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mercredi 12 juillet 2017

Summer League 2017 : l'édition de Salt Lake City

Du 3 au 6 juillet se tenait une compétition à quatre équipes sous la forme d'un championnat miniature. Utah évoluait devant son public, accompagné par Boston, Philadelphie et San Antonio. Ce tournoi était l'occasion pour les jeunes joueurs de se montrer avec leur nouveau club en l'absence des titulaires, et de convoiter une place dans l'effectif la saison prochaine.
Franchise par franchise, voici le bilan des rookies.

Boston.

Une victoire miraculeuse puis deux défaites, pas de quoi sauter au plafond pour les Celtics. La franchise peut malgré tout se consoler avec les performances remarquables de Jayson Tatum (3ème choix lors de la Draft), épatant lors de cette Summer League. Des moyennes à 18 points et 9 rebonds mais surtout le panier de la gagne contre Philadelphie. L'ailier a su prendre ses responsabilités au sein d'une équipe sans expérience, un soulagement pour Boston qui attend beaucoup de lui.
Quant à Semi Ojeleye (37ème choix lors de la Draft), le constat est mitigé. Son impact offensif est encore trop limité avec 6 points par match à 30 % de réussite, mais il s'est imposé comme le meilleur défenseur de l'effectif durant la compétition. Le Nigérian peut se faire une place au poste d'ailier-fort dans la rotation des Celtics à condition de progresser en attaque.

Philadelphie.

Battus par Boston et Utah, les Seventy-Sixers ont pu sauver l'honneur grâce à leur victoire contre San Antonio. L'ailier-fort Jonah Bolden (37ème choix lors de la Draft) s'est imposé comme un joueur très précieux malgré son statut de remplaçant, avec 10 points et 5 rebonds en 24 minutes par match. Il doit maintenant choisir entre l'Europe et la NBA, lui qui est encore sous contrat jusqu'en 2019 avec l'Étoile Rouge de Belgrade.
Laissé au repos contre les Spurs, le meneur Markelle Fultz (1er choix lors de la Draft) repart de Salt Lake City avec deux défaites en deux rencontres. Ses 20 points et 3 passes décisives de moyenne sont quand même un signe positif pour une franchise en pleine reconstruction, qui veut s'appuyer sur sa vision du jeu pour franchir un cap et retrouver les playoffs. 

San Antonio.

Le bilan des Spurs est équivalent à celui de Boston et Philadelphie, avec un seul succès. Les rookies n'ont pas su bousculer la hiérarchie malgré un temps de jeu conséquent, à l'image du meneur Derrick White (29ème choix lors de la Draft). Ses moyennes à 8 points et 2 passes décisives en 21 minutes laissent un goût d'inachevé même si la polyvalence du garçon peut rendre service à l'équipe la saison prochaine.
Titularisé à chaque rencontre, Jaron Blossomgame (59ème choix lors de la Draft) s'est montré utile dans la raquette en prenant 6 rebonds par match. Pour avoir sa chance, il doit gagner en lucidité sur le plan offensif mais surtout penser à rejoindre une autre franchise : Rudy Gay, Kawhi Leonard et Kyle Anderson se partagent déjà le poste d'ailier à San Antonio.

Utah.

L
e collectif du Jazz a su dominer l'épreuve de bout en bout, remportant ses trois matches pour terminer à la première place. Bousculé dans la raquette, Utah s'est appuyé sur le pivot Tony Bradley (28ème choix lors de la Draft) pour mener une véritable bataille au rebond. Avec seulement 4 prises et 8 points de moyenne, il n'a pas eu l'impact statistique attendu malgré un travail précieux en défense.
La révélation de ce tournoi, c'est l'arrière Donovan Mitchell (13ème choix lors de la Draft). En compilant 15 points et 3 passes décisives par match, il a envoyé un message à ses dirigeants qui cherchent à structurer un groupe autour de Rudy Gobert, le jeune pivot de la franchise. Son potentiel et leur complémentarité peuvent lui permettre d'intégrer le cinq de départ dès la saison prochaine.

Résultats.

Première Journée :
Utah 87 vs 74 San Antonio
Boston 89 vs 88 Philadelphie

Deuxième Journée :
Utah 100 vs 94 Philadelphie
San Antonio 81 vs 70 Boston

Troisième Journée :
Utah 68 vs 65 Boston
Philadelphie 94 vs 86 San Antonio 

lundi 10 juillet 2017

Bilan de la Summer League d'Orlando

La première semaine de juillet était l'occasion de voir plusieurs jeunes de la Draft en action avec leur nouvelle franchise, aux côtés de certains joueurs déjà indiscutables en NBA. Huit formations étaient de la partie pour ce rendez-vous : le Magic d'Orlando, les Pistons de Detroit, les Knicks de New York, les Pacers de l'Indiana, les Mavericks de Dallas, le Thunder d'Oklahoma City, le Heat de Miami et les Hornets de Charlotte.
Chaque franchise jouait quatre rencontres, puis un match de classement en fonction de son bilan. Et c'est Dallas qui a remporté le tournoi, battant Détroit d'un tir à la dernière seconde. Retour sur les principales performances individuelles et colletives.

Les Mavericks en pleine bourre.

Le seul jeune sélectionné lors de la Draft (Dennis Smith) étant laissé au repos en vue de la Summer League de Las Vegas, la franchise du Texas a pu s'appuyer sur un savant mélange entre des joueurs de la réserve et d'anciens universitaires exilés en Europe. Le résultat dépasse toutes les attentes : 5 victoires, aucune défaite, et la première place de la compétition. Pour cela, Dallas a pu compter sur un trio primordial, que voici.
Le chef d'orchestre de cette formation n'était autre que Dwight Buycks, un meneur de 28 ans passé par Toronto (2013-2014) et les Lakers de Los Angeles (2014-2015). Avec des moyennes de 18 points, 5 rebonds et 4 passes décisives par match, il a montré l'exemple à ses partenaires.
Il faut aussi mettre en avant les belles prestations de l'ailier Brandon Paul (26 ans), qui sort d'une saison en Turquie après être passé par la Russie et l'Espagne. Compilant 17 points, 5 rebonds et 3 passes décisives de moyenne, il a fait mieux qu'assurer les arrières de ses partenaires.
Le troisième et dernier joueur n'a pas été phénoménal durant cette compétition, mais comment passer à côté de l'auteur du tir de la gagne ? Jonathan Motley, discret sur l'ensemble de la semaine avec 7 points, 5 rebonds et 2 passes décisives par match, a trouvé le moyen de se racheter en offrant la Summer League, ni plus ni moins, à sa franchise. Un sacré coup d'éclat pour ce pivot de 22 ans.

Jonathan Motley
Luke Kennard, la défaite qui fait mal.

Choix n° 12 de la Draft, l'arrière des Pistons de Detroit s'est montré à son avantage tout au long de la compétition (17 points, 4 rebonds et 3 passes décisives). Malheureusement, la défaite face à Dallas en finale fait de l'ombre à la belle semaine du jeune joueur (21 ans), qui aura malgré tout donné un aperçu très encourageant de sa panoplie.
Son point faible reste la réussite au tir (40 %), mais il compense par une activité débordante, et un potentiel défensif intéressant. En cas de départ de Caldwell-Pope, il peut éventuellement viser une place de titulaire, mais il devra se montrer plus posé pour se faire une place à long terme.

Oklahoma City, pas de Ferguson mais des promesses.

Tout comme Dallas, le Thunder s'est présenté sans le joueur sélectionné lors de la Draft, Terrance Ferguson, privé de Summer League pour des raisons administratives. Mais un trio de jeunes a su se faire violence pour guider l'équipe vers une encourageante quatrième place, et, par la même occasion, se montrer après une saison difficile en NBA.
Au poste de meneur, Semaj Christon (24 ans, 3 points de moyenne avec OKC l'an passé) a pu s'exprimer pleinement, facturant 13 points, 4 rebonds et 6 passes décisives, faisant un excellent travail pour mener les offensives de son équipe.
Au poste d'ailier, Josh Huestis (25 ans, seulement deux apparitions en NBA l'an passé) a fait parler sa puissance pour terminer à 15 points et 7 rebonds de moyenne. S'il parvient à répéter ce genre de performances, il pourra peut-être s'imposer comme la doublure de Paul George.
Pour finir, c'est au poste de pivot que Dakari Johnson (21 ans, laissé en réserve l'an passé) s'est montré à Orlando. Avec 18 points, 5 rebonds et 2 passes décisives, il a montré de belles choses dans la raquette, mais doit encore gonfler ses statistiques au rebond pour attirer l'attention du coach d'OKC.

Dakari Johnson
Adebayo, bien trop seul à Miami.

Choix n° 14 de la Draft, le jeune pivot, qui va fêter ses 20 ans, n'a pas déçu du côté d'Orlando. Avec ses 17 points, 8 rebonds et 2 passes décisives de moyenne, il a surnagé, alors que son équipe coulait. C'est ainsi qu'il a fait très forte impression malgré la dernière place de Miami, et le bilan sans appel du Heat : aucune victoire, 5 défaites.
Mesuré à 2 mètres 10, pesant 110 kilos, il va faire beaucoup de bien au secteur intérieur d'une franchise orpheline de Chris Bosh, miné par les blessures. Même s'il ne tire pas de loin, il possède une belle mobilité pour sa taille, ce qui lui permet de défendre sur plusieurs postes, et d'assurer les rebonds de chaque côté du parquet.


Les Résultats.

Première Journée :
Miami 67 vs 74 Charlotte
Indiana 85 vs 74 Orlando
Dallas 80 vs 75 New York
Detroit 91 vs 92 Oklahoma City

Deuxième Journée :
Miami 68 vs 81 Orlando
Detroit 103 vs 78 New York
Charlotte 77 vs 84 Indiana
Oklahoma City 75 vs 96 Dallas

Troisième Journée :
Miami 83 vs 86 Indiana
Oklahoma City 99 vs 87 New York
Dallas 86 vs 76 Orlando
Detroit 87 vs 82 Charlotte

Quatrième Journée :
Oklahoma City 81 vs 95 Charlotte
New York 73 vs 84 Orlando
Dallas 94 vs 79 Indiana
Detroit 73 vs 71 Miami

Matches de Classement :
1 / Dallas 83 vs 81 Detroit
3 / Indiana 89 vs 80 Oklahoma City
5 / Orlando 78 vs 86 Charlotte
7 / Miami 72 vs 91 New York

jeudi 6 juillet 2017

Le formidable réservoir de l'Allemagne

En se privant de 8 des 11 titulaires de l'Euro 2016, et de manière plus globale de 16 des 23 joueurs appelés l'an dernier, Joachim Löw savait parfaitement ce qu'il faisait. Car ses "remplaçants" viennent de s'offrir la Coupe des Confédérations, le seul trophée qui manquait encore à la sélection.
Par la même occasion, ils ont pu se montrer face à plusieurs formations de (très) haut niveau, comme le Mexique, le Chili ou encore le Cameroun. Ainsi, en voir une partie l'an prochain, à l'occasion du Mondial, relève tout simplement du bon sens, tant certains ont fait forte impression.
Retour sur les différentes options du sélectionneur à chaque poste.

Gardien.

Le titulaire : Qui d'autre que l'époustouflant Manuel Neuer pour garder les buts de l'Allemagne ? Meilleur portier de la planète depuis 2011, et son explosion au Bayern Munich, il n'a strictement aucun souci à se faire quant à son statut. Laissé au repos par Löw.
Les doublures : Marc-André Ter-Stegen et Bernd Leno, du voyage lors de la Coupe des Confédérations, tiennent la corde pour accompagner Neuer en Russie l'été prochain. Le premier sort d'une belle saison au FC Barcelone, tandis que le second a surnagé au cours de la saison mitigée du Bayer Leverkusen.
Les outsiders : Lui aussi présent à la Coupe des Confédérations, Kevin Trapp n'a pas été utilisé par Löw. Il devra faire une saison colossale à Paris pour grimper dans la hiérarchie, et revenir en Russie dans un an. Il en va de même pour Loris Karius, pas encore indiscutable du côté de Liverpool, et qui n'a jamais été appelé en sélection. En revanche, des prestations remarquées au sein d'une Premier League plus féroce que jamais peuvent éventuellement lui ouvrir les portes de l'équipe nationale.


Centraux.

Les titulaires : Il est vrai que Joachim Löw n'a pas de système de jeu permanent, alternant la défense à 3 et la défense à 4. Mais peu importe le schéma tactique, il est clair qu'un trio se détache. Jérôme Boateng et Mats Hummels forment la charnière historique de l'Allemagne (et désormais du Bayern Munic), et Shkodran Mustafi possède une longueur d'avance en tant que troisième choix. Contrairement aux Bavarois, le défenseur d'Arsenal était de la partie en juin, sans doute pour consolider son statut.
Les doublures : Difficile d'y voir clair à ce poste, car les candidats sont très nombreux. Trois d'entre eux viennent de participer à la Coupe des Confédérations, mais vont changer de club cet été. Antonio Rüdiger, défenseur puissant et capable de jouer sur les côtés, devrait quitter la Roma pour aller jouer à Chelsea ; Matthias Ginter, jeune joueur du Borussia Dortmund, est attendu à Mönchengladbach ; et Niklas Süle, révélé cette saison à Hoffenheim, tentera de passer un cap au Bayern Munich.
Les outsiders : Deux joueurs peuvent espérer un strapontin pour le voyage en Russie. Le premier n'est autre que Jonathan Tah, renfort de dernière minute lors de l'Euro 2016, qui progresse jour après jour à Leverkusen. Le second, Niklas Stark, vient de contribuer à la victoire de l'Allemagne lors de l'Euro des moins de 21 ans, après une saison très encourageante au Hertha Berlin.


Latéral Droit.

Le(s) titulaire(s) : Sur le côté droit, le départ de Philipp Lahm a laissé le champ libre à Benedikt Höwedes (Schalke), mais le prometteur Joshua Kimmich (Bayern Munich) a très vite surgi pour venir lui faire de l'ombre. Il est donc envisageable d'imaginer les deux joueurs se tirer la bourre pour le couloir droit, chacun étant barré à son poste de prédilection (Höwedes en défense centrale par Hummels et Boateng, Kimmich au milieu de terrain par Kroos et Khedira).
Les doublures : Derrière ce duo, le jeune Benjamin Henrichs est en train de s'affirmer comme une valeur sûre au Bayer Leverkusen (34 titularisations cette saison), et s'est montré à son avantage lors de la Coupe des Confédérations (2 passes décisives en 2 rencontres). Il est en concurrence avec Erik Durm, pilier du Borussia Dortmund depuis 2013 (75 titularisations).
Les outsiders : Là encore, les jeunes ont un coup à jouer. Mitchell Weiser (Hertha Berlin) et Robert Bauer (Werder Brême) sont d'autres valeurs montantes à ce poste. Le premier, passé par le Bayern Munich entre 2013 et 2015, vient de signer le but victorieux en finale de l'Euro des moins de 21 ans. Le second reste sur une saison à 25 titularisations en Bundesliga, faisant forte impression.

Latéral Gauche.


Le titulaire : Depuis l'automne 2014, Jonas Hector (Cologne) s'est imposé comme le meilleur arrière gauche d'Allemagne. Admirable de régularité, il a plusieurs longueurs d'avance sur la concurrence, et ne devrait pas être inquiété d'ici l'été prochain.
Les doublures : Son ancien partenaire, Yannick Gerhardt, vient de vivre une première saison très intense à Wolfsburg (30 titularisations), et ne regrette pas d'être parti pour avoir plus de temps de jeu.
Quant à Marvin Plattenhardt, ses 3 buts et 4 passes décisives en 27 journées de Bundesliga sous les couleurs du Hertha Berlin ont attiré l'attention de Joachim Löw, qui vient de lui offrir trois sélections.
Les outsiders : Jamais appelé en sélection, ni même chez les jeunes, Marcel Halstenberg est pourtant placé dans la course au Mondial, grâce à de belles performances avec le RB Leipzig (3 passes décisives en 30 journées), qui vient d'accrocher une surprenante deuxième place en Bundesliga.
Le cinquième et dernier joueur susceptible de faire partie du voyage se trouve en Hollande (dont il possède également la nationalité), où il a été formé. Plutôt à son avantage cette saison (2 buts et 5 passes décisives en 32 rencontres avec Heracles Almelo), Robin Gosens, ignoré chez les jeunes par l'Allemagne comme par les Pays-Bas, choisira sûrement la première sélection qui se présentera à lui. Son potentiel ne devrait pas passer inaperçu, lui qui peut enchaîner un grand nombre de rencontres avec le même niveau de jeu.


Milieux Défensifs.

Les titulaires : Dans ce registre, l'Allemagne possède ce qui se fait de mieux sur la planète à l'heure actuelle. Toni Kroos n'est pas aussi costaud que Paul Pogba, tandis que Sami Khedira n'est pas un technicien du niveau de Sergio Busquets, mais ils sont incroyablement complémentaires. Le premier, plus offensif, est remarquable dans l'orientation du jeu du Real Madrid, et sa qualité de relance n'est plus à prouver. Le second, lui, est chargé de la récupération et du harcèlement de l'adversaire à la Juventus, un travail qu'il effectue à merveille.
Les doublures : Lors de la Coupe des Confédérations, Emre Can a pris le relais, poursuivant sur sa belle fin de saison à Liverpool. Il s'est endurci en Premier League, et fait partie des favoris pour aller en Russie. C'est également le cas pour Sebastian Rudy, qui vient de quitter Hoffenheim pour le Bayern Munich. Impeccable devant la défense, il a joué 435 des 450 minutes de l'Allemagne lors de la compétition.
Les outsiders : Impossible de savoir ce que Joachim Löw fera d'Ilkay Gündogan. En pleine possession de ses moyens, il est un joueur hors du commun, doté de toutes les qualités pour ce poste. Malheureusement, depuis 2011 et sa première sélection, il n'est apparu que 20 fois avec l'Allemagne, la faute à des blessures au dos (automne 2012, puis saison 2013-2014), au pied (printemps 2016), à la rotule (Euro 2016) et au genou (saison 2016-2017). S'il est opérationnel, nul doute que le milieu de Manchester City sera du voyage, mais les belles prestations de ses concurrents vont peut-être inciter le sélectionneur à se passer de ses services.
L'autre joueur en course n'est autre que Julian Weigl, nouvelle pépite du Borussia Dortmund. Le problème vient aussi de son physique sujet à de nombreuses blessures (1,85 m pour 70 kg). Blessé à une cheville en mai, il ne reviendra pas à la compétition avant le mois de septembre, et devra cravacher pour être dans le groupe.


Meneur de Jeu.

Le titulaire : Même s'il a perdu en régularité avec Arsenal, Mesut Ozil reste le chef d'orchestre de cette sélection. Dans un bon jour, il peut faire la différence à tout moment, sa vision du jeu étant phénoménale.
Les doublures : Excellent à la Coupe des Confédérations, Leon Goretzka vient de frapper un grand coup, et se place ainsi comme l'indiscutable deuxième choix. Le joueur de Schalke s'est montré décisif (3 buts), et très précieux dans l'organisation du jeu de l'Allemagne.
Quant à Max Meyer, son partenaire en club, il vient de remporter l'Euro des moins de 21 ans, mais doit subir sa concurrence au quotidien. Le duel sera donc d'une intensité rare, et c'est peu probable que Löw sélectionne les deux pour le Mondial.
Les outsiders : Ils sont trois pour un fol espoir. Là encore, on retrouve deux partenaires en club, Nadiem Amiri et Kerem Demirbay (Hoffenheim). Le premier se trouvait en Pologne pour l'Euro des jeunes, tandis que le second était en Russie avec la sélection.
Le dernier n'est autre que Mario Götze, héros du Mondial 2014. Revenu à Dortmund l'été dernier, il a disparu des terrains en février, atteint par une myopathie (maladie qui touche les fibres musculaires, provoquant d'importantes baisses d'énergie). Selon l'évolution de son état, il existe une très faible probabilité qu'il revienne à son meilleur niveau d'ici 2018, et rien ne dit qu'il entrera de nouveau dans les plans de Löw. Mais se priver d'un tel joueur en pleine possession de ses moyens serait absolument scandaleux.


Ailier Droit.

Le titulaire : Ce poste est sans aucun doute le plus ouvert du 11 de départ de l'Allemagne. Les très nombreux changements de système font qu'il est impossible de dire qui part avec une longueur d'avance sur les autres, mais le favori actuel semble être Lars Stindl (Borussia Mönchengladbach), auteur d'une formidable Coupe des Confédérations (3 buts, dont le seul de la finale).
Les doublures : André Schürrle, joueur du Borussia Dortmund depuis l'été dernier, fait partie des victimes de la malédiction qui frappe ce club. Touché au genou en début de saison, puis au tendon d'Achille vers la fin, il risque de ne pas être du voyage en Russie en cas de nouveau(x) pépin(s).
Il est en concurrence avec Kevin Volland, joueur du Bayer Leverkusen, qui semblait faire partie des plans de Joachim Löw lors de l'automne dernier, avant de se blesser à la cuisse en décembre.
Les outsiders : Karim Bellarabi, qui joue lui aussi au Bayer Leverkusen, sort d'une saison mitigée, ce qui a poussé Löw à faire passer Stindl devant lui dans la hiérarchie. Mais son profil d'ailier de débordement, de plus en plus rare, peut jouer en sa faveur.
Quant à Maximilian Philipp, il vient de se révéler à ce poste lors de l'Euro des moins de 21 ans, et de quitter Fribourg pour aller à Dortmund, et tenter de franchir un cap.


Ailier Gauche.

Le titulaire : Propulsé capitaine lors de la Coupe des Confédérations, dont il a été désigné meilleur joueur, le Parisien Julian Draxler est désormais un cadre de la sélection (déjà 35 sélections à 23 ans, dont 8 avec le brassard).
Les doublures : Comment ne pas parler de Marco Reus ? L'excellent vice-capitaine du Borussia Dortmund est maudit, à tel point qu'il est absent des compétitions internationales depuis l'Euo 2012. Il manque le Mondial 2014 à cause d'une blessure à la cheville, l'Euro 2016 à la suite d'une blessure aux adducteurs, puis la Coupe des Confédérations, la faute à une blessure au genou. Sans cela, il aurait sans doute sa place dans le 11 de départ.
Le deuxième choix se nomme donc Leroy Sané, qui sort d'une première saison pleine à Manchester City (9 buts et 8 passes décisives en 37 rencontres). Gaucher, il présente un profil différent, et sa place ne souffre d'aucune contestation à l'heure actuelle.
Les outsiders : Même s'il part de beaucoup plus loin, Serge Gnabry, qui vient de quitter le Werder Brême pour le Bayern Munich, peut rêver du Mondial 2018. Sa belle saison dans un club de milieu de tableau (11 buts et 2 passes décisives) montre qu'il a franchi un cap en quittant Arsenal, où il est passé professionnel en 2013.
Quant au petit Amin Younes (1,68 m), sélectionné pour la Coupe des Confédérations et buteur contre le Mexique, une place pour la Russie relève du miracle, malgré un exil plutôt réussi à l'Ajax Amsterdam (15 buts et 22 passes décisives en deux saisons).


Buteur.

Le titulaire : Décalé sur l'aile droite au Bayern Munich depuis l'arrivée d'Ancelotti, Thomas Müller a su s'adapter pour mieux servir l'équipe (9 buts et 17 passes décisives). Pour cela, il reste le premier choix au poste de buteur, car il sait aussi jouer pour ses partenaires. D'ailleurs, son bilan est impeccable en sélection (37 buts et 33 passes décisives en 85 rencontres), et se passer de lui n'aurait strictement aucun sens.
Les doublures : Son principal concurrent n'est autre que Mario Gomez, qui possède aussi une belle expérience avec l'équipe nationale (30 buts en 70 sélections). Malgré une belle saison du côté de Wolfsburg (18 buts), il reste un deuxième choix dans l'esprit de Joachim Löw.
Il devra se défaire de la révélation de cette saison, Timo Werner (21 buts et 7 passes décisives avec Leipzig), qui a confirmé lors de la Coupe des Confédérations (3 buts et 2 passes décisives en 4 rencontres).
Les outsiders : Ils sont deux, mais il leur sera très difficile d'accrocher un strapontin pour la Russie. Max Kruse, excellent avec le Werder Brême (15 buts et 7 passes décisives), n'a plus été appelé depuis l'automne 2015, mais son profil de gaucher le différencie de ses rivaux. Quant à Sandro Wagner, un véritable colosse (1,95 m pour 90 kg), il vient tout juste de découvrir la sélection, à 29 ans, et s'est montré particulièrement efficace (3 buts en 3 matches). S'il parvient à continuer sur la lancée de sa saison à Hoffenheim (12 buts et 4 passes décisives), il aura peut-être une infime chance d'être du voyage en Russie.

samedi 24 juin 2017

Draft NBA : 2017, une cuvée pleine de promesses

Simple rappel du principe de ce rendez-vous annuel : il sert à répartir les meilleurs joueurs universitaires des USA, ainsi que certains jeunes étrangers, dans les 30 franchises de la NBA. Les équipes du bas de tableau peuvent choisir avant celles qui jouent le titre, dans le but d'équilibrer les forces.
L'édition 2017, qui se tenait cette nuit à New York, était assez prévisible en terme de déroulement, ce qui n'enlève rien au plaisir de voir de nouvelles pépites en NBA. Voici les 10 premiers joueurs sélectionnés.

1 : Markelle Fultz (Philadelphie).

Le premier choix s'appelle Markelle Fultz (1,93 m pour 88 kg), un meneur sélectionné par Philadelphie. Il vient d'avoir 19 ans, et sort d'une saison pleine avec les Huskies de Washington (23,2 points - 5,7 rebonds - 5,9 passes décisives par match), pour sa première et seule année universitaire. Joueur complet, il sait marquer en pénétration ou de loin, mais aussi assurer la dernière passe. Défensivement, il compense un manque de fondamentaux par une détermination phénoménale. Très rapide et capable de répéter les efforts sur la durée, il ressemble à Russell Westbrook, dans un style plus calme. Une bonne pioche pour Philadelphie, qui va l'associer à Ben Simmons et Joel Embiid pour sortir la tête de l'eau.


2 : Lonzo Ball (LA Lakers).

Le deuxième est aussi un meneur, et les attentes sont colossales autour de lui. Car Lonzo Ball, qui aura bientôt 20 ans, vient d'être sélectionné par les Lakers de Los Angeles, la franchise qu'il voulait rejoindre à tout prix. Joueur porté sur la passe plutôt que le tir (14,6 points - 6 rebonds - 7,6 passes décisives avec UCLA cette saison), il peut utiliser son gabarit (1,98 m pour 86 kg), quasiment unique à ce poste, pour défendre et assurer des rebonds. Il est souvent comparé à Jason Kidd, l'actuel entraîneur de Milwaukee (All-Star à 10 reprises, champion NBA en 2011 avec Dallas).


3 : Jayson Tatum (Boston).

Le troisième choix est un ailier du nom de Jayson Tatum, âgé de 19 ans (2,03 m pour 93 kg), sélectionné par les Boston Celtics. En progression dans plusieurs domaines (tirs à 3 points, défense), il a démontré qu'il était capable de se remettre en question, même après une saison réussie avec l'université de Duke (16,8 points - 7,3 rebonds - 2,1 passes décisives). Il fait donc partie des joueurs qui ont su se mettre en avant au cours des différentes sessions permettant aux recruteurs d'évaluer les joueurs de la Draft. De par sa faculté à marquer dans plusieurs types de situation, de près ou de loin, il est régulièrement comparé à Carmelo Anthony. Il doit encore gagner en agressivité sur le parquet, mais il a encore 4 mois pour progresser.


4 : Josh Jackson (Phoenix).

Le quatrième joueur sélectionné, Josh Jackson (2,03 m pour 94 kg), est un arrière de 20 ans qui peut aussi dépanner comme ailier. Choisi par les Suns de Phoenix, il sort d'une saison convaincante avec les Kansas Jayhawks (16,3 points - 7,4 rebonds - 3 passes décisives par match). S'il fallait le comparer à un joueur de NBA, on pourrait parler d'un jeune possédant les qualités de Kawhi Leonard (précieux en défense et utile en attaque) avec le physique de Kevin Durant (grand et mince, de longs bras qui lui offrent un avantage sur son adversaire direct).


5 : De'Aaron Fox (Sacramento).

Le cinquième choix, De'Aaron Fox (retenu par Sacramento), est un jeune prodige qui impressionne par sa vitesse de déplacement et d'exécution. Il possède un gabarit classique pour son poste (1,91 m pour 85 kg), mais l'explosivité de ce meneur de 19 ans est tout simplement époustouflante. Pour cette raison, il est en permanence comparé à John Wall, qui est considéré comme le joueur le plus rapide de la NBA à l'heure actuelle. Il est encore trop inconstant à 3 points, et doit gagner en puissance physique, mais cela ne l'empêche pas de présenter des moyennes très solides (16,7 points - 3,9 rebonds - 4,6 passes décisives).


6 : Jonathan Isaac (Orlando).

Le sixième ressemble comme deux gouttes d'eau à Giannis Antetokounmpo, le Grec de Milwaukee. Voici donc son "jumeau", Jonathan Isaac, un ailier-fort choisi par le Magic d'Orlando, qui fêtera ses 20 ans dans quelques mois. Des bras interminables, un joueur de grande taille, mais pas assez puissant pour jouer au poste de pivot (2,11 m pour 95 kg). Il est rapide et très mobile malgré sa grande taille, mais il n'est pas assez costaud pour rivaliser avec la plupart des joueurs de NBA du même poste. Il devra donc sûrement jouer au poste d'ailier, pour exploiter au mieux ses qualités. Il vient de réaliser une saison très correcte avec (12 points - 7,8 rebonds - 1,2 passe décisive par match) avec Florida State.


7 : Lauri Markkanen (Minnesota > Chicago).

Le septième joueur sélectionné n'est autre que l'étranger le mieux classé de cette édition de la Draft. Il est Finlandais, se nomme Lauri Markkanen, vient juste de fêter ses 20 ans, et peut jouer aux postes d'ailier-fort et de pivot (2,13 m pour 102 kg). Choisi par les Timberwolves du Minnesota, il s'est ensuite retrouvé au cœur d'un échange lui permettant d'aller jouer à Chicago. Joueur adapté à la NBA d'aujourd'hui, semblable à Pau Gasol, où les grands gabarits sont de plus en plus précis à 3 points (42,3 % de réussite de loin l'an passé pour lui). Il sort d'une belle saison dans la plupart des domaines, sauf pour ce qui est de la dernière passe, son point faible à l'heure actuelle (15,6 points - 7,2 rebonds - 0,9 passe décisive par match).


8 : Frank N'Tilikina (New York).

Le huitième est tout simplement devenu le Français le mieux classé de l'histoire de la Draft. Frank N'tilikina vient donc de battre Joakim Noah (sélectionné en neuvième lors de l'édition 2007), qu'il va rejoindre à New York, pour évoluer au poste de meneur sous le maillot des Knicks. Tout comme Lonzo Ball, il possède un gabarit assez rare (1,96 m pour 86 kg), et s'appuie sur une grosse défense et une formidable vision du jeu. Mais contrairement au nouveau joueur des Lakers, N'Tilikina (qui aura bientôt 19 ans) manque d'agressivité en attaque, et n'ose pas tirer autant que le permet sa belle réussite (52 % à 2 points et 43 % à 3 points). Il vient de terminer vice-champion de France avec Strasbourg, au sortir d'une saison accomplie malgré des statistiques plutôt faibles (5,5 points - 2,2 rebonds - 1,4 passe décisive). Son impact est invisible sur les feuilles de match, car il est avant tout un défenseur de talent, qui sert plutôt à pourrir la vie de son adversaire direct, ce qu'il fait à merveille.


9 : Dennis Smith (Dallas).

L'avant-dernier choix de ce Top 10 est encore un meneur, le jeune Dennis Smith (19 ans), sélectionné par Dallas. Très porté vers l'offensive, il présente de très belles statistiques (18,1 points - 4,6 rebonds - 6,2 passes décisives), mais il doit travailler son pourcentage de réussite (45 % à 2 points, 36 % à 3 points). Assez costaud pour ce poste (1,91 m pour 88 kg), il ressemble à Kyle Lowry, aussi bien physiquement que mentalement. Car ce jeune joueur a encore tendance à disparaître lors de certaines rencontres, et cette irrégularité fait douter certaines fanchises. Mais Dallas compte bien capitaliser sur son potentiel offensif pour épauler (où remplacer) JJ Barea, Seth Curry et Yogi Ferrell, qui peinent à s'imposer dans le Texas.


10 : Zach Collins (Sacramento > Portland).

Le dernier joueur présenté dans cet article est un copié-collé du Finlandais Lauri Markkanen (ailier-fort ou pivot de 2,13 m pour 104 kg), allant même jusqu'à être échangé lui aussi (choisi par Sacramento puis envoyé à Portland). Plutôt adroit de loin pour un joueur de gabarit (47,5 %), il vient d'être vice-champion de NCAA avec l'université de Gonzaga, avec un rôle important tout au long de la saison (10 points - (5,9 rebonds - 0,4 passe décisive par match), mais, toujours comme Lauri Markkanen, il doit impérativement améliorer sa vision du jeu pour faire marquer ses partenaires.

vendredi 16 juin 2017

Youri Tielemans, l'affaire en or de Monaco

Alors que le mercato bat déjà son plein, et que les rumeurs plus ou moins fondées se multiplient, la plupart des spécialistes semblent avoir oublié que le bon coup de l'été a eu lieu le 24 mai, avec la signature d'une pure pépite sur le Rocher. Quand des offres de 130 millions d'euros sont faites pour un Kylian M'Bappé qui n'a qu'une saison professionnelle à son actif, il est démentiel de se dire qu'un joueur jeune (il vient tout juste d'avoir 20 ans), talentueux (déjà 4 sélections avec la Belgique) et plein d'expérience (190 rencontres professionnelles en 4 saisons) est vendu pour seulement 25 millions d'euros !
Voici donc ce qu'il faut savoir sur Youri Tielemans, le formidable coup réalisé par l'ASM.

Un milieu de terrain complet.

Joueur élancé mais costaud (1,77 m pour 72 kg), il possède une belle pointe de vitesse. Il est doté d'une formidable qualité de passe, ainsi que d'une belle vision du jeu, et, surtout, d'une frappe de balle démentielle (par exemple, un missile flashé à 124 km/h février).
Il évolue généralement au poste de relayeur, ce qui lui permet d'exploiter de manière égale ses qualités offensives et défensives. Mais son talent lui permet de rendre service à l'équipe en dépannant à d'autres postes. Ainsi, durant sa carrière, il a également joué comme sentinelle, meneur de jeu, ailier gauche, ailier droit, et même arrière gauche !


Cette saison, il a véritablement explosé aux yeux de tous, avec des statistiques totalement folles pour un milieu de terrain : 18 buts et 15 passes décisives en 53 rencontres avec Anderlecht ! Des chiffres qui donnent le tournis, d'autant qu'il a fait aussi bien sur l'exercice 2016-2017 que sur les trois précédents réunis (17 buts et 16 passes décisives). Bref, son nouveau statut (il a même porté le brassard de capitaine 10 fois cette saison, à seulement 19 ans) n'a pas eu l'air de l'écraser sous la pression, bien au contraire. 
Séduit par ce joueur capable de tout faire sur un terrain, Roberto Martinez, sélectionneur de la Belgique depuis août 2016, est en train de l'installer en équipe nationale.


Un dernier palier à franchir pour devenir l'un des meilleurs.

Appelé en juin 2015 par Marc Wilmots, le coach des "Diables Rouges" à l'époque, il restera sur le banc, et devra attendre novembre 2016 pour connaître sa première cape, lors d'un amical contre les Pays-Bas (1-1). Dans la foulée, il jouera ses premières minutes internationales en compétition, lors d'une victoire tranquille face à l'Estonie (8-1), à l'occasion des éliminatoires pour le Mondial 2018.
Cette année, il a été titularisé pour la première fois contre la Russie en amical (3-3), puis face à la République Tchèque (2-1), là aussi dans une rencontre sans enjeu.
Les critiques fréquentes sur Marouane Fellaini, jugé trop physique et pas assez technique, ainsi que le départ d'Axel Witsel en Chine, dans un championnat très peu compétitif, sont des éléments qui joueront tôt ou tard en sa faveur s'il parvient à maintenir ce niveau de jeu.


Pour se faire une place de choix dans la cour des grands, Tielemans doit maintenant passer un cap dans un club qui marque les esprits en Coupe d'Europe. Car son palmarès est déjà bien fourni au moment de partir d'Anderlecht (Champion de Belgique en 2014 et en 2017, vainqueur de la Supercoupe de Belgique en 2014), mais le niveau de la Jupiler League est l'argument principal des plus sceptiques. En effet, certains considèrent qu'il doit forcément s'imposer dans un championnat "majeur" pour devenir une star.
Le jeune prodige l'a bien compris, et son choix de signer à Monaco plutôt que de risquer de se perdre dans un très gros club montre qu'il garde la tête sur les épaules. En effet, le Mondial aura lieu dans un an, et s'assurer du temps de jeu dans un club performant, aussi bien dans son pays qu'en Coupe d'Europe, ressemble à la solution parfaite pour lui.


En Ligue des Champions, il compte 10 apparitions (toutes en phase de poules), avec, par exemple, des titularisations contre Paris, Arsenal et Dortmund. En Ligue Europa, il a pu affronter, en 2015-2016, l'AS Monaco ! Un nul à domicile (1-1) puis une victoire sur le Rocher (0-2), il avait déjà tapé dans l'œil des dirigeants. Cette saison, il a mené son équipe en quarts de la compétition, mais s'est incliné contre Manchester United (1-1 à domicile, défaite 2-1 sur la pelouse d'Old Trafford).
Nul doute qu'il aura d'autres occasions de briller face à de grosses écuries, au sein d'une équipe de Monaco qui surprend jour après jour.

jeudi 18 mai 2017

La belle saison de Paul Pogba

Ce titre, volontairement provocateur, vise à faire comprendre que le Français ne vit pas une période compliquée, au contraire de ce qui est dit un peu partout. Bien sûr, il n'a jamais été en position de remporter la Premier League avec Manchester United, et les observateurs critiquent son rendement statistique.
Il est temps de porter un oeil nouveau sur son influence dans le collectif des Red Devils, pour se rendre compte qu'il est déjà dans son élément, et que le meilleur est encore à venir.

Un contexte particulier.

Pour commencer, il est important de souligner que l'équipe découvrait un nouvel entraîneur, à savoir José Mourinho. Depuis le départ d'Alex Ferguson à l'été 2013, le "Special One" était donc le troisième à s'installer sur le banc d'Old Trafford (après David Moyes et Louis Van Gaal), avec pour objectif de remettre Manchester United sur le podium. Un objectif compliqué au vu des nombreux départs au cours des années précédentes : Paul Scholes en 2013, Rio Ferdinand, Patrice Evra, Ryan Giggs et Nemanja Vidic en 2014. L'effectif était donc en chantier depuis plusieurs saisons, et les arrivées de jeunes pépites comme Anthony Martial ou Ander Herrera ne comblaient pas un manque cruel d'expérience.
Pour y remédier, les dirigeants ont recruté Zlatan Ibrahimović, Éric Bailly et Henrikh Mikhitaryan, mettant ainsi le paquet pour entourer Paul Pogba, qui revenait dans son club formateur avec le statut de joueur le plus cher de l'histoire.


Comme d'autres avant lui, il sera bombardé de critiques sur le prix de son transfert, par des personnes incapables de comprendre qu'il n'avait rien à voir avec ce montant, et qu'il venait simplement jouer au football. Et c'est ce qu'il démontra, imperturbable sur le terrain, précieux dans l'organisation de l'équipe, malgré des attentes au-delà du raisonnable.

Un rôle fondamental.

Du début à la fin, il est comparé au fantastique N'Golo Kanté, exceptionnel dans son nouveau club de Chelsea. Mais son rôle étant bien différent, et beaucoup moins basé sur la récupération des ballons, le rapprochement n'est pas des plus judicieux. Baladé entre les postes de milieu relayeur et de meneur de jeu, Pogba devra s'adapter aux exigences de son coach, ainsi qu'aux nombreux systèmes utilisés par Mourinho.


En effet, Manchester United jouera en 4-3-3, en 4-2-3-1, en 4-4-2, en 3-5-2 et en 4-1-4-1. Et, sur les 63 matches des Red Devils, Pogba en est à 51 apparitions, dont 49 comme titulaire, et 45 rencontres disputées en intégralité.
En terme d'impact offensif, il termine à 9 buts et 6 passes décisives, ce qui est très correct pour un milieu de terrain. Il faut aussi souligner sa propreté dans le jeu, avec seulement 10 cartons jaunes récoltés, sans aucune expulsion.
D'ailleurs, en Premier League, Manchester United engrange 1,95 points lorsqu'il est sur le terrain, contre 1,25 en son absence. Vous avez dit invisible ?

Une saison victorieuse.

Si l'on se prête au jeu des comparaisons, les surprises vont être de taille. Par exemple, Pogba compte plus de titres cette saison ("Supercoupe d'Angleterre" contre Leicester City, "Coupe de la Ligue" contre Southampton et Ligue Europa contre l'Ajax Amsterdam) qu'Antoine Griezmann sur l'ensemble de sa carrière ("Trophée des Champions" avec l'Atlético de Madrid, et "Ligue 2" avec la Real Sociedad).


Par ailleurs, Mourinho vient de réaliser un joli triplé, tandis que son rival Pep Guardiola, entraîneur de Manchester City, a bouclé la première saison vierge de titres de sa carrière d'entraîneur. Tottenham est peut-être resté solidement accroché à sa belle deuxième place en Premier League, alors que Liverpool fait vibrer son public avec un récital offensif permanent, mais ces deux formations n'ont pas enrichi leur palmarès.

En bref, le prix monumental de son transfert pousse le grand public et les spécialistes à mettre la barre toujours plus haut, mais peu importe ce qui est dit, Paul Pogba garde la tête froide, et continue à remplir les objectifs : guider son équipe vers de nombreux titres.

samedi 13 mai 2017

Un duel à distance qui nous met l'eau à la bouche

Depuis le début des play-offs, Warriors et Cavaliers font preuve d'une insolente facilité, se posant ainsi en favoris pour se retrouver lors des Finales NBA, pour la troisième fois de suite (1-1). L'un comme l'autre, les deux mastodontes en sont à un bilan de 8 victoires pour 0 défaites après les deux premiers tours. Si Golden State semble mieux préparé sur le plan collectif, Cleveland monte en puissance, mené par un LeBron James qui se promène comme jamais, confirmant son statut de meilleur joueur de la Ligue.
Qui semble favori en cas de retrouvailles ? Premiers éléments de réponse.

Sans James, Cleveland n'est rien.

Le constat est brutal, mais il reste vrai. Le "King" est le meilleur joueur de la planète, et ce depuis plusieurs années. Lors de la saison régulière, beaucoup l'ont trouvé discret. Un rappel de ses statistiques suffit à montrer que les attentes ne sont clairement pas les mêmes pour le "Chosen One" que pour le commun des mortels : 25 points (à 55 % de réussite), 8 rebonds et 7 passes décisives par match. Bref, une saison jugée sobre par beaucoup d'observateurs, en grande partie à cause de la deuxième place des Cavaliers à l'Est. Mais LeBron a décidé de hausser le ton en play-offs, et rien ne laissait présager une telle insolence. Il tourne à 34 points (à 56 % de réussite), 9 rebonds, 7 passes décisives, 2 interceptions et 2 contres par match.



Il vient d'ailleurs d'établir un nouveau record, en réalisant un cinquième sweep de suite au premier tour. Il y a bien longtemps qu'un joueur ne s'était pas montré aussi dominant lors des play-offs, en donnant une telle impression de facilité, tout en gardant une marge de progression. Une bénédiction pour la franchise de l'Ohio, qui va cependant prier pour ne pas le perdre sur blessure, sans quoi les espoirs de titre s'envoleraient aussitôt (4 victoires et 18 défaites sans lui depuis son retour, en 2015).
Dans son sillage, Kyrie Irving est toujours aussi précieux (24 points de moyenne), et Kevin Love fait le travail (14 points par match). Tristan Thompson, de son côté, peut encore monter en puissance (8 points et 11 rebonds par match), même s'il est déjà, sans forcer, largement supérieur à Pachulia.


Pour finir, le banc des Cavaliers est largement de taille à rivaliser avec celui des Warriors. Un certain nombre de franchises donnerait cher pour avoir un cinq titulaire composé de Deron Williams (trois fois All-Star), l'explosif Iman Shumpert, le shooteur longue distance Kyle Korver, l'éternel Richard Jefferson, et le très complet Channing Frye.

L'équilibre de Golden State dépend bel et bien d'un joueur.

En lisant cette phrase, il est clair que l'on aurait tendance à penser à Stephen Curry, MVP de la saison régulière en 2015 et 2016, et qui reste le meilleur shooteur de la NBA à 3 points. Mais ce constat, au vu des play-offs, s'appliquerait plutôt à Draymond Green. En effet, celui qui se présente comme un candidat très crédible au titre de meilleur défenseur de l'année affiche des statistiques incroyables, et ce dans toutes les catégories : 15 points, 9 rebonds, 7 passes décisives, 3 interceptions et 3 contres par match.


S'il n'est pas le meilleur marqueur (27 points par match pour Curry), il reste un joueur indispensable aux Warriors, qui peuvent donner le change dans la raquette grâce à lui, car Pachulia est clairement le point faible du cinq de départ (6 points et 4 rebonds par match).
Même Curry, Durant et Thompson peuvent se remplacer mutuellement, voire compter sur Iguodala pour assurer en sortie de banc, mais personne pour se hisser à la cheville de DG sur le plan défensif. En revanche, l'effectif des Dubs est plutôt bien construit, avec des joueurs de qualité sur le banc, qui peuvent limiter la casse, voire mieux, face aux titulaires d'autres franchises.


Matt Barnes est un joueur d'expérience (37 ans), qui roule sa bosse en NBA depuis maintenant 13 ans (pour 9 équipes différentes) ; David West, bien qu'en fin de carrière (36 ans), reste un joueur à l'impact physique précieux (2,05 m pour 115 kg) ; et JaVale McGee, souvent moqué pour son style si particulier, se découvre une belle fiabilité au tir (27 sur 37 depuis le début des play-offs, 73 % de réussite).

Verdict.

En clair, l'incroyable dynamique de LeBron James est un atout indéniable pour Cleveland, qui peut malheureusement se retourner contre la franchise de l'Ohio en cas de blessure du "King", ou de méforme passagère.
Du côté des Warriors, Green est sans doute le pilier de l'équipe, et peu de joueurs semblent en mesure d'avoir le même impact défensif.
Léger avantage à Cleveland, qui peut compter sur le meilleur joueur de la NBA, dans la forme de sa vie, et entouré d'un effectif très solide, sans être aussi flamboyant que celui de Golden State.