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mercredi 18 février 2015

Tournoi des Six nations 2015, Chapitre 2

Pour la deuxième journée de cette nouvelle édition du Six Nations, qui a permis de donner un nouvel aperçu du niveau de chacun, les affiches étaient plutôt alléchantes, et semblaient présager de rencontres plutôt disputées. Avec un total de quatorze essais, soit plus du double de lors de la semaine dernière. Le XV du Chardon affrontait des Gallois revanchards, l'Irlande se frottait à un XV de France désireux d'élever son niveau de jeu, et l'Angleterre se préparait à confirmer une probante victoire par un nouveau succès, cette fois face à l'Italie.

La Rencontre à Ne Pas Manquer.

Le XV du Chardon, qui n'avait pas démérité au Stade de France, comptait se reprendre par une victoire face à celui du Poireau. Peine perdue, les Gallois ayant pris le dessus de quelques point, 23 à 26. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé, en pratiquant un jeu ouvert et offensif. En première période, Stuart Hogg, bien servi sur l'aile, inscrit le premier essai de la rencontre, et ce au bout de dix minutes. Greg Laidlaw s'occupera ensuite de transformer, avant de passer une autre pénalité. En réponse à cette fougue, le Poireau passera à la vitesse supérieure, en partie par l'intermédiaire de Leigh Halfpenny, qui inscrira onze points, profitant par trois fois de l'indiscipline adverse, avant de transformer l'essai de Rhys Webb. Au moment de revenir aux vestiaires, les Diables Rouges seront donc devant au score.

Après la reprise, la rencontre continuera sur les mêmes bases, les deux pays n'hésitant pas à envoyer du jeu, quitte s'exposer à des contres fulgurants. Pourtant, ce sont bien des pénalités qui remettront le Chardon et le Poireau dans la partie, avec, d'un côté, Greg Laidlaw, six points, et de l'autre, Leigh Halfpenny, qui inscrira trois unités, avant de transformer l'essai de Jonathan Davies, à un quart d'heure du terme. C'est à partir de cet instant que les locaux jetteront véritablement toutes leurs forces dans la bataille, pulvérisant les Gallois sur chaque contact, jusqu'à atteindre l'en-but en toute fin de partie, par l'intermédiaire de Jon Welsh, qui verra son essai transformé par Finn Russell. Ceci aura été insuffisant pour permettre au Chardon de renverser le Poireau, malgré une résistance admirable et un combat dantesque.

Que ferait le Pays de Galles sans Leigh Halfpenny ?
La Rouste à Ne Pas Manquer.

Malgré un début de rencontre dynamique et agressif, confirmé par un essai de l'inusable Sergio Parisse au bout de cinq minutes de jeu, l'Italie s'est effondrée par la suite, tout en opposant une résistance très offensive, qui lui a d'ailleurs coûté la rencontre. En réponse à cet essai, les Anglais sont arrivés deux fois dans l'en-but adverse avant la pause, une fois par Jonathan Joseph, puis la seconde par Billy Vunipola. George Ford transformera le deuxième, en ya joutant une pénalité. Les débats sont donc encore plutôt équilibrés à cet instant, mais c'est au retour des vestiaires que tout basculera.

Les quarante minutes qui suivront seront une orgie de rugby, avec pas moins de six essais. George Ford passera deux nouvelles pénalités, avant que le XV de la Rose n'inscrive quatre essais, dont un par Jonathan Joseph, qui s'offrira par la même occasion le double, un autre par Ben Youngs, puis Daniel Cipriani atteindra lui aussi l'en-but, avant que Nick Easter n'ajoute lui aussi cinq points. Ces quatre bijoux, dont trois auront été transformés (deux par George Ford, et un par Daniel Cipriani) se seront succédés, en un quart d'heure seulement, certainement le pire du XV d'Italie. Cependant, les joueurs de Jacques Brunel auront sauvé l'honneur, ajoutant deux essais en deuxième mi-temps, les deux par Luca Morisi, dont le dernier sera transformé par Tommaso Allan.

Au final, 47 à 17 pour l'Angleterre, et presque trois quarts d'heure d'anthologie, avec deux équipes joueuses et offensives, poussées par un public déchaîné.

En inscrivant deux essais face à l'Italie, Jonathan Joseph est entré parmi les grands
La Purge à Manquer.

Décidément, c'est déjà une mauvaise habitude des Bleus que de figurer dans cette catégorie. Après une victoire tout sauf rassurante face au XV du Chardon, les Tricolores souhaitaient faire taire leurs détracteurs chez le tenant du titre. Malgré la défaite, c'est presque chose faite, tant l'Irlande a souffert pour se défaire des visiteurs. Sans que la rencontre ne soit emballante, loin de là, elle a été riche en plaquages monstrueux et autres moyens de pression physique. En première période, duel de buteurs, entre Jonathan Sexton, de retour de blessure, et Camille Lopez, nouvelle plaque tournante du XV de France. Au moment de rentrer aux vestiaires, 12 à 6 pour le Trèfle, mais l'issue est toujours incertaine.

En seconde période, l'agressivité se fera de plus en plus présente, chaque équipe écopant d'un carton jaune. Jonathan Sexton, qui sera élu meilleur joueur de la rencontre, passera une autre pénalité, à l'instar de son coéquipier Ian Madigan. Du côté des Bleus, rien à se mettre sous la dent, hormis un essai de Romain Taofifenua, au terme d'une superbe action de jeu, qui se révèlera insuffisant pour arracher ne serait-ce qu'un nul. Résultat final, 18 à 11 pour l'Irlande.

Une rencontre hachée, indigne de deux équipes d'un tel statut, mais qui a ravi les amateurs de cathédrales, caramels, et autres fourberies dont ce sport a le secret.

Pour son retour, Jonathan Sexton a porté le XV du Trèfle

mardi 10 février 2015

Tournoi des Six Nations 2015, Chapitre 1

Afin de bien débuter cette nouvelle édition du Championnat d'Europe, l'Angleterre se rendait à Cardiff, pour y affronter le Pays de Galles. Une mise en bouche savoureuse, entre les deux pays les plus titrés de la compétition, avec 36 trophées pour le XV de la Rose, et 37 pour celui du Poireau. Le lendemain, l'Italie, cuillère de bois l'an passé, rencontrait l'Irlande, championne en titre, et la France, vêtue d'un maillot rouge pour la troisième fois seulement de son existence, entrait en lice contre un XV du Chardon pressé de se mesurer à des pointures. Voici un compte-rendu de cette première journée.

La Rencontre à Ne Pas Manquer.

Un show exceptionnel avant le coup d'envoi, une ambiance de folie durant la partie, et des acteurs au sommet : tout était réuni pour un grand rendez-vous, et ç'a na pas manqué. D'entrée de jeu, les Gallois s'en vont inscrire un essai, par l'intermédiaire de Rhys Webb, bien servi par Toby Faletau. Leigh Halfpenny enquille cinq points au pied, et voilà le Poireau devant la Rose, de dix points, et ce au bout de dix minutes. Mais au quart d'heure de jeu, une belle inspiration de Mike Brown profitera à son ailier, Anthony Watson. Les Anglais ont relevé le défi, et, même s'ils ne transforment pas, répondent présent. Jusqu'à la pause, on assiste alors à un combat de buteurs : à ma gauche, Halfpenny, une nouvelle pénalité, et Dan Biggar, un drop à la sirène ; à ma droite, George Ford, trois unités qui permettent à l'Angleterre de rentrer aux vestiaires avec un retard réduit à huit points.

Cinq minutes après la reprise, et au terme de plusieurs temps de jeu, les Anglais traverseront une seconde fois la défense du Poireau, cette fois par l'intermédiaire de Jonathan Joseph, mis sur orbite. C'est George Ford qui transformera l'essai, permettant à la Rose de revenir à une longueur de son adversaire du soir. Ensuite, l'Angleterre misera tout sur une défense étouffante d'agressivité, obtenant deux pénalités supplémentaires que le jeune buteur passera également, portant le score à 16-21, en faveur de son équipe.

L'équipe de Stuart Lancaster a donc frappé un très gros coup en s'imposant à Cardiff, prenant les commandes du championnat en attendant les deux rencontres suivantes, et surprenant bon nombre d'observateurs par sa capacité à faire sans ses meilleurs éléments.

George Ford, ou le futur successeur d'Owen Farrell

La Rouste à Ne Pas Manquer.

L'Italie, qui, l'an passé, a retrouvé son rang de cancre du Vieux Continent, affrontait l'Irlande, tenante du titre, et troisième nation mondiale. Au final, une nouvelle performance à oublier pour les Transalpins, vaincu 3 à 26. Pourtant, tout n'était pas à jeter au moment de rentrer aux vestaires, à la pause. Une défense bien en place, et un impact physique conséquent, ce qui n'avait pas suffi à empêcher les Irlandais de mener de six points, grâce à trois pénalités du surprenant Ian Keatley, auquel Kelly Haimona avait répondu en passant lui aussi un coup de pied.

En seconde période, une nouvelle pénalité du talentueux Ian Keatley, puis le tournant de la partie : Leonardo Ghiraldini écope d'un carton jaune, et le Trèfle ne laisse pas passer l'occasion de faire basculer la rencontre, inscrivant deux essais. Le premier est inscrit par Conor Murray, puis transformé par Ian Keatley, encore lui, avant que Tommy O'Donnell n'y aille de sa réalisation, bonifiée par Ian Madigan.

Une victoire moralement bénéfique pour l'Irlande, à l'extérieur qui plus est, qui sera à confirmer face à de véritables concurrents.

Ian Keatley, un pièce importante du dispositif du Trèfle en l'absence de Sexton

La Purge à Manquer.

Après un mois de novembre plutôt positif, le XV de France affrontait celui du Chardon, qui restait sur plusieurs performances abouties. Au final, une rencontre d'un ennui mortel, et une courte victoire des Tricolores, sur le score de 15 à 8. En première période, une attaque inexistante, une défense intermittente, mais un Camille Lopez au rendez-vous, avec trois pénalités. De son côté, le Chardon fait preuve de courage et d'imagination, inscrivant un essai, par l'intermédiaire de Dougie Fife, qui ne sera pas transformé. On ajoute à cela trois points au pied de Greg Laidlaw, et les Bleus rentrent au vestiaire avec une simple unité d'avance.

Après la pause, les Bleus retrouvent confiance, et dictent le rythme du jeu. Toutefois, pénalisés par une maladresse plus qu'inquiétante, ils ne parviendront jamais dans l'en-but adverse. Camille Lopez endossera donc à nouveau le costume de sauveur, ajoutant six points, une maigre récompense pour des Coqs conquérants mais trop hâtifs dans le dernier geste.

C'est donc une victoire importante pour les Bleus, qui devront cependant retrouver un semblant de réalisme pour aller inquiéter l'Irlande à Dublin.

Camille Lopez, l'un des nouveaux patrons du XV de France

dimanche 18 janvier 2015

NBA, 2014-2015, Chapitre 2

Alors que toutes les franchises de la NBA ont passé le cap de la quarantaine de rencontres, synonyme de la moitié de la saison régulière, il est temps de dresser un bilan. Nous parlerons du meilleur joueur, du meilleur entraîneur, du meilleur remplaçant, au même titre que du meilleur et du pire de ce milieu de saison. Bref, il y en aura pour tous les goûts.

Le Meilleur Joueur.

Alors qu'Anthony Davis est en légère baisse de régime, il serait bon de parler d'un monstrueux Pau Gasol. Bien que les Bulls ne donnent toujours pas l'impression de pouvoir justifier leur statut de candidat au titre, leur géant espagnol ne cesse d'éclabousser la ligue de son talent, et ce du haut de ses 34 ans. Avec des moyennes de 19 points, 11 rebonds et 3 passes décisives, et ce par rencontre, la recrue phare de la franchise est en train de prouver que le poids des ans ne suffit pas à atténuer son immense talent.

La démonstration remonte à un peu plus d'une semaine, alors que Chicago affrontait les Bucks de Milwaukee. Au final, les Bulls l'ont emporté 95 à 87, et leur titanesque vétéran y a grandement contribué. Avec une ligne statistique à 46 points et 18 rebonds, auxquels s'ajoutent 3 passes décisives et une interception. Une performance dantesque, qui démontre à quel point le joueur a pesé dans le bilan de son équipe, qui est de 27 victoires pour 16 défaites.

Pau Gasol, éternel rebondeur, et fantastique scoreur

Le Meilleur Remplaçant.

Bien que son temps de jeu ne soit que limité, à savoir d'une vingtaine de minutes par rencontre, Kelly Olynyk, l'un des plus grands espoirs de la ligue, parvient à saisir sa chance dès qu'elle se présente, preuve en est de ses moyennes, qui feraient pâlir de nombreux titulaires. Tournant autour de 12 points, 6 rebonds et 2 passes décisives par opposition, il prend ses responsabilités depuis le départ de Rajon Rondo, et le résultat est plutôt concluant.

Sa meilleure apparition permit à Boston de se promener à Philadelphie, l'emportant 87 à 105, avec, à la clé, une performance gargantuesque du Canadien. Une ligne statistique à 30 points, 9 rebonds, une passe décisive, ainsi que 3 interceptions et 2 contres, le tout en trente minutes : il était partout, et plus encore. Même si le bilan des Celtics laisse à désirer ( 13 victoires pour 26 défaites ), Kelly Olynyk est un joli motif de satisfaction.

Kelly Olynyk, une valeur montante de la NBA

Le Meilleur Entraîneur.

Pour sa troisième saison à la tête des Trail Blazers de Portland, Terry Stotts est en train de faire quelque chose de très grand. Avec un bilan de 31 victoires pour 12 défaites, sa formation affiche le troisième bilan de la ligue, et se trouve à la deuxième place de la terrible Conférence Ouest. En ayant recruté Steve Blake, qui n'était guère satisfait de sa situation chez les Lakers de Los Angeles, et le pivot Chris Kaman, international avec l'Allemagne depuis sept ans, et en quête d'un nouveau souffle, Terry Stotts a eu le nez creux. D'autant que la franchise a conservé ses cadres, à savoir LaMarcus Aldridge, Nicolas Batum, Damian Lillard et Wesley Matthews.

C'est en éparpillant les Knicks de New York, peu avant le passage à l'an 2015, sur le score de 101 à 79, que les joueurs ont montré à quel point la philosophie de leur entraîneur était loin d'être inefficace. Ce jour-là, une fois n'étant pas coutume, Portland a fait preuve d'imagination, ne laissant aucun répit à son adversaire, et enchaînant les remontées de balle rapide. Avec une réussite de 45 % de loin, ainsi que de près, au même titre qu'une défense implacable ( 7 contres ), les Trail Blazers, pourtant privés d'Aldridge, ont su compenser leur perte de la bataille des rebonds ( 48 à 49 en faveur des Knicks ). L'agressivité dans la raquette, c'est le seul point qui reste à travailler, et qui peut permettre à la franchise de s'affirmer un peu plus comme candidate au titre.

Terry Stotts, l'entraîneur qui commence à se faire un nom

Le Meilleur Affrontement.

Quelques jours avant Noël, Spurs et Clippers ont offert un joli spectacle à San Antonio, combinant réussite et intensité, pour une rencontre magnifique. En l'espace de 48 minutes, les deux équipes ont rentré la bagatelle de 243 points, pour une victoire finale des champions en titre, 125 à 118. Cette affiche, opposant deux "Big Three", avec d'un côté, Duncan, Green et Parker, et, de l'autre, Griffin, Jordan et Paul, faisait saliver. Et elle a tenu toutes ses promesses.

Il est bon de rappeler que les taux de réussite habituels sont généralement plus proches de 35 % à trois points, de 45 % à deux points, et de 75 % aux lancers-francs. Or, ce soir-là, les joueurs semblaient transformés. Avec un bilan de 45 % à trois points, de 55 % à deux points, et de 70 % aux lancers-francs, les acteurs de cette rencontre se sont fait plaisir, tout en régalant le public. Il faut souligner la performance de Tim Duncan, qui, une fois n'est pas coutume, a été élu meilleur joueur de la rencontre, avec un bilan de 21 points, 12 rebonds, 1 passe décisive et 2 interceptions.

Tim Duncan, le sauveur des Spurs face aux Clippers.

La Meilleure Franchise.

Après avoir parlé des Hawks et des Raptors, à la suite de leur affrontement épique, il y a de cela quelques mois, il est de bon ton de parler des Wizards de Washington. Malgré un calendrier peu clément, le club de la capitale vient de subtiliser la seconde place de la Conférence Est à Toronto, et présente un joli bilan de 29 victoires pour 14 défaites. Développant un jeu basé sur l'instinct et sur l'imagination, les Washington Wizards enchantent le public du Verizon Center à chaque rencontre à DC, menés de main de maître par John Wall ( 17 points et 10 passes décisives, en moyenne, par rencontre ), lui-même parfaitement épaulé par le prometteur Bradley Beal.

Il faut aussi reconnaître à Randy Wittman d'avoir eu le nez creux, s'offrant Paul Pierce et Kris Humphries, dont l'intégration au groupe a été parfaitement gérée. Aujourd'hui, les Wizards ne semblent pas vouloir lâcher ce podium, et l'ont montré en remportant deux rencontres face aux Bulls de Chicago, qui sont des concurrents directs. S'ils continuent à faire forte impression lors des grands rendez-vous, ils pourraient bien finir par tutoyer les sommets.

John Wall, le leader des Wizards

La Pire Franchise.

Silence, on coule ! Ces trois mots résument à merveille la situation des Minnesota Timberwolves, qui, sans faire de bruit, ne cessent de dégringoler au classement. Aujourd'hui, avec un bilan de 7 victoires pour 34 défaites, la franchise de Minneapolis est au fond du trou. Aucune recrue l'été dernier, l'arrivée de Troy Daniels cet hiver pour faire bonne figure, même si son temps de jeu est assez faible, et la perte de Kevin Love : on ne peut pas dire que Flip Saunders se donne les moyens de sortir sa formation du pétrin.

Il y aura bien eu quelques coups d'éclat, comme la victoire 90 à 82 contre Portland, ou encore l'exploit de Mo Williams, qui se permit d'inscrire 52 points, soit le meilleur total de la saison, sur le parquet des Pacers, mais la saison des Wolves n'en est pas moins terne. L'absence de " franchise player ", à savoir de véritable leader, capable de porter son équipe à bouts de bras pendant une saison entière, sans que le bilan final ne lui soit reproché, est plus que préjudiciable à l'équipe, qui ne peut pas encore se reposer sur le talentueux Andrew Wiggins ( 15 points, 4 rebonds, et 2 passes décisives, en moyenne, par rencontre ), trop jeune pour un tel fardeau.

Andrew Wiggins, "franchise player" en devenir

lundi 12 janvier 2015

Coupe d'Europe : privilège ou fardeau ?

Cette saison, cinq formations françaises sont (ou étaient) engagées dans une phase de poules sur la scène continentale, soit un quart du plateau de Ligue 1. Au-delà des difficultés variables de leur groupe, il faut déterminer l'impact de ce calendrier dantesque sur les performances de ces équipes, dont les ambitions sont bien différentes.

Ligue des Champions.

Le Paris Saint-Germain, figure de proue d'un championnat en pleine évolution, est aujourd'hui, malgré un budget plus qui serait amplement qualifiable de pharaonique, confronté à des problèmes d'effectif, le sien ne semblant pas être de taille à lutter pour la victoire sur les deux tableaux. Pourtant, jusqu'au mois de décembre, les semaines chargées n'étaient pas un problème pour le club de la capitale, qui affichait un bilan de trois victoires pour deux nuls lors des rencontres qui suivaient une opposition continentale. Mais après la défaite au Camp Nou ( 3-1 ), sa première de la saison, et ce toutes compétitions confondues, l'équipe de Laurent Blanc a perdu confiance, s'inclinant également à Guingamp ( 1-0 ).
Si l'on ajoute à ces deux défaites consécutives les envies d'ailleurs d'Ezequiel Lavezzi, d'Edinson Cavani, d'Adrien Rabiot et de Clément Chantôme, la situation du club d'Al-Khelaïfi est bel et bien préoccupante, d'autant que le PSG n'est ni premier, ni deuxième, ni même troisième, mais accroché à une quatrième place à laquelle personne ne s'attendait. Même les joueurs soulignent le "laxisme" de leur entraîneur, et la charnière Silva-Luiz ne tient pas encore toutes ses promesses ( neuf buts encaissés en huit rencontres ). Il faut donc trouver un équilibre au plus vite du côté du Parc des Princes, si l'on veut garnir la vitrine d'au mois un trophée supplémentaire. Le talent est là, preuve en est de la qualification pour les huitièmes de finales de la Ligue des Champions, d'un siège confortable au sein du "Big Four" de Ligue 1, et de deux rencontres bouclées sans forcer en Coupe de la Ligue ( 1-3 à Ajaccio) et en Coupe de France ( 0-3 à Montpellier ). Il reste maintenant à cibler les priorités.

David Luiz, le "pilier" du PSG

De son côté, l'AS Monaco est dans une situation paradoxale. En Ligue 1, le club de la Principauté est rarement maître de son sujet, mais pointe à une cinquième place, arrachée juste avant la trêve grâce à une série de quatre victoires consécutives. En Ligue des Champions, en revanche, le bilan est positif, et ce malgré une animation offensive assez triste ( quatre buts marqués en six rencontres, aucun par un attaquant ), l'équipe s'appuyant sur un bloc défensif en béton armé ( un but encaissé, meilleure défense de la compétition ), et cette stratégie lui a même permis de souffler la première place du groupe au Bayer Leverkusen ! 
La formation de Leonardo Jardim, qui doit maintenant composer avec un groupe diminué au vu des ambitions affichées, a donc tiré son épingle du jeu lors de cette première moitié d'exercice, mais devra lutter pour une nouvelle qualification en Coupe d'Europe. Si Layvin Kurzawa, courtisé par Manchester City, revient de blessure plus fort qu'auparavant, et si Lacina Traoré parvient enfin à prendre le dessus sur les défenses adverses, l'ASM pourra rêver d'une deuxième moitié de saison garnie de succès. Toutefois, à l'instar du PSG, il faudra définir les objectifs avec précision, étant donné que le club est encore en course en Coupe de la Ligue, après sa qualification à Lyon, et en Coupe de France, suite à la victoire obtenue à Nîmes ( 0-2 ).

Layvin Kurzawa, la flèche de l'ASM

Ligue Europa.

Le LOSC, surprenant troisième de l'exercice précédent, est aujourd'hui en pleine crise sportive. Doublement battu par Porto lors du troisième tour préliminaire de Ligue des Champions ( 0-1 au Grand Stade, puis 2-0 à l'extérieur ), après avoir éliminé le Grasshopper Zurich ( 0-2 à l'extérieur, puis 1-1 au Grand Stade ), le club nordiste est tombé dans un groupe de Ligue Europa très relevé, en compagnie de Wolfsburg, d'Everton, et du FK Krasnodar. Au final, quatre partages des points, et deux défaites. Lille n'avait vraiment pas sa place en Europe. En Ligue 1, la situation est également déplorable, avec une onzième place précaire, à cinq points de la zone rouge, et un bilan d'une victoire, un nul et quatre défaites suite aux rencontres de phase de poule continentale.
Ce qu'il manque aux Dogues, c'est un attaquant, un vrai, et leur erreur aura peut-être été de vendre Salomon Kalou, dont le rendement leur était, quoi que l'on puisse en dire, bénéfique. Aujourd'hui, le LOSC possède la pire attaque du championnat, ayant marqué moins de buts que le seul Alexandre Lacazette ! Nolan Roux est transparent, Michael Frey est maladroit, Ryan Mendes est fragile, Ronny Rodelin est lent, et Divock Origi est fainéant. Un bien triste bilan. Mais il suffirait que René Girard trouve un véritable leader offensif, capable de gagner des rencontres à lui tout seul, et Lille pourrait enfin redresser la tête en Ligue 1, et rêver d'un joli parcours en Coupe de la Ligue, suite à la qualification obtenue à Bordeaux.

Divock Origi, l'espoir du LOSC

L'ASSE, après avoir franchi avec succès le troisième tour préliminaire de Ligue Europa, face à Karabükspor, est tombé dans un groupe qui semblait à sa portée, mais n'a pu en sortir, terminant même à la dernière place, après cinq partages des points et une défaite. Aucune victoire, une véritable désillusion pour le club, qui a fait preuve de courage, mais a manqué de réalisme pour triompher de l'Inter Milan, de Dnipropetrovsk, ou encore de Qarabag. En revanche, ces rencontres auront été plutôt bénéfiques sur les oppositions nationales qui suivaient, dont le bilan est de trois victoires, deux nuls et une défaite. D'ailleurs, en Ligue 1, les Stéphanois n'en finissent plus de surprendre. Après deux premiers mois mitigés, marqués par un naufrage sur le terrain du Paris Saint-Germain ( 5-0 ), les Verts se sont repris, et profitent maintenant sur une série d'invincibilité qui s'étend sur onze rencontres de championnat ( sept victoires pour quatre nuls ).
Mais s'ils en sont là aujourd'hui, c'est en particulier grâce à leur défense, et à la force de caractère de Stéphane Ruffier. Moqué après sa boulette au Parc des Princes, l'international tricolore vient d'enchaîner 713 minutes sans prendre de buts en Ligue 1, et multiplie les parades phénoménales, permettant à son équipe de rester dans le coup. Il faut aussi souligner le talent de la charnière stéphanoise, qui se base sur trois joueurs, capables d'évoluer ensemble, ou à tour de rôle, à savoir Florentin Pogba, Loïc Perrin, Moussa Bayal Sall, qui permettent à l'ASSE d'être la meilleure défense du championnat, avec treize buts encaissés en vingt rencontres. Cependant, étant encore en course sur trois tableaux, après la qualification aux dépens de Nancy en Coupe de France, et la victoire à Lorient en Coupe de la Ligue ( 0-1 ), l'équipe entraînée par Christophe Galtier devra jouer des coudes pour conserver sa place sur le podium.

Stéphane Ruffier, le mur de l'ASSE

Enfin, il nous faut parler de la surprise, qui se présente sous la forme d'un club qui devrait jouer le maintien, et qui devrait souffrir en Coupe d'Europe, où il n'a pas sa place. C'est ce que beaucoup pensaient de l'En Avant de Guingamp, raillé malgré sa victoire lors de l'édition 2014 de la Coupe de France, et envoyé en Ligue 2 par ces mêmes critiques. Et pourtant, aujourd'hui, le club entraîné par Jocelyn Gourvennec est en seizièmes de finale de Ligue Europa, après être sorti d'un groupe homogène, aux dépens du Dinamo Minsk et du PAOK Thessalonique, derrière la Fiorentina. Pour ce qui est du championnat, bien que les rencontres suivant ces affrontements continentaux aient rarement été bénéfiques aux Armoricains ( une victoire pour cinq défaites, dont un cuisant 2-7 face à Nice ), ils se sont repris, et, restant, sur une série d'invincibilité de cinq rencontres, dont quatre victoires, ils s'accrochent maintenant à une belle treizième place.
Porté par un duo d'attaque de feu, composé de Claudio Beauvue, un joueur monstrueusement adroit de la tête, en dépit de son mètre 75, et de Christophe Mandanne, un renard des surfaces au sens du but aiguisé, Guingamp se prend à rêver. Bien qu'étant l'une des seules équipes à persévérer dans l'utilisation du 4-4-2 classique, l'EAG ne change pas sa marque de fabrique, et aurait bien tort de le faire. D'autant que la deuxième partie de cet exercice sera très chargée, car le club est encore en course en Coupe de la Ligue, après sa victoire à Arles-Avignon ( 1-3 ), et son succès sur le terrain de Dinan-Léhon ( 0-2 ). Une chose est sûre : on n'aura pas le temps de s'ennuyer en Bretagne.

"Air Beauvue", le sauveur de l'EAG 

dimanche 7 décembre 2014

NBA, 2014-2015, Chapitre 1

Alors que toutes les franchises de la NBA ont passé le cap de la double dizaine de rencontres, synonyme du quart de la saison régulière, il est temps de dresser un bilan. Nous parlerons du meilleur joueur, du meilleur entraîneur, du meilleur remplaçant, au même titre que du meilleur et du pire de ce début de saison. Bref, il y en aura pour tous les goûts.

Le Meilleur Joueur.

S'il y a bien un joueur qui sort du lot en ce début de saison, c'est Anthony Davis. Du haut de ses 21 ans, il domine la NBA, et permet à sa formation de rester en vie, malgré un début de saison compliqué. Avec des moyennes à 25 points, 11 rebonds et 2 passes décisives, il porte son équipe à bout de bras, jouant un rôle d'une importance capitale dans les neuf victoires obtenues par les New Orleans Pelicans, qui comptabilisent cependant dix défaites.

Le match qui a prouvé au reste de la ligue qu'il faudrait bel et bien compter sur lui, c'est, sans aucun doute, celui que son équipe a remporté sur le parquet du Jazz, 106 à 94. Au cours de cette rencontre, Davis a étalé toute sa palette technique, du "jumper" (panier inscrit en sautant au moment du tir) au "fade away" (panier inscrit en reculant au moment du tir), en passant par le "lay up" (panier inscrit avec l'aide du panneau), pour terminer la rencontre avec un bilan de 43 points et 14 rebonds. Une performance monstrueuse.

Depuis le début de la saison, Anthony Davis affole les compteurs
Le Meilleur Remplaçant.

Il est rarement aisé de ne pas démarrer une rencontre, avant d'en être désigné comme l'un des meilleurs joueurs. Pourtant, c'est presque le quotidien de Gerald Green, étincelant avec les Suns depuis le début de la saison. En sortie de banc, il tourne à 15 points, 3 rebonds et 2 passes décisives de moyenne, et ses coups d'éclat font le tour du web.

La franchise de Phoenix, qui compte douze victoires pour dix défaites, lui doivent beaucoup. il apporte un peu de folie à chacune de ses entrées, et son dynamisme permet de surprendre des adversaires déjà éprouvés par l'intensité de la rencontre.

Son match le plus accompli a eu lieu face aux Nets. Ce jour-là, il a sorti le grand jeu, inscrivant 28 points, captant 5 rebonds, et délivrant 3 passes décisives, pour une victoire finale sur le score de 112 à 104.

Cette saison, Gerald Green est le sauveur des Suns
Le Meilleur Entraîneur.

Il est compliqué de reconnaître le rôle d'un entraîneur à sa juste valeur, car le basket donne toujours l'impression d'être un sport plutôt instinctif. Cependant, il est juste de savoir attribuer une part du mérite à un entraîneur ayant su tirer le meilleur de son groupe. 

Et, pour le moment, cet entraîneur est Jason Kidd. Pour sa deuxième saison sur un banc, il est en train de réaliser quelque chose de sensationnel avec les Bucks de Milwaukee, dont le bilan est actuellement d'onze défaites pour onze victoires. Certes, ce n'est pas, à première vue, colossal, mais il faut savoir que, l'an passé, le taux de victoire de cette même équipe n'était que de 18 %, soit le pire de la ligue.

Jason Kidd a donc réussi à transformer cette équipe, et ce sans aucune recrue notable, et n'ayant sous la main aucun joueur de véritable envergure. La victoire la plus symbolique de cette résurrection intervint face aux Memphis Grizzlies, qui étaient invaincus depuis le début de la saison, soit six victoires de suite ! Ce jour-là, la franchise menée par Zach Randolph, qui semblait pourtant inarrêtable, mordit la poussière sur le parquet des Bucks, qui jouèrent de courage et de patience pour l'emporter sur le fil, 93 à 92.

Jason Kidd, le sauveur des Bucks de Milwaukee
Le Meilleur Affrontement.

Au soir du 26 novembre, les Raptors de Toronto s'en allaient défier les Hawks chez eux, à Atlanta. Bien que ces deux équipes n'avaient pas pour réputation de fermer le jeu, rien ne laissait présager une telle orgie offensive. D'ordinaire, chaque équipe de NBA marque autour de 100 points au cours des 48 minutes de jeu, mais ce soir-là, tout semblait différent. Sans aucune prolongation, les deux franchises ont livré un spectacle exceptionnel, jouant sans retenue. Résultat, tous les joueurs ont marqué, ce qui n'était plus arrivé depuis belle lurette, et Toronto s'est imposé 126 à 115.

Le taux de réussite commun, lors de cette rencontre, s'éleva à 45 % à trois points, à 55 % à deux points, et à 85 % aux lancers-francs. Il est bon de rappeler que les taux de réussite habituels sont généralement plus proches de 35 % à trois points, de 45 % à deux points, et de 75 % aux 
lancers-francs. 

Mention spéciale à Kyle Lowry, des Toronto Raptors, élu meilleur joueur de la rencontre, avec un bilan de 14 points, 13 passes décisives et 6 rebonds.

Kyle Lowry a su sortir les Raptors d'un duel épique avec les Hawks
La Meilleure Franchise.

Le classement parle de lui-même, alors pourquoi interpréter ou dénigrer ? Les Warriors, en ce début de saison, semblent au-dessus, avec un bilan de dix-huit victoires pour deux défaites. Les "Super Splash Brothers", Klay Thompson et Stephen Curry, n'ont jamais semblé aussi précis, et le reste de l'équipe n'a jamais aussi bien assuré leurs arrières. 

Le nouvel entraîneur, Steve Kerr, dont c'est la première expérience sur un banc de touche, réalise un travail formidable, et semble en mesure d'apporte à cette équipe ce qui lui manquait pour rivaliser avec l'élite de la ligue. La franchise de San Francisco est donc, pour le moment, en tête de la NBA, et compte bien le rester.

Elle a d'ailleurs prouvé qu'elle en avait les moyens, s'offrant le Heat, sur le score de 114 à 97, avec 40 points de Curry, et 24 de Thompson, au cours d'une rencontre maîtrisée de bout en bout, en particulier grâce à une défense de fer (9 contres, 6 interceptions, 40 rebonds défensifs).

Après la Coupe du Monde cet été, Curry et Thompson règnent maintenant sur la NBA
La Pire Franchise.

Réaliser le deuxième pire début de saison de l'histoire de la NBA, ce n'est pas donné à tout le monde. Pourtant, les Seventy-Sixers de Philadelphie l'ont fait, perdant leurs dix-sept premières rencontres. Depuis, ils en ont remporté deux, avant d'en perdre une autre. Mais que pouvait-il arriver d'autre à une équipe n'ayant aucune recrue, et dont l'exercice précédent a été un long calvaire, avec un bilan de dix-neuf victoires pour soixante-trois défaites, soit un taux de victoires de 23 % ?

Le jeune Michael Carter-Williams ne peut porter à lui seul toute une équipe, qui est d'ailleurs essentiellement composée d'éléments inexpérimentés, et dont la moyenne d'âge n'est que de 23 ans ! La saison risque donc d'être très longue pour cette franchise, qui comptait autrefois des joueurs comme Charles Barkley ou Allen Iverson.

Carter-Williams, l'espoir de toute une ville

lundi 1 décembre 2014

Les Verts écrasent leur voisin, et restent dans la course à l'Europe

Au terme d'une rencontre parfaitement maîtrisée, l'AS Saint-Étienne n'a fait qu'une bouchée de l'Olympique Lyonnais, qui n'a jamais semblé en mesure de trouver la solution, face à une équipe qui a su exploiter les avantages du 3-5-2 à merveille. Les Verts ont régné dans les duels, faisant preuve d'une volonté incroyable au pressing, ce qui a par ailleurs amené le trosième but. le L'arbitre, Clément Turpin, a réussi à maintenir le calme durant la partie, oubliant néanmoins un coup de pied de réparation de chaque côté : une main de Van Wolfswinkel, dans sa surface, sur une frappe de Lacazette, puis une charge irrégulière de Biševac sur Gradel. Voici donc les notes attribuées aux 22 acteurs de cette rencontre.

AS Saint-Étienne.

Stéphane Ruffier : 7/10.
Peu sollicité, il a répondu présent au bout de vingt-cinq minutes de jeu, remportant son duel avec Fékir, qui s'était présenté face à lui, avant de capter sans problème un lob de Jallet, puis de repousser un missile de Clinton N'Jié. Il a également fait preuve d'une précision ahurissante au pied. En revanche, sa sortie ratée au devant de Fékir aurait pu gâcher la fête, mais Lacazette n'a pas su transformer le tir au but accordé par l'arbitre. De plus, il était battu sur la tête de ce dernier, mais le poteau a empêché la réduction du score.

Loïc Perrin : 8/10.
Impeccable dans ses interventions, il a montré à tous qu'il était l'un des meilleurs défenseurs d'Europe. Une lecture du jeu effarante, un impact physique terrifiant, il a étalé toute sa palette défensive, et aurait pu y aller de son but, si sa reprise de la tête n'avait pas trouvé la barre. Un match plein.

Moussa Bayal Sall : 8/10.
Tout comme son capitaine, il a rayonné, s'imposant sur une grande majorité de ses duels, et brillant parfois dans une position de libéro. Son gabarit plus qu'imposant lui a permis de régner en maître incontesté dans le domaine aérien, preuve en est de son ouverture du score, d'une tête sublime. Un beau cadeau, le jour de ses 29 ans.

Florentin Pogba : 7/10.
Plus discret que ses compagnons, il a su répondre présent quand il le fallait, sur quelques ballons chauds, et a parfois évolué comme un véritable latéral gauche. Ses quelques montées ont soulagé les Verts, et ses petits gestes techniques, étrangement semblables à ceux de son petit frère, ont fait chavirer le chaudron. De plus, sa transversale mal appréciée par Biševac a débouchée sur le second but stéphanois.

Kévin Théophile-Catherine : 7/10.
Sans cesse en mouvement, il a donné le tournis à Bédimo, qui ne savait plus où donner de la tête. Sa vitesse et la précision de ses centres ont contribué à déstabiliser la défense des Gones. Défensivement, sans être brillant, il a su retarder les offensives adverses avec intelligence, permettant à ses coéquipiers de se replacer.

Franck Tabanou : 7/10. 
Assez discret, il a fait le job en défense, livrant un beau duel face à Jallet, sans que l'on puisse en choisir un vainqueur. Offensivement, il a, à l'instar de Théophile-Catherine sur son aile droite, bombardé la surface des Gones, obtenant le corner de l'ouverture du score, et passant à deux doigts d'inscrire son propre but, cinq minutes après le retour des vestiaires, sur un formidable une-deux avec Gradel.
Remplacé à cinq minutes de la fin par Jonathan Brison, qui a contenu Jallet jusqu'au terme de la rencontre.

Jérémy Clément : 7/10.
Il a bien rempli son rôle de sentinelle, distribuant les ballons avec justesse, mais n'a pas assez pris de risques, cherchant simplement les passes les plus sûres. Cette prudence a fait du bien aux Verts, mais un léger brin de folie de sa part aurait peut-être fait plus de mal encore à l'OL. 
Remplacé à trente-cinq minutes de la fin par Diomandé, qui a montré une belle envie dans les duels, ce qui lui a coûté le seul carton jaune du match.

Fabien Lemoine : 7,5/10.
Le plus actif des trois milieux stéphanois. Toujours en mouvement, afin de proposer des solutions, il a joué juste, et n'a cessé de faire jouer autour de lui. Rarement pris en défaut, il s'est imposé dans l'entrejeu, et ses pendants adverses n'ont pas trouvé la solution.

Renaud Cohade : 7/10.
Très discret, trop discret peut-être, il a choisi, à l'instar de Clément, d'assurer ses passes, et de ne chercher que la sécurité. Toutefois, à vingt minutes de la fin, il a montré qu'il était toujours aussi précieux : un pressing acharné sur Tolisso, jusqu'à le pousser à la faute, puis une frappe croisée parfaite. Emballé, c'est pesé.

Ricky Van Wolfswinkel : 7,5/10.
Même s'il n'a jamais véritablement pesé à proprement parler sur la défense lyonnaise, sa prestation est à souligner. Vivement critiqué, malgré des statistiques honorables (3 buts et 3 passes décisives en 17 rencontres avec les Verts), il a répondu de la meilleure des manières, par une activité débordante. Après avoir trouvé le poteau au bout d'un quart d'heure de jeu, il a parfaitement repris un centre de Gradel, pour envoyer le ballon sous la barre, et faire le break en faveur de son équipe.
Remplacé à un quart d'heure de la fin par Monnet-Paquet, qui a bien défendu lors du temps fort adverse, en fin de rencontre.

Max-Alain Gradel : 9/10.
Incontestablement, l'homme du match. Le jour de ses 27 ans, il a sorti une performance exceptionnelle, délivrant deux passes décisives, et poussant les défenseurs adverses à bout. Un corner chirurgical déposé sur la tête de Sall, puis un centre tout aussi précis pour son copain Ricky. Il a failli y aller de son but sur un contre qu'il a mené, tenez-vous bien, seul contre cinq adversaire avant que Lopes ne repousse sa frappe. Un match colossal.

Christophe Galtier et Max-Alain Gradel, les deux principaux acteurs de la victoire des Verts

Olympique Lyonnais.

Anthony Lopes : 7,5/10.
Sans lui, l'addition aurait été bien plus lourde. Un duel remporté face à un Tabanou lancé à pleine vitesse, une sortie parfaite dans les pieds d'un Gradel bouillant, et une parade sur un missile de ce même Ivoirien. Il n'est fautif sur aucun des buts adverses, mais victime des erreurs de Bédimo, puis de Biševac, et, surtout, de Tolisso.

Christophe Jallet : 7/10.
Comme toujours, il a été la plaque tournante de son équipe. Il a multiplié les montées, ainsi que les centres, sans jamais, ou presque, trouver preneur. Défensivement, il a souffert face à Gradel, et il aurait peut-être fallu l'expulser après un geste intolérable : alors qu'il reste dix minutes à jouer, l'Ivoirien est taclé par Tolisso. L'arbitre siffle logiquement contre le Lyonnais, et Jallet se précipite vers Gradel, alors à terre, le prend à la gorge, et lui glisse quelques mots doux. Un comportement regrettable de la part d'un joueur ordinairement exemplaire.

Milan Biševac : 5,5/10.
Comme pour nombre de ses coéquipiers, ce n'était pas sa soirée. Face à un Gradel remuant, il a souvent été pris de vitesse, preuve en est du deuxième but, sur lequel il se fait surprendre par un rebond pourtant prévisible, puis prendre de vitesse par l'Ivoirien. Seul point positif : son impact dans les duels, toujours aussi intéressant, mais largement insuffisant pour réaliser un bon match.

Samuel Umtiti : 6,5/10.
Après avoir, d'entrée de jeu, envoyé un coup-franc intéressant dans les nuages, Umtiti a simplement tenté de tenir la baraque derrière. Et, honnêtement, il n'a que peu été pris en défaut, muselant correctement Van Wolfswinkel. Néanmoins, il ne fallait pas se contenter de ça. Sa puissance de frappe aurait été utile aux Gones sur certaines opportunités, mais il s'est cantonné à sa propre surface.

Henri Bédimo : 5,5/10.
Où est passé le "Bédimonstre" de l'an dernier ? Inconstant depuis le début de la saison, le Camerounais a cette fois fait preuve d'une transparence à couper le souffle. Peu inspiré, vite essouflé, devancé par Sall sur l'ouverture du score, c'est une soirée à oublier pour lui.

Maxime Gonalons : 6,5/10.
Toujours aussi précieux dans son rôle de sentinelle, il a été l'un des rares à répondre au monstrueux défi physique proposé par les Stéphanois. Il a sans relâche orienté le jeu, et s'est aussi proposé en ataque. Buteur au bout de cinq minutes, sa tête a logiquement été refusée, car Lacazette lui avait transmis le ballon de la main. Un match intéressant, mais il était trop seul.

Jordan Ferri : 6/10.
Après seulement cinq minutes de jeu, Ferri était déjà à terre, le souffle coupé par un choc avec un adversaire. Le symbole d'une soirée difficile pour le jeune milieu de terrain, qui a couru dans le vide, et qui a perdu une grande majorité des duels disputés.
Remplacé à vingt-cinq minutes du terme par Ghezzal, dont le jeu long a soulagé les Gones.

Corentin Tolisso : 5/10.
Comment attribuer plus que la moyenne à un joueur qui n'a jamais donné l'impression d'être dans le match ? Il concède le corner qui amène l'ouverture du score, puis il se troue de manière monumentale sur le dernier but du match. Un double contact splendide pour s'éliminer soi-même, transformé en superbe passe décisive pour Cohade. Grandiose.
Remplacé à un quart d'heure de la fin par M'Vuemba, qui a apporté de la fraîcheur et de la puissance dans l'entrejeu.

Steed Malbranque : 5,5/10.
En l'absence de Gourcuff et de Grenier, c'est Malbranque qui s'est retrouvé en position de milieu offensif. Un choix discutable, surtout après sa performance lors de ce derby. Certes, il n'a reçu que peu de ballons, mais il n'en a rien fait. Pas d'inspiration, pas de confiance, c'est le comble pour un meneur de jeu.
Remplacé à trente-cinq minutes du coup de sifflet final par N'Jié, qui a, sur l'un des seuls ballons qu'il a touché, buté sur le portier des Verts.

Alexandre Lacazette : 6/10.
Remuant, peut-être un peut trop. Souvent piégé par des défenseurs moins portés vers la précipitation que lui, il a tout raté. Une frappe en bonne position après avoir éliminé trois adversaires, un tir au but envoyé à côté, et une tête repoussée par le poteau. Parler de malchance serait exagéré, parler de pression serait plus juste. Le Lyonnais est encore jeune, et doit porter l'équipe sur ses seules épaules. Dur.

Nabil Fékir : 6/10.
Aligné en pointe, au côté de Lacazette, il a manqué une énorme occasion dix minutes après l'ouverture du score stéphanoise, puis a disparu de la circulation. Surclassé dans les duels, imprécis dans ses transmissions, contestable dans ses choix, il a fait preuve de bonne volonté, mais n'a pu empêcher la dérive de l'OL.

mercredi 5 novembre 2014

De nouveaux visages en Bleu, pour un nouveau départ ?

Alors que les traditionnelles rencontres amicales de novembre approchent à grands pas, Philippe Saint-André, le très décrié sélectionneur du XV de France, a décidé de convoquer de nouveaux joueurs, afin de redorer le blason de sa formation, qui enchaîne les piètres résultats depuis son arrivée, malgré son statut de vice-championne du monde. Entre joueurs déjà convoqués, mais n'étant jamais entré en jeu, nouvelles têtes sans expérience internationale, et joueurs naturalisés, que peuvent-ils apporter à la sélection, et quelles sont leurs chances de s'imposer ?

Les "anciens".
Nous débutons par la présentation des joueurs ayant déjà été convoqués, une ou plusieurs fois, mais dont le statut de doublure a empêché toute entrée sur le gazon. Ils comptent bien enfin honorer leur première sélection.

On y retrouve Xavier Chiocci, solide pilier gauche de 24 ans (1 mètre 80, 120 kg), qui évolue au RC Toulon. La saison passée, il a profité du forfait d'Andrew Sheridan pour s'affirmer comme un remplaçant de choix, inscrivant 3 essais en 33 apparitions, et participant activement aux victoires de son club en Top 14, ainsi qu'en H Cup.
Ses chances de s'imposer en Bleu tournent autour de 75 %, étant donné qu'il incarne l'avenir d'un poste où Thomas Domingo a déçu lors de ses dernières sorties, au même titre que Vincent Debaty, qui peine à retrouver son meilleur niveau. Cependant, il devra faire face à la concurrence d'Alexandre Menini, son coéquipier en club, qui compte déjà deux sélections, mais qui est plus proche de la fin de sa carrière que de son début.

Xavier Chiocci
Virgile Bruni, qui évolue également à Toulon, espère lui aussi entrer sur le terrain pour la première fois avec les Bleus. Tout comme Xavier Chiocci, il a percé l'an passé, profitant de l'irrégularité de Juan Smith pour grappiller du temps de jeu, et convaincre ses dirigeants, ainsi que Philippe Saint-André. Sa vitesse, alliée à un physique de déménageur (2 mètres, 110 kg), lui permet d'ouvrir des brèches pour ses coéquipiers.
Ses chances de s'imposer en Bleu sont d'environ 25 %. Son manque d'expérience lui joue encore des tours, et il devra souffrir de la comparaison avec Thierry Dusautoir, qui fait son retour en sélection. Il devra aussi prendre son mal en patience, car Bernard Le Roux est bien installé. Néanmoins, il peut compter sur sa progression fulgurante pour déloger le premier, dont le niveau diminue d'année en année, la faute à de nombreux pépins physiques.

Virgile Bruni
Charles Ollivon, déjà appelé pour le précédent stage de préparation des Bleus, il y a un mois de cela, fera tout pour se glisser parmi les titulaires. Pour cela, il devra simplement étoffer sa palette technique au côté de Damien Chouly, capitaine de l'ASM, qui est dans la forme de sa vie.
Ses chances de s'imposer en Bleu sont de 75 %. Avec déjà deux essais en dix apparitions cette saison, et deux ou trois places à prendre à ce poste en équipe de France, le joueur de Bayonne n'a plus qu'à saisir sa chance, tout en continuant d'utiliser sa carrure (2 mètres, 115 kg) pour perforer les lignes adverses.

Charles Ollivon
Les "roues de secours".
Nous poursuivons avec la présentation des joueurs étant convoqués pour la première fois, qui profitent d'une blessure à leur poste. C'est une occasion en or de prouver leur valeur, qu'ils ne comptent pas laisser passer.

Pierre Bernard, le jeune demi d'ouverture de Bordeaux-Bègles (25 ans), a l'occasion de faire parler son expérience, lui qui compte déjà six saisons de Top 14. Il fera tout pour pallier l'absence de François Trinh-Duc, qui est quand même une référence à ce poste (50 sélections, 70 points).
Ses chances de s'imposer au sein du groupe ne vont pas au-delà de 25 %. Il est sous la menace de la guérison de celui qu'il a remplacé, ainsi que d'un retour en Bleu de joueurs tels que Morgan Parra (55 sélections, 325 points) ou Frédéric Michalak (70 sélections, 375 points). Il doit actuellement faire face à une concurrence redoutable, composée de Rémi Talès, champion de France en 2013, et de Camille Lopez, étincelant avec l'ASM depuis le début de saison.

Pierre Bernard
Yacouba Camara, le jeune colosse du Stade Toulousain (1 mètre 95, 100 kg), intègre le groupe du XV de France en raison de la blessure de Rabah Slimani, le pilier du Stade Français. Bien que n'évoluant pas au même poste, Saint-André a été séduit par sa puissance, et a décidé de lui permettre de s'étalonner un peu en sélection.
Ses chances de s'imposer en Bleu sont de 75 %. Tout comme Charles Ollivon, qui évolue au même poste que lui, c'est le moment de sortir quelques performances de choix, ce dont il est parfaitement capable, en vue de prendre l'une des "nombreuses" places à attribuer à ce poste.

Yacouba Camara
Teddy Thomas, le nouvel ailier du Racing-Métro, ne pouvait qu'être appelé au vu de son début de saison tonitruant (4 essais en 8 matches). Il remplace Félix Le Bourhis, auteur de performances catastrophiques lors des dernières sorties du XV de France.
Ses chances de s'imposer en Bleu ne sont que de 25 %, car sa régularité est encore à prouver, et les prétendants à ce poste ne manquent pas. Rien que pour cette tournée, il devra s'affirmer aux dépens de Yoann Huget (30 sélections, 6 essais), de Maxime Médard (39 sélections, 11 essais), et de Benjamin Fall (6 sélections, 3 essais).

Teddy Thomas
Alexandre Dumoulin, qui évolue également au Racing-Métro, est passé du statut de remplaçant à celui d'international, et ce grâce à des performances, qui n'ont laissé personne de marbre (3 essais en 10 matches). Il tentera de prendre la place de Rémi Lamerat, blessé avec les Bleus il y a un mois de cela.
Ses chances de s'imposer en Bleu sont de 25 %. Les joueurs de qualité, à ce poste, ne manquent pas, et la concurrence est rude : Mathieu Bastareaud (1 mètre 85, 110 kg), Wesley Fofana (27 sélections, 9 essais) et Maxime Mermoz (double champion d'Europe en titre) l'attendent de pied ferme.

Alexandre Dumoulin
Les "étrangers".
Ces joueurs viennent d'obtenir la nationalité française, et ont été appelé pour la première fois avec les Bleus. L'occasion pour eux d'exister sur la scène internationale avec une sélection plus huppée que celle de leur pays d'origine, ou de souffrir d'une concurrence moins rude.

Rory Kockott, le Sud-Africain d'origine, champion de France en 2013, au terme d'une saison dont il a été désigné meilleur joueur, est le gros coup de Philippe Saint-André, qui a profité de l'indifférence des Springboks à son égard pour l'attirer dans le groupe du XV de France.
Ses chances de s'imposer sont de 50 %. Son irrégularité est parfois inquiétante, surtout à un tel niveau, mais, la plupart du temps, il est un joueur doté d'une lecture du jeu hors du commun, ce dont profitent ses coéquipiers à Castres. Il souffrira cependant de la comparaison avec Sébastien Tillous-Borde, double champion d'Europe et et champion de France en titre. Un retour de Maxime Machenaud (20 sélections, 45 points) n'est pas non plus à exclure.

Rory Kockott
Scott Spedding, également en provenance d'Afrique du Sud, il est, à l'instar de Charles Ollivon, l'un des rares joueurs de Bayonne à briller. Il compte en effet 4 essais en 10 matches, et, bien qu'il ne soit là que grâce au forfait de Brice Dulin, il pourrait être l'un des éléments les plus utilisés lors de cette tournée.
Ses chances de s'imposer sont de 75 %. Son explosivité et sa vitesse sont ses principales qualités, et sa polyvalence est précieuse. Mais Brice Dulin est un joueur majeur du XV de France. Mais Maxime Médard, bien qu'en légère perte de vitesse ces dernières saisons, reste une valeur sûre (40 sélections, 60 points). Spedding devra donc veiller à ne pas brûler les étapes, et à saisir sa chance à la première occasion.

Scott Spedding
Uini Atonio, le monstrueux pilier de La Rochelle (1 mètre 96, 150 kg), négligé par la Nouvelle-Zélande, son pays d'origine, est également un joli coup de la part du sélectionneur. Champion de Pro D2 l'an passé, son ascension est fulgurante, est sa convocation n'est qu'une suite logique des choses.
Ses chances de s'imposer en Bleu sont de 50 %. Il manque encore de métier, mais est d'une maturité sidérante. Il faudra encore qu'il trouve un club d'un autre statut, afin de se familiariser avec les rencontres de haut niveau. S'il engrange assez d'expérience au côté de Nicolas Mas, il devrait pouvoir s'affirmer aux dépens de joueurs tels que Rabah Slimani ou de Luc Ducalcon.

Uini Atonio