Du haut de son mètre 75, le meneur de poche des Celtics est loin d'être imposant. Pourtant, il a su faire de sa taille un atout pour exploser cette saison, et devenir un véritable poison pour les défenses adverses. La franchise de Boston, pourtant la plus titrée de l'histoire de la NBA, est en position de force pour terminer sur le podium de la conférence Est à l'issue de la saison régulière, ce qui n'est plus arrivé depuis 6 ans !
Thomas est donc l'homme du renouveau pour les C's, et son bilan individuel est tel qu'il pourrait fort logiquement prétendre au titre de MVP, si seulement les observateurs parvenaient à regarder ailleurs qu'en direction des triple-doubles de Russell Westbrook et James Harden.
Voici les 10 statistiques faisant de Thomas un sérieux candidat au titre de MVP de la saison régulière.
18 : son plus petit total de points cette saison (et son seul match à moins de 20 points) !
25 : le pourcentage de victoires de Boston sans lui (3 défaites en 4 matches).
30 : sa moyenne de points par match, la deuxième de la NBA cette saison.
41 : le nombre de rencontres consécutives à plus de 20 points pour Thomas (série en cours), un nouveau record pour un joueur des Celtics !
47 : son pourcentage de réussite aux tirs sur l'ensemble de la saison (Westbrook est à 42 %, Harden à 44 %).
58 : le pourcentage de victoires des Celtics à l'extérieur, le quatrième de la NBA (et le premier à l'Est).
60 : sa position à la Draft, ce qui fait de lui l'un des seuls joueurs de l'histoire à être passé du dernier choix au statut de "franchise player".
65 : le pourcentage de victoires des Celtics, le cinquième de la NBA (et le deuxième à l'Est).
68 : le pourcentage de victoires de Boston avec lui (seulement 16 défaites en 53 matches) !
91 : son pourcentage de réussite aux lancers-francs, le troisième de la NBA.
Et dire qu'il n'est que remplaçant pour le All-Star Game ...
samedi 18 février 2017
jeudi 16 février 2017
Les Verts au pied de l'Everest
Ce soir, l'ASSE renoue avec son glorieux passé à l'occasion d'un déplacement sur la pelouse de Manchester United. Et même si la Ligue des Champions semble encore bien loin, les Foréziens sont désormais des "incontournables" en Ligue Europa, avec une troisième présence de suite en phase de poules. Ils vont tenter d'aller plus loin que l'an dernier, la douloureuse élimination face au FC Bâle étant toujours dans les mémoires (victoire 3-2 à domicile, puis défaite 2-1 à l'extérieur).
Mais quels sont les ingrédients à mettre pour leur permettre de faire tomber l'équipe de José Mourinho ?
S'appuyer sur leur force principale : la défense.
Cette saison, Galtier a beaucoup essayé, de la défense à 3 à la défense à 5, en passant par la défense à 4, pour finalement garder les trois sous le coude suivant le contexte.
Kévin Malcuit, ancien ailier reconverti latéral, se distingue par sa pointe de vitesse phénoménale, et s'est affirmé comme l'arrière droit titulaire, secondé par le jeune Pierre-Gabriel.
Kévin Théophile-Catherine, arrière droit de formation, a été replacé en défense centrale par Galtier à la place de Léo Lacroix, une autre réussite indiscutable tant il brille par son sens du placement et sa complémentarité avec Perrin.
Florentin Pogba, frère de, était lui défenseur central, mais son excellente qualité de centre et les blessures à ce poste font qu'il semble désormais s'installer comme l'arrière gauche titulaire de cette équipe, même si Polomat montre de belles choses lorsqu'il est disponible.
Insister sur les côtés.
Mais quels sont les ingrédients à mettre pour leur permettre de faire tomber l'équipe de José Mourinho ?
S'appuyer sur leur force principale : la défense.
Réputés pour leur manque de créativité en attaque, les joueurs de Christophe Galtier peuvent cependant compenser par une belle solidité dans leur propre surface (deuxième défense de Ligue 1 cette saison, troisième l'an passé, deuxième en 2014-2015).
Cette remarquable performance porte la marque d'un duo : Stéphane Ruffier (30 ans, sixième saison au club) et Loïc Perrin (31 ans, quatorzième saison au club). Le premier compte 3 sélections avec les Bleus, le second n'est jamais entré en jeu malgré deux rassemblements à Clairefontaine et une place de réserviste lors du Mondial 2014.
Le bilan de Ruffier avec Saint-Etienne est sans appel : 40 % de rencontres sans prendre de but (106 sur 262). Nominé en 2013, 2014 et 2015 pour le titre de meilleur gardien de Ligue 1, il fait figure de grand favori pour enfin le remporter cette saison, tant il multiplie les prouesses dans ses buts (seulement 14 buts encaissés en 18 journées).
Loïc Perrin, lui, est le pilier de cette formation. Au club depuis 1997, il y est passé professionnel en 2003, et compte aujourd'hui 370 apparitions avec son club de toujours. Milieu défensif à ses débuts, il n'a reculé en défense centrale qu'en 2012-2013, encouragé par Galtier, qui lui permettra d'exploser à ce poste. Bizarrement (ou pas), ce changement coïncide avec le renouveau des Verts, qui remporteront alors la Coupe de la Ligue, puis enchaîneront les campagnes en Coupe d'Europe.
Kévin Malcuit, ancien ailier reconverti latéral, se distingue par sa pointe de vitesse phénoménale, et s'est affirmé comme l'arrière droit titulaire, secondé par le jeune Pierre-Gabriel.
Kévin Théophile-Catherine, arrière droit de formation, a été replacé en défense centrale par Galtier à la place de Léo Lacroix, une autre réussite indiscutable tant il brille par son sens du placement et sa complémentarité avec Perrin.
Florentin Pogba, frère de, était lui défenseur central, mais son excellente qualité de centre et les blessures à ce poste font qu'il semble désormais s'installer comme l'arrière gauche titulaire de cette équipe, même si Polomat montre de belles choses lorsqu'il est disponible.
Insister sur les côtés.
José Mourinho, ce soir, alignera très probablement une défense Valencia - Smalling - Bailly - Blind, "forte" de seulement deux rencontres d'expérience commune ! Les automatismes ne seront pas des plus solides, et les Verts ont un coup à jouer sur les ailes.
En effet, Valencia est un ancien ailier reconverti latéral, et son apport défensif souffre de la comparaison avec sa capacité à se projeter vers l'avant. Kévin Monnet-Paquet, qui sera normalement aligné à gauche ce soir au vu de ses récentes performances, devra donc le travailler au maximum pour ouvrir une brèche dans la défense.
De l'autre côté, le problème de Blind n'est pas tant sa fiabilité défensive que son relatif manque de vitesse. Romain Hamouma, spécialiste des accélérations brutales et probable titulaire, sera chargé de venir le provoquer pour amener le danger sur son côté, et conclure son débordement par un centre ou une frappe.
Les solutions de rechange ne sont pas nombreuses pour les Stéphanois, Oussama Tannane étant blessé.
Jorginho, arrivé cet hiver d'Arouca, au Portugal, aura donc peut-être sa chance, après des débuts remarqués contre Lorient (un but, une passe décisive). Il trouvera sûrement une source de motivation supplémentaire à jouer à Old Trafford, lui qui sort du centre de formation de Manchester City ...
Nolan Roux, quant à lui, joue régulièrement en pointe, mais peut également dépanner à droite. Malheureusement pour lui, ses prestations moyennes des dernières semaines lui vaudront sans doute une place sur le banc ce soir.
Ne pas se disperser.
Dans une rencontre aussi importante, le risque pour une équipe faisant figure d'outsider est de vouloir trop bien faire de manière individuelle. Ainsi, certains joueurs chercheront peut-être à faire la différence de leur côté, ce qui est rarement une bonne idée face à une meilleure formation.
Pour les Stéphanois, il sera donc primordial de rester solidaires, de faire les efforts ensemble et de ne pas se désunir en cas de but encaissé. Heureusement, cette solidité collective est une force majeure à Saint-Etienne, preuve en est des très bons résultats obtenus face aux gros du championnat (1-1 à Paris et contre Monaco, 2-0 contre Lyon), ainsi qu'en Ligue Europa (5 victoires et 5 nuls en 10 rencontres).
Mais la référence reste cette deuxième période renversante sur la pelouse d'Anderlecht, lors de la dernière journée de la phase de poules. Menés 2-0 à la pause, les Verts l'emporteront 3-2 pour doubler les Belges et s'assurer la première place du groupe.
Il faudra également garder en tête l'aspect principal du plan jeu, qui sera certainement de museler les individualités des Red Devils, en particulier le duo Pogba-Ibrahimovic, redoutable de complicité, ou encore Anthony Martial, capable de tout sur son côté gauche.
dimanche 12 février 2017
Le XV de la Rose peut-il faire de l'ombre à la Nouvelle-Zélande ?
Depuis l'arrivée de l'Australien Eddie Jones à la tête de l'équipe d'Angleterre, tout va pour le mieux de l'autre côté de la Manche. Le drame national du Mondial 2015, joué à domicile, est désormais une source de motivation sans égale pour le nouveau rouleau-compresseur du rugby mondial. Il se trouve que l'Angleterre vient d'enchaîner 16 victoires de suite, dont 15 sous la direction de Jones, admirable meneur d'hommes et génie tactique reconnu.
Il est temps de comprendre les raisons de cette réussite, et d'expliquer pourquoi le XV de la Rose est en mesure de battre le record des All-Blacks, qui est de 18 victoires de suite.
Un tableau de chasse royal.
L'Australie, vice-championne du monde en titre, ne compte pas se faire humilier sur ses terres. Mais les Anglais, emportés par une rage de vaincre destructrice, vont piétiner les Wallabies par trois fois. Un festival offensif pour débuter (39-28), une performance défensive hors du commun pour doubler la mise (23-7), puis une nouvelle démonstration en attaque pour conclure (44-40).
Eddie Jones n'a pas fait dans les sentiments face à ses compatriotes, et c'est toute l'Angleterre qui s'en frotte les mains, en attendant avec impatience les amicaux d'automne.
Cette fois, pas question pour le XV de la Rose de quitter Twickenham, au moment de jouer l'Afrique du Sud, les Fidji, l'Argentine, puis une nouvelle fois l'Australie.
Les Springboks ne sont qu'une mise en bouche pour l'Angleterre, écœurante de facilité (37-21). Les Fidji ne font guère illusion (58-15), tandis que l'Argentine résiste pendant 50 minutes avant de lâcher prise (27-14). Vient alors l'Australie, qui, après une première période de haute volée, ne tiendra pas la distance face à des Anglais déchaînés (37-21).
Le Tournoi des Six Nations, édition 2017, est clairement à la portée des Anglais. Pourtant, bon nombre d'observateurs s'obstinent à voir l'Irlande comme le candidat le plus sérieux à la première place, le XV du Trèfle ayant fait forte impression en mettant fin à la série des All-Blacks en novembre.
Mais les premiers rendez-vous de la compétition vont permettre à l'équipe de Jones de redevenir le favori logique du Tournoi. L'Irlande chute d'entrée en Ecosse, alors que l'Angleterre, secouée par la France, s'en sort une nouvelle fois, en donnant une impression d'invincibilité renforcée par sa capacité à tenir dans les moments difficiles. Mais le déplacement périlleux qui suit, au Pays de Galles, constitue le vrai test de ce début d'année. Le XV du Poireau ne compte pas céder à domicile, mais, au terme d'une rencontre époustouflante de rythme et d'intensité, ce sont encore les joueurs d'Eddie Jones qui l'emportent, avec un finish de folie (21-16).
Une capacité d'adaptation phénoménale.
Il est temps de comprendre les raisons de cette réussite, et d'expliquer pourquoi le XV de la Rose est en mesure de battre le record des All-Blacks, qui est de 18 victoires de suite.
Un tableau de chasse royal.
Nous ne parlerons pas de la première des 16 victoires, obtenue au Mondial 2015 dans une rencontre sans enjeu face à l'Uruguay (60-3), et ce avant que Stuart Lancaster ne soit écarté de son poste de sélectionneur.
Entre le Mondial 2015 et le Tournoi des Six Nations 2016, Eddie Jones ne disposait que de 4 mois pour entamer la reconstruction de cette équipe humiliée par la presse nationale, et en quête de nouveaux repères. Les observateurs sont plutôt sceptiques, mais Jones va profiter d'un calendrier plutôt favorable pour faire taire les critiques avec brio.
L'Angleterre s'impose d'abord à l'arraché en Ecosse (15-9), puis accélère en Italie (40-9), avant d'affronter, à Twickenham, les deux autres gros morceaux du Tournoi, l'Irlande et le Pays de Galles. Le XV du Trèfle se heurte à l'impitoyable défense de la Rose (21-10), tandis que les Gallois se réveillent trop tard (25-21). Après ce très beau parcours, Jones mène donc ses troupes aux portes du Grand Chelem, à condition de s'imposer au Stade de France. Incapables d'inscrire le moindre essai, les Bleus s'en remettent au pied de Machenaud (7 pénalités), mais craquent en défense, et laissent l'Angleterre s'envoler vers la première place (31-21).
Mais cette domination continentale ne suffit pas au grand public, et les Anglais ont encore tout à prouver lors de leur tournée d'été, prévue spécialement pour une revanche du Mondial, avec une rencontre face aux Gallois, et une tournée en Australie.
Le XV du Poireau est de nouveau battu, sans trembler (27-13), mais le plus dur est encore à venir avec ce voyage en Océanie.L'Australie, vice-championne du monde en titre, ne compte pas se faire humilier sur ses terres. Mais les Anglais, emportés par une rage de vaincre destructrice, vont piétiner les Wallabies par trois fois. Un festival offensif pour débuter (39-28), une performance défensive hors du commun pour doubler la mise (23-7), puis une nouvelle démonstration en attaque pour conclure (44-40).
Eddie Jones n'a pas fait dans les sentiments face à ses compatriotes, et c'est toute l'Angleterre qui s'en frotte les mains, en attendant avec impatience les amicaux d'automne.
Cette fois, pas question pour le XV de la Rose de quitter Twickenham, au moment de jouer l'Afrique du Sud, les Fidji, l'Argentine, puis une nouvelle fois l'Australie.
Les Springboks ne sont qu'une mise en bouche pour l'Angleterre, écœurante de facilité (37-21). Les Fidji ne font guère illusion (58-15), tandis que l'Argentine résiste pendant 50 minutes avant de lâcher prise (27-14). Vient alors l'Australie, qui, après une première période de haute volée, ne tiendra pas la distance face à des Anglais déchaînés (37-21).
Le Tournoi des Six Nations, édition 2017, est clairement à la portée des Anglais. Pourtant, bon nombre d'observateurs s'obstinent à voir l'Irlande comme le candidat le plus sérieux à la première place, le XV du Trèfle ayant fait forte impression en mettant fin à la série des All-Blacks en novembre.
Mais les premiers rendez-vous de la compétition vont permettre à l'équipe de Jones de redevenir le favori logique du Tournoi. L'Irlande chute d'entrée en Ecosse, alors que l'Angleterre, secouée par la France, s'en sort une nouvelle fois, en donnant une impression d'invincibilité renforcée par sa capacité à tenir dans les moments difficiles. Mais le déplacement périlleux qui suit, au Pays de Galles, constitue le vrai test de ce début d'année. Le XV du Poireau ne compte pas céder à domicile, mais, au terme d'une rencontre époustouflante de rythme et d'intensité, ce sont encore les joueurs d'Eddie Jones qui l'emportent, avec un finish de folie (21-16).
Une capacité d'adaptation phénoménale.
La force principale de cette sélection consiste à modifier son jeu en fonction de l'adversaire sans jamais renier ses propres principes. Ainsi, l'Angleterre, dominatrice ou dominée, donne toujours l'impression d'avoir le contrôle de la rencontre, ce qui n'est pas loin d'être le cas. Elle n'a jamais compté plus de 10 points de retard (ce qui n'est arrivé qu'une fois), et elle ne laisse jamais l'avantage bien longtemps à son adversaire.
Le XV de la Rose trouve aussi toujours le moyen de creuser l'écart sur une mi-temps, tantôt la première (16-0 contre les Gallois en mars 2016, 34-10 contre les Fidji en novembre 2016), tantôt la deuxième (29-0 contre l'Italie en février 2016, 17-0 contre le Pays de Galles en mai 2016, 13-0 contre l'Australie en juin 2016).
Pour débuter le Tournoi 2016 et son mandat de sélectionneur, avec un déplacement périlleux en Ecosse, Eddie Jones privilégie la défense, un choix logique au vu du potentiel offensif de leurs adversaires (Hogg, Laidlaw, Seymour), mais décrié par les spécialistes. Le XV de la Rose résistera aux attaques du Chardon pour l'emporter sur le fil (15-9).
Lors de la tournée en Australie, la deuxième rencontre s'annonce particulièrement physique. Les Wallabies sont vexés par leur première défaite, et comptent bien faire souffrir les Anglais. Une fois de plus, Jones mise tout sur la défense, afin de tenir tête à Hooper, Pocock et leurs partenaires. Le résultat est sans appel, l'Australie ne passe que 7 points devant son public, alors que le XV de la Rose en met 23.
Une semaine plus tard, le sélectionneur sait parfaitement que ses compatriotes vont chercher à se racheter offensivement, et décide de rentrer dans leur jeu plutôt que de répéter la même stratégie. Le but est alors d'inscrire plus de points que des Australiens déchaînés, ce que l'Angleterre, particulièrement inspirée en attaque, fera (44-40).
En ce début d'année 2017, Eddie Jones se découvre un nouvel atout : son banc. Les victoires sur la France et le Pays de Galles, au terme de rencontres particulièrement accrochées, sont en partie l'œuvre des remplaçants. Ben Te'o, entré en jeu par deux fois, en est le parfait représentant, avec un essai décisif contre les Bleus, puis 15 minutes de très grande qualité face aux Gallois, durant lesquelles l'Angleterre a définitivement repris les commandes de la rencontre.
Des individualités décisives.
Mike Brown (31 ans) est une référence au poste d'arrière. Très à l'aise sous les longs ballons, relanceur hors du commun, il se distingue par sa combativité exceptionnelle. Ses appuis ravageurs sont une véritable torture pour les défenses adverses, qui ont un mal fou à le contenir.
Longtemps dans l'ombre de Jonny Wilkinson, Owen Farrell (25 ans) s'affirme désormais pleinement comme un joueur de classe mondiale, qui éclabousse de son talent les rencontres de sa sélection. Il tourne à une très belle moyenne de 15 points par match depuis l'arrivée d'Eddie Jones, et parvient également à remplir les obligations de son nouveau poste de centre (3 essais).
Révélation du Tournoi 2015, Jonathan Joseph (25 ans) est le partenaire d'Owen Farrell au centre. Véritable chasseur d'essais, il en compte 8 sous l'ère Eddie Jones, dont un triplé en Italie, et des doublés contre les Fidji et l'Australie. Joueur aussi vif que puissant, il est désormais indiscutable en sélection.
Maro Itoje (22 ans), deuxième ligne au physique bestial (1 mètre 95, 115 kg) est l'une des nombreuses pépites de cette sélection. Intraitable en défense, intenable en attaque, il est le moteur du pack de la Rose.
Dylan Hartley (30 ans), talonneur au caractère imprévisible, est le capitaine choisi par Eddie Jones. Capable du meilleur comme du pire, son mauvais comportement lui a souvent coûté très cher. Mais Jones a pour le moment réussi à le responsabiliser avec le capitanat, pour en faire un guerrier dans le respect des règles, et un admirable meneur d'hommes sur le terrain.
samedi 28 janvier 2017
Nadal - Federer, une finale "vintage" aussi savoureuse qu'improbable
Rafael Nadal et Roger Federer vont donc s'affronter en finale de l'Open d'Australie. 2017. Il faut se pincer pour y croire, les deux meilleurs joueurs du siècle n'ayant jamais été aussi loin des sommets. Pourtant, le grand public a toujours cette fâcheuse tendance à les enterrer trop vite, l'un pour ses blessures et l'autre pour son âge.
Ils ont d'ailleurs chuté de manière spectaculaire au classement ATP durant leur période d'inactivité, l'Espagnol se retrouvant au bord du Top 10, tandis que le Suisse était proche de sortir du Top 20, ce qui est, vous vous en doutez, leur pire classement depuis une décennie.
Mais il n'était pas envisageable, pour ces monstres sacrés du tennis, d'agoniser lentement pour finir leur carrière dans les profondeurs du classement, loin des actuels chefs de file que sont Andy Murray et Novak Djokovic. Les voici donc de retour en haut de l'affiche, et il est interdit de bouder son plaisir à la vue de cette finale, dont voici les principaux ingrédients.
Un parcours semé d'obstacles.
Le Japonais Kei Nishikori, membre du Top 5 et révélation de ces dernières années, sera donc le premier obstacle de taille du Suisse, qui finit par s'en défaire en cinq sets (6-7/6-4/6-1/4-6/6-3).
Le plus dur devait être à venir pour le Bâlois, mais Andy Murray n'avait pu rallier les quarts de finale, sorti par Mischa Zverev, ancien espoir longtemps plombé par les blessures. Adepte du service-volée, l'Allemand ne bénéficie plus de l'effet de surprise, et tombe sur un Roger très appliqué (6-1/7-5/6-2).
Le duel tant attendu par la Suisse aura donc lieu, Stanislas Wawrinka ayant franchi son quart de tableau sans encombres. Malheureusement pour lui, un mauvais début de rencontre et une alerte au genou lui coûteront le match, remporté par un Federer très solide dans les moments importants (7-5/6-3/1-6/4-6/6-3).
De son côté, Rafael Nadal, 30 ans et tête de série n°9, peut s'attendre à moins de gros bras, mais à des premiers tours incertains face à des joueurs capables du meilleur comme du pire.
Pour son entrée en lice, il affronte l'Allemand Florian Mayer, ancien Top 20 aujourd'hui aux portes du Top 50. L'Espagnol ne tremble pas, et plie le match en trois sets (6-3/6-4/6-4).
Au deuxième tour se présente le talentueux Marcos Baghdatis. Le Chypriote, finaliste à l'Open d'Australie en 2006, est aujourd'hui n°35 au classement ATP. Son jeu léché en fait l'un des artistes du circuit, à défaut d'être l'un des meilleurs joueurs. Rafa évite piège avec sérieux et concentration (6-3/6-1/6-3).
Il doit ensuite se mesurer à l'un des joueurs les plus prometteurs du circuit, l'Allemand Alexander Zverev (petit frère de Mischa), âgé de 19 ans. Bousculé par le jeune prodige, il s'en sort dans la dernière manche, après avoir été mené durant la majeure partie de la rencontre (4-6/6-3/6-7/6-3/6-2).
Sa deuxième semaine débute par une opposition avec Gaël Monfils, le showman du tableau. Le Français, toujours aussi inconstant, ne fait illusion qu'en fin de match, sans pouvoir renverser l'Espagnol (6-3/6-3/4-6/6-4).
En quarts de finale, Rafa tombe sur Milos Raonic, tête de série n°3 et co-favori du tournoi (avec Wawrinka) après les éliminations de Djokovic et Murray. Le Canadien, vainqueur de Nadal à Brisbane deux semaines plus tôt, se fait surprendre par l'agressivité du Majorquin, imprenable sur cette rencontre (6-4/7-6/6-4).
La dernière marche avant les retrouvailles avec Roger sera la plus dure à gravir pour Nadal. Face à Dimitrov, revenu à son meilleur niveau après des années difficiles, l'Espagnol mène longtemps, avant de se faire peur. Dimitrov ne peut conclure deux balles de break à 4-3 en sa faveur dans la dernière manche, Nadal revient de nulle part pour lui prendre son service, puis s'imposer de manière miraculeuse (6-3/5-7/7-6/6-7/6-4).
Une rivalité unique.
Ils ont d'ailleurs chuté de manière spectaculaire au classement ATP durant leur période d'inactivité, l'Espagnol se retrouvant au bord du Top 10, tandis que le Suisse était proche de sortir du Top 20, ce qui est, vous vous en doutez, leur pire classement depuis une décennie.
Mais il n'était pas envisageable, pour ces monstres sacrés du tennis, d'agoniser lentement pour finir leur carrière dans les profondeurs du classement, loin des actuels chefs de file que sont Andy Murray et Novak Djokovic. Les voici donc de retour en haut de l'affiche, et il est interdit de bouder son plaisir à la vue de cette finale, dont voici les principaux ingrédients.
Un parcours semé d'obstacles.
Dans la première moitié du tableau, Roger Federer, 35 ans et tête de série n°17, peut compter sur deux premier tours favorables pour se mettre dans le rythme, avant de se coltiner les gros morceaux du circuit.
L'Autrichien Jürgen Melzer, de quelques mois son aîné, flotte aujourd'hui aux alentours du Top 300. Federer, sûr de son jeu mais en léger manque de rythme, lui cède une manche avant de reprendre le dessus (7-5/3-6/6-2/6-2).
Roger s'attaque ensuite à l'Américain Noah Rubin, un jeune de 20 ans qui tarde encore à s'imposer dans le Top 200. Une formalité sur le papier, mois sur le terrain, avec trois manches plutôt accrochées (7-5/6-3/7-6).
Vient alors le Tchèque Tomas Berdych, solidement ancré dans le Top 10 depuis une paire d'années, mais incapable de performer en Grand Chelem. Il sera balayé sans douceur par un Federer impitoyable (6-2/6-4/6-4).Le Japonais Kei Nishikori, membre du Top 5 et révélation de ces dernières années, sera donc le premier obstacle de taille du Suisse, qui finit par s'en défaire en cinq sets (6-7/6-4/6-1/4-6/6-3).
Le plus dur devait être à venir pour le Bâlois, mais Andy Murray n'avait pu rallier les quarts de finale, sorti par Mischa Zverev, ancien espoir longtemps plombé par les blessures. Adepte du service-volée, l'Allemand ne bénéficie plus de l'effet de surprise, et tombe sur un Roger très appliqué (6-1/7-5/6-2).
Le duel tant attendu par la Suisse aura donc lieu, Stanislas Wawrinka ayant franchi son quart de tableau sans encombres. Malheureusement pour lui, un mauvais début de rencontre et une alerte au genou lui coûteront le match, remporté par un Federer très solide dans les moments importants (7-5/6-3/1-6/4-6/6-3).
De son côté, Rafael Nadal, 30 ans et tête de série n°9, peut s'attendre à moins de gros bras, mais à des premiers tours incertains face à des joueurs capables du meilleur comme du pire.
Pour son entrée en lice, il affronte l'Allemand Florian Mayer, ancien Top 20 aujourd'hui aux portes du Top 50. L'Espagnol ne tremble pas, et plie le match en trois sets (6-3/6-4/6-4).
Au deuxième tour se présente le talentueux Marcos Baghdatis. Le Chypriote, finaliste à l'Open d'Australie en 2006, est aujourd'hui n°35 au classement ATP. Son jeu léché en fait l'un des artistes du circuit, à défaut d'être l'un des meilleurs joueurs. Rafa évite piège avec sérieux et concentration (6-3/6-1/6-3).
Il doit ensuite se mesurer à l'un des joueurs les plus prometteurs du circuit, l'Allemand Alexander Zverev (petit frère de Mischa), âgé de 19 ans. Bousculé par le jeune prodige, il s'en sort dans la dernière manche, après avoir été mené durant la majeure partie de la rencontre (4-6/6-3/6-7/6-3/6-2).
Sa deuxième semaine débute par une opposition avec Gaël Monfils, le showman du tableau. Le Français, toujours aussi inconstant, ne fait illusion qu'en fin de match, sans pouvoir renverser l'Espagnol (6-3/6-3/4-6/6-4).
En quarts de finale, Rafa tombe sur Milos Raonic, tête de série n°3 et co-favori du tournoi (avec Wawrinka) après les éliminations de Djokovic et Murray. Le Canadien, vainqueur de Nadal à Brisbane deux semaines plus tôt, se fait surprendre par l'agressivité du Majorquin, imprenable sur cette rencontre (6-4/7-6/6-4).
La dernière marche avant les retrouvailles avec Roger sera la plus dure à gravir pour Nadal. Face à Dimitrov, revenu à son meilleur niveau après des années difficiles, l'Espagnol mène longtemps, avant de se faire peur. Dimitrov ne peut conclure deux balles de break à 4-3 en sa faveur dans la dernière manche, Nadal revient de nulle part pour lui prendre son service, puis s'imposer de manière miraculeuse (6-3/5-7/7-6/6-7/6-4).
Une rivalité unique.
Rafael Nadal et Roger Federer, ce sont avant tout deux joueurs que tout oppose, ou presque. L'Espagnol, de manière caricaturale, est le bourrin, le défenseur, le gaucher au revers à deux mains qui hurle à chaque frappe, et qui privilégie le courage à l'élégance. Le Suisse, de son côté, fait figure d'artiste, avec son jeu travaillé, son revers à une main et ses qualités d'attaquant.
Roger, depuis toujours, est le chouchou du grand public, de par son grand sourire et ses manières de gendre idéal. Rafa, lui, a longtemps été pris à partie pour son style de jeune adulte insouciant, cheveux longs et débardeur.
Bizarrement, son ultra-domination à Roland-Garros, au lieu de le couronner comme le meilleur joueur de l'histoire sur terre battue, l'a plutôt fait passer pour un joueur qui ne gagnait des titres que sur cette surface. Il a l'occasion de tordre le cou à cette réputation ce dimanche, car une victoire lui permettrait de devenir le premier joueur de l'ère Open à remporter chaque tournoi du Grand Chelem à deux reprises ou plus.
Il y a pourtant une raison à cette différence d'appréciation du public. En 2003, Roger Federer, âgé de 22 ans, remporte Wimbledon. Le monde du tennis découvre alors un jeune homme à la fois modeste, poli, élégant et spectaculaire. Il arrive comme chef de file d'une génération qui comporte également Lleyton Hewitt, qui tient plus du petit teigneux que de l'orfèvre, mais aussi Andy Roddick, au service aussi destructeur que son style était agressif.
Pour succéder au duo Sampras-Agassi, le seul joueur en mesure de conquérir le public était donc l'esthète, Roger Federer. Tout se passe bien pour le Suisse, qui enchaîne alors avec 7 titres en Grand Chelem, de Wimbledon 2003 à l'Open d'Australie 2006. Il se présente alors plein de certitudes à Roland-Garros, le seul tournoi majeur qui lui résiste encore. En finale, il tombe pourtant de très haut face à un gamin de 20 ans, déjà vainqueur l'année précédente pour sa première participation : Rafael Nadal.
L'Espagnol bat le Suisse, qui prend sa revanche lors de la finale de Wimbledon. En 2007, le scénario est identique, Rafa s'impose en France, Roger en Angleterre. Mais 2008 marquera un tournant dans la carrière des deux joueurs, et permettra de véritablement lancer cette rivalité.
L'Espagnol bat le Suisse, qui prend sa revanche lors de la finale de Wimbledon. En 2007, le scénario est identique, Rafa s'impose en France, Roger en Angleterre. Mais 2008 marquera un tournant dans la carrière des deux joueurs, et permettra de véritablement lancer cette rivalité.
En effet, Nadal s'impose de nouveau à Paris, mais il y met cette fois la manière : Federer est piétiné, maltraité, humilié (6-1/6-3/6-0). Le Suisse compte bien remettre les pendules à l'heure de l'autre côté de la Manche, mais au terme d'une finale absolument époustouflante, Rafa s'impose en cinq manches, et fait tomber le maître des lieux.
Pour couronner le tout, Nadal écarte une nouvelle fois Roger en finale de l'Open d'Australie, six mois plus tard. Le Suisse craque, finit en pleurs, mais son rival fait tout pour le consoler. Le public se prend alors d'affection pour ce joueur d'une modestie incomparable, qui s'excuse presque d'avoir battu ce joueur qu'il respecte de manière inconditionnelle.
Rafael Nadal gagne alors l'amour d'une partie du public, et force le respect de ceux qui resteront "pro-Federer".
Ce qui confère autant de charme aux rencontres opposant Nadal à Federer, c'est cette histoire commune absolument fantastique, cette opposition de styles spectaculaire, et, surtout, cette admiration mutuelle entre deux joueurs hors du commun, qui ne cessent de s'envoyer des fleurs, tout en se livrant de superbes batailles sur le court.
Leurs affrontements se faisant de plus en plus rares, à nous de profiter de cette occasion pour savourer cette chance de les voir évoluer sous nos yeux, à un tel niveau.
Rafael Nadal gagne alors l'amour d'une partie du public, et force le respect de ceux qui resteront "pro-Federer".
Ce qui confère autant de charme aux rencontres opposant Nadal à Federer, c'est cette histoire commune absolument fantastique, cette opposition de styles spectaculaire, et, surtout, cette admiration mutuelle entre deux joueurs hors du commun, qui ne cessent de s'envoyer des fleurs, tout en se livrant de superbes batailles sur le court.
Leurs affrontements se faisant de plus en plus rares, à nous de profiter de cette occasion pour savourer cette chance de les voir évoluer sous nos yeux, à un tel niveau.
dimanche 22 janvier 2017
Olivier Giroud, l'incompris
Le scénario est désormais connu, mais il est tellement agréable de se laisser surprendre par la tournure des évènements. Qu'il est jouissif de profiter du retour au premier plan de cet attaquant jugé "maladroit, fragile et inconstant", que l'on aime critiquer à la moindre occasion manquée, pour mieux savourer sa capacité à répondre aux détracteurs en sortant son équipe d'une situation inconfortable.
Vous l'aurez compris, il est ici question d'Olivier Giroud. Souvent décrié, toujours pardonné, le Gunner n'a jamais fait l'unanimité. Mais il est toujours là, et n'a jamais semblé aussi fort.
Un profil atypique.
Loin des qualités techniques d'Antoine Griezmann, de la palette de Karim Benzema ou encore de la vitesse d'Alexandre Lacazette, Olivier Giroud souffre des comparaisons (plus ou moins objectives) avec ses compatriotes. Jugé, à tort, moins spectaculaire, il est bombardé à la moindre contre-performance.
Il est pourtant très précieux dans ce rôle ingrat de pivot, libérant des espaces pour ses partenaires d'attaque, et n'ayant de cesse d'aller au duel pour faire plier la défense adverse.
Car Giroud est un travailleur de l'ombre, un véritable aimant à ballons aériens, qui profite amplement à ses partenaires d'attaque, attentifs à ses remises. Très souvent dos au but, il excelle dans cette position exigeante, et s'est affirmé comme la référence actuelle dans ce style si particulier. Et les arabesques de ses coéquipiers, en club (Sanchez, Ozil, Walcott) comme en sélection (Griezmann, Payet, Pogba), le font souvent passer pour un joueur très maladroit, mais il suffit de prêter attention à ses remises pour constater le contraire.
En effet, il n'est pas rare de le voir dévier un ballon du talon, de la poitrine ou de l'extérieur du pied. Il suffit de se rappeler de cette combinaison fantastique à une touche de balle réalisée avec Jack Wilshere il y a quelques années, conclue par un but de l'Anglais, ou de cette subtile talonnade pour Antoine Griezmann, face à l'Islande lors de l'Euro.
Mais, parfois, la magie opère également de manière spectaculaire devant le but. Son coup du scorpion, rapidement devenu viral, n'est qu'une formidable piqûre de rappel de ce dont il est capable, preuve en est de ses ciseaux acrobatiques inscrits face à Crystal Palace et au Bayern de Munich l'an passé.
Une belle régularité dans l'efficacité.
Généreux dans les efforts, il fait également preuve d'une régularité redoutable dans son club. En effet, chez les Gunners, son bilan toutes compétitions confondues est le suivant :
- 17 buts et 12 passes décisives en 2012/2013 (47 matches joués),
- 22 buts et 12 passes décisives en 2013/2014 (51 matches joués),
- 19 buts et 4 passes décisives en 2014/2015 (36 matches joués),
- 24 buts et 6 passes décisives en 2015/2016 (53 matches joués),
- 10 buts et 5 passes décisives cette saison (21 matches joués).
Directement impliqué sur 131 buts en 208 rencontres (dont 135 titularisations), il est donc l'un des attaquants les plus réguliers du continent.
Il a également appris à être plus décisif dans les moments importants, signant un triplé capital sur la pelouse de l'Olympiakos l'an dernier en Ligue des Champions, ainsi qu'un autre coup du chapeau contre Aston Villa pour la dernière journée de championnat, offrant la deuxième place du classement aux Gunners.
Et que dire de ses récentes performances ? Auteur de 3 buts de dernière minute en l'espace d'un mois, il a signé son retour dans l'équipe avec brio, à tel point qu'il s'est vu confier le brassard pour un match de FA Cup.
Un comportement exemplaire en sélection.
Maintenu sur le banc durant les 6 mois de disette de Karim Benzema en 2013, il n'a pas bronché, travaillant de plus en plus dur pour gagner sa place, sans jamais critiquer Didier Deschamps, ni même laisser paraître de signes de colère ou de "rébellion" comme l'attaquant du Real a pu le faire.
Il a récemment su saisir sa chance à la suite des problèmes judiciaires de son principal concurrent, et s'y est imposé de par sa complémentarité avec Antoine Griezmann, et ses statistiques flatteuses : 21 buts et 8 passes décisives en 59 sélections.
Car ce total de réalisations le place parmi les plus grands, faisant de lui le douzième meilleur buteur de l'histoire des Bleus, avec le cinquième ratio des joueurs à plus de 50 sélections (derrière Platini, Papin, Henry et Trézéguet).
Lors de l'Euro 2016, il a parfaitement répondu aux violentes critiques du public français, inscrivant le premier but du tournoi, avant de livrer trois prestations de grande classe contre l'Irlande (une passe décisive), l'Islande (une passe décisive et deux buts) puis l'Allemagne.
Il est aujourd'hui l'avant-centre titulaire en sélection, même si l'opinion publique réclame désormais Lacazette et Gameiro pour le remplacer. Nous sommes donc bornés au point de répéter, inlassablement, les mêmes erreurs. Peu importe, Giroud fera ce qu'il sait faire de mieux, répondre sur le terrain, et nous nous mordrons une nouvelle fois les doigts pour avoir douté de lui.
Vous l'aurez compris, il est ici question d'Olivier Giroud. Souvent décrié, toujours pardonné, le Gunner n'a jamais fait l'unanimité. Mais il est toujours là, et n'a jamais semblé aussi fort.
Un profil atypique.
Loin des qualités techniques d'Antoine Griezmann, de la palette de Karim Benzema ou encore de la vitesse d'Alexandre Lacazette, Olivier Giroud souffre des comparaisons (plus ou moins objectives) avec ses compatriotes. Jugé, à tort, moins spectaculaire, il est bombardé à la moindre contre-performance.
Il est pourtant très précieux dans ce rôle ingrat de pivot, libérant des espaces pour ses partenaires d'attaque, et n'ayant de cesse d'aller au duel pour faire plier la défense adverse.
Car Giroud est un travailleur de l'ombre, un véritable aimant à ballons aériens, qui profite amplement à ses partenaires d'attaque, attentifs à ses remises. Très souvent dos au but, il excelle dans cette position exigeante, et s'est affirmé comme la référence actuelle dans ce style si particulier. Et les arabesques de ses coéquipiers, en club (Sanchez, Ozil, Walcott) comme en sélection (Griezmann, Payet, Pogba), le font souvent passer pour un joueur très maladroit, mais il suffit de prêter attention à ses remises pour constater le contraire.
En effet, il n'est pas rare de le voir dévier un ballon du talon, de la poitrine ou de l'extérieur du pied. Il suffit de se rappeler de cette combinaison fantastique à une touche de balle réalisée avec Jack Wilshere il y a quelques années, conclue par un but de l'Anglais, ou de cette subtile talonnade pour Antoine Griezmann, face à l'Islande lors de l'Euro.
Mais, parfois, la magie opère également de manière spectaculaire devant le but. Son coup du scorpion, rapidement devenu viral, n'est qu'une formidable piqûre de rappel de ce dont il est capable, preuve en est de ses ciseaux acrobatiques inscrits face à Crystal Palace et au Bayern de Munich l'an passé.
Une belle régularité dans l'efficacité.
Généreux dans les efforts, il fait également preuve d'une régularité redoutable dans son club. En effet, chez les Gunners, son bilan toutes compétitions confondues est le suivant :
- 17 buts et 12 passes décisives en 2012/2013 (47 matches joués),
- 22 buts et 12 passes décisives en 2013/2014 (51 matches joués),
- 19 buts et 4 passes décisives en 2014/2015 (36 matches joués),
- 24 buts et 6 passes décisives en 2015/2016 (53 matches joués),
- 10 buts et 5 passes décisives cette saison (21 matches joués).
Directement impliqué sur 131 buts en 208 rencontres (dont 135 titularisations), il est donc l'un des attaquants les plus réguliers du continent.
Il a également appris à être plus décisif dans les moments importants, signant un triplé capital sur la pelouse de l'Olympiakos l'an dernier en Ligue des Champions, ainsi qu'un autre coup du chapeau contre Aston Villa pour la dernière journée de championnat, offrant la deuxième place du classement aux Gunners.
Et que dire de ses récentes performances ? Auteur de 3 buts de dernière minute en l'espace d'un mois, il a signé son retour dans l'équipe avec brio, à tel point qu'il s'est vu confier le brassard pour un match de FA Cup.
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Un comportement exemplaire en sélection.
Maintenu sur le banc durant les 6 mois de disette de Karim Benzema en 2013, il n'a pas bronché, travaillant de plus en plus dur pour gagner sa place, sans jamais critiquer Didier Deschamps, ni même laisser paraître de signes de colère ou de "rébellion" comme l'attaquant du Real a pu le faire.
Il a récemment su saisir sa chance à la suite des problèmes judiciaires de son principal concurrent, et s'y est imposé de par sa complémentarité avec Antoine Griezmann, et ses statistiques flatteuses : 21 buts et 8 passes décisives en 59 sélections.
Car ce total de réalisations le place parmi les plus grands, faisant de lui le douzième meilleur buteur de l'histoire des Bleus, avec le cinquième ratio des joueurs à plus de 50 sélections (derrière Platini, Papin, Henry et Trézéguet).
Lors de l'Euro 2016, il a parfaitement répondu aux violentes critiques du public français, inscrivant le premier but du tournoi, avant de livrer trois prestations de grande classe contre l'Irlande (une passe décisive), l'Islande (une passe décisive et deux buts) puis l'Allemagne.
Il est aujourd'hui l'avant-centre titulaire en sélection, même si l'opinion publique réclame désormais Lacazette et Gameiro pour le remplacer. Nous sommes donc bornés au point de répéter, inlassablement, les mêmes erreurs. Peu importe, Giroud fera ce qu'il sait faire de mieux, répondre sur le terrain, et nous nous mordrons une nouvelle fois les doigts pour avoir douté de lui.
dimanche 8 janvier 2017
Nanterre en déplacement à Gravelines-Dunkerque, récit d'une soirée dans le "Chaudron" du basket français
Ce samedi, le BCM de Gravelines-Dunkerque affrontait la JSF de Nanterre à l'occasion d'un match en retard, comptant pour la 14ème journée de Pro A. Hors du Top 8 avant la rencontre, les locaux se sont idéalement replacés en disposant de la JSF, 91-81, au terme d'une rencontre plaisante disputée dans une ambiance de feu. Récit d'un match pas comme les autres.
La première mi-temps.
La première mi-temps.
Après avoir creusé un premier écart au bout de 5 minutes de jeu (13-5), le BCM, sous l'impulsion de l'Anglais Myles Hesson (20 points durant les 20 premières minutes), n'a pas voulu en rester là, fournissant les efforts nécessaires pour finir le premier quart-temps en tête (22-21), malgré un bon retour des visiteurs, guidés par l'Allemand Schaffartzik, déchaîne derrière la raquette (15 points à la pause, à 5/7 de loin).
Lors du deuxième quart-temps, les deux colosses que sont le Nordiste Richard Solomon (2,10 m pour 105 kg) et le Francilien Mathias Lessort (2,05 m pour 110 kg) se sont échangés quelques amabilités, faisant ainsi monter l'ambiance sur le parquet aussi bien qu'en tribunes. Juste avant la mi-temps, les locaux ont remis un coup d'accélérateur, avec un Justin Cobbs très altruiste à la mène (11 passes décisives), pour virer en tête après 10 minutes assez disputées (42-37).
La seconde mi-temps.
Le BCM a gardé l'avantage au score durant l'intégralité du troisième quart-temps, s'appuyant sur sa recrue, le Jamaïcain Henry. Alors qu'il évolue habituellement au poste de meneur, son coach est en train d'utiliser ses excellentes capacités physiques pour l'installer à l'arrière, tout en l'utilisant comme une arme aussi efficace qu'inattendue dans la raquette (8 rebonds, meilleur total du mach). Du côté de Nanterre, Schaffartzik et Morency ont montré d'inquiétants signes de nervosité, s'en prenant verbalement aux arbitres.
Lors du dernier quart-temps, Chris Warren, le meneur de la JSF, a tenté de secouer le cocotier (15 points), mais son homologue du BCM, Justin Cobbs, a pris ses responsabilités en rentrant la grande majorité de ses points du soir (12 unités), accompagné de l'inépuisable Kyle Gibson, auteur de 23 points (dont un panier de loin au buzzer) et toujours meilleur marqueur du championnat (avec une moyenne de 19 points par match). Les deux Américains ont ainsi donné un avantage définitif au BCM, pour obtenir une victoire précieuse dans la course aux playoffs (91-81).
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| Le dunk rageur de Solomon, sous les yeux dépités de Lessort et Morency |
Ce qu'il faut retenir.
. La très belle performance livrée par deux équipes joueuses, pour l'une des rencontres les plus prolifiques de la saison (172 points marqués, contre une moyenne d'environ 150 sur l'ensemble des matches de Pro A). Contres, dunks, accrochages et tirs buzzer, les joueurs ont mis tous les ingrédients nécessaires à une belle soirée de basket.
. L'ambiance démentielle mise par les 3 000 spectateurs, aussi bien ceux du BCM que ceux de la JSF. Accompagnés de tambours, de trompettes et de leurs cordes vocales, ils ont tous fait vibrer l'enceinte, se montrant digne de l'affiche proposée.
lundi 5 décembre 2016
Top 14, J13 : Halfpenny intenable, Pau sort la tête de l'eau face à Clermont
Suite à la traditionnelle tournée de novembre, les internationaux étaient de retour dans leur club, et les spectateurs ont pu en profiter. Ce week-end a été particulièrement prolifique (396 points marqués, soit 56 points par match), et il ne pouvait en être autrement au vu des superbes affiches au programme.
En difficulté au classement (mais déjà vainqueurs du Racing et du Stade Français à domicile), les Palois affrontaient Clermont, leader incontestable et incontesté du Top 14, mais privé pour cette rencontre de Fofana, Lamerat, Nakaitaici et Spedding, laissés au repos après leur tournée) ; La Rochelle, toujours solidement accrochée au podium, se coltinait le Racing, pas encore installé dans les places qualificatives pour les phases finales ; et Bordeaux-Bègles, en pleine confiance après 3 victoires de suite, se rendait à Toulon, sur courant alternatif depuis le début de la saison.
Meilleur joueur.
En difficulté au classement (mais déjà vainqueurs du Racing et du Stade Français à domicile), les Palois affrontaient Clermont, leader incontestable et incontesté du Top 14, mais privé pour cette rencontre de Fofana, Lamerat, Nakaitaici et Spedding, laissés au repos après leur tournée) ; La Rochelle, toujours solidement accrochée au podium, se coltinait le Racing, pas encore installé dans les places qualificatives pour les phases finales ; et Bordeaux-Bègles, en pleine confiance après 3 victoires de suite, se rendait à Toulon, sur courant alternatif depuis le début de la saison.
Meilleur joueur.
Quand Leigh Halfpenny est dans un bon jour, c'est un véritable régal pour les amateurs de rugby. La brillante victoire de Toulon (37-10) est en grande partie de son fait, tant il a survolé ce match en inscrivant 17 points (un essai, trois transformations et deux pénalités). Impeccable dans son jeu d'occupation, solide face aux poteaux, il a fait étalage de sa facilité technique et de sa palette en y allant même de son essai en fin de rencontre.
Le Gallois manque clairement de régularité depuis la reprise. Mais la seconde moitié du championnat sera l'occasion de montrer qu'il reste un joueur de classe mondiale, et qu'il peut, dans un bon jour, faire plier n'importe qui. Ceci résume globalement le début de saison du RCT : un effectif étincelant, mais un manque flagrant d'automatismes et des polémiques encombrantes en coulisses, qui nuisent aux performances du club. Mais quand tout sera stabilisé, le retour à la réalité risque d'être compliqué pour ses concurrents.
| Halfpenny, un mélange idéal de puissance et de technique |
Meilleure équipe.
Certes, les Toulousains étaient à domicile, face à un adversaire moins bien classé (Brive). Mais les voir végéter en milieu de tableau, en développant un jeu aussi fade et une efficacité offensive catastrophique (avant-dernière attaque du championnat) était un crève-cœur. Alors il est vrai que la réussite au pied frôle encore le ridicule (2 sur 6 ce dimanche), mais voir un jeu pareil est de plus en plus rare du côté d'Ernest-Wallon, il faut donc en profiter.
Le Stade a donc surclassé les Brivistes (30-12), en inscrivant la bagatelle de 5 essais, dont un doublé de Gaël Fickou. Le jeu léché qui a fait la légende de Toulouse est encore loin, mais des performances pareilles montrent que les Rouge et Noir sont sur la bonne voie.
| Gaël Fickou, la jeunesse au pouvoir du côté de Toulouse |
Meilleur match.
En parlant de jeu léché, Pau et Clermont étaient particulièrement inspirés ce samedi. La Section a pris le meilleur sur l'ASM (40-35), au terme d'une rencontre éblouissante, durant laquelle Clermont a sûrement regretté l'absence de ses internationaux sur les phases défensives, mais n'a pas eu à se plaindre des combinaisons offensives de leurs remplaçants (triplé pour Strettle).
En première période, Votu, Slade et Smith sont allés dans l'en-but pour Pau, avec à chaque fois une transformation de Taylor. Clermont est cependant resté au contact (21-17), David Strettle signant deux essais transformés par Camille Lopez, qui ajoutait une pénalité.
Au retour des vestiaires, le match repartait sur les mêmes bases, avec du jeu dans tous les sens, des duels impressionnants et de la vitesse d'exécution à en faire (presque) pâlir les All Blacks.
Tom Taylor passait trois pénalités, sans pouvoir transformer les essais de Bianchin et de Vatubua, tandis que, du côté des visiteurs, Strettle y allait de son troisième essai (transformé par Lopez), imité par Timani (pas transformé par Lopez, qui passait malgré tout une pénalité pour se faire pardonner). En toute fin de rencontre, Parra arrachait le bonus défensif grâce à une pénalité sur le gong, mais l'ASM devait valeureusement s'incliner face à des Palois survoltés.
| Ne pas se fier à l'image : Pau et Clermont n'ont pas joué à l'arrêt ce week-end |
Résultats.
Grenoble 37 - 51 Montpellier
La Rochelle 23 - 23 Racing
Pau 40 - 35 Clermont
Stade Français 51 - 5 Bayonne
Lyon 19 - 23 Castres
Toulouse 30 - 12 Brive
Toulon 37 - 10 Bordeaux-Bègles
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