un compétiteur incroyable. Retiré avec un palmarès bien rempli, il a tout gagné, et ce avec une classe légendaire. Car Zizou, c'est le buteur providentiel. Là où Messi s'efface en finale de Coupe du Monde, "Yazid" claque deux buts pour mieux se faire connaître. Quand Ronaldo ne gagne pas une seule Ligue des Champions malgré son sublime CV, ZZ relève la tête après deux finales perdues pour donner la victoire au Real d'un but dantesque. Et même s'il est sorti par la petite porte (bon, ça a quand même une sacrée gueule de finir sa carrière sur un carton rouge en finale de Coupe du Monde), il sera toujours resté fidèle à ceux qu'il aime, et à celui qu'il a toujours été. Admirable.


3 : Franz Beckenbauer.
Trop souvent négligé, le "Kaiser" n'en reste pas moins un joueur d'exception. Combien dans ce classement peuvent se targuer d'avoir inventé un poste ? Autant que ceux qui peuvent proclamer qu'ils ont remporté la Coupe du Monde comme joueur, puis entraîneur, preuve incontestable du don de Beckenbauer pour ce sport. Attaquant à ses débuts, milieu de terrain par la suite, il deviendra le premier libéro du football, et quel premier ! Intraitable dans sa surface, incisif dans la surface adverse, aussi généreux dans l'effort qu'un "box - to - box" moderne, il a tout vu, tout vécu, et, surtout, tout vaincu. Inoubliable.


4 : Lionel Messi.

5 : Ronaldinho.

6 : Cristiano Ronaldo.

7 : Michel Platini.

8 : Ronaldo.

9 : Johan Cruyff.

10 : Diego Maradona.