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mardi 8 mars 2016

Stephen Curry, le gringalet qui pimentait la NBA

Cette saison, les Golden State Warriors dominent la NBA comme aucune franchise ne l'avait fait auparavant. En effet, ils établissent des temps de passage uniques (56 victoires pour 6 défaites à l'heure actuelle), font tomber les records (45 victoires de suite à domicile, 24 victoires de suite pour débuter la saison), et possèdent un collectif monstrueux. Mais il y a, comme (presque) toujours dans une franchise (à l'exception peut - être des San Antonio Spurs), un joueur qui attire les regards, de par ses performances. Et, à ce petit jeu - là, c'est le "frêle" meneur Stephen Curry, natif d'Akron (tout comme LeBron James), qui se détache clairement. En plus de développer un style de jeu unique, il enchaîne les prestations de haut vol, sans jamais relâcher la pression. Son secret ? Quand d'autres se basent sur la confiance, lui s'appuie sur la confiance absolue. Explications.

Issu d'une famille vouée au basket, Stephen a pu répéter ses gammes dès le plus jeune âge, en prenant exemple sur son père, Dell, arrière emblématique des Charlotte Hornets durant 10 saisons (meilleur marqueur, joueur le plus utilisé, et meilleur shooteur à 3 points de l'histoire de la franchise).         Cette dernière caractéristique est sans doute celle dont Stephen aura le plus profité, ayant battu, cette année, le record de paniers à 3 points rentrés sur une saison régulière (alors qu'il reste 20 rencontres à jouer), un total qu'il avait déjà amélioré par deux fois sur les trois dernières exercices.
Cette insolente réussite de loin est sa marque de fabrique, et ne cesse de faire plier les défenseurs adverses, sans réponse face à ce shooteur diabolique, aussi efficace pour un tir ouvert qu'avec deux joueurs sur le dos. MVP de la saison régulière l'an passé, il est d'ores et déjà assuré de conserver ce titre honorifique, tant il domine son sujet depuis octobre dernier.
Le fait est qu'il a réussi l'exploit colossal d'élever son niveau de manière conséquente, à tel point que certains se sont sérieusement demandés s'il ne méritait pas également le titre de MIP (Most Improved Player, joueur ayant le plus progressé) ! Du jamais - vu pour un MVP en titre !
Seul joueur à tourner à plus de 30 points de moyenne cette saison, il a rendu 12 feuilles statistiques à 40 points ou plus, le tout en 60 apparitions. Il en a également profité pour égaler, la semaine dernière, le record de paniers à 3 points rentrés en une rencontre, sans doute pour le faire tomber dans son escarcelle d'ici peu.
Mais, récemment, il a sans doute signé sa partition la plus mémorable face à Oklahoma City. Auteur de 46 points, il s'est permis de donner la victoire à son équipe au buzzer, d'un shoot de 11 mètres (soit plus près de la ligne médiane que de la ligne des 3 points) ! Ce joueur est une véritable bénédiction pour son sport.

Stephen Curry, un modèle pour beaucoup
Sa progression, bien que fulgurante, est d'une logique implacable. Drafté en 2009 par les Warrios, en tant que choix n° 7 de la loterie, il devait initialement rejoindre les New York Knicks, qui lui ont finalement préféré le discret Jordan Hill.
Sélectionné dans la All - Rookie First Team suite à sa première saison, il retourne au All - Star Week - End la saison suivante pour y remporter le Skills Challenge devant un certain Russell Westbrook. Sa troisième saison sera plombée par des blessures, mais il en profitera pour revenir plus fort, et former un duo tonitruant avec l'arrière Klay Thompson, fraîchement drafté.
Cette jeune équipe de la baie de San Francisco atteindra les demi - finales de la conférence Ouest, avant d'être sortie par les Spurs de l'éternel Tim Duncan. En 2013 - 2014, il est récompensé de ses excellentes performances par une première sélection au All - Star Game. Malheureusement, l'aventure s'arrêtera dès le premier tour des playoffs, face à des Los Angeles Clippers intenables.
Mais à l'été 2014, c'est le déclic. Steve Kerr, ancien joueur des Bulls de la belle époque, est nommé entraîneur des Warriors, lui qui ne s'était jamais assis sur un banc de NBA auparavant ! Et pourtant, ce choix se révèlera payant, puisque Stephen Curry et ses partenaires finiront champions, au terme d'un exercice remarquable.
Le tour de force du jeune prodige aura été d'éliminer tour à tour les quatre autres membres de la First All - NBA Team en phases finales (Anthony Davis, Marc Gasol, James Harden et LeBron James), un exploit qui n'avait encore jamais été réalisé. Unique.
Désormais, Curry est le joueur le plus craint de la Ligue. Sa domination est telle que les dirigeants envisagent même de reculer la ligne des tirs à 3 points ! C'est donc officiel : Curry fait peur, personne n'est en mesure de l'arrêter, et son règne ne fait que commencer.

jeudi 28 mai 2015

Une conclusion fantastique à une saison sublime

Et voilà, nous y sommes. Les Finales NBA vont débuter, et verront les Warriors de Golden State affronter les Cavaliers de Cleveland. Cette issue est sans doute l'une des meilleures possibles, bien qu'elle était quasiment improbable à l'entame de cette édition 2014-2015. Mais ces deux franchises se sont imposées comme les références, terminant respectivement à la première place de la Conférence Ouest, et à la deuxième place de la Conférence Est, avec deux entraîneurs novices en NBA qui plus est. Cependant, il faudra se focaliser sur des duels qui vont marquer ces affrontements, en opposant les joueurs du même poste. C'est parti.

Les Meneurs.

D'un côté, Stephen Curry, MVP de la saison régulière, 29 points de moyenne depuis, et, de l'autre, Kyrie Irving, trois fois All-Star en quatre saisons, avec une moyenne de 19 points pour sa première participation aux phases finales. Le second, en difficulté physiquement, n'a pu prendre part aux deux dernières rencontres de son équipe, mais ne manquera pas de revenir pour décrocher le titre. Toutefois, Curry est dans la forme de sa vie, et compte bien enquiller les tirs à trois points pour arracher la victoire finale. Sans doute le plus beau duel de ces Finales si Irving parvient à retrouver la forme.

Irving et Curry, deux meneurs en pleine explosion
Les Arrières.

Là aussi, le spectacle sera au rendez-vous. Le discret Klay Thompson, nouveau détenteur du record de points marqués en un quart-temps, et le bouillant JR Smith, dont c'est la huitième participation aux phases finales en onze saisons, devraient assurer une qualité de jeu bien au-dessus de la moyenne. Thompson est également au sommet de sa forme, et apprend vite aux côtés de son "Splash Brother", à savoir Stephen Curry, tandis que Smith, bien qu'arrivé en cours de saison, est protégé par son ami LeBron James, à l'aura incontestée en NBA.

Thomspon et Smith devraient assurer le spectacle
Les Ailiers.

Nous arrivons à un duel qui soulève de nombreuses questions. Andre Iguodala, All-Star en 2012, est-il en mesure de faire parler ses indéniables qualités défensives à l'occasion de sa septième participation aux phases finales en onze saisons, afin de limiter LeBron James ? Car c'est tout simplement le meilleur joueur de la planète qui est ici mentionné, le palmarès, même abrégé, le prouvant : deux fois champion NBA, deux fois MVP des Finales, quatre fois MVP de la saison régulière, onze fois All-Star, et une fois meilleur marqueur de la saison régulière. Que dire ? James tourne d'ailleurs à 28 points de moyenne depuis le début des phases finales. Iguodala devra sortir ses tripes et montrer à son adversaire qui est le patron, et cela est plus facile à dire qu'à faire.

Avec Iguodala et James, les biceps seront de sortie 
Les Ailiers Forts.

Les Warriors peuvent compter, à ce poste, sur l'inusable Draymond Green, qui, dans l'ombre des "Splash Brothers", réalise un formidable travail pour sa troisième saison NBA, avec, entre autres, une série en cours de neuf double-doubles en quinze rencontres de phase finale. Les Cavaliers, de leur côté, doivent composer sans Kevin Love, blessé, mais parfaitement remplacé par Tristan Thompson, qui compte cinq double-doubles en neuf titularisations, profitant pleinement de l'absence temporaire de concurrence à son poste. Un duel intéressant se profile donc entre les deux colosses que sont DG (2,01 mètres, 104 kg) et TT (2,06 mètres, 108 kg).

Green et Thompson, un choc de titans
Les Pivots.

Attention à cette redoutable opposition de style, qui met aux prises l'Australien Andrew Bogut, une fois meilleur contreur de la NBA, et le Russe Timofeï Mozgov, quatrième participation aux phases finales en cinq saisons. Le premier est réputé pour faire sortir ses adversaires de leurs gonds, de par sa capacité à les perturber par des provocations répétées, ce qui n'enlève rien à son talent ballon en main. Le second est un flegmatique comme il n'en existe plus beaucoup, imperturbable, et concentré sur sa tâche. Lequel craquera le premier ?

Bogut contre Mozgov, c'est l'assurance d'une lutte sans merci dans la raquette