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vendredi 16 juin 2017

Youri Tielemans, l'affaire en or de Monaco

Alors que le mercato bat déjà son plein, et que les rumeurs plus ou moins fondées se multiplient, la plupart des spécialistes semblent avoir oublié que le bon coup de l'été a eu lieu le 24 mai, avec la signature d'une pure pépite sur le Rocher. Quand des offres de 130 millions d'euros sont faites pour un Kylian M'Bappé qui n'a qu'une saison professionnelle à son actif, il est démentiel de se dire qu'un joueur jeune (il vient tout juste d'avoir 20 ans), talentueux (déjà 4 sélections avec la Belgique) et plein d'expérience (190 rencontres professionnelles en 4 saisons) est vendu pour seulement 25 millions d'euros !
Voici donc ce qu'il faut savoir sur Youri Tielemans, le formidable coup réalisé par l'ASM.

Un milieu de terrain complet.

Joueur élancé mais costaud (1,77 m pour 72 kg), il possède une belle pointe de vitesse. Il est doté d'une formidable qualité de passe, ainsi que d'une belle vision du jeu, et, surtout, d'une frappe de balle démentielle (par exemple, un missile flashé à 124 km/h février).
Il évolue généralement au poste de relayeur, ce qui lui permet d'exploiter de manière égale ses qualités offensives et défensives. Mais son talent lui permet de rendre service à l'équipe en dépannant à d'autres postes. Ainsi, durant sa carrière, il a également joué comme sentinelle, meneur de jeu, ailier gauche, ailier droit, et même arrière gauche !


Cette saison, il a véritablement explosé aux yeux de tous, avec des statistiques totalement folles pour un milieu de terrain : 18 buts et 15 passes décisives en 53 rencontres avec Anderlecht ! Des chiffres qui donnent le tournis, d'autant qu'il a fait aussi bien sur l'exercice 2016-2017 que sur les trois précédents réunis (17 buts et 16 passes décisives). Bref, son nouveau statut (il a même porté le brassard de capitaine 10 fois cette saison, à seulement 19 ans) n'a pas eu l'air de l'écraser sous la pression, bien au contraire. 
Séduit par ce joueur capable de tout faire sur un terrain, Roberto Martinez, sélectionneur de la Belgique depuis août 2016, est en train de l'installer en équipe nationale.


Un dernier palier à franchir pour devenir l'un des meilleurs.

Appelé en juin 2015 par Marc Wilmots, le coach des "Diables Rouges" à l'époque, il restera sur le banc, et devra attendre novembre 2016 pour connaître sa première cape, lors d'un amical contre les Pays-Bas (1-1). Dans la foulée, il jouera ses premières minutes internationales en compétition, lors d'une victoire tranquille face à l'Estonie (8-1), à l'occasion des éliminatoires pour le Mondial 2018.
Cette année, il a été titularisé pour la première fois contre la Russie en amical (3-3), puis face à la République Tchèque (2-1), là aussi dans une rencontre sans enjeu.
Les critiques fréquentes sur Marouane Fellaini, jugé trop physique et pas assez technique, ainsi que le départ d'Axel Witsel en Chine, dans un championnat très peu compétitif, sont des éléments qui joueront tôt ou tard en sa faveur s'il parvient à maintenir ce niveau de jeu.


Pour se faire une place de choix dans la cour des grands, Tielemans doit maintenant passer un cap dans un club qui marque les esprits en Coupe d'Europe. Car son palmarès est déjà bien fourni au moment de partir d'Anderlecht (Champion de Belgique en 2014 et en 2017, vainqueur de la Supercoupe de Belgique en 2014), mais le niveau de la Jupiler League est l'argument principal des plus sceptiques. En effet, certains considèrent qu'il doit forcément s'imposer dans un championnat "majeur" pour devenir une star.
Le jeune prodige l'a bien compris, et son choix de signer à Monaco plutôt que de risquer de se perdre dans un très gros club montre qu'il garde la tête sur les épaules. En effet, le Mondial aura lieu dans un an, et s'assurer du temps de jeu dans un club performant, aussi bien dans son pays qu'en Coupe d'Europe, ressemble à la solution parfaite pour lui.


En Ligue des Champions, il compte 10 apparitions (toutes en phase de poules), avec, par exemple, des titularisations contre Paris, Arsenal et Dortmund. En Ligue Europa, il a pu affronter, en 2015-2016, l'AS Monaco ! Un nul à domicile (1-1) puis une victoire sur le Rocher (0-2), il avait déjà tapé dans l'œil des dirigeants. Cette saison, il a mené son équipe en quarts de la compétition, mais s'est incliné contre Manchester United (1-1 à domicile, défaite 2-1 sur la pelouse d'Old Trafford).
Nul doute qu'il aura d'autres occasions de briller face à de grosses écuries, au sein d'une équipe de Monaco qui surprend jour après jour.

jeudi 18 mai 2017

La belle saison de Paul Pogba

Ce titre, volontairement provocateur, vise à faire comprendre que le Français ne vit pas une période compliquée, au contraire de ce qui est dit un peu partout. Bien sûr, il n'a jamais été en position de remporter la Premier League avec Manchester United, et les observateurs critiquent son rendement statistique.
Il est temps de porter un oeil nouveau sur son influence dans le collectif des Red Devils, pour se rendre compte qu'il est déjà dans son élément, et que le meilleur est encore à venir.

Un contexte particulier.

Pour commencer, il est important de souligner que l'équipe découvrait un nouvel entraîneur, à savoir José Mourinho. Depuis le départ d'Alex Ferguson à l'été 2013, le "Special One" était donc le troisième à s'installer sur le banc d'Old Trafford (après David Moyes et Louis Van Gaal), avec pour objectif de remettre Manchester United sur le podium. Un objectif compliqué au vu des nombreux départs au cours des années précédentes : Paul Scholes en 2013, Rio Ferdinand, Patrice Evra, Ryan Giggs et Nemanja Vidic en 2014. L'effectif était donc en chantier depuis plusieurs saisons, et les arrivées de jeunes pépites comme Anthony Martial ou Ander Herrera ne comblaient pas un manque cruel d'expérience.
Pour y remédier, les dirigeants ont recruté Zlatan Ibrahimović, Éric Bailly et Henrikh Mikhitaryan, mettant ainsi le paquet pour entourer Paul Pogba, qui revenait dans son club formateur avec le statut de joueur le plus cher de l'histoire.


Comme d'autres avant lui, il sera bombardé de critiques sur le prix de son transfert, par des personnes incapables de comprendre qu'il n'avait rien à voir avec ce montant, et qu'il venait simplement jouer au football. Et c'est ce qu'il démontra, imperturbable sur le terrain, précieux dans l'organisation de l'équipe, malgré des attentes au-delà du raisonnable.

Un rôle fondamental.

Du début à la fin, il est comparé au fantastique N'Golo Kanté, exceptionnel dans son nouveau club de Chelsea. Mais son rôle étant bien différent, et beaucoup moins basé sur la récupération des ballons, le rapprochement n'est pas des plus judicieux. Baladé entre les postes de milieu relayeur et de meneur de jeu, Pogba devra s'adapter aux exigences de son coach, ainsi qu'aux nombreux systèmes utilisés par Mourinho.


En effet, Manchester United jouera en 4-3-3, en 4-2-3-1, en 4-4-2, en 3-5-2 et en 4-1-4-1. Et, sur les 63 matches des Red Devils, Pogba en est à 51 apparitions, dont 49 comme titulaire, et 45 rencontres disputées en intégralité.
En terme d'impact offensif, il termine à 9 buts et 6 passes décisives, ce qui est très correct pour un milieu de terrain. Il faut aussi souligner sa propreté dans le jeu, avec seulement 10 cartons jaunes récoltés, sans aucune expulsion.
D'ailleurs, en Premier League, Manchester United engrange 1,95 points lorsqu'il est sur le terrain, contre 1,25 en son absence. Vous avez dit invisible ?

Une saison victorieuse.

Si l'on se prête au jeu des comparaisons, les surprises vont être de taille. Par exemple, Pogba compte plus de titres cette saison ("Supercoupe d'Angleterre" contre Leicester City, "Coupe de la Ligue" contre Southampton et Ligue Europa contre l'Ajax Amsterdam) qu'Antoine Griezmann sur l'ensemble de sa carrière ("Trophée des Champions" avec l'Atlético de Madrid, et "Ligue 2" avec la Real Sociedad).


Par ailleurs, Mourinho vient de réaliser un joli triplé, tandis que son rival Pep Guardiola, entraîneur de Manchester City, a bouclé la première saison vierge de titres de sa carrière d'entraîneur. Tottenham est peut-être resté solidement accroché à sa belle deuxième place en Premier League, alors que Liverpool fait vibrer son public avec un récital offensif permanent, mais ces deux formations n'ont pas enrichi leur palmarès.

En bref, le prix monumental de son transfert pousse le grand public et les spécialistes à mettre la barre toujours plus haut, mais peu importe ce qui est dit, Paul Pogba garde la tête froide, et continue à remplir les objectifs : guider son équipe vers de nombreux titres.

samedi 13 mai 2017

Un duel à distance qui nous met l'eau à la bouche

Depuis le début des play-offs, Warriors et Cavaliers font preuve d'une insolente facilité, se posant ainsi en favoris pour se retrouver lors des Finales NBA, pour la troisième fois de suite (1-1). L'un comme l'autre, les deux mastodontes en sont à un bilan de 8 victoires pour 0 défaites après les deux premiers tours. Si Golden State semble mieux préparé sur le plan collectif, Cleveland monte en puissance, mené par un LeBron James qui se promène comme jamais, confirmant son statut de meilleur joueur de la Ligue.
Qui semble favori en cas de retrouvailles ? Premiers éléments de réponse.

Sans James, Cleveland n'est rien.

Le constat est brutal, mais il reste vrai. Le "King" est le meilleur joueur de la planète, et ce depuis plusieurs années. Lors de la saison régulière, beaucoup l'ont trouvé discret. Un rappel de ses statistiques suffit à montrer que les attentes ne sont clairement pas les mêmes pour le "Chosen One" que pour le commun des mortels : 25 points (à 55 % de réussite), 8 rebonds et 7 passes décisives par match. Bref, une saison jugée sobre par beaucoup d'observateurs, en grande partie à cause de la deuxième place des Cavaliers à l'Est. Mais LeBron a décidé de hausser le ton en play-offs, et rien ne laissait présager une telle insolence. Il tourne à 34 points (à 56 % de réussite), 9 rebonds, 7 passes décisives, 2 interceptions et 2 contres par match.



Il vient d'ailleurs d'établir un nouveau record, en réalisant un cinquième sweep de suite au premier tour. Il y a bien longtemps qu'un joueur ne s'était pas montré aussi dominant lors des play-offs, en donnant une telle impression de facilité, tout en gardant une marge de progression. Une bénédiction pour la franchise de l'Ohio, qui va cependant prier pour ne pas le perdre sur blessure, sans quoi les espoirs de titre s'envoleraient aussitôt (4 victoires et 18 défaites sans lui depuis son retour, en 2015).
Dans son sillage, Kyrie Irving est toujours aussi précieux (24 points de moyenne), et Kevin Love fait le travail (14 points par match). Tristan Thompson, de son côté, peut encore monter en puissance (8 points et 11 rebonds par match), même s'il est déjà, sans forcer, largement supérieur à Pachulia.


Pour finir, le banc des Cavaliers est largement de taille à rivaliser avec celui des Warriors. Un certain nombre de franchises donnerait cher pour avoir un cinq titulaire composé de Deron Williams (trois fois All-Star), l'explosif Iman Shumpert, le shooteur longue distance Kyle Korver, l'éternel Richard Jefferson, et le très complet Channing Frye.

L'équilibre de Golden State dépend bel et bien d'un joueur.

En lisant cette phrase, il est clair que l'on aurait tendance à penser à Stephen Curry, MVP de la saison régulière en 2015 et 2016, et qui reste le meilleur shooteur de la NBA à 3 points. Mais ce constat, au vu des play-offs, s'appliquerait plutôt à Draymond Green. En effet, celui qui se présente comme un candidat très crédible au titre de meilleur défenseur de l'année affiche des statistiques incroyables, et ce dans toutes les catégories : 15 points, 9 rebonds, 7 passes décisives, 3 interceptions et 3 contres par match.


S'il n'est pas le meilleur marqueur (27 points par match pour Curry), il reste un joueur indispensable aux Warriors, qui peuvent donner le change dans la raquette grâce à lui, car Pachulia est clairement le point faible du cinq de départ (6 points et 4 rebonds par match).
Même Curry, Durant et Thompson peuvent se remplacer mutuellement, voire compter sur Iguodala pour assurer en sortie de banc, mais personne pour se hisser à la cheville de DG sur le plan défensif. En revanche, l'effectif des Dubs est plutôt bien construit, avec des joueurs de qualité sur le banc, qui peuvent limiter la casse, voire mieux, face aux titulaires d'autres franchises.


Matt Barnes est un joueur d'expérience (37 ans), qui roule sa bosse en NBA depuis maintenant 13 ans (pour 9 équipes différentes) ; David West, bien qu'en fin de carrière (36 ans), reste un joueur à l'impact physique précieux (2,05 m pour 115 kg) ; et JaVale McGee, souvent moqué pour son style si particulier, se découvre une belle fiabilité au tir (27 sur 37 depuis le début des play-offs, 73 % de réussite).

Verdict.

En clair, l'incroyable dynamique de LeBron James est un atout indéniable pour Cleveland, qui peut malheureusement se retourner contre la franchise de l'Ohio en cas de blessure du "King", ou de méforme passagère.
Du côté des Warriors, Green est sans doute le pilier de l'équipe, et peu de joueurs semblent en mesure d'avoir le même impact défensif.
Léger avantage à Cleveland, qui peut compter sur le meilleur joueur de la NBA, dans la forme de sa vie, et entouré d'un effectif très solide, sans être aussi flamboyant que celui de Golden State.

vendredi 21 avril 2017

La Juventus, une pointure qui risque fort de mettre un terme au parcours de l'AS Monaco

S'il y avait une équipe à éviter lors du tirage au sort, c'était bien celle de Massimiliano Allegri. La Vieille Dame est dans la force de l'âge, un mélange parfait entre jeune pépites, cadres en pleine bourre et vétérans d'exception. Depuis le mois d'août, la Juve domine de la tête et des épaules son championnat (26 victoires en 32 journées, 8 points d'avance au classement), et s'amuse en Ligue des Champions (7 victoires et 3 nuls, seule équipe invaincue).
Aujourd'hui, les partenaires de l'éternel Gianluigi Buffon sont d'une incroyable solidité à tous les étages, et leur trouver un point faible relève presque de l'impossible.

Une défense en béton armé.

L'autre BBC d'Europe se trouve du côté de Turin, avec le trio Buffon - Bonucci - Chiellini. Le premier porte les couleurs de la Juve depuis 2001, le second depuis 2010, et le dernier depuis 2005. Cela fait donc 7 ans qu'ils forment la meilleure défense d'Europe, et ce peu importe le système de jeu ou le reste de la composition d'équipe. Leur bilan est éloquent : 5 titres en Série A, 3 en Supercoupe d'Italie, une Coupe d'Italie. La Ligue des Champions leur tendait les bras en 2015, après avoir éliminé Dortmund, Monaco et le Real Madrid, mais l'absence de Chiellini lors de la finale et l'infernal trio du Barça ont eu raison d'eux.


Cette saison, ils sont entourés par Daniel Alves et Alex Sandro, deux latéraux très complets qui font la loi dans leur couloir. Après 8 ans passés comme titulaire indiscutable au Barça, Dani Alves est un monstre sacré à son poste, et ses 33 ans ne l'empêchent pas d'être intraitable défensivement. Côté gauche, Sandro est un autre joli coup réussi par la Juve. Arrivé de Porto en 2015, il a progressivement poussé Evra vers la sortie, s'imposant comme l'arrière gauche titulaire des Bianconeri.
Sur le banc, les noms font également rêver beaucoup de cadors en Europe : Andrea Barzagli, Daniele Rugani et Mehdi Benatia pour faire souffler la charnière centrale, Stephan Lichtsteiner derrière Dani Alves, et Kwadwo Asamoah en soutien de Sandro.
La preuve que les Turinois ont aussi une profondeur de banc phénoménale.

Un milieu extraordinairement complémentaire.

Dans le 4-2-3-1 d'Allegri, la paire Pjanic-Khedira fait office de pilier du système : si l'un ou l'autre passe(nt) à côté, tout s'écroule. Mais ces deux joueurs sont hors-normes, et répondent présent match après match.
Le Bosnien, arrivé de la Roma, est le nouveau chef d'orchestre de la Juve. Sa vision du jeu et son toucher de balle en font un artiste qui abreuve ses attaquants de passes chirurgicales. Son rendement offensif est d'ailleurs à la hauteur des attentes (8 buts, 11 passes décisives).
L'Allemand, de son côté, se rappelle au bon souvenir du Real Madrid, qui n'a pas particulièrement insisté pour prolonger son contrat, avant de le laisser partir libre à Turin. Débarrassé de ses pépins physiques, il s'impose de nouveau comme ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être : l'un des meilleurs milieux défensifs de la planète. Son abattage est colossal, son volume de jeu sidérant, surtout pour un joueur aussi costaud physiquement (1,90 m pour 85 kg), et il fait désormais preuve d'un potentiel offensif insoupçonné : 5 buts et 2 passes décisives.


Quand Allegri doit faire tourner, il peut, là aussi, compter sur des joueurs très fiables, tels que Claudio Marchisio, Mario Lémina, Kwadwo Asamoah (encore lui), Stefano Sturaro ou Tomas Rincon.

Un quatuor offensif impossible à contenir.

En attaque, Allegri a choisi de laisser la pointe au seul Gonzalo Higuain, sans reléguer Mandzukic, précieux dans les duels, et Dybala, véritable magicien du ballon, sur le banc. Il a donc adapté son système à ce trio, dans le but de pouvoir aligner tout le monde. Et ce pari est une franche réussite, alors que peu d'observateurs étaient convaincus par la position d'ailier gauche du Croate.
Quant à Dybala, il joue comme un faux meneur de jeu, et se balade librement entre les lignes adverses. Higuain lui sert de point de fixation, tandis que Cuadrado vient compléter ce carré d'as en mettant le feu sur son couloir droit.


C'est peu dire que leur association fait des ravages : ils totalisent 55 buts et 27 passes décisives, sur les 92 inscrits par la Juve cette saison.
Même si les remplaçants sont moins nombreux devant, avec les seuls Marko Pjaca, Kwadwo Asamoah (décidément) et Moise Kean, le banc reste qualitatif, et le coach peut toujours adapter son système de jeu tant ses joueurs sont complets.

samedi 15 avril 2017

Pour LeBron James, il est de nouveau temps de porter Cleveland

Alors que les play-offs démarrent ce week-end, les Cavaliers vont devoir hausser le niveau pour conserver leur titre. Privés de la première place à l'Est par les Celtics, qui ont su exploiter leur terrible mois d'avril (4 défaites en 7 rencontres), les partenaires du "King" doivent se faire pardonner à l'occasion du premier tour qui les opposera aux Pacers.
Et, pour cela, la franchise de l'Ohio peut compter sur LeBron James, qui s'est déjà montré capable de véritables miracles au-delà de la saison régulière.

2007, le plus improbable.

Pour sa quatrième saison, James tourne à plus de 27 points par match, et participe aux play-offs pour la deuxième fois de suite. Impérial tout au long de l'année, il offre même la deuxième place de l'Est aux Cavaliers, malgré un effectif atrocement moyen (Hughes, Pavlovic, Gooden et Ilgauskas étaient les autres titulaires).
Au premier tour, Cleveland se permet un sweep sur Washington (28 points de moyenne pour James), malgré des écarts très faibles (9 points en moyenne). Les Cavaliers ont ensuite fort à faire face aux Nets du New Jersey, en demi-finales de l'Est (4-2). Mais même le trio composé de Jason Kidd, de Vince Carter et de Richard Jefferson sera impuissant face au talent du jeune ailier, écœurant de facilité (24,5 points de moyenne). Pour accéder à la dernière marche, le "Chosen One" doit alors écarter les Pistons de Détroit, champions en 2004 et finalistes en 2005. Ce n'est qu'un détail pour LeBron, encore auteur d'un récital (25,5 points de moyenne).

LeBron James, esseulé face aux Spurs
Malheureusement, les finales NBA tournent à la catastrophe pour le "King", plus seul que jamais, qui ne pourra pas résister à la démonstration des San Antonio Spurs (4-0), malgré des statistiques forçant le respect (22 points de moyenne).
Même sans le titre, cette épopée restera peut-être comme sa plus glorieuse, autant pour ses performances que pour le niveau de ses partenaires.

2009, le plus accompli statistiquement.

Toujours accompagné d'une équipe incroyablement fade (Williams, West, Wallace et Ilgauskas), il défie de nouveau les probabilités en portant sa franchise à la première place à l'Est lors de la saison régulière, avec le meilleur bilan de la NBA (66 victoires pour 16 défaites) !
Au premier tour des play-offs, les Cavs retrouvent Détroit, qui subira un sweep douloureux (15,5 points d'écart en moyenne), dans le sillage d'un LeBron James de gala (32 points de moyenne). Vient ensuite Atlanta, qui ne pourras pas résister aux coups de boutoir d'un "King" en mission (34 points de moyenne), et qui essuiera aussi un sweep cruel (18 points d'écart en moyenne).

Face à Dwight Howard, leader d'Orlando, et Mickaël Piétrus, chargé de défendre sur lui, James a manqué de soutien
Mais l'aventure s'arrêtera lors de la finale de l'Est, contre le Magic d'Orlando (4-2), lui aussi porté par une star : Dwight Howard. Celui-ci profitera d'un effectif plus solide (Nelson, Lee, Türkoglü et Lewis) que celui de Cleveland pour faire la différence dans ce duel d'anthologie entre les deux joueurs. Le "Chosen One" sortira par la grande porte, avec 38,5 points de moyenne, remportant son duel statistique avec le pivot (26 points de moyenne).
Avec une moyenne de 35 points par match en 14 rencontres de play-offs, le tout à plus de 50 % au tir, James établissait déjà de nouveaux standards de performance.

2015, le plus frustrant.

De retour dans l'Ohio après quatre saisons du côté de Miami, le "King" n'a qu'un seul objectif en tête : offrir à sa franchise un premier titre NBA. Derrière une surprenante équipe d'Atlanta, Cleveland accroche une belle deuxième place à l'Est, et aborde les play-offs avec ambition.
Le premier tour, comme d'habitude, tourne rapidement au sweep, avec les Celtics comme victimes d'un LeBron déterminé (27 points de moyenne). Malheureusement, Kevin Love se blesse lors du dernier match, et manquera le reste de l'aventure. Les Cavs doivent ensuite se débarrasser des Bulls de Chicago, toujours difficiles à manier en play-offs. Les 26 points de moyenne de LeBron leur permettront d'éviter le piège (4-2). Pour accéder aux finales NBA, Cleveland fait alors face aux Hawks d'Atlanta, impeccables en saison régulière. Malgré l'absence d'Irving à la suite du premier match, les joueurs de l'Ohio feront très forte impression en se permettant un sweep remarquable (13 points d'écart en moyenne), avec un James en feu (plus de 30 points de moyenne).

Sans Kyrie Irving et Kevin Love, impossible de résister seul aux Warriors
En finale, Irving reviendra de blessure pour une rechute dès le premier match, que Cleveland perdra. Malgré un formidable sursaut d'orgueil du "King" dans la foulée, Golden State remportera la série sans trembler (4-1) face à des Cavaliers privés, en plus d'Irving et Love, de précieux remplaçants tels que Shawn Marion et Kendrick Perkins. Pourtant, James aura fait son possible, repoussant les limites de l'imaginable (36 points, 13 rebonds et 9 passes décisives de moyenne).

2016, le plus beau.

Suite à ce terrible dénouement, LeBron se prépare comme jamais durant l'été, afin de ne pas rater un nouveau rendez-vous avec l'histoire. La saison régulière est un succès, avec une première place à l'Est et le troisième bilan de la NBA (57 victoires pour 25 défaites).
Pour perpétuer la tradition, Cleveland se permet un nouveau sweep dès le premier tour, contre Détroit, une série durant laquelle James fait sa part du travail sans forcer (23 points, 9 rebonds et 7 passes décisives de moyenne). Les Cavaliers retrouvent ensuite Atlanta, pour un sweep autoritaire (12,5 points d'écart en moyenne), tandis que LeBron fait le nécessaire (24 points de moyenne). Pour la finale de l'Est, les joueurs de l'Ohio s'offrent une belle équipe de Toronto après une confrontation assez spectaculaire (4-2), sans que James ne hausse véritablement le ton, se préservant quelque peu pour la finale.

Avec ce contre monumental, le "King" vient de mettre la main sur le titre
Celle-ci les opposera de nouveau à l'équipe des Warriors, qui vient alors de réaliser la meilleure saison régulière de l'histoire (73 victoires pour 9 défaites). Cleveland n'est pas donné favori, et les premiers affrontements vont dans ce sens. Golden State mène sereinement 3-1, ce qu'aucune franchise n'a su remonter dans l'histoire des finales NBA. Curry et ses partenaires ont même l'occasion de conclure à domicile, mais James, jusqu'alors à moins de 25 points de moyenne, se réveille pour permettre aux Cavs de garder un fol espoir. Il inscrit 41 points et prend 16 rebonds dans la baie d'Oakland, et plante de nouveau 41 points chez lui.
Vient alors le "Game Seven", qui peut sacrer les Warriors comme la meilleure équipe de tous les temps, ou faire de James un joueur unique dans l'histoire des play-offs. La deuxième option sera la bonne. Le "Chosen One", qui justifie son surnom, signe un triple-double (27 points, 11 rebonds et 11 passes décisives), accompagné d'un contre magistral et décisif sur Iguodala à 89-89, avant de marquer le dernier point de la rencontre pour placer Cleveland hors de danger (93-89).
LeBron James devient alors le premier joueur à posséder la meilleure moyenne de son équipe dans toutes les catégories statistiques (30 points, 11 rebonds, 9 passes décisives, 2,5 interceptions et 2,5 contres par match). Il permet aussi à sa franchise de remporter son premier titre NBA, qui plus est de manière unique, en passant de 1-3 à 4-3.


James est donc un joueur hors du commun, de la trempe des Michael Jordan, Kobe Bryant et Larry Bird, qui peut espérer les dépasser en réalisant un nouvel exploit cette saison. S'offrir un back-to-back avec une franchise qui n'avait jamais remporté le titre serait monumental, à lui de montrer la voie à ses partenaires.

mercredi 5 avril 2017

Edinson Cavani, le buteur en manque de gratitude

Trois saisons durant, Cavani s'est retrouvé bloqué au poste d'ailier gauche, pour ne pas faire de l'ombre au grand Zlatan Ibrahimovic. Dans ce rôle ingrat pour un attaquant de pointe, il n'a pas ou peu protesté, travaillant simplement et sobrement pour son équipe, en affichant déjà des statistiques remarquables (81 buts et 15 passes décisives en 148 matches).
Mais le départ du Suédois, l'été dernier, lui permet enfin de s'exprimer à son vrai poste. Malgré un ratio monstrueux et son statut de meilleur buteur d'Europe, il ne fait toujours pas l'unanimité. Retour sur cette saison mouvementée pour le "Matador".

Le jour et la nuit en début de saison.

Pour ses premières titularisations en pointe, l'Uruguayen, très attendu, déçoit par sa maladresse. D'abord en Ligue 1, à l'occasion de la venue de Metz (3-0), au cours duquel Cavani multiplie les ratés, sans pouvoir trouver le chemin des filets. Deux matches et un but plus tard, les Parisiens ont rendez-vous avec Arsenal en Ligue des Champions.
Cavani marque sur son premier ballon, après moins d'une minute, mais les 89 qui suivront seront un véritable calvaire. Toujours aussi précieux pour gêner la relance adverse, il perd en lucidité dans la finition, et manque une petite dizaine d'occasions franches (1-1). Les supporters le lâchent, la presse le stigmatise, et les dirigeants sont obligés de lui renouveler publiquement leur soutien.
Il répondra sur le terrain, trois jours plus tard, lors d'un déplacement à Caen (0-6). Il signe un quadruplé phénoménal en une mi-temps, puis demande le changement, signe du devoir accompli. Ses détracteurs mettent alors en avant la différence de niveau entre les Gunners et le Stade Malherbe, pour minimiser sa performance.


Deux mois plus tard, à l'approche de décembre, il compte 11 buts en autant de rencontres de Ligue 1, alors que Paris se déplace à Lyon. Imperturbable, il sera sans pitié pour les partenaires de son rival, Alexandre Lacazette, en signant un doublé (1-2). Quinze jours après, le PSG reçoit Nice, leader surprise du Championnat. Tandis que sa défense lâche, Cavani sauve les meubles en s'offrant un nouveau doublé (2-2), privant les Aiglons d'une précieuse victoire sur un concurrent direct.
Il termine la première moitié de saison avec un formidable bilan de 24 buts en 23 matches, toutes compétitions confondues.


Une régularité pas toujours saluée par le grand public.

Aujourd'hui, Cavani est à 40 buts en 40 matches joués, ce qui en fait le meilleur buteur d'Europe. Il a été le seul à surnager lors de la défaite à Barcelone (6-1), tout en sortant ses partenaires de plusieurs pièges en Ligue 1 (2-0 à Nantes, 1-1 contre Monaco, 1-0 contre Nancy).
Sa capacité à répéter les efforts, en défense comme en attaque, ainsi que ses buts spectaculaires, font de lui un attaquant redouté par tous, et désormais reconnu à sa juste valeur par certains spécialistes.
Décisif lors des grands matches, il a fait douter le Barça (2 buts en 2 rencontres) et tenu tête à Monaco (4 buts en 3 rencontres).


Exceptionnel en première intention, il est très dur pour les gardiens d'anticiper ses gestes de génie, au même titre que d'anticiper ses appels, parmi les meilleurs d'Europe, pour les défenseurs.
En revanche, ses lacunes lors des percussions balle au pied sont encore souvent pointées du doigt, mais un joueur qui marque un but toutes les 80 minutes devrait bénéficier d'un soutien plus conséquent, car il est loin d'être l'unique responsable des (rares) mauvais résultats de son équipe.

dimanche 19 mars 2017

L'irrésistible retour du 4-4-2

Entre 2000 et 2015, le 4-4-2 est progressivement tombé dans l'oubli, du moins au sommet de l'affiche. Le fameux 4-3-3, prôné par Johan Cruyff en son temps, et repris à merveille par Guardiola au Barça, est alors apparu comme la nouvelle référence, avant d'être concurrencé par le 4-2-3-1, mis en place par Mourinho sur le banc du Real Madrid.
Mais il se trouve que le 4-4-2 est en train de faire son grand retour, en losange ou à plat, avec un succès qui donne des idées à certains. Quels sont les meilleurs exemples de cette résurrection ?

Un système en losange qui bétonne l'entrejeu.

La première équipe à retrouver un succès significatif en 4-4-2 aura été la Juventus de Turin, sous la direction du tacticien hors-pair qu'est Massimiliano Allegri. Disposant son équipe en losange, il atteindra la finale de la Ligue des Champions en 2014-2015, mais, privé de Chiellini (le pilier de sa défense) sera vaincu par le FC Barcelone (1-3).
Laissant une grande liberté aux latéraux (Evra côté gauche et Lichtsteiner à droite), son système était basé sur un quatuor de joueurs au profil très similaire au milieu de terrain, tous étant des relayeurs sans véritable préférence pour un rôle plutôt défensif ou porté vers l'avant.
Pirlo était positionné devant la défense, avec pour objectif de faire sortir les ballons pour distribuer le jeu avec sa justesse habituelle ; Marchisio, décalé à droite, devait gratter le cuir dans les pieds adverses pour soulager sa défense ; Pogba, côté gauche, devait harceler le porteur de balle, tout en faisant admirer sa vista ; et Vidal, positionné en meneur de jeu, était la pierre angulaire de l'équipe, aussi bien pour son volume de jeu colossal que pour ses qualités offensives.
Une telle organisation est généralement composée d'une pure sentinelle, d'un duo de relayeurs et d'un véritable numéro 10. Mais ce qu'Allegri avait compris, c'était la capacité de ses joueurs à remplir avec brio l'ensemble des tâches requises au milieu de terrain.


Ce système permettra d'ailleurs à Diego Simeone de mener l'Atlético de Madrid sur le toit de l'Espagne en 2014, ainsi qu'en finale de la Ligue des Champions.
Là aussi, les latéraux avaient un rôle primordial dans les offensives de l'équipe (9 passes décisives de Juanfran à droite, 6 passes décisives de Filipe Luis à gauche). Le milieu de terrain était bâti autour de Tiago et Koke, les relayeurs chargés d'assurer le lien entre la défense et l'attaque. La pointe défensive du losange était occupée par Gabi, et la pointe offensive par Arda Turan, qui était aligné en soutien de la doublette David Villa - Diego Costa.
Combiné à la grinta transmise par l'entraîneur à ses joueurs, ce schéma tactique a permis de faire tête aux favoris du Championnat (2 victoires et 4 nuls contre le trio Séville-Barcelone-Real Madrid) comme en Ligue des Champions (4 victoires et 2 nuls contre le trio Milan AC-Barcelone-Chelsea), pour finalement passer à quelques minutes d'un doublé, et devoir se contenter du titre national.


Le losange sera également utilisé par Fernando Santos avec le Portugal, à l'occasion de l'Euro 2016, avec une simple modification. En effet, derrière un surprenant duo Ronaldo - Nani, il alignera un quatuor de joueurs aux caractéristiques différentes.
William Carvalho, un milieu défensif pure souche, sera chargé de protéger sa défense ; Renato Sanches (à droite) et Adrien Silva (côté gauche) feront la loi dans l'entrejeu, en grattant les ballons pour ensuite se projeter rapidement vers l'avant ; et, derrière les attaquants, Joao Mario fera parler sa belle vision du jeu pour mener les attaques des futurs champions d'Europe.
En faisant déjouer ses adversaires, de la Croatie à la France, en passant par la Pologne et le Pays de Galles, les partenaires de CR7 respecteront admirablement leur plan de jeu, pour aller au bout de leur projet.


Un dispositif à plat qui marche par paires.

Le 4-4-2 à plat est autrement plus dangereux que le losange, car il s'expose à des failles au milieu de terrain. Mais avec les joueurs adaptés, il peut être dévastateur.
Ainsi, le premier exemple est celui de Leicester City, la surprise monumentale de l'an passé. Sous la direction de Ranieri, les Foxes avaient remporté la Premier League en utilisant ce système de jeu, un choix risqué mais superbement assumé. Avec une charnière centrale impitoyable dans les duels(Morgan et Huth, deux colosses d'1 mètre 90) et un duo fantastique dans l'entrejeu (le précieux Drinkwater et l'inusable Kanté), le but était sous bonne garde. Offensivement, il y avait aussi du beau monde, Albrighton (côté gauche) et Mahrez (à droite) étant chargés d'encadrer Jamie Vardy, renard des surfaces parfaitement secondé par Okazaki.
En choisissant de subir, ils ont pris à revers toutes les grosses formations du championnat (sauf Arsenal), et se sont emparés de la première place en capitalisant sur leurs qualités : solidarité, patience et vitesse d'exécution.


L'équipe de France doit aussi beaucoup à ce schéma tactique. Adopté lors de l'Euro 2016, il a permis à Griezmann de trouver sa place, aux côtés de l'excellent point de fixation qu'est Giroud.
Sur les ailes, Payet (côté gauche) et Sissoko (à droite) étaient parfaitement dédoublés par Evra et Sagna, qui pouvaient compter sur Matuidi et Pogba pour couvrir leurs montées. S'appuyant sur jeu riche et varié (transversales, passes courtes, jeu dans la profondeur), ils avaient toutes les cartes en main pour s'imposer à domicile.
Une organisation (presque) sans faille, déjouée par une équipe du Portugal taillée pour l'exploit dans son 4-4-2 losange ...


Le dernier exemple est aussi l'un des plus évidents, à savoir celui de l'AS Monaco. En faisant revenir Falcao, en perdition à Chelsea, et Germain, auteur d'une très bonne saison à Nice, le club de la Principauté a eu le nez creux. Le Colombien est de retour à son meilleur niveau (24 buts), le Français n'a pas à rougir de son bilan non plus (13 buts), et Monaco terrorise les défense d'Europe (124 buts en 46 rencontres cette saison).
La formidable épopée des Monégasques est aussi liée à l'incroyable solidité du milieu de terrain, composé de Fabinho (latéral droit de formation) et de Bakayoko (qui vient d'être appelé en Bleu), un duo inédit qui règne sur la Ligue 1. Le travail des latéraux est aussi fondamental, et Deschamps ne s'y est pas trompé en appelant également Benjamin Mendy pour la première fois, après avoir offert à Djibril Sidibé ses premières minutes internationales en début de saison.
Mais il serait mal vu d'oublier les deux créateurs de cette équipe, le magicien Bernardo Silva (côté droit) et l'artiste Thomas Lemar (côté gauche), qui font de leur couloir un véritable enfer pour les latéraux adverses.
Ce dispositif permet à Jardim d'exploiter les qualités de projection et de réalisme de ce formidable groupe, qui est aujourd'hui en tête du championnat, mais aussi en quarts de la Ligue des Champions.