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mardi 21 juin 2016

La Roumanie s'arrête là

Alors que les Tricolorii avaient l'occasion d'atteindre la phase à élimination directe d'un Euro pour la première fois depuis 2000, en cas de simple victoire contre l'Albanie, ils ont perdu pied, pour finalement se faire surprendre par une courageuse équipe (0-1). Les Roumains quittent donc la compétition la tête basse, malgré un mach d'ouverture très convaincant, mais dont l'issue douloureuse aura laissé des traces indélébiles.

     Face aux partenaires de Lorik Cana, remplaçant au coup d'envoi, les joueurs d'Anghel Iordanescu sont globalement passés à côté de leur match, à commencer par Tătărușanu, d'ordinaire si fiable, qui s'est totalement troué sur le but de Sadiku.
     Sur les côtés de la défense, Săpunaru et Mățel n'ont pas été à la hauteur, même si le deuxième est un défenseur central de formation, positionné à gauche suite à plusieurs blessures. Il est d'ailleurs impliqué sur le but, n'étant pas assez agressif sur Memushaj, auteur de la passe décisive depuis son aile.
     Dans l'axe, Chiricheș et Grigore ont été malmenés par le puissant Armando Sadiku, auteur du seul but de la rencontre, mais aussi par la vitesse du trio Memushaj-Lila-Lenjani. Ce dernier a d'ailleurs failli ouvrir le score au milieu de la première période, mais s'est loupé face au but vide.
     Devant la défense, le duo de pures sentinelles Prepeliță-Hoban a pris l'eau, et s'est montré incapable de jouer les rampes de lancement des offensives de leur équipe.
     Derrière l'attaquant de pointe, des performances contrastées : Popa n'a que rarement su faire des différences sur son côté droit, car bien pris par le duo Agolli-Mavraj ; Stanciu a cruellement manqué de régularité, ne brillant que par intermittences ; Stancu, deux fois buteur dans cet Euro, a été le plus en vue offensivement, mais, trop esseulé, n'a pu peser sur l'issue du match.

Stancu, l'unique buteur des Roumains dans cet Euro
     Devant, Denis Alibec se devait de confirmer son excellente saison en club, et de qualifier la Roumanie pour le tour suivant. Il a échoué, parfaitement muselé par la charnière adverse, et sevré de ballons de la part de ses partenaires.

     La Roumanie quitte donc cette compétition avec beaucoup de regrets, à commencer par celui d'avoir craqué dans les moments cruciaux des trois rencontres. Les buts de Payet pour la victoire de la France, de Mehmedi pour un nul face à la Suisse, et de Sadiku pour une victoire de l'Albanie auraient pu être évités. Malheureusement, les partenaires de Stancu ont été pénalisés par cette fébrilité, ainsi que par leur pauvreté offensive. Deux buts inscrits, les deux sur penalty, c'est un bilan très maigre pour une équipe qui vaut mieux que ça.

vendredi 17 juin 2016

La Roumanie s'en contente

Après un match d'ouverture perdu sur le fil, les Tricolorii se devaient de redresser la tête face à la Suisse, afin de continuer à croire à la qualification pour les huitièmes de finale. Au terme de 90 minutes assez fermées, les Roumains ont obtenu un point précieux, mais devront à tout prix s'imposer face à l'Albanie pour prendre l'une des deux premières places. Retour sur la performance des joueurs d'Anghel Iordanescu.

     Dans les buts, Tătărușanu a une nouvelle fois tenu la baraque, ne s'inclinant que sur une demi-volée surpuissante de Mehmedi. Impeccable dans les airs, excellent dans ses relances, il reste un rempart indispensable à cette sélection.
     Les deux latéraux, Săpunaru et Raț, ont parfaitement résisté, respectivement aux duos Mehmedi-Rodríguez et Shaqiri-Lichtsteiner, et su faire profiter leur équipe de leur apport offensif. Malheureusement, leurs centres n'ont que rarement trouvé preneur.
     En défense centrale, Chiricheș et Grigore ont su contenir un Seferović très maladroit, mais ont été bousculés par l'entrée du jeune Embolo, aussi rapide que puissant, mais ont malgré tout su préserver le nul.
     Devant la défense, Prepeliță et Pintilii ont été globalement solides en première période, même si le trio Behrami-Džemaili-Xhaka leur a donné du fil à retordre. Le second est sorti à la mi-temps, remplacé par Hoban, qui, comme face à la France, a souffert dans l'entrejeu.
     Derrière leur attaquant de pointe, Torje, Stancu et Chipciu ont été excellents. Le premier a fait parler sa vitesse à plusieurs reprises, sans jamais ménager ses efforts défensifs. Le deuxième a de nouveau marqué sur penalty, et s'est encore montré précieux par sa polyvalence, jouant aussi bien ailier qu'attaquant de pointe. Enfin, le troisième a sans doute été le meilleur joueur de son équipe, tant ses accélérations ont causé de problèmes à l'expérimenté Lichtsteiner.

Chipciu prenant le meilleur sur Lichtsteiner, une image assez fréquente mercredi
     Enfin, en pointe, Keșerü n'a pas su peser sur la rencontre, étouffé par un duo de costauds, composé de Djourou et de Schär. Remplacé par Andone, toujours aussi infernal à marquer, mais sans solutions durant ses 10 minutes passées sur la pelouse.

Pour conclure, il est clair que la Roumanie a laissé quelques titulaires sur le banc, aussi bien pour récupérer d'un éprouvant match d'ouverture qu'en vue d'une rencontre décisive face à l'Albanie, petit poucet de ce groupe. Toutefois, même si la Suisse conserve sa deuxième place, la Roumanie peut logiquement espérer se qualifier en terminant troisième, mais cela dépendra surtout du nombre de points engrangés par rapport aux autres troisièmes.
    

samedi 11 juin 2016

La Roumanie n'a pas à rougir

Opposée à la France en match d'ouverture de l'Euro 2016, les Tricolorii ont livré un formidable combat, et sont même passés à quelques minutes de décrocher le nul. Au final, une défaite 2-1 qui, bien que prévisible, n'arrange pas les Roumains. Heureusement, ils peuvent se satisfaire d'avoir développé un jeu pénible pour l'adversaire, basé sur l'agressivité et la solidarité, sans jamais tomber dans la caricature. De bon augure pour la suite de la compétition.

     Présentée, à juste titre, comme une équipe essentiellement défensive n'apportant le danger que sur contre-attaque, la Roumanie a tordu le cou aux clichés en misant sur un certain nombre d'attaques placées, en grande partie grâce à l'incroyable jeu long de leurs défenseurs. Săpunaru, Chiricheș, Grigore et Raț ont multiplié les caviars à destination d'Andone. 
     Ces mêmes joueurs ont également été quasiment irréprochables devant et dans leur surface, écartant beaucoup de ballons dangereux, et n'hésitant jamais à se sacrifier pour contrer une frappe adverse. Ils ne sont absolument pas fautifs sur les buts encaissés, le premier, litigieux, étant dû à une sortie ratée de Tătărușanu (bousculé au passage par Giroud), alors que le second est pour Hoban et Pintilii, attentistes devant Payet.

Blaise Matuidi, le 10 juin 2016 face à la Roumanie.
Une photo révélatrice de la solidité défensive des Roumains et de la fébrilité des milieux français
     Les deux milieux, justement, ont été pris par l'enjeu, et ont souvent attendu l'intervention de leurs partenaires pour faire la différence dans l'entrejeu. Heureusement pour eux, Pogba, Matuidi et Kanté n'étaient pas dans un grand soir.
     Celui qui se sera démarqué, c'est le 10 de cette belle équipe, le talentueux Stanciu. Très facile techniquement, il a mis en difficulté les milieux français à chaque prise de balle, et parfaitement orienté le jeu. Il a aussi apporté le danger sur corner, et obtenu le penalty peu après l'heure de jeu.

Nicolae Stanciu, grand espoir de la Roumanie
Nicolae Stanciu, le futur de la Roumanie
     Sur les côtés, deux profils différents. Popa, droitier aligné à droite, était chargé de multiplier les débordements le long de la ligne pour ensuite centrer pour Andone. Stancu, droitier aligné à gauche, avait comme objectif de revenir dans l'axe sur son bon pied pour frapper. Grâce aux montées de leurs latéraux, ils ont su mettre Évra et Sagna en difficulté, mais Rami et Koscielny étaient présents.

     Enfin, en pointe, le jeune Andone a posé beaucoup de problèmes à la charnière des Bleus. En apparence, il devait ne pas exister dans les duels, car plus petit (1m80 contre 1m85 pour Koscielny et 1m90 pour Adil Rami) et moins costaud (75 kg contre 80 kg pour Koscielny et 90 kg pour Adil Rami). Mais sur le terrain, c'était une toute autre histoire. Agressif, dynamique, il a bousculé ces colosses, et les a envoyé valser plus d'une fois. Il aurait même dû obtenir un penalty en première période, fauché par Koscielny alors qu'il était à la retombée d'une transversale.

Pour conclure, il convient de souligner la performance majeure de cette équipe, que tout le monde voyait se faire piétiner par le pays organisateur et favori de la compétition. Malheureusement, l'absence d'un joueur tel que Payet, capable de faire la différence dans ces moments cruciaux, se fait encore sentir, même si Stanciu est appelé à devenir ce facteur X.
Il y a tout de même un motif de satisfaction évident : en jouant comme cela, impossible que la Roumanie ne passe pas le premier tour, aux dépens d'une Suisse désunie et d'une Albanie trop inexpérimentée.

dimanche 15 mai 2016

Leicester City Football Club, le casse du siècle

     C'est un "petit" club (130 millions d'euros de budget, quinzième de Premier League), issu d'une "petite" ville (500 000 habitants, dixième d'Angleterre), et pourtant, le LCFC vient de retourner l'opinion publique, et de défier toute logique. Au bord de la descente en Championship (Ligue 2) l'an passé, les Foxes avaient déjà réussi l'impossible.
     Mais, cette saison, ils ont tout simplement repoussé les limites de l'imaginable. Remporter la Premier League, considérée par tous comme l'élite, aussi bien en terme d'homogénéité que de niveau de jeu, était tout simplement, selon les sociétés de paris, plus improbable que de trouver le monstre du Loch Ness ! Quelques marginaux ont ainsi réussi à doubler, tripler ou quadrupler leur salaire annuel grâce à une mise, à l'époque, aussi folle que stupide.
     Il est temps de se pencher sur les détails de ce merveilleux succès : résultats, effectif, entraîneur ou encore style de jeu, tout y passera.

Titulaires / Remplaçants / Entraîneur

Les Joueurs.

Gardien de But.

     Kasper Schmeichel (29 ans, cinquième saison à Leicester, 20 sélections avec le Danemak) a, sans surprise, toujours été sur le terrain cette saison (38 titularisations en 38 matches joués). Il a réussi à préserver sa cage inviolée à 15 reprises. Sa bête noire ? Arsenal. Il a encaissé 7 buts en deux confrontations face aux Gunners.
     Doté d'excellents réflexes et d'appuis dynamiques, le Danois a parfaitement assumé son rôle de dernier rempart. Sa qualité de relance, à la main ou au pied, fait de lui une pièce essentielle à la construction offensives des Foxes.
     International depuis 2013, il n'est indiscutable en sélection que depuis l'été 2014. Malheureusement, le Danemark ne s'est pas qualifié pour l'Euro 2016, battu en barrages par la Suède.
     Ce titre est une revanche pour lui, qui a longtemps souffert de la comparaison avec son père (Peter Schmeichel), lui aussi gardien de but (cinq fois champion d'Angleterre avec Manchester United).
Kasper Schmeichel, dernier rempart de la troisième défense de Premier League
Latéraux Droits.

     Danny Simpson (29 ans, deuxième saison à Leicester) est le seul véritable arrière droit de cette équipe depuis le prêt de Ritchie de Laet à Middlesbrough (Championship). Remplaçant lors des 7 premières journées, il a su profiter de sa titularisation à Norwich pour ne plus quitter le XI de départ. Il a fini la saison avec 30 titularisations en 30 matches joués.
     Très actif dans son couloir, il n'est malheureusement pas très en réussite offensivement, n'ayant ni marqué* ni délivré de passe décisive* cette saison. Mais sa rigueur défensive compense parfaitement cette disette, tant il s'est imposé comme l'une des références à son poste en Premier League. Dur au mal, rapide et endurant, il est capable de multiplier les courses pendant 90 minutes, toujours avec la même volonté de se dépasser pour son équipe.
     Possédant la double nationalité, il a choisi d'attendre une convocation en équipe d'Angleterre, alors qu'il a la possibilité d'évoluer pour la Jamaïque. Pour le moment, les prestations de Nathaniel Clyne (Liverpool) et de Kyle Walker (Tottenham) lui barrent la route, mais nul doute qu'une nouvelle saison à ce niveau lui ouvrira les portes de la sélection.

Danny Simspon, tout en rage et en vitesse
     Ritchie de Laet (27 ans, troisième saison à Leicester, 2 sélections avec la Belgique) était le premier choix de Claudio Ranieri au poste d'arrière droit. Après plusieurs prestations solides en tant que titulaire, il a été relégué sur le banc, au profit de Danny Simpson. Frustré par sa nouvelle situation, il a finalement été prêté début février à Middlesbrough (Championship), club avec lequel il a décroché la montée en Premier League !
     Plus offensif que Simpson, il n'a pas eu le temps de faire gonfler ses statistiques avec Leicester (7 titularisations en 12 matches joués), mais a tout de même profité de l'une de ses titularisations pour inscrire un but décisif contre Aston Villa. De retour de prêt à Leicester, il ne sait pas encore de quoi son avenir sera fait.
     Aligné par deux fois avec la Belgique en 2009, sa déroute au poste de milieu défensif face au Japon (0 - 4) est restée dans les mémoires, et il n'a plus été appelé depuis.

Défenseurs Centraux.

     Wes Morgan (32 ans, quatrième saison à Leicester, 25 sélections avec la Jamaïque), le capitaine de cette équipe, aura été exemplaire jusqu'au bout. Arrivé de Nottingham Forest (Championship) il y a 4 ans, après y avoir passé 9 ans, il a gravi les échelons avec les Foxes, pour finalement soulever le trophée de de champion d'Angleterre ! Tout comme son gardien, il n'a jamais été sur le banc ou en tribunes cette saison (38 titularisations en 38 matches joués), preuve également de sa discipline sur le terrain.
     Ce beau bébé (1 mètre 85, 90 kg), véritable force de la nature, est avant tout un excellent joueur de tête, et ce dans les deux surfaces (2 buts cette saison). Plutôt adroit balle au pied, sa qualité de relance ne fait pas de mal à une équipe qui se base énormément sur les contre - attaques. Leader dans l'âme, il est prêt à tout pour ses partenaires, et ceux - ci le lui rendent bien.
     International depuis 2013, il est indiscutable depuis mars 2015, et s'est même vu confier le brassard en novembre dernier, mais il souffre de la faiblesse de sa sélection.

Wes Morgan, exemplaire capitaine des Foxes
    
     Robert Huth (31 ans, première saison à Leicester, 19 sélections et 2 buts avec l'Allemagne), surnommé "le mur de Berlin", aussi bien pour son visage taillé à la serpe que pour son physique colossal (1 mètre 90, 90 kg), est un joueur qu'il vaut mieux avoir dans son équipe. Capable d'afficher le même niveau de jeu tout au long d'une saison (35 titularisations en 35 matches joués), le colosse de la région de Brandebourg est une valeur sûre.
     Affichant un profil assez proche de celui de son capitaine, que ce soit physiquement, tactiquement ou statistiquement (3 buts cette saison), il y a tout de même un écart au niveau technique, Huth étant plus proche du défenseur "bourrin" que du relanceur. Mais ce profil fait énormément de bien à ses équipiers, l'Allemand n'hésitant jamais à aller au charbon.
     Aligné avec l'Allemagne en 2004, il ne sera indiscutable qu'un an plus tard, à la Coupe des Confédérations, qui verra sa sélection terminer sur le podium. Il ne participera qu'à une rencontre à la Coupe du Monde 2006, jouée à domicile, et ne sera rappelé que pour deux amicaux, en 2009. Il n'a plus goûté à la sélection depuis.
     Il a été lancé en pros en 2002, à Chelsea, par son entraîneur actuel, Claudio Ranieri.

Robert Huth, très justement surnommé "le mur de Berlin"
    
     Marcin Wasilewski (35 ans, troisième saison à Leicester, 60 sélections et 2 buts avec la Pologne), n'a que très peu joué cette saison (3 titularisations en 4 matches joués), mais il est en fin de carrière, et son investissement aura été remarquable. Le Polonais a répondu présent lorsque ses partenaires comptaient sur lui, et a tenu à apporter son expérience au collectif.
     Défenseur rugueux, lui aussi bien bâti (1 mètre 85, 90 kg), il est capable d'encaisser des coups, mais aussi de les rendre. Entièrement au service du collectif, il effectue aussi les tâches ingrates pour ses partenaires, qui savent combien il peut leur apporter, qu'il soit sur la pelouse ou sur le banc.
International depuis 2002, il a joué en intégralité les 6 rencontres de l'Euro 2008 et de l'Euro 2012, mais n'a plus été appelé depuis fin 2013.

     Yohan Benalouane (29 ans, première saison à Leicester) a longtemps été la dernière solution à ce poste cette saison, n'étant jamais titularisé, et n'entrant que très rarement en jeu (aucune titularisation en 4 matches joués). Il n'a même pas pu profiter de l'indisponibilité des titulaires, ceux - ci ayant été épargnés par les blessures cette saison.
     Costaud, comme ses partenaires (1 mètre 85, 85 kg), il n'a pas eu l'occasion de prouver sa valeur, Claudio Ranieri n'ayant jamais compté sur lui. Un quart d'heure contre Sunderland, 25 minutes à West Ham, 5 minutes à Bournemouth et 25 minutes à Norwich. Un bien maigre bilan, et des envies de départ légitimes. Il a donc été prêté début février (comme Ritchie de Laet) à la Fiorentina. Malheureusement, plombé par les blessures, il n'aura jamais joué en Italie. Tout comme le Belge, il revient à Leicester, mais ne sait pas s'il y sera encore l'an prochain.
     Appelé en 2010 avec la Tunisie, il n'est pas rentré en jeu, et n'a plus mis les pieds en sélection depuis. Au vu de ses multiples pépins physiques et de son maigre temps de jeu, il est fort probable qu'il ne foule jamais les pelouses sous le maillot des "Aigles de Carthage".

Latéraux Gauches.

     Christian Fuchs (30 ans, première saison à Leicester, 74 sélections et un but avec l'Autriche) est l'un des piliers de cette formidable équipe. Extraordinaire cette saison, il fait regretter à Schalke de l'avoir vendu pour une si maigre somme (3 millions €). Deuxième choix derrière Jeff Schlupp en début de saison, il a progressivement gagné sa place de titulaire, pour ne plus la lâcher (30 titularisations en 32 matches joués).
     Défensivement irréprochable, il est également une machine à centrer, ainsi qu'un tireur de coups de pieds arrêtés sans égal dans son équipe. Résultat ? 4 passes décisives, soit un joli total pour un défenseur, même latéral. Son entente avec Albrighton sur le côté gauche a été cruciale pour les Foxes, et son expérience très précieuse.
     Appelé en sélection en juin 2006, il s'est véritablement imposé à la suite de la débâcle de l'Euro 2008. Depuis, il a disputé l'intégralité de 50 rencontres sur les 60 jouées par l'Autriche, et s'est même emparé du brassard fin 2012, et totalise aujourd'hui 30 capitanats en équipe nationale.

Christian Fuchs, l'expérience au service du talent
    
     Jeff Schlupp (23 ans, cinquième saison à Leicester, 12 sélections et un but avec le Ghana) a brillé par sa polyvalence, dépannant tout au long de la saison sur le côté gauche, avec une facilité aussi évidente au poste d'ailier qu'à celui de latéral. Le jeune gaucher a souvent été sollicité par son entraîneur (14 titularisations en 24 matches joués) et n'a jamais déçu (un but et 3 passes décisives).
     Capable de remonter le ballon avec maîtrise et vitesse, une qualité primordiale chez les Foxes, il peut, comme face à Manchester United, tenir plus d'une mi - temps tout en donnant l'impression d'être au bord de la rupture.
     Appelé avec le Ghana fin 2011, il a dû attendre mai 2014 pour enfin jouer avec sa sélection.

Milieux Récupérateurs.

     Danny Drinkwater (26 ans, quatrième saison à Leicester, une sélection avec l'Angleterre) est l'une des deux rampes de lancement du LCFC. Indispensable (35 titularisations en 35 matches joués) en défense, il n'en oublie pas d'être précieux en attaque, en témoignent ces incroyables statistiques pour un numéro 6 (3 buts et 8 passes décisives). 
     Véritable couteau suisse, il se débrouille aussi comme milieu relayeur, et peut même jouer ailier droit pour dépanner. Sa polyvalence et sa générosité sont telles qu'il est admiré par les spécialistes à chacune de ses sorties. Son entente et sa complémentarité avec N'Golo Kanté permettent au duo d'être le cœur et surtout les poumons de l'équipe.
     Ses excellentes performances lui ont permis d'être appelé avec l'équipe d'Angleterre, et même d'honorer sa première sélection contre les Pays - Bas il y a un mois.

Danny Drinkwater, solide et généreux
    
     Daniel Amartey (21 ans, première saison à Leicester, 9 sélections avec le Ghana) est l'une des deux recrues hivernales des Foxes. Arrivé de Copenhague, le jeune milieu défensif s'est contenté d'un temps de jeu limité (une* titularisation en 5* matches joués), mais a répondu présent à chaque fois que Ranieri a fait appel à lui. Il a même joué 80 minutes en tant qu'arrière droit contre Norwich, et livré une formidable prestation.
     Nul doute que sa polyvalence et son énergie débordante lui permettront de bénéficier de plus de temps de jeu l'an prochain.
     Appelé avec le Ghana en janvier 2015, il compte 9 sélections à ce jour, dont 4 en tant que défenseur central.

Milieux Relayeurs.

     N'Golo Kanté (25 ans, première saison à Leicester, 2 sélections et un but avec la France) est incontestablement la révélation française de la saison. Meilleur intercepteur d'Europe, meilleur tacleur d'Angleterre, ces statistiques en disent long sur l'étendue de son activité. Doté d'un physique assez inédit (1 mètre 70, 70 kg), il possède un volume de jeu unique, et s'est parfaitement fondu dans le collectif des Foxes, au point d'en être la plaque tournante (33 titularisations en 37 matches joués).
     Souvent considéré, à tort, comme un milieu purement défensif tel que Lassana Diarra, il a prouvé qu'il était un véritable relayeur, capable de porter le ballon très haut, de marquer (un but) mais surtout de faire marquer (4 passes décisives).
     Appelé par Deschamps il y a 2 mois, il a connu une première sélection mitigée aux Pays - Bas, aligné durant toute une mi - temps au poste de sentinelle, mais s'est repris face à la Russie, à son vrai poste de milieu relayeur, et a même inscrit un but. Il sera à l'Euro, et c'est largement mérité.

N'Golo Kanté, le joueur aux 3 poumons
    
     Andy King (27 ans, neuvième saison à Leicester, 32 sélections et 2 buts avec le Pays de Galles) est l'un des piliers du club. Et même s'il n'a jamais été considéré comme un titulaire indiscutable par Claudio Ranieri, il a su s'effacer pour ne pas semer le désordre dans le groupe, et a répondu présent à chaque fois qu'il était sur le terrain. Son bilan est impeccable (9 titularisations en 25 matches joués), et son impact indéniable (2 buts et 2 passes décisives).
     Milieu porté sur le contact, il n'a jamais peur d'aller au combat, et de se sacrifier pour son équipe. Sa longévité au club en fait un leader de vestiaire, et l'une des coqueluches du public.
     International depuis mars 2009, il est indiscutable depuis septembre 2012. Aux côtés d'Ashley Williams (Swansea) d'Aaron Ramsey (Arsenal) et de Gareth Bale (Real Madrid), il a mené sa sélection vers une qualification historique pour l'Euro 2016.

     Gökhan Inler (31 ans, première saison à Leicester, 89 sélections et 7 buts avec la Suisse) était la recrue principale des Foxes l'été dernier. Acheté à Naples pour 7 millions €, il a d'emblée souffert des performances du duo Kanté - Drinkwater, et n'a jamais vraiment eu sa chance. Résultat, un temps de jeu famélique (3 titularisations en 5 matches joués), et un goût amer malgré le titre.
     Titularisé à seulement trois reprises (pour 65 minutes contre Aston Villa, 45 contre Stoke City et 65 contre Manchester City), le Suisse n'a guère eu le temps de montrer ce qu'il savait faire de mieux.
     International depuis septembre 2006, il est incontournable depuis février 2008. En octobre 2011, il s'est même emparé du brassard, qu'il n'a plus lâché depuis. Il a d'ailleurs disputé l'intégralité de l'Euro 2008, de la Coupe du Monde 2010 et de la Coupe du monde 2014.   

Ailiers Droits.

     Riyad Mahrez (25 ans, troisième saison à Leicester, 24 sélections et 4 buts avec l'Algérie) a illuminé la Premier League de toute sa classe. Arrivé du Havre, son club formateur, en janvier 2014, il est tout simplement devenu le premier Africain à remporter le titre de meilleur joueur du championnat d'Angleterre ! Un juste récompense pour le métronome des Foxes (36 titularisations en 37 matches joués), créateur de génie et dynamiteur de défenses.
     Doté d'un physique assez frêle (1 mètre 80, 65 kg), qui lui a valu d'être refusé par plusieurs centres de formation, son départ en Angleterre en a surpris beaucoup, qui ne le pensaient pas capable de résister à l'agressivité caractéristique de la Premier League. Et pourtant, il en a fait son jardin. Régulier, solidaire, il est le seul joueur à s'être glissé, cette saison, parmi les meilleurs buteurs (17, cinquième total) et les meilleurs passeurs décisifs (11, cinquième total). Un remarquable exploit pour ce gaucher refusé par Marseille l'été dernier. Ses dribbles chaloupés font merveille, et ses frappes enroulées du gauche venant du côté droit (merci Robben) sont un régal.
     International depuis mai 2014, il a disputé 70 minutes face à la Belgique à la Coupe du Monde, avant de faire banquette pour le reste de la compétition. Depuis, il n'a manqué aucune rencontre, et signé quelques prestations grandioses (dont un quadruplé de passes décisives contre l'Éthiopie, il y a deux mois).

Riyad Mahrez, ou le plaisir de jouer
    
     Nathan Dyer (28 ans, première saison à Leicester) est prêté par Swansea depuis septembre dernier. Remplaçant de Mahrez, il s'est montré exemplaire malgré un temps de jeu limité (aucune titularisation en 13 matches joués), qu'il a su mettre à profit (un but, une passe décisive). Il a même sauvé la mise à son équipe, et ce par deux fois : en début de saison, il entre en jeu et inscrit le but de la victoire contre Aston Villa (3-2) ; un mois plus tard, alors que les Foxes sont menés 2-0 à Southampton, il délivre un amour de passe décisive pour Vardy, qui réduit le score (Leicester arrachera le nul, 2-2).
     De retour à Swansea, il compte bien redevenir un joueur majeur de l'effectif des Gallois.

Ailiers Gauches.

     Marc Albrighton (26 ans, deuxième saison à Leicester) est devenu l'un des piliers de cette équipe. Positionné sur l'aile, son abattage défensif est colossal, et sa vision du jeu lui permet de compenser son manque de vitesse par une précision chirurgicale dans les transmissions vers l'avant. Indispensable (34 titularisations en 38 matches joués), il se rappelle au bon souvenir d'Aston Villa, qui l'a gratuitement cédé aux Foxes, et qui vient de tomber en Championship.
     Formé au poste de milieu relayeur, il a été mis sur l'aile par Claudio Ranieri, qui a vu en lui un joueur capable de s'adapter aux contraintes de ce poste, tout en apportant d'autres qualités. Le résultat va au - delà de toutes les espérances (2 buts et 7 passes décisives), si bien qu'il s'est imposé comme une référence à son poste en Angleterre.
     Pas encore appelé en équipe nationale, il ne disputera pas l'Euro, la concurrence étant des plus rudes au milieu de terrain. Mais s'il parvient à confirmer l'an prochain, il sera certainement le bienvenu en sélection.

Marc Albrighton, discret mais terriblement efficace
    
     Demarai Gray (19 ans, première saison à Leicester) est la deuxième recrue hivernale des Foxes, et sûrement une nouvelle bonne affaire. Arraché à Birmingham (Championship) pour 4 millions €, le nouveau crack du club a déjà convaincu. Un temps de jeu restreint (une titularisation en 12 matches joués), mais de belles promesses (dont une passe décisive à Sunderland).
     Dynamiteur de défenses, l'Anglo-Jamaïcain donne le tournis à ses défenseurs, de par ses dribbles et sa vitesse. Appelé dans toutes les sélections de jeunes depuis les - 18, le meilleur est encore à venir pour lui.

Attaquants de Pointe.

     Jamie Vardy (29 ans, quatrième saison à Leicester, 6 sélections et 2 buts avec l'Angleterre) est l'une des révélations de l'année. Buteur 11 fois de suite (nouveau record en Premier League), cet attaquant rapide et précis, encore à Fleetwood Town (Ligue 3) en 2012, est un redoutable buteur. Capable de répéter les efforts (36 titularisations en 36 matches joués), il est un leader de vestiaire, et le nouveau chouchou de toute la nation.
     Excellent finisseur (24 buts, deuxième total) au service du collectif (8 passes décisives), le jeu des Foxes est fait pour lui : de très longues relances lui permettant de partir à toute vitesse, pour se retrouver seul devant le gardien. Simple, et terriblement efficace.
     International depuis juin dernier, son incroyable saison a conforté le sélectionneur dans son choix, et Vardy est désormais titulaire indiscutable depuis fin 2015. Buteur face à l'Allemagne puis en Hollande il y a 2 mois, il est assuré d'être à l'Euro.

Jamie Vardy, le symbole d'une équipe venue de nulle part
    
     Shinji Okazaki (30 ans, première saison à Leicester, 98 sélections et 47 buts avec le Japon) est le joueur ayant côuté le plus cher de l'effectif actuel. Arrivé de Mayence l'été dernier pour 10 millions €, il est désormais un titulaire indiscutable aux côtés de Vardy. Son temps de jeu en est la preuve (28 titularisations en 36 matches joués), mais ses statistiques ne disent rien de son importance capitale (5 buts et 2 passes décisives).
     En effet, le Japonais joue uniquement pour libérer Vardy. Il se charge du pressing, multiplie les faux - appels destinés à tromper les défenseurs, et comme la majorité de son travail s'effectue sans ballon, son rôle capital passe souvent inaperçu. Pourtant, il sait être décisif : en septembre, il ouvre le score à West Ham, pour une victoire finale (1-2) ; en décembre, il donne deux buts d'avance à Leicester sur la pelouse d'Everton, pour une victoire finale (2-3) ; enfin, en mars, alors que Leicester est menacé par Tottenham au classement, il permet aux Foxes de rester en tête grâce à un sublime retourné sur la pelouse de Newcastle, dans le temps additionnel (0-1).
     International depuis 2008, il a joué 98 des 115 dernières rencontres du Japon ! Il a participé à tous les matches de la Coupe du Monde 2010, de la Coupe d'Asie 2011 (remportée par le Japon), de la Coupe du Monde 2014 et de la Coupe d'Asie 2015.

Shinji Okazaki, indispensable joueur de l'ombre
    
     Leonardo Ulloa (29 ans, deuxième saison à Leicester), titulaire l'an dernier, a été relégué sur le banc par Okazaki. Mais il n'a jamais cessé de travailler, de s'investir à l'entraînement, pour se montrer pleinement à chaque apparition (7 titularisations en 29 matches joués). Et l'on peut dire que c'est réussi, au vu de ses statistiques plus que correctes pour un remplaçant (6 buts et 3 passes décisives).
     Excellent joueur de tête, impeccable dans son rôle de pivot, il est une bénédiction pour ses partenaires, qui profitent de ses remises. Assez costaud (1 mètre 85, 80 kg), il est très dur à bouger dans les duels, et correspond donc parfaitement au jeu de la Premier League. Buteur providentiel contre Norwich en février (1-0), il a permis aux Foxes de garder la tête ce jour-là.

L'Entraîneur.

     Claudio Ranieri a longtemps été considéré comme un perdant. Toujours placé, jamais gagnant, il était un coach reconnu, mais toujours meilleur à préparer ses équipes à gagner avec son successeur plutôt qu'à les faire gagner lui - même. Et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé.

     En 1988, il débute sa carrière de coach professionnel à Cagliari (Italie), qu'il fait passer de la Série C (Ligue 3) à la Série A (Ligue 1) en trois ans.
     Il s'installe ensuite, en 1991, sur le banc de Naples, juste après le départ de Maradona. L'équipe est donc affaiblie, mais il parvient à la maintenir dans le top 5 la première saison, puis en milieu de tableau l'année d'après.
     En 1993, il part à la Fiorentina, qu'il fait tout d'abord monter en Série A. Pour sa deuxième saison, il installe le club en milieu de tableau, et, l'année d'après, mène ses joueurs à la troisième place, et à une victoire finale en Coupe d'Italie. Pour sa quatrième et dernière saison à Florence, Ranieri remporte la Supercoupe d'Italie face au Milan AC (2-1).
     En 1997, il s'envole pour Valence. Une saison en milieu de tableau, la suivante au pied du podium, avec, à la clé, une victoire finale en Coupe d'Espagne. Son successeur, Hector Cuper, mènera Valence à la troisième place de Liga et en finale de la Ligue des Champions dès sa première saison au club.

Claudio Ranieri avec le trophée de Coupe d'Espagne

     En 1999, Claudio Ranieri rejoint l'Atlético de Madrid, mais se voit licencié au bout de 6 mois, le club étant relégable. L'arrivée d'un nouvel entraîneur n'y changera rien, l'Atlético descendra en Segunda Division (Ligue 2).
     En 2000, le voilà en Angleterre, où il s'installe sur le banc de Chelsea. Il se qualifie deux fois de suite en Coupe de l'UEFA (ancienne Ligue Europa), puis mène son équipe en Ligue des Champions, avant de terminer deuxième du championnat. Il sera remplacé par Mourinho, qui décrochera le titre dès sa première saison au club.
     En 2004, il est de retour à Valence. Au bout de 6 mois, trop loin des places qualificatives pour la Ligue des Champions, il est licencié. Son remplaçant n'y changera rien, Valence terminera en milieu de tableau.
     Début 2007, il s'engage à Parme pour 6 mois, après 2 ans d'inactivité. Le club est relégable lorsqu'il prend ses fonctions, mais il parviendra à le sauver de la descente.
     Toujours en 2007, juste après son sauvetage avec Parme, il devient l'entraîneur de la Juventus de Turin. Le club termine troisième, puis deuxième. Il est alors licencié par ses dirigeants, qui visent le titre.
     En 2009, il prend la tête de la Roma. Pour sa première saison, il termine une nouvelle fois deuxième de Série A, à trois points du titre. Il ne terminera pas sa deuxième saison, licencié au bout de 6 mois, la Roma étant bloquée en milieu de tableau. Son remplaçant terminera tout juste dans les places qualificatives pour la Ligue Europa.
     En 2011, il s'installe à l'Inter de Milan, mais, là aussi, sera licencié au bout de 6 mois, l'Inter étant bloqué en milieu de tableau. Comme la saison précédente, son remplaçant se qualifiera in extremis pour la Ligue Europa.
     En 2012, il débarque à Monaco. Le club monte en Ligue 1 dès sa première saison, puis termine deuxième du championnat de France l'année suivante, derrière le PSG.
     En 2014, il devient sélectionneur de la Grèce, mais cette première expérience à la tête d'une équipe nationale tourne à la catastrophe. Il est viré au bout de 6 mois, avec un bilan d'un nul et 3 défaites en 4 matches. La Grèce ne se qualifiera pas pour l'Euro, en grande partie à cause de Ranieri.

Claudio Ranieri avec le trophée de Premier League

     Lorsqu'il débarque à Leicester, en 2015, les spécialistes sont surpris, et doutent de sa capacité à empêcher les Foxes de descendre, après un premier sauvetage miraculeux de Nigel Pearson. Mais c'est mal connaître l'Italien, qui réalisera la meilleure saison de sa carrière, avec un fantastique bilan de 23 victoires, 12 nuls et 3 défaites en Premier League.
     Très proche de ses joueurs, l'Italien leur a permis d'évoluer dans une ambiance aussi détendue que possible, sans jamais tomber dans l'euphorie. Il a su mettre des joueurs majeurs de côté, faire adhérer ses joueurs à son système de jeu, pour faire de son équipe la formation la plus pénible à jouer du championnat.
     Le bilan dépasse toutes les espérances. Le titre du LCFC constitue l'une des plus grosses surprises de l'histoire de ce sport. Le monde entier s'est rangé derrière eux, fasciné par leur incroyable parcours.
     Le plus incroyable quant à Ranieri, c'est de décrocher le titre dans le championnat le plus relevé de la planète, avec un club destiné à jouer le maintien, après avoir entraîné les plus grands d'Europe.
    
Le Style de Jeu.

     L'une des plus belles réussites de Ranieri aura été de décrocher le titre en se basant sur un système de jeu considéré comme "dépassé" par de nombreux spécialistes : le 4-4-2 à plat. En Premier League, seuls deux autres clubs l'utilisent régulièrement :
- Watford, bloqué en milieu de tableau tout au long de la saison,
- Bournemouth, sauvé après une saison passée au bord de la zone rouge.
     Réussir un tel coup tactique, c'est un véritable exploit de la part de l'Italien, surtout pour sa première saison au club.

Le XI de départ le plus utilisé par Claudio Ranieri

     Voici le projet de jeu de Leicester : laisser le ballon à l'adversaire (45 % de possession de balle pour les Foxes), défendre en bloc avec deux lignes de 4 (les milieux puis les défenseurs), et, une fois le ballon récupéré, trouver Jamie Vardy.
     Cela peut paraître plutôt caricatural, mais il faut détailler : la défense est très agressive sur le porteur de balle, les ailiers (Mahrez et Albrighton) font office de milieux latéraux en phase défensive, et laissent l'axe au duo Kanté - Drinkwater. Les deux milieux se complètent, pressent ensemble, et ne quittent leur place que pour éviter à leurs coéquipiers d'être en sous-nombre sur un côté.
     Vient ensuite la contre - attaque. Une fois le ballon récupéré, deux options s'offrent aux Foxes : multiplier les passes rapides, et arriver dans le camp adverse à 4 ou 5 (Vardy, Okazaki, Mahrez et/ou Albrighton, Kanté et/ou Drinkwater) ; ou alors envoyer une longue transversale vers Vardy, qui fera ensuite parler sa vitesse pour se présenter devant le gardien.
     La force du LCFC réside dans cette capacité à alterner jeu long et jeu court, tout en allant vite vers l'avant, la caractéristique principale de cette équipe.
     Mais Ranieri peut aussi compter sur une dernière arme de destruction massive pour débloquer un match fermé : les coups de pied arrêtés, qui leur ont permis d'inscrire 16 de leurs 68 buts (9 sur penalty, 3 sur coup-franc, 4 sur corner).

Les Tournants de la Saison.

     Après un très bon début de saison (3 victoires et 3 nuls en 6 matches), les Foxes reçoivent Arsenal, mais se font piétiner par les Gunners (2-5). Cette première (et humiliante) défaite aura le mérite de forcer Ranieri à revoir ses plans, ce qu'il fera en poussant les latéraux (de Laet et Schlupp) sur le banc, au profit de Simpson et Fuchs, qui ne quitteront plus le XI de départ.
     Leicester enchaînera ensuite 10 matches sans défaite, et passera de la huitième à la première place.
    
     La semaine des fêtes voit Leicester perdre la tête du championnat. Le LCFC perd une rencontre, et arrache deux nuls, sans marquer le moindre but en 3 matches. Tout le monde pense que les Foxes sont en train de craquer, et qu'ils vont dire adieu au podium.
     Mais ils retrouvent la première place fin janvier, avant deux confrontations brûlantes : la réception de Liverpool, dont ils sortiront vainqueurs (2-0) grâce au doublé de Vardy (dont un petit bijou) ; et un déplacement sur la pelouse de Manchester City, qui les verra donner la leçon aux Citizens (1-3, doublé de Huth et bijou de Mahrez).
     En battant deux cadors de la Premier League, l'équipe de Ranieri a montrée qu'elle n'était pas qu'une surprise du début de saison. Ils ne lâcheront plus la première place.
   
     Le 17 avril, Leicester accueille West Ham pour conserver 7 points d'avance sur Tottenham. Alors qu'il avait ouvert le score, Vardy est expulsé à 30 minutes de la fin. Les visiteurs se ruent sur le but des Foxes, et finissent par égaliser, puis par passer devant, à 5 minutes de la fin ! Ulloa, sur penalty, permet au LCFC d'obtenir le nul au bout du temps additionnel (2-2).
     Mais la suspension de Vardy pour les deux matches suivants fait douter sur la capacité du club à résister à Tottenham, qui n'a plus que 5 points de retard. Ranieri et ses joueurs répondront de la meilleure des manières, en écrasant Swansea (4-0). La semaine suivante, ils décrocheront le titre, en partageant les points avec Manchester United (1-1), profitant du nul de Tottenham sur la pelouse de Chelsea (2-2).

lundi 9 mai 2016

Une saison à Pierre - Mauroy, J37

Alors que les Dogues avaient l'occasion de grimper dans le top 5, ils ont été surpris par une courageuse équipe de Guingamp, et ont donc manqué l'occasion de prendre l'avantage sur l'ASSE, qu'ils affrontent lors de la dernière journée. L'absence de Sofiane Boufal, leader offensif du LOSC, s'est faite sentir. Face à un bloc aussi discipliné, la présence du Marocain n'aurait pas fait de mal à des Nordistes pas très inspirés. Voici les notes des titulaires.

Lille.

Vincent Enyama : 14 / 20.
Concentré, le gardien du LOSC a su se montrer vigilant devant Briand au bout d'un quart d'heure, puis face à Lévêque au retour des vestiaires, avant d'écarter un très bon coup - franc de Giresse. Toujours aussi rassurant dans ses sorties, il a quand même été sauvé par Sidibé à 15 minutes de la fin.

Sébastien Corchia : 14 / 20.
Toujours disponible, le latéral a fait ce qu'il pouvait en attaque, mais ses centres n'ont jamais été correctement exploités par le duo Eder - Lopes. En défense, il a tenu tête au duo Giresse - Lévêque, sans être vraiment aidé par Amalfitano.

Marko Basa : 13 / 20.
Très serein dans sa surface, le Monténégrin a remporté la majeure partie de ses duels face à Mevlut Erding, et a même pu aider Civelli sur les prises de balle de Jimmy Briand. Il aurait même pu ouvrir le score à 5 minutes de la fin, mais Lössl était attentif sur sa ligne.

Renato Civelli : 11 / 20.
Pas très inspiré face à Jimmy Briand, il a souvent compté sur Basa pour lui sauver la mise. Sur un oubli défensif, il a même permis à Mevlut Erding de filer au but, mais Sidibé est revenu de nulle part pour enlever le ballon au Turc.

Djibril Sidibé : 14 / 20.
Auteur d'un retour phénoménal devant Mevlut Erding à 15 minutes de la fin, le latéral a brillé durant toute la rencontre. Coco n'a eu que très peu d'occasions, Martins Pereira n'a pas existé dans le camp des Dogues, mais ce bon travail défensif s'est fait au prix d'un travail offensif limité.

Florent Balmont : 9 / 20.
Dépassé dans l'entrejeu, très peu trouvé par ses partenaires car très peu disponible, le vétéran de cette équipe a été piétiné par l'impact et la générosité de Sankharé. Une rencontre à oublier pour lui.
Remplacé au bout d'une heure par Junior Tallo, de bonne volonté mais en manque de réussite.

Ibrahim Amadou : 12 / 20.
Moins tranchant que d'habitude, le jeune milieu défensif a été malmené par le trio Giresse - Briand - Coco, mais a su tenir bon, et relever la tête sur certaines situations défavorables. Il a relancé proprement, mais sans trop d'imagination, et n'a été à l'origine d'aucune occasion franche.

Mounir Obbadi : 10 / 20.
Lui aussi a souffert dans la bataille du milieu. Opposé à Diallo, il a livré un match sans saveur, marqué par beaucoup d'approximations, de fébrilité et de passes manquées. Offensivement, il n'a rien apporté. 

Morgan Amalfitano : 12 / 20.
Refusant catégoriquement de participer à l'effort défensif, l'ailier droit a préféré se focaliser sur son travail offensif, sans réussite. Une seule occasion, une frappe astucieuse au retour des vestiaires, mais sans grand danger pour Lössl, très présent. Il avait faim, mais il a souvent été trop gourmand.

Ronny Lopes : 15 / 20.
Intenable, il a tout fait à la défense de l'EAG, mais a buté quatre fois sur Lössl. Au bout de 5 minutes, il avait déjà cadré une frappe de 20 mètres, et une reprise de l'entrée de la surface. Au milieu de la première période, il a vu sa frappe repoussée par le gardien, mais sa deuxième chance est passée au - dessus. Enfin, après la pause, son dernier tir à ras de terre n'a posé aucun problème au Danois.

Eder : 12 / 20.
Plein de bonne volonté, le Portugais a encore une fois joué son rôle de pivot, essayant de remiser au mieux les ballons pour ses partenaires. Malheureusement, il a aussi vendangé une tête et une reprise en l'espace de 2 minutes en première mi - temps.

Amadou face à Briand, pour un score nul et vierge

Guingamp.

Jonas Lössl : 17 / 20.
Le Danois a permis aux Bretons de repartir de Pierre - Mauroy avec un point inespéré. Impérial devant Lopes par quatre fois, il a également capté une frappe d'Amalfitano. Alors que sa défense a pris l'eau, il a tenu bon.

Jonathan Martins Pereira : 8 / 20.
Humilié par Lopes à chaque prise de balle, l'arrière droit va longtemps regretter cette soirée catastrophique. Défensivement à la rue, il n'a pas existé en attaque, éteint par un Sidibé des grands soirs.
Remplacé à 5 minutes de la fin par Benjamin Angoua, qui a simplement aidé son équipe à tenir le score.

Christophe Kerbrat : 12 / 20.
Agressif, déterminé, il a fait du bien sur certaines attaques du LOSC, mais n'a pas toujours fait ce qu'il fallait pour écarter le danger. Il a dominé Eder dans les airs, mais n'a pas eu le même impact face au dynamique Lopes.

Jérémy Sorbon : 13 / 20.
Bien dans son match, l'expérimenté défenseur central de l'EAG a su contenir Eder, tout en s'occupant des rares percées d'Amalfitano. Une performance solide et sans bavures de la part du vétéran de Guingamp.

Dorian Lévêque : 12 / 20.
Défensivement, il n'a pas laissé grand - chose passer, et largement remporté son duel avec Morgan Amalfitano. Par contre, de l'autre côté du terrain, il n'a rien pu faire face à la générosité de Sébastien Corchia.

Marcus Coco : 11 / 20.
L'ailier droit, condamné à lutter face à Sidibé, n'a pas à rougir de son match. Généreux dans les efforts, il a beaucoup provoqué, mais avec peu de réussite. Il a eu le mérite de venir aider son latéral dès que possible, mais y a laissé trop d'énergie.
Remplacé à 10 minutes de la fin par Ludovic Blas, qui a simplement réussi à prendre un jaune.

Moustapha Diallo : 12 / 20.
Le costaud milieu de terrain (1 mètre 90, 80 kg), pilier de l'EAG (près de 200 matches depuis son arrivée en 2009) a encore prouvé sa valeur, étouffant Mounir Obbadi par son pressing et ses courses répétées.

Younousse Sankharé : 13 / 20.
Débordant d'énergie, mordant à l'impact, le joueur formé au PSG a littéralement dévoré Florent Balmont, usant de son endurance et de son intelligence de jeu. Trop agressif, il a été averti avant la pause.

Thibault Giresse : 13 / 20.
Le capitaine de Guingamp n'a pas ménagé ses efforts, mais la solidité de Corchia a parfois eu raison de lui. Excellent tireur de coups de pieds arrêtés, le leader offensif des Bretons (4 buts et 4 passes décisives cette saison) n'a cette fois pas su faire la différence.

Jimmy Briand : 13 / 20.
Très présent aux avants - postes, l'ancien joueur de Lyon a donné le tournis à Civelli, mais Marko Basa et Djibril Sidibé ont su prendre le relais dans les moments difficiles, pour contrer les tentatives du néo - trentenaire.

Mevlut Erding : 11 / 20.
Très discret, l'ancien Stéphanois a été parfaitement contrôlé par Basa durant 75 minutes, à l'exception de cette énorme opportunité, gâchée par l'extraordinaire retour de Sidibé.
Remplacé à 15 minutes de la fin par Lionel Mathis, qui a écarté quelques ballons chauds dans les derniers instants du match.

jeudi 28 avril 2016

Une saison à Pierre - Mauroy, J35

Face à une équipe d'Angers très solide, appliquée en défense et dynamique en attaque, le LOSC n'a jamais trouvé la solution, pour finalement devoir se contenter d'un triste 0-0. Lille laisse donc filer Nice et Saint-Etienne, qui ont donc 4 points d'avance sur les Nordistes, mais qui s'affronteront dans deux semaines. Et là, les Dogues n'auront plus le droit à l'erreur. Voici les notes des joueurs.

Lille.

Vincent Enyeama : 15 / 20.
Le fidèle gardien n'a eu que deux arrêts à faire, mais il s'en est très bien sorti, pour permettre à Lille de ne pas être mené au score. Au bout de 10 minutes, il repousse un joli plat du pied de Sunu, qui venait de déborder côté gauche ; puis, 10 minutes plus tard, il sort miraculeusement un tir de Mohamed Yattara dévié par Marko Basa.

Franck Béria : 9 / 20.
Après 6 mois d'absence, le latéral faisait son retour, et Antonetti a pris le risque de le titulariser. Malheureusement, l'ancien joueur de Metz manquait clairement de rythme, et n'a jamais été à la hauteur. Défensivement, il a laissé des espaces monstrueux à Sunu, mais Basa et Sunzu ont heureusement rattrapé le coup à chaque fois.
Remplacé au bout d'une heure par Sébastien Corchia, qui a apporté beaucoup d'envie et d'énergie au LOSC.

Marko Basa : 14 / 20.
"Le tigre" a parfaitement géré les accélérations de Sunu, Yattara et Ketkeophomphone, même s'il a failli transformer une faible frappe en but contre son camp. Il a couvert Béria, remporté la majorité de ses duels, et montré l'exemple durant tout le match.

Stoppila Sunzu : 13 / 20.
Décevant en début de saison, le Zambien a cette fois profité de sa titularisation pour se montrer à son avantage. Costaud dans les duels, précis dans la relance, il a réussi à limiter l'influence de Ketkeophomphone sur le jeu d'Angers.

Djibril Sidibé : 14 / 20.
Toujours aussi solide, il n'a quasiment rien à se reprocher. Il a multiplié les débordements sur son côté, a fait tout ce qu'il pouvait pour animer le jeu en fin de match, et aurait même pu marquer juste avant la pause si Thomas n'avait pas contré sa frappe.

Mounir Obbadi : 10 / 20.
L'une des plus grosses déceptions de cette soirée. Alors que Boufal, par deux fois, lui a offert un véritable caviar, le milieu de terrain a trouvé le moyen d'envoyer sa première frappe sur le gardien, et sa deuxième en tribunes. Dans l'animation, il a clairement manqué d'idées, et multiplié les mauvais choix.

Ibrahim Amadou : 13 / 20.
Le jeune milieu récupérateur a bien rempli son rôle, coupant aussi souvent que possible les passes adverses, et assurant une relance propre. Il a aussi couvert les montées de Sidibé, mais n'a pas su faire de même du côté de Béria, laissant donc quelques espaces à Sunu. Un match très correct.

Florent Balmont : 11 / 20.
De moins en moins discipliné, de plus en plus maladroit, il est passé à côté. Il n'a plus son impact bénéfique d'avant, ni son endurance, et il ne rend plus vraiment service au LOSC. Il a encore manqué d'intelligence dans son travail au milieu, et a été beaucoup trop agressif aux quatre coins du terrain.
Remplacé après 65 minutes par Lopes, qui a tenté de provoquer sur le côté droit, et d'amener une touche technique supplémentaire.

Morgan Amalfitano : 11 / 20.
Son influence sur le jeu des Nordistes est encore très insuffisante, et il n'a pas existé en première mi - temps. Lui et Béria ont laissé des boulevards sur le côté droit, et ses passes sont rarement arrivées à destination. Après l'entrée de Lopes, il est descendu d'un cran, et a mieux orienté et distribué le jeu.
Remplacé à trois minutes de la fin par Benzia, qui a joué trop bas pour pouvoir faire la différence.

Sofiane Boufal : 13 / 20.
Très actif sur les deux ailes, le Marocain a donné deux passes sublimes à Obbadi, qui n'a pas su en faire des passes décisives. Il a fait ce qu'il pouvait, il a traversé le terrain afin de trouver les meilleures solutions, mais il était trop seul face à une défense aussi disciplinée.

Eder : 12 / 20.
Encore intéressant dans son jeu dos au but, il a bien joué en remises, distribuant de bons ballons à ses partenaires. Il aurait même pu ouvrir le score sur une frappe en pivot, qui a finalement été contrée par un défenseur. Par contre, il doit absolument travailler son jeu de tête, car prendre aussi peu de ballons dans les airs, pour un gaillard de 1m88, c'est anormal.

Amadou face à N'Doye, duel de costauds au milieu de terrain
Angers.

Alexandre Letellier : 13 / 20.
Aucune véritable occasion pour Lille, et donc aucun véritable arrêt à faire pour le jeune gardien d'Angers. Il a quand même été très présent dans les airs, attrapant le ballon sur plusieurs corners bien tirés par les Dogues.

Yoann Andreu : 12 / 20.
Sur son côté droit, il a choisi de préférer la défense à l'attaque, pour contenir les débordements du duo Sidibé - Boufal, ce qu'il a fait de manière correcte. Mais sa présence sur les contre - attaques aurait sûrement fait du bien à ses partenaires, souvent trop seuls devant.

Romain Saïss : 14 / 20.
Très costaud, le Marocain a enlevé beaucoup de ballons brûlants dans la surface, et a parfaitement tenu le coup dans les duels, aussi bien face à Eder qu'à Boufal. Propre dans la relance, il fait énormément de bien à cette équipe pour sa première saison au SCO.

Romain Thomas : 14 / 20.
Le patron de la défense d'Angers, qui impressionne pour sa première saison de Ligue 1, a encore une fois écoeuré les attaquants du LOSC. Au bout de 30 minutes, il surgit pour piquer le cuir à Eder qui allait frapper. Juste avant la mi - temps, il se sacrifie sur une frappe de Sidibé, et sort temporairement pour l'avoir pris dans l'entrejambe.

Arnold Bouka - Moutou : 12 / 20.
Alors qu'Amalfitano, Béria et Balmont n'ont quasiment rien montré, le jeune arrière gauche a trouvé le moyen de se mettre en difficulté, mais a pu compter sur l'aide précieuse du trio Thomas - Bourillon - N'Doye. Il a parfois essayé d'amener le danger sur son côté, mais

Thomas Mangani : 13 / 20.
Très intéressant dans ses prises de balle, le chef d'orchestre de cette formation d'Angers n'a malheureusement pas su faire la différence, manquant de soutien en attaque. Pour une fois, ses coups de pied arrêtés n'ont pas trouvé preneur.

Grégory Bourillon : 14 / 20.
Indispensable dans son rôle de sentinelle, l'ancien joueur de Rennes et de Paris a fait beaucoup de bien à sa défense, et coupé beaucoup de transmissions destinées à casser les lignes. Il a fait un formidable travail devant sa surface, et bien couvert les montées de ses latéraux.
Remplacé à cinq minutes de la fin par Auriac, qui a aidé à tenir le score.

Cheikh N'Doye : 13 / 20.
Le capitaine de cette équipe, irremplaçable au milieu de terrain, a encore fait souffrir ses adversaires par son impact physique hors du commun. Sur les contres et les coups de pied arrêtés, il n'a pas été aussi dangereux que d'habitude.

Billy Ketkeophomphone : 13 / 20.
Toujours aussi dynamique dans ses prises de balle, le milieu offensif, arrivé l'été dernier, a livré un beau duel face à Sidibé, mais a manqué de solutions devant pour accompagner ses débordements. Il n'a pas hésité à redescendre, pour chercher les ballons ou pour aider son latéral.

Gilles Sunu : 12 / 20.
Auteur d'un superbe débordement suivi d'une belle frappe repoussé par Enyeama, il a ensuite progressivement disparu, bien maîtrisé par Marko Basa.
Remplacé à 15 minutes de la fin par Benrahma, qui a simplement aidé son équipe à tenir le score.

Mohamed Yattara : 11 / 20.
En difficulté face au duo Basa - Sunzu, le joueur formé à Lyon n'a jamais trouvé la faille, pas assez aidé par ses coéquipiers, et trop juste physiquement par rapport aux deux gaillards de la défense centrale.
Remplacé à 20 minutes de la fin par Pierrick Capelle, qui s'est seulement signalé par un carton jaune reçu pour un tacle en retard sur Corchia.

lundi 11 avril 2016

Une saison à Pierre - Mauroy, J33

Sur une belle série de quatre victoires de suite en championnat, Lille a reçu Monaco, deuxième, afin de rester au contact dans la course à l'Europe. Porté par un trio d'attaque aussi imprévisible que complice, bien aidé par un milieu dominateur, et par une défense très sereine, le LOSC a réuni tous les ingrédients pour une superbe victoire, 4 à 1. Grâce à ces trois points de plus, Lille revient à six points du podium.

Lille.

Vincent Enyeama : 14 / 20.
Il n'a pas eu grand - chose à faire, face à une équipe de Monaco beaucoup trop inoffensive. Impeccable sur une tête puissante de Raggi, il n'a rien pu faire sur la magnifique frappe de Bahlouli, à la dernière minute.

Sébastien Corchia : 16 / 20.
Inarrêtable sur son côté droit, il a fait tourner la tête d'Echiejile, qui a fini par craquer en le mettant KO sur une action banale. Il a apporté le danger à chaque montée. Même s'il n'est impliqué sur aucun but, il a permis de déséquilibrer la défense. Un match incroyable.

Renato Civelli : 9 / 20.
Pas forcément rassurant en première mi - temps, il a même failli provoquer un penalty, que l'arbitre a heureusement ignoré. Il a beaucoup de chance d'être à côté d'un taulier tel que Marko Basa. Il a finalement été expulsé pour un geste aussi inutile que stupide.

Marko Basa : 14 / 20.
Indispensable en défense, son retour de blessure fait du bien au LOSC, qui enchaîne les victoires depuis. Très bon de la tête, précis dans les relances, il est un vrai leader. Une seule erreur, en fin de match, quand il a laissé à Bahlouli le temps de frapper, seul à 20 mètres.

Djibril Sidibé : 14 / 20.
Encore une fois, il a tenu son rang. Précieux dans ses montées, il a inscrit le dernier but de son équipe, d'un plat du pied parfait malgré la sortie de Subasic. En défense, il a dominé Dirar, qui n'a jamais trouvé la solution.

Florent Balmont : 11 / 20.
Pas dans un grand jour, le vétéran de cette équipe n'a pas brillé, et manqué d'envie, d'impact et de concentration. Il a fait profiter les jeunes de son expérience, a beaucoup couru, s'est dépensé sans compter pour son équipe, mais cela est resté très insuffisant.
Remplacé par Adama Soumaoro après l'expulsion de Civelli. Le jeune défenseur central est à l'origine du troisième but, avec une superbe passe pour Obbadi.


Ibrahim Amadou : 14 / 20.
Moins éblouissant que le mois dernier, il a quand même parfaitement tenu la baraque, et récupéré de nombreux ballons. Bernardo Silva, d'habitude à l'aise près de la surface adverse, n'a quasiment pas existé, en partie grâce à la solidité d'Amadou.

Mounir Obbadi : 16 / 20.
Excellent dans les duels, infranchissable au milieu, il s'est permis d'offrir le deuxième but à Eder, avant d'être à l'avant - dernière passe et à la conclusion du troisième. Son meilleur match, sans aucun doute, depuis son arrivée au LOSC.
Remplacé à dix minutes de la fin par Mavuba, mort de faim mais présent trop peu de temps sur la pelouse.

Morgan Amalfitano : 13 / 20.
Après avoir trouvé le poteau sur une frappe déviée, il a finalement réussi à ouvrir le score sur un superbe enchaînement, parfaitement servi par Eder. Malheureusement, il a peu à peu disparu, et il n'a jamais existé en deuxième période.

Sofiane Boufal : 15 / 20.
Une nouvelle fois très bon, le Marocain joue de plus en plus collectif, participe au repli défensif, et fait tous les efforts demandés. Une belle activité, récompensée par son implication sur deux buts. Tout d'abord, un appel à gauche qui attire trois défenseurs, et lui permet de donner à Obbadi qui servira Eder ; puis un débordement sublime à gauche de la surface, et un centre impeccable pour Obbadi.
Remplacé à cinq minutes de la fin par Tallo, qui a délivré un amour de passe décisive pour Sidibé.

Eder : 17 / 20.
Monstrueux. L'attaquant prêté par Swansea a tout fait à la défense du Rocher, et une nouvelle fois montré qu'il était un redoutable finisseur, mais aussi un bon créateur. Après un joli slalom, il a offert un but tout fait à Amlfitano, qui a loupé l'occasion ; quelques minutes plus tard, nouvelle remise irréprochable pour Amalfitano, qui a cette fois conclu ; puis, en deuxième période, un tir précis dans le petit filet sur une passe d'Obbadi.


Monaco.

Danijel Subasic : 11 / 20.
Abandonné par sa défense, il ne peut absolument rien faire sur les quatre buts encaissés. Cela ne l'empêchera pas de regretter cette soirée cauchemardesque, qui a vu Monaco perdre sa deuxième place.

Fabinho : 7 / 20.
Mis en grande difficulté par un très bon Sofiane Boufal, le Brésilien a lui aussi eu beaucoup de mal sur la pelouse de Lille. Il a d'ailleurs reçu un jaune pour un tacle maladroit sur le Marocain. Les quatre buts viennent de son côté, une preuve de son match catastrophique.

Andrea Raggi : 8 / 20.
 Pas forcément impeccable sur trois des quatre buts, il se fait surtout prendre bêtement sur le dernier. Il est quand même passé tout près de réduire le score à 2-0, mais il est tombé sur un formidable Vincent Enyeama.

Ricardo Carvalho : 9 / 20.
Complètement transparent, le vétéran de de la défense de Monaco n'a jamais su utiliser son expérience comme il le fallait, dans un match très compliqué pour ses jeunes partenaires. Baladé par Eder, cette soirée est à oublier pour lui.

Jemerson : 8 / 20.
Surnommé "Blackenbauer", il devait être la bonne pioche du mercato d'hiver. Malheureusement, après deux bons premiers matches, il a pris l'eau à Lille, dépassé par les belles combinaisons entre les trois joueurs offensifs.

Elderson Echiejile : 7 / 20.
Alors qu'Amalfitano n'était pas forcément dans un grand jour, le Nigérian a trouvé le moyen de se faire dominer par un Corchia en feu, et même de se faire expulser après avoir mis KO le jeune latéral. Inexcusable.

Jérémy Toulalan : 10 / 20.
Plutôt transparent, le capitaine de l'équipe du Rocher a été dépassé par Mounir Obbadi, il est vrai dans un grand jour. Comme tous ses coéquipiers, il n'a jamais trouvé la solution, et a manqué d'agressivité, de réussite et de précision dans tout ce qu'il faisait.

Nabil Dirar : 12 / 20.
Entreprenant sur son aile droite, le Marocain a fait ce qu'il pouvait face à Djibril Sidibé. Malheureusement, le latéral, bien aidé par Amadou et Basa, n'a jamais craqué.
Remplacé à l'heure de jeu par Guido Carrillo, qui n'a rien montré, et qui a même touché le ballon de la main dans sa surface, sans que l'arbitre ne le sanctionne.

Bernardo Silva : 12 / 20.
Dépassé par l'agressivité d'Amadou, le petit meneur de jeu n'a pas eu son influence habituelle sur le jeu de son équipe. Sans lui, l'ASM n'a personne pour éclairer son jeu, et Vagner Love n'a donc rien eu à se mettre sous la dent.

Thomas Lemar : 13 / 20.
La jeune pépite venue de Caen a encore une fois tout donné. Mais, seul face au duo Corchia - Amadou (encore), le fantastique gaucher n'a pas su faire la différence sur son aile. Comme ses partenaires, il a vécu l'enfer.
Remplacé à l'heure de jeu par le jeune Kylian M'Bappé, entré au pire moment possible (expulsion d'Echiejile).

Vagner Love : 10 / 20.
Il a multiplié les efforts à la pointe de l'attaque mais Basa l'a parfaitement contrôlé pendant les 90 minutes. Aucun ballon intéressant à se mettre sous la dent pour le Brésilien, parfaitement limité par Soumaoro après le carton rouge de Civelli.
Remplacé à vingt minutes de la fin par Bahlouli, auteur d'un très joli but, malheureusement inutile.