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mardi 21 juin 2016

La Roumanie s'arrête là

Alors que les Tricolorii avaient l'occasion d'atteindre la phase à élimination directe d'un Euro pour la première fois depuis 2000, en cas de simple victoire contre l'Albanie, ils ont perdu pied, pour finalement se faire surprendre par une courageuse équipe (0-1). Les Roumains quittent donc la compétition la tête basse, malgré un mach d'ouverture très convaincant, mais dont l'issue douloureuse aura laissé des traces indélébiles.

     Face aux partenaires de Lorik Cana, remplaçant au coup d'envoi, les joueurs d'Anghel Iordanescu sont globalement passés à côté de leur match, à commencer par Tătărușanu, d'ordinaire si fiable, qui s'est totalement troué sur le but de Sadiku.
     Sur les côtés de la défense, Săpunaru et Mățel n'ont pas été à la hauteur, même si le deuxième est un défenseur central de formation, positionné à gauche suite à plusieurs blessures. Il est d'ailleurs impliqué sur le but, n'étant pas assez agressif sur Memushaj, auteur de la passe décisive depuis son aile.
     Dans l'axe, Chiricheș et Grigore ont été malmenés par le puissant Armando Sadiku, auteur du seul but de la rencontre, mais aussi par la vitesse du trio Memushaj-Lila-Lenjani. Ce dernier a d'ailleurs failli ouvrir le score au milieu de la première période, mais s'est loupé face au but vide.
     Devant la défense, le duo de pures sentinelles Prepeliță-Hoban a pris l'eau, et s'est montré incapable de jouer les rampes de lancement des offensives de leur équipe.
     Derrière l'attaquant de pointe, des performances contrastées : Popa n'a que rarement su faire des différences sur son côté droit, car bien pris par le duo Agolli-Mavraj ; Stanciu a cruellement manqué de régularité, ne brillant que par intermittences ; Stancu, deux fois buteur dans cet Euro, a été le plus en vue offensivement, mais, trop esseulé, n'a pu peser sur l'issue du match.

Stancu, l'unique buteur des Roumains dans cet Euro
     Devant, Denis Alibec se devait de confirmer son excellente saison en club, et de qualifier la Roumanie pour le tour suivant. Il a échoué, parfaitement muselé par la charnière adverse, et sevré de ballons de la part de ses partenaires.

     La Roumanie quitte donc cette compétition avec beaucoup de regrets, à commencer par celui d'avoir craqué dans les moments cruciaux des trois rencontres. Les buts de Payet pour la victoire de la France, de Mehmedi pour un nul face à la Suisse, et de Sadiku pour une victoire de l'Albanie auraient pu être évités. Malheureusement, les partenaires de Stancu ont été pénalisés par cette fébrilité, ainsi que par leur pauvreté offensive. Deux buts inscrits, les deux sur penalty, c'est un bilan très maigre pour une équipe qui vaut mieux que ça.

vendredi 17 juin 2016

La Roumanie s'en contente

Après un match d'ouverture perdu sur le fil, les Tricolorii se devaient de redresser la tête face à la Suisse, afin de continuer à croire à la qualification pour les huitièmes de finale. Au terme de 90 minutes assez fermées, les Roumains ont obtenu un point précieux, mais devront à tout prix s'imposer face à l'Albanie pour prendre l'une des deux premières places. Retour sur la performance des joueurs d'Anghel Iordanescu.

     Dans les buts, Tătărușanu a une nouvelle fois tenu la baraque, ne s'inclinant que sur une demi-volée surpuissante de Mehmedi. Impeccable dans les airs, excellent dans ses relances, il reste un rempart indispensable à cette sélection.
     Les deux latéraux, Săpunaru et Raț, ont parfaitement résisté, respectivement aux duos Mehmedi-Rodríguez et Shaqiri-Lichtsteiner, et su faire profiter leur équipe de leur apport offensif. Malheureusement, leurs centres n'ont que rarement trouvé preneur.
     En défense centrale, Chiricheș et Grigore ont su contenir un Seferović très maladroit, mais ont été bousculés par l'entrée du jeune Embolo, aussi rapide que puissant, mais ont malgré tout su préserver le nul.
     Devant la défense, Prepeliță et Pintilii ont été globalement solides en première période, même si le trio Behrami-Džemaili-Xhaka leur a donné du fil à retordre. Le second est sorti à la mi-temps, remplacé par Hoban, qui, comme face à la France, a souffert dans l'entrejeu.
     Derrière leur attaquant de pointe, Torje, Stancu et Chipciu ont été excellents. Le premier a fait parler sa vitesse à plusieurs reprises, sans jamais ménager ses efforts défensifs. Le deuxième a de nouveau marqué sur penalty, et s'est encore montré précieux par sa polyvalence, jouant aussi bien ailier qu'attaquant de pointe. Enfin, le troisième a sans doute été le meilleur joueur de son équipe, tant ses accélérations ont causé de problèmes à l'expérimenté Lichtsteiner.

Chipciu prenant le meilleur sur Lichtsteiner, une image assez fréquente mercredi
     Enfin, en pointe, Keșerü n'a pas su peser sur la rencontre, étouffé par un duo de costauds, composé de Djourou et de Schär. Remplacé par Andone, toujours aussi infernal à marquer, mais sans solutions durant ses 10 minutes passées sur la pelouse.

Pour conclure, il est clair que la Roumanie a laissé quelques titulaires sur le banc, aussi bien pour récupérer d'un éprouvant match d'ouverture qu'en vue d'une rencontre décisive face à l'Albanie, petit poucet de ce groupe. Toutefois, même si la Suisse conserve sa deuxième place, la Roumanie peut logiquement espérer se qualifier en terminant troisième, mais cela dépendra surtout du nombre de points engrangés par rapport aux autres troisièmes.
    

samedi 11 juin 2016

La Roumanie n'a pas à rougir

Opposée à la France en match d'ouverture de l'Euro 2016, les Tricolorii ont livré un formidable combat, et sont même passés à quelques minutes de décrocher le nul. Au final, une défaite 2-1 qui, bien que prévisible, n'arrange pas les Roumains. Heureusement, ils peuvent se satisfaire d'avoir développé un jeu pénible pour l'adversaire, basé sur l'agressivité et la solidarité, sans jamais tomber dans la caricature. De bon augure pour la suite de la compétition.

     Présentée, à juste titre, comme une équipe essentiellement défensive n'apportant le danger que sur contre-attaque, la Roumanie a tordu le cou aux clichés en misant sur un certain nombre d'attaques placées, en grande partie grâce à l'incroyable jeu long de leurs défenseurs. Săpunaru, Chiricheș, Grigore et Raț ont multiplié les caviars à destination d'Andone. 
     Ces mêmes joueurs ont également été quasiment irréprochables devant et dans leur surface, écartant beaucoup de ballons dangereux, et n'hésitant jamais à se sacrifier pour contrer une frappe adverse. Ils ne sont absolument pas fautifs sur les buts encaissés, le premier, litigieux, étant dû à une sortie ratée de Tătărușanu (bousculé au passage par Giroud), alors que le second est pour Hoban et Pintilii, attentistes devant Payet.

Blaise Matuidi, le 10 juin 2016 face à la Roumanie.
Une photo révélatrice de la solidité défensive des Roumains et de la fébrilité des milieux français
     Les deux milieux, justement, ont été pris par l'enjeu, et ont souvent attendu l'intervention de leurs partenaires pour faire la différence dans l'entrejeu. Heureusement pour eux, Pogba, Matuidi et Kanté n'étaient pas dans un grand soir.
     Celui qui se sera démarqué, c'est le 10 de cette belle équipe, le talentueux Stanciu. Très facile techniquement, il a mis en difficulté les milieux français à chaque prise de balle, et parfaitement orienté le jeu. Il a aussi apporté le danger sur corner, et obtenu le penalty peu après l'heure de jeu.

Nicolae Stanciu, grand espoir de la Roumanie
Nicolae Stanciu, le futur de la Roumanie
     Sur les côtés, deux profils différents. Popa, droitier aligné à droite, était chargé de multiplier les débordements le long de la ligne pour ensuite centrer pour Andone. Stancu, droitier aligné à gauche, avait comme objectif de revenir dans l'axe sur son bon pied pour frapper. Grâce aux montées de leurs latéraux, ils ont su mettre Évra et Sagna en difficulté, mais Rami et Koscielny étaient présents.

     Enfin, en pointe, le jeune Andone a posé beaucoup de problèmes à la charnière des Bleus. En apparence, il devait ne pas exister dans les duels, car plus petit (1m80 contre 1m85 pour Koscielny et 1m90 pour Adil Rami) et moins costaud (75 kg contre 80 kg pour Koscielny et 90 kg pour Adil Rami). Mais sur le terrain, c'était une toute autre histoire. Agressif, dynamique, il a bousculé ces colosses, et les a envoyé valser plus d'une fois. Il aurait même dû obtenir un penalty en première période, fauché par Koscielny alors qu'il était à la retombée d'une transversale.

Pour conclure, il convient de souligner la performance majeure de cette équipe, que tout le monde voyait se faire piétiner par le pays organisateur et favori de la compétition. Malheureusement, l'absence d'un joueur tel que Payet, capable de faire la différence dans ces moments cruciaux, se fait encore sentir, même si Stanciu est appelé à devenir ce facteur X.
Il y a tout de même un motif de satisfaction évident : en jouant comme cela, impossible que la Roumanie ne passe pas le premier tour, aux dépens d'une Suisse désunie et d'une Albanie trop inexpérimentée.

vendredi 18 décembre 2015

Que vaut vraiment la Roumanie ?

Samedi dernier, le tirage au sort des poules de l'Euro, effectué à Paris, a livré son verdict. La France devra se défaire de la Suisse, de l'Albanie, et de la Roumanie, pour espérer décrocher le titre à domicile. Un groupe assez clément, au contraire des dernières éditions. En effet, en 2012, les Tricolores avaient hérité de la Suède de Zlatan Ibrahimovic, de l'Angleterre de Wayne Rooney, et de l'Ukraine, qui était alors l'un des deux pays organisateurs. Et, quatre ans plus tôt, en 2008, les Pays-Bas, l'Italie, et, de nouveau, la Roumanie, étaient au programme pour nos joueurs. Mais, au fait, que vaut aujourd'hui cette dernière équipe, qui avait, à l'époque, terminé devant l'équipe de France dans ce groupe de la mort ?

Si la Roumanie est à l'Euro, c'est pour beaucoup, grâce à sa présence dans le groupe de qualifications le plus faible de cette édition. Car elle était accompagnée des équipes suivantes :
- la Grèce, lamentable tête de série, suite à son parcours en Coupe du Monde l'an passé,
- la Finlande, toujours aussi discrète,
- l'Irlande du Nord, une formation sans véritables individualités capables de se distinguer,
- la Hongrie, bien loin des années Puskas,
- les Iles Féroé, un ensemble valeureux d'amateurs généralement impuissant.

Il est clair que cela facilite la tâche, d'autant qu'avec ce nouveau format à 24 équipes, les trois premières places pouvaient être qualificatives. Pourtant, l'on reproche à cette formation d'avoir "garé le bus", oubliant ostensiblement de faire le jeu, et se contentant de rares contres meurtriers. Certes, la Roumanie s'est contentée de marquer 11 fois en 10 rencontres. Et alors ? Le Pays de Galles aussi, et cela n'empêche pas les observateurs de s'extasier devant les prouesses des coéquipiers de Gareth Bale. Bien sûr, terminer derrière la Belgique est plus glorifiant que de talonner l'Irlande du Nord. Mais si cette recette fonctionne, tant mieux pour les Roumains !
Car le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ont su pousser cette stratégie jusqu'à ses limites, ne perdant pas une seule fois, et présentant la meilleure défense des éliminatoires, avec 2 petites unités encaissées ! Félicitations à Balazs Dzsudzsak, animateur de la sélection hongroise, et à Joel Pohjanpalo, buteur de l'équipe de Finlande, qui auront été les seuls à percer la muraille des Carpates.

Le fait est que cette sélection est en mesure de gâcher la fête, le 10 juin prochain, au Stade de France. Il faudrait, cela va de soi, un véritable récital défensif de la part des joueurs d'Anghel Iordanescu, qui a déjà mené cette équipe en quarts du Mondial, en 1994, au détriment de l'Argentine, balayée en huitièmes. Mais avoir une défense imperméable, c'est une évidence pour ces Tricolores d'Europe de l'Est, qui ne peuvent pour le moment compter sur une nouvelle génération trop fébrile.

Il est d'ailleurs temps de présenter les cinq éléments sur lesquels l'ancienne gloire du Steaua Bucarest s'est appuyé :
- gardien : Ciprian Tatarusanu, qui vit actuellement sa deuxième saison à la Fiorentina, après cinq ans fructueux au Steaua Bucarest (deux Championnats, une Coupe, et une Supercoupe de Roumanie),
- défenseur central : Vlad Chiriches, joueur de Naples depuis cet été, après une expérience à Tottenham, qui est lui aussi passé par le Steaua Bucarest le temps d'une saison (un Championnat et une Supercoupe de Roumanie),
- latéral gauche : Razvan Rat, capitaine de cette formation, évoluant au Rayo Vallecano, après avoir été un pilier du Shakhtar Donetsk (300 matches en 10 ans, récompensés par 7 Championnats, 4 Coupes et 3 Supercoupes d'Ukraine), et joué un an à West Ham,
- meneur de jeu : Constantin Budescu, nouvel animateur offensif de la sélection, qui compte, à 26 ans, plus de 300 matches en pro, pour environ 115 buts, avec le Petrolul Ploiesti, puis l'Astra Giurgiu,
- attaquant de pointe : Claudiu Keserü, revenu au Steaua Bucarest après 11 ans, 250 matches, et 75 buts en France (Nantes, Libourne-Saint-Seurin, Tours, Angers, Bastia), puis parti au Qatar, avant de s'installer au Ludogorets Razgrad, quadruple champion en titre de Bulgarie.

Haut, de gauche à droite : Chiriches, Hoban, Papp, Keserü, Stancu, Pantilimon
Bas, de gauche à droite : Nistor, Sanmartean, Rat, Torje, Grigore

Portée par tout un peuple, s'appuyant sur une grande majorité d'éléments passés par le Steaua Bucarest, et basée sur un collectif indivisible, composé de véritables guerriers, cette équipe a donc les moyens nécessaires pour créer la surprise à l'occasion du match d'ouverture, ou, dans une moindre mesure, pour franchir le premier tour de cet Euro, qui s'annonce terriblement excitant.

mercredi 23 septembre 2015

Une deuxième rencontre accrochée, puis finalement débridée par des Bleus en mode diesel

Pour cette deuxième journée, le XV de France devait se défaire d'une dangereuse équipe de Roumanie, dure au mal et prête à saisir la moindre opportunité. Après une première demi - heure globalement terne, les Bleus ont su redresser la tête, pour finalement l'emporter, avec le bonus offensif qui plus est.

En première période, les joueurs de Saint - André ont été pris à la gorge par des Roumains monstrueusement désireux de contrecarrer les ambitions de leur adversaire. Résultat, trente premières minutes brouillonnes, avec simplement une pénalité de chaque côté, et un essai roumain évité in extremis grâce à un retour angélique de Bernard Le Roux. Puis vint le tournant de la rencontre, un carton jaune quelque peu sévère infligé à Ion, le pilier droit de cette équipe de Roumanie. Quelques secondes plus tard, un essai de Guitoune, transformé par Parra. Et juste avant le retour aux vestiaires, nouvelle réalisation, cette fois signée Nyanga, et de nouveau transformée par Parra, ce à quoi les Roumains répondirent par une pénalité de Vlaicu. 17 à 6 à la pause, le bonus offensif était à portée des Bleus, mais quelle souffrance pour en arriver là !

Suite au coup de gueule du sélectionneur, les Bleus reviennent sur la pelouse avec la ferme intention de se détacher une fois pour toutes de ces solides adversaires, bien plus entreprenants que prévu. Chose dite, chose faite : même s'il faudra attendre le dernier quart d'heure pour voir des points, c'est que les Roumains auront retardé l'échéance. Mais en l'espace de cinq minutes, Guitoune s'échappa pour s'offrir un joli doublé, puis Fofana mit à profit sa première apparition du Mondial pour aplatir dans l'en - but. Deux essais transformés par Parra puis Kockott. La réponse sera immédiate, ou presque, les Chênes y allant de leur essai cinq minutes plus tard, par Ursache, sauvant ainsi l'honneur, qu'ils avaient déjà assuré de par une lutte féroce. Mais c'était sans compter sur l'orgueil des partenaires de Fickou, qui s'offrit un essai dans les derniers instants, alors que Guitoune avait par deux fois manqué le triplé de quelques centimètres. Une transformation de Kockott, et c'en était fini de cette rencontre à deux vitesses, sur un score sans appel ne reflétant guère la combativité roumaine, 38 à 11.